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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2107628

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2107628

jeudi 23 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2107628
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantSELARL DETREZ-CAMBRAI AVOCAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 27 septembre 2021, 29 septembre et 1er décembre 2022, et 11 septembre 2023, Mme B C épouse D et M. A D, représentés par Me Detrez-Cambrai, demandent au tribunal dans le dernier état de leurs écritures :

1°) de condamner la commune de Férin à leur verser une indemnité d'un montant de 42 573,38 euros en réparation de leurs préjudices ;

2°) d'enjoindre au maire de Férin de mettre en œuvre son pouvoir de police administrative de sorte à faire cesser les troubles qu'ils subissent dans un délai de sept jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) la suppression des passages à caractère injurieux, outrageant et diffamatoire figurant dans les écritures de la commune de Férin ;

4°) de mettre à la charge de la commune de Férin la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- le maire de Férin n'a pas qualité pour produire des observations en défense au nom de la commune en l'absence de délibération du conseil municipal lui déléguant cette faculté ;

- la responsabilité pour faute du maire est engagée dès lors qu'il s'est abstenu de dégager la voie publique pour leur permettre d'accéder à leur logement ;

- la responsabilité pour faute du maire est également engagée dès lors qu'il s'est abstenu de faire usage de ses pouvoirs de police administrative à l'égard des nuisances produites par les jets de ballon issus du stade municipal, la circulation des véhicules de la collectivité et des engins agricoles, les aboiements de chiens, le " squat " du parking du stade, la circulation des bus selon un nouveau tracé devenu effectif le 4 janvier 2021 ;

- la responsabilité pour faute de la commune, en sa qualité de maître d'ouvrage, est engagée, en tant qu'ils ont subi, en qualité d'usagers, des dommages résultant d'un défaut d'entretien normal de l'éclairage public ainsi que des potelets et de la noue situés devant leur propriété ;

- la responsabilité pour faute de la commune est engagée en raison des dégradations commise par l'un de ses agents ;

- la responsabilité sans faute de la commune, en sa qualité de maître d'ouvrage, est également engagée, en tant qu'ils ont subi un dommage anormal et spécial du fait des jets de ballon issus du stade municipal ;

- ils ont subi différents préjudices dont le montant total s'élève à 42 573,38 euros.

Par des mémoires en défense enregistrés les 27 juin et 24 octobre 2022, la commune de Férin, représentée par Me Fromont, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge des époux D la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés ;

- à titre subsidiaire, à ce que le montant à indemniser soit ramené à de plus justes proportions ;

- les conclusions à fin d'injonction ne sont pas fondées en l'absence de toute faute de la commune et, en tout état de cause, en raison de ce qu'elles porteraient atteinte à l'intérêt général et à la continuité de services publics.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Horn,

- les conclusions de Mme Michel, rapporteure publique,

- et les observations de Me Fromont représentant la commune de Férin.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B C épouse D et M. A D sont propriétaires d'une maison d'habitation sise au 29, rue des Pivoines à Férin dans laquelle ils habitent depuis janvier 2017. Par un courrier du 14 mai 2021, reçu le 27 mai suivant, les époux D ont demandé au maire de Férin de leur verser, au titre de l'indemnisation de différents préjudices qu'ils estiment avoir subis, la somme de 42 573,38 euros, à la suite duquel une décision implicite de rejet est née, le 27 juillet 2021, du silence gardé par le maire de la commune.

Sur la recevabilité des mémoires en défense :

2. Aux termes de l'article L. 2122-22 du code général des collectivités territoriales : " Le maire peut, en outre, par délégation du conseil municipal, être chargé, en tout ou partie, et pour la durée de son mandat : / () 16° D'intenter au nom de la commune les actions en justice ou de défendre la commune dans les actions intentées contre elle, dans les cas définis par le conseil municipal () ". Aux termes de l'article L. 2132-2 de ce code : " Sous réserve des dispositions du 16° de l'article L. 2122-22, le conseil municipal délibère sur les actions à intenter au nom de la commune. ". Enfin, l'article L. 2132-2 du même code énonce que : " Le maire, en vertu de la délibération du conseil municipal, représente la commune en justice. "

3. Il ressort des pièces du dossier que par une délibération du 15 octobre 2020, le conseil municipal de la commune de Férin a donné délégation à son maire pour " défendre la commune dans les actions intentées contre elle devant toutes les juridictions et de transiger avec les tiers dans la limite de 1 000 euros ". L'irrecevabilité des écritures en défense invoquée par les requérants doit, dès lors, être écartée.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne le comportement fautif d'un agent de la commune :

4. La victime non fautive d'un préjudice causé par l'agent d'une administration peut, dès lors que le comportement de cet agent n'est pas dépourvu de tout lien avec le service, demander au juge administratif de condamner cette administration à réparer intégralement ce préjudice, quand bien même une faute personnelle commise par l'agent devrait être regardée comme détachable du service.

