vendredi 22 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2107228 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | DELGORGUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 10 septembre 2021 et les
14 septembre 2021 et 24 août 2022, M. A B, représenté par la SCP Gros, Hicter, d'Halluin et associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler le certificat d'urbanisme du 16 juillet 2021 par lequel le maire de la commune de Lourches a déclaré non réalisable le projet de transformation en salles de réception d'un ancien réfectoire implanté sur la parcelle AI211, située 5 rue Cousin sur le territoire communal ;
2°) d'enjoindre à la commune de Lourches de procéder au réexamen de sa demande ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Lourches la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le classement de sa parcelle AI211 en zone naturelle par le plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de la communauté d'agglomération de la Porte du Hainaut (CAPH), dont l'illégalité est invoquée par voie d'exception, est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- son projet ne méconnait pas les dispositions de l'article N-2 du règlement du PLUi de la CAPH.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 19 mai 2022 et le 15 septembre 2022, la commune de Lourches, représentée par Me Delgorgue, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Leclère,
- les conclusions de M. Liénard, rapporteur public,
- et les observations de Me Dubois-Caty, représentant M. B, et de Me Potier, substituant Me Delgorgue et représentant la commune de Lourches.
Considérant ce qui suit :
1. Par un dossier déposé le 25 juin 2021, M. B, propriétaire de la parcelle AI211 située sur le territoire de la commune de Lourches, a sollicité un certificat d'urbanisme en vue de la transformation d'un ancien réfectoire en salles de réception. Par sa requête, l'intéressé demande au tribunal d'annuler le certificat du 16 juillet 2021 par lequel le maire de Lourches a déclaré ce projet non réalisable.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme : " Le certificat d'urbanisme, en fonction de la demande présentée : / a) Indique les dispositions d'urbanisme, les limitations administratives au droit de propriété et la liste des taxes et participations d'urbanisme applicables à un terrain ; / b) Indique en outre, lorsque la demande a précisé la nature de l'opération envisagée ainsi que la localisation approximative et la destination des bâtiments projetés, si le terrain peut être utilisé pour la réalisation de cette opération ainsi que l'état des équipements publics existants ou prévus () ". En vertu d'un principe général, il incombe à l'autorité administrative de ne pas appliquer un règlement illégal. Ce principe trouve à s'appliquer, en l'absence même de toute décision juridictionnelle qui en aurait prononcé l'annulation ou les aurait déclarées illégales, lorsque les dispositions d'un document d'urbanisme, ou certaines d'entre elles si elles en sont divisibles, sont entachées d'illégalité, sauf si cette illégalité résulte de vices de forme ou de procédure qui ne peuvent plus être invoqués par voie d'exception en vertu de l'article L. 600-1 du code de l'urbanisme.
Ces dispositions doivent ainsi être écartées, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, par l'autorité chargée de délivrer des certificats d'urbanisme, qui doit alors se fonder, pour statuer sur les demandes dont elle est saisie, sur les dispositions pertinentes du document immédiatement antérieur ou, dans le cas où celles-ci seraient elles-mêmes affectées d'une illégalité dont la nature ferait obstacle à ce qu'il en soit fait application, sur le document encore antérieur ou, à défaut, sur les règles générales fixées par les articles L. 111-1 et suivants et
R. 111-1 et suivants du code de l'urbanisme.
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 151-5 du code de l'urbanisme, dans sa version applicable au litige, le projet d'aménagement et de développement durable (PADD) du plan local d'urbanisme (PLU) définit notamment " Les orientations générales des politiques d'aménagement, d'équipement, d'urbanisme, de paysage, de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers, et de préservation ou de remise en bon état des continuités écologiques " et " fixe des objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain ". En vertu de l'article L. 151-9 du même code : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger.
/ Il peut préciser l'affectation des sols selon les usages principaux qui peuvent en être faits ou la nature des activités qui peuvent y être exercées et également prévoir l'interdiction de construire. / Il peut définir, en fonction des situations locales, les règles concernant la destination et la nature des constructions autorisées ". Aux termes de l'article R. 151-24 de ce code : " Les zones naturelles et forestières sont dites " zones N ". Peuvent être classés en zone naturelle et forestière, les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison : / 1° Soit de la qualité des sites, milieux et espaces naturels, des paysages et de leur intérêt, notamment du point de vue esthétique, historique ou écologique ; / 2° Soit de l'existence d'une exploitation forestière ; / 3° Soit de leur caractère d'espaces naturels ; / 4° Soit de la nécessité de préserver ou restaurer les ressources naturelles ; / 5° Soit de la nécessité de prévenir les risques notamment d'expansion des crues. ".
4. Il appartient aux auteurs d'un PLU de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
5. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle AI211 est d'une superficie d'environ 34 000 m². Après avoir accueilli une centrale électrique démolie au début des années 1980, elle n'est désormais plus que partiellement bâtie, à hauteur de 2 800 m², et se compose pour l'essentiel de végétation. Si elle jouxte, sur son flanc sud-ouest des parcelles bâties et sur son flanc nord-est, sur une faible partie, un terrain accueillant une casse-automobile, elle se situe également entre deux cours d'eau, la rivière " la Naville " au nord et le canal de l'Escaut au sud et s'inscrit à ce titre dans une importante zone classée zone naturelle.
Par ailleurs, le PADD du PLUi de la CAPH comprend un objectif tenant à " mettre en valeur les rivières, leurs affluents et les canaux : l'Escarpe, la Scarpe, la Selle " en portant notamment " une attention particulière à l'évolution des friches bords à canaux et rivières en respectant leurs potentiels de renaturalisation ". Dans ces conditions, le classement de la parcelle en zone naturelle est conforme au parti d'aménagement retenu par les auteurs du PLUi ainsi qu'aux dispositions du 4° de l'article R. 151-24 du code de l'urbanisme précité.
La circonstance que la parcelle soit raccordée aux différents réseaux et desservie par une voie publique n'est pas de nature à faire obstacle, à elle seule, au classement de ce même terrain en zone naturelle. Dès lors, le moyen tiré de l'illégalité, invoquée par voie d'exception, du PLUi en tant qu'il procède à un classement manifestement erroné de la parcelle AI211 en zone N, celle-ci étant au demeurant déjà classée en zone naturelle par le précédent PLU de la commune de Lourches, doit être écarté.
6. En second lieu, aux termes de l'article N-2 du règlement du PLUi de la CAPH : " Sont autorisés dans toutes la zone N et dans le sous-secteur Nrb sous réserve qu'il n'y ait pas d'incidences sur la fonctionnalité des milieux : () Les travaux de réhabilitation des constructions existantes à la date d'approbation du PLUi et légalement édifiées ; () ".
7. Il ressort des pièces du dossier que le projet de M. B consiste en la transformation d'un ancien réfectoire en un bâtiment accueillant quatre salles de réception et une aire de stationnement comportant 96 places. Si la structure du bâtiment existant est conservée, il ressort cependant des différents plans produits que le projet comporte également la réalisation d'extensions sur trois des quatre côtés de ce bâtiment aboutissant à une augmentation conséquente de la superficie de celui-ci ainsi que la création de nombreuses ouvertures sur les façades. Dans ces conditions, le projet de M. B ne constitue pas des travaux de réhabilitation d'un bâtiment existant pour l'application des dispositions précitées de l'article N-2 du règlement du PLUi de la CAPH. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit, dès lors, être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Lourches, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement de la somme que le requérant demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche il y a lieu de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. B une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Lourches et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera à la commune de Lourches une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Lourches.
Délibéré après l'audience du 30 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Chevaldonnet, président,
- Mme Grard, première conseillère,
- Mme Leclère, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 décembre 2023.
La rapporteure,
Signé
M. LECLERE
Le président,
Signé
B. CHEVALDONNETLa greffière,
Signé
M. C
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026