mardi 10 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2107296 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | DELGORGUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 14 septembre 2021, 29 décembre 2022, 16 janvier 2024 et 14 février 2024, Mme A B, représentée par Me Noël, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 avril 2021 par laquelle la maire de la commune de Lille a rejeté sa demande de protection fonctionnelle, ainsi que la décision du 16 juillet 2021 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à la commune de Lille de lui accorder la protection fonctionnelle ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Lille la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions attaquées ont été prise par une autorité incompétente ;
- la décision du 21 avril 2021 est insuffisamment motivée ;
- le maire de la commune a commis une erreur d'appréciation sur sa situation dès lors qu'elle est victime de harcèlement moral et de discrimination ;
- les décisions attaquées méconnaissent les dispositions de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983.
Par des mémoires en défense enregistrés les 15 novembre 2022, 12 décembre 2023 et 6 février 2024, la commune de Lille, représentée par Me Delgorgue, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que la décision du 21 avril 2021 est confirmative de la décision implicite de rejet de sa demande de protection fonctionnelle du 11 décembre 2020 ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 8 février 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 22 février 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-643 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 2006-1392 du 17 novembre 2006 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Boileau,
- les conclusions de Mme Grard, rapporteure publique,
- les observations de Me de Botton, substituant Me Noël, représentant Mme B,
- les observations de Me Maallem, substituant Me Delgorgue, représentant la commune de Lille.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B a été recrutée le 1er février 2001 par la commune de Lille en qualité de gardien de police municipale avant de bénéficier d'avancements et de nominations la conduisant à détenir en dernier lieu le grade de directeur de police municipale. Par un courrier daté du 11 décembre 2020, elle a demandé que lui soit accordé le bénéfice de la protection fonctionnelle en se prévalant de ce qu'elle aurait subi des agissements constitutifs d'un harcèlement moral et de discrimination. Elle a été reçue par le directeur général des services le 9 février 2021 pour répondre à cette demande. Le 11 avril 2021, elle a adressé une nouvelle demande de protection fonctionnelle pour les mêmes motifs, dans laquelle elle a sollicité également la prise en charge de ses frais d'avocat en vue d'engager une action pénale. Sa demande a été rejetée le 21 avril 2021. Mme B a formé un recours gracieux contre cette décision, qui a été rejeté le 16 juillet 2021.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. La commune de Lille fait valoir que la décision du 21 avril 2021 est confirmative de la décision implicite née du silence qui aurait été gardé sur la première demande adressée le 11 décembre 2020 et qu'elle est, par conséquent, insusceptible de recours. Il ressort toutefois des pièces du dossier qu'en réponse à la demande de Mme B reçue par la commune le 18 décembre 2020, par laquelle elle a sollicité le bénéfice de la protection fonctionnelle sans préciser les mesures qu'elle attendait de son employeur, l'intéressée a été reçue par sa hiérarchie le 9 février 2021 et qu'à cette occasion, il a été répondu favorablement à sa demande par l'annonce de mesures que la commune comptait mettre en place consécutivement à cette demande. Par ailleurs, dans son courrier du 11 avril 2021, Mme B a présenté une demande différente de la première en y ajoutant la prise en charge des frais d'avocat pour la procédure qu'elle comptait engager. Dans ces circonstances, la décision du 21 avril 2021 ne saurait être considérée comme confirmative de la réponse apportée à la demande formulée le 11 décembre 2020. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la commune doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent.
A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; / () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
4. Il ressort des termes de la décision attaquée que, si les circonstances de faits sont énoncées, il n'est fait référence à aucune considération de droit et notamment pas à l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, fixant le cadre juridique applicable à la demande de protection fonctionnelle présentée par Mme B. Par suite, la requérante est fondée à soutenir que la décision du 21 avril 2021 est insuffisamment motivée.
5. Il résulte de ce qui précède, aucun des autres moyens soulevés par Mme B n'étant susceptible de fonder l'annulation de la décision attaquée, que la décision du 21 avril 2021 ainsi que, par voie de conséquence, celle du 16 juillet 2021, doivent être annulées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Le motif retenu par le jugement n'implique pas nécessairement que Mme B se voit reconnaître le bénéfice de la protection fonctionnelle mais implique seulement qu'il soit enjoint à la commune de Lille de réexaminer sa demande, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que Mme B, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, verse à la commune de Lille, la somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Lille une somme de 1 200 euros à verser à Mme B au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions des 21 avril 2021 et 16 juillet 2021 sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Lille de réexaminer la demande de protection fonctionnelle présentée par Mme B, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Lille versera à Mme B la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Les conclusions présentées par la commune de Lille sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la commune de Lille.
Délibéré après l'audience du 26 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Leguin, présidente,
M. Perrin, premier conseiller,
M. Boileau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 décembre 2024.
Le rapporteur,
signé
C. BOILEAU
La présidente,
signé
A-M. LEGUIN La greffière,
signé
S. SING
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026