LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2107299

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2107299

vendredi 22 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2107299
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantRIVIERE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 14 septembre 2021 et 15 décembre 2021, Mme E A B, représentée par Me Rivière, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 1er avril 2021 par lequel le préfet du Nord a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ;

2°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet du Nord de procéder à un nouvel examen de sa demande de titre de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard et, dans l'attente, de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce à la part contributive de l'Etat, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

- elle a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée en méconnaissance de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration et est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière à défaut pour le préfet du Nord de produire l'avis de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) sur laquelle elle est fondée ne démontrant ainsi pas la régularité des mentions qu'il doit comporter ni qu'il émane de médecins identifiés et compétents en application de l'article R. 4127-76 du code de la santé publique, et agréés conformément à l'article 2 de l'arrêté du 9 novembre 2011 ni qu'il a été pris hors la présence du médecin ayant établi le rapport médical en application de l'article R. 313-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que le préfet du Nord a communiqué deux avis de l'OFII qui ne visent pas les mêmes dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations du 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 28 décembre 1968 et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de ces stipulations ;

- elle méconnaît les stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 28 décembre 1968 et celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

- elle est insuffisamment motivée en méconnaissance de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration et est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa vie personnelle au regard de ses liens familiaux et personnels en France ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision octroyant un délai de départ volontaire :

- la décision a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée en méconnaissance de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration et est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français sur laquelle elle se fonde ;

- elle méconnaît l'article 7 de la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008 au motif que des circonstances particulières justifient que lui soit accordé un délai supplémentaire ou, à tout le moins, que le préfet du Nord examine cette possibilité.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- la décision a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour sur laquelle elle se fonde ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense enregistré le 29 octobre 2021, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la requérante invoque des moyens qui ne sont pas fondés.

Par une décision du 12 juillet 2021 le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Lille a accordé à Mme A B l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008 ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C.

Considérant ce qui suit :

1. Mme E A B, ressortissante algérienne née le 3 juillet 1973 à Tlemcen (Algérie), est entrée sur le territoire français selon ses déclarations le 21 décembre 2012 sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa de court séjour délivré le 11 décembre 2012 l'autorisant à séjourner dans l'espace Schengen pour une durée n'excédant pas trente jours. Elle s'est vu délivrer un certificat de résidence valable du 12 novembre 2015 au 11 novembre 2016, renouvelé pour la période du 28 novembre 2016 au 27 novembre 2017. Par un arrêté du 28 janvier 2019, le préfet du Nord a refusé le renouvellement de son certificat de résidence et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Il maintenait cette décision le 17 avril 2019, à la suite du recours gracieux de l'intéressée. Par une lettre du 6 novembre 2019, reçue le 8 novembre 2019, Mme A B a sollicité l'abrogation de l'obligation de quitter le territoire français en date du 28 janvier 2019. Sa demande est restée sans réponse écrite. Mme A B s'est vu délivrer un récépissé de première demande de titre de séjour valable du 14 septembre 2020 au 13 mars 2021, qu'elle avait formée le 17 février 2020. Mme A B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 1er avril 2021 par lequel le préfet du Nord a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

Sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête :

2. Il ressort des pièces du dossier que Mme A B est suivie en France depuis 2013 pour le traitement d'une sclérose en plaques de forme rémittente avec des séquelles lourdes nécessitant une prise en charge multidisciplinaire associant, outre un traitement médicamenteux, des soins rééducatifs physiques et un suivi neurologique. Depuis son hospitalisation le 29 mars 2020, elle est également prise en charge pour le traitement d'une tuberculose pulmonaire pseudo-tumorale. Placée sous curatelle renforcée depuis le 17 février 2017 pour une durée de 60 mois, elle justifie, en France, de la présence de son frère, de nationalité française, qui atteste entretenir des liens étroits avec l'intéressée et de sa situation d'isolement en Algérie. Mme A B n'a pas conservé de liens personnels et familiaux étroits dans son pays d'origine, ses parents étant décédés en 2002 et 2015, deux de ses frères étant décédés et trois autres demeurant en Angleterre et aux Etats-Unis. Si elle est mère d'un enfant mineur demeurant en Algérie, elle a divorcé du père de celui-ci en 2012 et aucune pièce du dossier ne fait état de ce qu'elle entretiendrait des liens avec ce dernier. En outre, l'éducatrice spécialisée au sein du CHRS de l'association L'Abej Solidarité, qui loge et accompagne Mme A B depuis le 28 février 2014, atteste de l'intégration de l'intéressée au sein de la structure, de ce qu'elle a développé un réseau amical au sein de l'établissement et en dehors de celui-ci, ce que confirme une bénévole de l'association. Aussi, eu égard à l'ancienneté de sa présence en France où elle bénéficie d'une prise en charge médicale spécialisée au long cours, de ses liens sociaux et familiaux stables et durables caractérisant son intégration sociale sur le territoire français, le préfet du Nord, en refusant à Mme A B la délivrance d'un titre de séjour, a commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressée. Par suite, Mme A B est fondée à demander l'annulation de la décision du 1er avril 2021 par laquelle le préfet du Nord a refusé de lui délivrer un titre de séjour, ainsi que, par voie de conséquence, les décisions du même jour l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

3. Aux termes des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. () ".

4. Eu égard au motif d'annulation retenu, le présent jugement implique qu'il soit enjoint au préfet du Nord de délivrer à Mme A B une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les conclusions relatives aux frais liés au litige :

5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, à verser à Me Rivière, avocate de Mme A B, sous réserve pour Me Rivière de renoncer à percevoir la part contributive de l'État à l'aide juridique.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 1er avril 2021 par lequel le préfet du Nord a refusé de délivrer à Mme A B un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement est annulé.

Article 2 : Il est enjoint au préfet du Nord de délivrer à Mme A B une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'Etat versera à Me Rivière, avocate de Mme A B, une somme de 1 000 (mille) euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve pour Me Rivière de renoncer à percevoir la part contributive de l'État à l'aide juridique.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme E A B, à Me Rivière et au préfet du Nord.

Copie sera adressée, pour information, au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 1er juillet 2022, à laquelle siégeaient :

M. Paganel, président,

Mme Dang, première conseillère,

Mme Lançon, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juillet 2022.

La rapporteure,

signé

L-J. C

Le président,

signé

M. D

La greffière,

signé

C. CALIN

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

No 2107299

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions