LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2107355

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2107355

mercredi 7 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2107355
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantSCP FUSILLER PREVOST

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 septembre 2021, M. B D, représenté par Me Prevost, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 23 juillet 2021 par lequel le sous-préfet de Montreuil-sur-Mer a ordonné le dessaisissement des armes et des munitions dont il est détenteur dans un délai de trois mois, lui a interdit d'acquérir ou de détenir des armes ou munitions de toutes catégories et a retiré la validation de son permis de chasser ;

2°) d'enjoindre au préfet du Pas-de-Calais de procéder à sa radiation du fichier national des interdits d'acquisition et de détention d'armes ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat, outre les entiers dépens, une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de l'arrêté contesté ;

- l'arrêté est insuffisamment motivé en droit et en fait ;

- il a été pris en violation du principe du contradictoire et des droits de la défense dès lors que les pièces de l'enquête administrative ne lui ayant pas été communiquées, il n'a pas été en mesure de s'expliquer sur les faits reprochés ;

- il est entaché d'une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 8 novembre 2021, le préfet du Pas-de-Calais conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'ordonnance n° 2107349 du 23 septembre 2021 ;

- le code de la sécurité intérieure ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Féménia,

- et les conclusions de M. Groutsch, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. B D détient deux armes de catégorie C qu'il a déclarées par des courriers reçus les 11 novembre et 20 décembre 2019. Par arrêté du 23 juillet 2021, le sous-préfet de Montreuil-sur-Mer a ordonné le dessaisissement des armes et munitions qu'il détient, lui a interdit d'acquérir ou de détenir des armes et munitions de toutes catégories et l'a informé de son inscription au fichier national des interdits d'acquisition et de détention d'armes (FINIADA) et lui a retiré la validation de son permis de chasser. Par sa requête, M. D demande notamment l'annulation de cet arrêté du 23 juillet 2021.

2. Aux termes de l'article L. 312-11 du code de la sécurité intérieure, dans sa version alors applicable : " Sans préjudice des dispositions de la sous-section 1, le représentant de l'Etat dans le département peut, pour des raisons d'ordre public ou de sécurité des personnes, ordonner à tout détenteur d'une arme, de munitions et de leurs éléments de toute catégorie de s'en dessaisir. / Le dessaisissement consiste soit à vendre l'arme les munitions et leurs éléments à une personne titulaire de l'autorisation, mentionnée à l'article L. 2332-1 du code de la défense, ou à un tiers remplissant les conditions légales d'acquisition et de détention, soit à la remettre à l'Etat. Un décret en Conseil d'Etat détermine les modalités du dessaisissement. / Sauf urgence, la procédure est contradictoire. Le représentant de l'Etat dans le département fixe le délai au terme duquel le détenteur doit s'être dessaisi de son arme, de ses munitions et de leurs éléments ". Aux termes de l'article R. 312-67 du même code : " Le préfet ordonne la remise ou le dessaisissement de l'arme ou de ses éléments dans les conditions prévues aux articles L. 312-7 ou L. 312-11 lorsque : / () 3° Il résulte de l'enquête diligentée par le préfet que le comportement du demandeur ou du déclarant est incompatible avec la détention d'une arme ; cette enquête peut donner lieu à la consultation des traitements automatisés de données personnelles mentionnés à l'article 26 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 ; () ".

3. En premier lieu, eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, soumis à la formalité de publication, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier. Par un arrêté du 28 août 2020, publié au recueil spécial des actes du département n° 51 du même jour, le préfet du Pas-de-Calais a donné délégation à M. E C, sous-préfet de Montreuil-sur-Mer, signataire de l'arrêté en litige, à l'effet de signer, notamment, la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté contesté, qui manque en fait, doit être écarté.

4. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué, qui vise notamment les articles du code de la sécurité intérieure dont il a été fait application, comporte l'exposé des motifs de fait et de droit qui en constituent le fondement, de manière suffisamment circonstanciée pour mettre utilement M. D en mesure d'en discuter les motifs. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté du 23 juillet 2021 doit être écarté.

5. En troisième lieu, M. D se borne à soutenir que la procédure préalable à l'édiction de l'arrêté contesté aurait été conduite en méconnaissance du principe du contradictoire et des droits de la défense du fait que les " pièces de l'enquête administrative " ne lui auraient pas été communiquées. Toutefois, cette circonstance est sans incidence sur le caractère contradictoire de la procédure suivie par le sous-préfet de Montreuil-sur-Mer, alors qu'il ressort par ailleurs des pièces du dossier, qu'en application des dispositions citées au point 2, le préfet a, par un courrier du 17 novembre 2020, invité l'intéressé à formuler des observations dans un délai de quinze jours, M. D ayant répondu à cette invitation par courrier du 25 novembre suivant en formulant des observations précises sur les faits qui lui étaient reprochés. Ce moyen ne peut, dès lors, qu'être écarté.

6. En quatrième et dernier lieu, il ressort des pièces du dossier et notamment du compte-rendu de l'enquête prévue par les dispositions précitées de l'article R. 312-67 du code de la sécurité intérieure et diligentée par le sous-préfet de Montreuil-sur-Mer, que M. D a fait l'objet d'une hospitalisation sans consentement du 19 au 25 août 2016, qu'il a été hospitalisé à plusieurs reprises en 2016 et 2017, qu'il est défavorablement connu pour des faits de violence sans incapacité sur conjoint du 1er au 23 février 2017 et pour conduite sous l'emprise de l'alcool le 23 février 2017. Il est en outre défavorablement connu par la mairie de sa commune de résidence et par la gendarmerie pour des actes de violence. Si le rapport d'expertise psychiatrique du Dr A en date du 3 août 2021 n'identifie aucune anomalie pathologique chez l'intéressé qui s'opposerait à le laisser pratiquer le tir sportif, cet élément ne suffit pas, compte tenu de la nature et de la gravité des faits, pour regarder le comportement de M. D comme n'étant pas incompatible avec la détention d'une arme. La circonstance que ces faits n'auraient aucun lien immédiat avec l'usage d'une arme à feu ne saurait s'opposer à ce que le préfet lui ordonne de se dessaisir de ses armes dès lors que les dispositions applicables de l'article L. 312-11 du code de sécurité intérieure n'exigent pas qu'un tel lien soit établi. Dans ces circonstances, le sous-préfet de Montreuil-sur-Mer n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en ordonnant à M. D de se dessaisir des armes en sa possession.

7. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 23 juillet 2021 par lequel le sous-préfet de Montreuil-sur-Mer a ordonné le dessaisissement des armes et des munitions dont il est détenteur dans un délai de trois mois, lui a interdit d'acquérir ou de détenir des armes ou munitions de toutes catégories et a retiré la validation de son permis de chasser. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions de la requête présentées à fin d'injonction, ainsi que celles tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et au préfet du Pas-de-Calais.

Copie en sera adressée, pour information, au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 17 mai 2023 à laquelle siégeaient :

- Mme Féménia, présidente,

- M. Bourgau, premier conseiller,

- M. Horn, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juin 2023.

La présidente-rapporteure,

signé

J. FÉMÉNIAL'assesseur le plus ancien dans l'ordre

du tableau,

signé

T. BOURGAULa greffière,

signé

P. MAGHRI

La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier.

No 2107355

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions