jeudi 22 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2107152 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET THEMES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 9 septembre 2021 et les 24 juillet et
20 septembre 2023, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, la société française du radiotéléphone (SFR), représentée par la SELAS LPA-CGR, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 avril 2021 par lequel le maire de la commune de Wambrechies s'est opposé à sa déclaration préalable déposée le 19 mars 2021 pour l'installation de six antennes sur un monotube radome de 18 mètres de hauteur, sur un terrain sis
139 avenue Clément Aber, parcelle section cadastrée D2148, ensemble la décision du
13 juillet 2021 de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Wambrechies de prendre une décision de non opposition à sa déclaration préalable dans un délai de quinze jours, sous astreinte de
100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de se prononcer à nouveau sur sa déclaration préalable, dans les mêmes conditions ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Wambrechies la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- il est illégal en raison de l'illégalité, invoquée par voie d'exception, des dispositions de l'article 2 de la section 1 du chapitre 44 relatif aux conditions particulières applicables à la zone UZ44.1 dite ZAC du " parc du moulin " à Wambrechies du titre 1 du livre IV du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de la métropole européenne de Lille (MEL), dès lors que ces dispositions constituant une mesure de police spéciale des communications électroniques relevant de la compétence exclusive de l'Etat sont entachées d'incompétence, qu'elles méconnaissent les dispositions des articles L. 151-4 et R.151-2 du code de l'urbanisme et qu'elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elles compromettent l'exécution des obligations de service public auxquelles sont soumis les opérateurs de téléphonie mobile.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 janvier 2022, la commune de Wambrechies, représentée par Me Deffrennes, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société SFR au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par la société SFR ne sont pas fondés.
En application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité de la branche du moyen tiré de l'exception d'illégalité du règlement du PLUi applicable, qui a trait à l'insuffisance du rapport de présentation, dès lors qu'elle a été invoquée plus de six mois à compter de la prise d'effet du document d'urbanisme en cause, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 600-1 du code de l'urbanisme.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des postes et communications électroniques ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Grard,
- les conclusions de M. Liénard, rapporteur public,
- et les observations de Me Sechi, représentant la société SFR.
Considérant ce qui suit :
1. La société SFR a déposé le 19 mars 2021 auprès des services de la commune de Wambrechies un dossier de déclaration préalable n° DP 05963621M0046 portant sur l'installation de six antennes sur un monotube radome de 18 mètres de hauteur, sur un terrain sis 139 avenue Clément Aber, parcelle section cadastrée D2148. Par un arrêté du 8 avril 2021, le maire de la commune de Wambrechies s'est opposé à cette déclaration préalable.
La société pétitionnaire a formé le 3 juin 2021 un recours gracieux contre cet arrêté, que le maire de la commune de Wambrechies a rejeté par une décision du 13 juillet 2021.
Par sa requête, la société SFR demande au tribunal d'annuler l'arrêté municipal du 8 avril 2021, ensemble la décision du 13 juillet 2021 rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la compétence du signataire :
2. Aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que par un arrêté n°21/0117 du 9 février 2021, transmis au contrôle de légalité le 26 février 2021 et affiché à compter du même jour, le maire de la commune de Wambrechies a délégué à M. A B, adjoint au maire, signataire de l'arrêté attaqué, l'exercice des fonctions de gestion du droit des sols hormis les permis de construire ainsi que la signature de tous documents entrant dans le cadre de ses attributions. Une telle délégation, suffisamment précise, permettait ainsi à M. B de signer la décision d'opposition à déclaration préalable contestée. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
En ce qui concerne l'exception d'illégalité du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de la métropole européenne de Lille (MEL) :
4. Aux termes l'article 2 de la section 1 du chapitre 44 relatif aux conditions particulières applicables à la zone UZ44.1 dite ZAC du " parc du moulin " à Wambrechies du titre 1 du livre IV du règlement du PLUi de la MEL, dans sa version applicable au litige : " sont autorisés tous les types d'occupation ou utilisation du sol conformes au caractère de la zone tel que défini ci-dessus. / Outre les conditions reprises au titre 1 du livre I relatif aux dispositions générales applicables à toutes les zones, les constructions, installations et changements de destination suivants sont soumis à conditions : () 6. Les constructions et installations nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif faisant l'objet d'un emplacement réservé au plan, ainsi que les extensions et améliorations de ceux existants. () ". Les antennes relais de téléphonie mobile sont, en raison de l'intérêt public qui s'attache à la couverture du territoire national par les réseaux de téléphonie mobile, une installation nécessaire au service public de télécommunication ou d'intérêt collectif, au sens des dispositions précitées du règlement du PLUi.
5. En l'espèce, l'arrêté attaqué est fondé sur un unique motif tiré de l'absence, sur l'unité foncière constituant le terrain d'assiette du projet objet de la déclaration préalable de la société requérante, d'un emplacement réservé tel que prévu par les dispositions de l'article 2 de la section 1 du chapitre 44 relatif aux conditions particulières applicables à la zone UZ44.1 dite ZAC du " parc du moulin " à Wambrechies du titre 1 du livre IV du règlement du PLU de la MEL. Il a dès lors été pris pour l'application de ces dispositions.
6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 600-1 du code de l'urbanisme : " L'illégalité pour vice de forme ou de procédure () d'un plan local d'urbanisme () ne peut être invoquée par voie d'exception, après l'expiration d'un délai de six mois à compter de la prise d'effet du document en cause ".
7. Il ressort des pièces du dossier que le PLUi de la MEL a été approuvé par une délibération du conseil de la métropole du 12 décembre 2019 et est entré en vigueur le 18 juin 2020. Par suite, la société requérante, dont la requête a été enregistrée plus de six mois après cette dernière date, n'est pas recevable à soutenir que le rapport de présentation du PLUi serait insuffisant en ce qui concerne la justification des restrictions instaurées en zone UZ44.1, par les dispositions de l'article 2 de la section 1 du chapitre du titre 1 du livre IV du règlement du PLU de la MEL, aux constructions et installations nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif, dont font partie les antennes relais, en limitant leur implantation au sein d'emplacements réservés préalablement créés. La branche du moyen ne peut, dès lors, qu'être écartée.
8. En deuxième lieu, par les dispositions figurant aux articles L. 32-1, L. 34-9-1, L. 34-9-2, L. 42-1 et L. 43 du code des postes et communications électroniques, le législateur a organisé de manière complète une police spéciale des communications électroniques confiée à l'Etat. Afin d'assurer, sur l'ensemble du territoire national et conformément au droit de l'Union européenne, d'une part, un niveau élevé et uniforme de protection de la santé publique contre les effets des ondes électromagnétiques émises par les réseaux de communications électroniques, qui sont identiques sur tout le territoire, d'autre part, un fonctionnement optimal de ces réseaux notamment par une couverture complète de ce territoire, le législateur a confié aux seules autorités qu'il a désignées le soin de déterminer, de manière complète, les modalités d'implantation des stations radioélectriques sur l'ensemble du territoire ainsi que les mesures de protection du public contre les effets des ondes qu'elles émettent. Les pouvoirs de police spéciale ainsi attribués aux autorités nationales, qui reposent sur un niveau d'expertise et peuvent être assortis de garanties indisponibles au plan local, sont conférés à chacune de ces autorités, notamment pour veiller, dans le cadre de leurs compétences respectives, à la limitation de l'exposition du public aux champs électromagnétiques et à la protection de la santé publique. Si le législateur a par ailleurs prévu que le maire serait informé, à sa demande, de l'état des installations radioélectriques exploitées sur le territoire de la commune, et si les articles
L. 2212-1 et L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales habilitent le maire à prendre les mesures de police générale nécessaires au bon ordre, à la sûreté, à la sécurité et à la salubrité publiques, celui-ci ne saurait, sans porter atteinte aux pouvoirs de police spéciale conférés aux autorités de l'Etat, adopter sur le territoire de la commune, une réglementation relative à l'implantation des antennes relais de téléphonie mobile et destinée à protéger le public contre les effets des ondes émises par ces antennes.
9. Les dispositions citées au point 4 du présent jugement du règlement du PLUi de la MEL, qui constitue une décision d'urbanisme, se bornent à conditionner les constructions et installations nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif dans la zone UZ44.1, au sein de laquelle doit s'implanter le projet en litige, à l'existence d'un emplacement réservé. Elles n'ont dès lors, d'une part, ni pour objet ni pour effet d'instituer une interdiction générale et absolue d'installation d'antenne de télécommunication dans la zone et, d'autre part, ne constituent pas une mesure de police relevant de la législation relative à la police spéciale des communications électroniques. Dans ces conditions, la société requérante n'est pas fondée à soutenir qu'elles sont entachées d'incompétence.
10. En dernier lieu, il n'est pas contesté qu'aucun emplacement réservé aux constructions et installations nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif ne figure au sein de la ZAC du " parc du moulin ". Toutefois, les dispositions de l'article 2 de la section 1 du chapitre du titre 1 du livre IV du règlement du PLU de la MEL n'ont pas pour objet de refuser la création d'emplacements réservés au sein de la ZAC du " parc du moulin ".
Au demeurant, par les pièces qu'elle produit, la société requérante n'établit pas la nécessité d'installer une antenne de téléphonie mobile au sein de cette zone, située notamment en bordure de zones UE ou UX13 et à proximité d'une zone UVC2.2, permettant l'installation d'antenne de téléphonie mobile sans condition d'emplacement réservé, pour combler l'absence d'une telle antenne dans le périmètre de la commune de Wambrechies qui en est dépourvu et, par suite, son empêchement d'exécuter les obligations de service public auxquelles elle est soumise en tant qu'opérateur de téléphonie mobile. Dans ces conditions, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que les dispositions du PLUi en cause sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
11. Ainsi, le moyen tiré de l'illégalité, invoqué par voie d'exception des dispositions de l'article 2 de la section 1 du chapitre 44 relatif aux conditions particulières applicables à la zone UZ44.1 dite ZAC du " parc du moulin " à Wambrechies du titre 1 du livre IV du règlement du PLUi de la MEL, doit être écarté dans ses différentes branches.
12. Il résulte de ce qui précède que la société requérante n'est pas fondée à demander l'annulation l'arrêté du 8 avril 2021 par lequel le maire de la commune de Wambrechies s'est opposé à sa déclaration préalable déposée le 19 mars 2021 pour l'installation de six antennes sur un monotube radome de 18 mètres de hauteur, sur un terrain sis 139 avenue Clément Aber, parcelle section cadastrée D2148, ensemble la décision du 13 juillet 2021 de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
13. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par la société SFR n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte qu'elle présente doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Wambrechies, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que la société SFR demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la société SFR une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Wambrechies et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société française du radiotéléphone est rejetée.
Article 2 : La société française du radiotéléphone versera à la commune de Wambrechies une somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société française du radiotéléphone et à la commune de Wambrechies.
Délibéré après l'audience du 25 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Chevaldonnet, président,
- M. Babski, premier conseiller,
- Mme Grard, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 février 2024.
La rapporteure,
Signé
E. GRARDLe président,
Signé
B. CHEVALDONNETLa greffière,
Signé
M. C
La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026