5. Les requérants soutiennent qu'un agent public de la commune a retiré le vernis et le traitement anti-rouille de leur portail en utilisant une bombe anti-tags professionnelle pour effacer une inscription jaune et orange fluorescent suite à la dégradation de ce portail dans la nuit du 11 au 12 janvier 2020. Néanmoins, d'une part, s'ils allèguent que la société RCI, distributeur de bombe anti-tags et fournisseur de la commune aurait confirmé que le produit en question avait bien été acheté par la commune et que dans cette même commande, il y avait également eu la commande de bombes de chantier de couleur jaune et orange, identiques à celles qui ont servi à dégrader leur portail, ils n'apportent aucun élément permettant de l'établir alors qu'au demeurant la commune conteste l'existence de tels achats. D'autre part, alors que la commune fait valoir qu'elle n'a pas été informée de l'intervention d'un agent municipal pour procéder à l'effacement du tag du portail, ni la plainte de Mme D, faisant état sans précision d'un litige avec un employé de la mairie concernant la réception d'un colis, ni les photos d'une bombe anti-tags professionnelle et du portail avant et après la dégradation supposément due à l'utilisation d'une bombe anti-tags professionnelle, ne sauraient établir la faute alléguée. Dans ces conditions, la responsabilité de la commune ne saurait être engagée à raison du comportement fautif d'un de ses agents.

En ce qui concerne la proximité du stade municipal :

6. D'une part, aux termes de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment : () 1° Tout ce qui intéresse la sûreté et la commodité du passage dans les rues, quais, places et voies publiques ; / 2° Le soin de réprimer les atteintes à la tranquillité publique telles que les rixes et disputes accompagnées d'ameutement dans les rues, le tumulte excité dans les lieux d'assemblée publique, les attroupements, les bruits, y compris les bruits de voisinage, les rassemblements nocturnes qui troublent le repos des habitants et tous actes de nature à compromettre la tranquillité publique ".

7. Il résulte de l'instruction que la maison de M. et Mme D, édifiée sur un terrain acquis par ces derniers en 2017 soit postérieurement à l'aménagement des terrains de sport en cause, est contiguë à un petit terrain de football d'entraînement, séparé de la propriété des époux D par un mur de briques de trois mètres de hauteur. Ce petit terrain de football jouxte lui-même le stade municipal dont les buts sont situés à une vingtaine de mètres de la propriété des requérants. Par des courriers du 22 mai et 14 août 2018, M. et Mme D ont saisi le maire de la commune de Férin des nuisances liées à la fréquentation de ces équipements, tenant aux fréquents jets de ballons sur leur propriété et au bruit généré par les utilisateurs et leurs véhicules et ont proposé l'installation d'un filet de sécurité. Par un courrier du 21 septembre 2018, la commune de Férin a proposé aux époux d'installer un filet le long du mur en briques de leur propriété d'une hauteur de 4 mètres au-dessus du mur soit 6 mètres de hauteur au total, porté par des poteaux tous les 5 mètres, cette proposition ayant été décliné par les époux D le 21 octobre 2018 qui souhaitent l'installation du filet derrière les buts du stade municipal et non le long de leur mur. Or, il n'est pas contesté par les requérants que les jets de ballons proviennent pour moitié du petit terrain d'entraînement de sorte que la proposition de la commune était adaptée aux risques de troubles. En outre, si les requérants allèguent de nuisances sonores en raison de la musique diffusée par des véhicules présents sur le parking du stade, y compris la nuit, ils n'apportent aucun élément ni aucune pièce permettant d'étayer ces allégations. Dans ces conditions, le maire de Férin n'a pas commis de faute en s'abstenant de faire usage de ses pouvoirs de police administrative à l'égard des nuisances résultant du " squat " du parking du stade et des jets de ballons.

8. D'autre part, un terrain de sport aménagé par une commune constitue un ouvrage public dont la présence est susceptible d'engager envers les tiers la responsabilité de la personne publique, même en l'absence de faute. Il appartient toutefois aux tiers d'apporter la preuve de l'existence d'un dommage grave et spécial et d'un lien de causalité entre la présence ou le fonctionnement de l'ouvrage et les dommages subis. Ne sont pas susceptibles d'ouvrir droit à indemnité les préjudices qui n'excèdent pas les sujétions susceptibles d'être normalement imposées, dans l'intérêt général, aux riverains des ouvrages publics.

9. Si la commune, par son courrier du 21 septembre 2018, reconnaît l'existence de jets de ballons atterrissant dans la propriété des requérants, il est constant que le stade municipal existait depuis plusieurs années lorsque les époux D ont acquis leur propriété. Dans ces conditions, alors que les requérants n'établissent pas la fréquence de ces jets de ballons et se bornent à produire des photographies non datées de ballons de football ainsi que deux attestations de témoin, très peu circonstanciées, ces éléments ne suffisent pas à caractériser un préjudice anormal excédant les sujétions susceptibles d'être, sans indemnité, normalement imposées dans l'intérêt général aux riverains des ouvrages publics.

En ce qui concerne le nouveau tracé de la ligne de bus n°20 :

10. Aux termes de l'article L. 2213-1 du code général des collectivités territoriales : " Le maire exerce la police de la circulation sur les routes nationales, les routes départementales et l'ensemble des voies publiques ou privées ouvertes à la circulation publique à l'intérieur des agglomérations, sous réserve des pouvoirs dévolus au représentant de l'Etat dans le département sur les routes à grande circulation () ".

11. Les requérants soutiennent que le nouveau tracé des lignes de bus de la rue de Goeuzlin vers les résidences " Petite sensée " et " Norévie ", effectif depuis le 4 janvier 2021, perturbe la tranquillité publique et crée un risque pour la sécurité publique en raison du passage journalier d'une quarantaine d'autobus du lundi au samedi dès 5h45. Toutefois, en se bornant à produire une pétition intitulée " non au passage des bus dans les résidences Petit Sensée et Noévie ", non datée, rassemblant dix signatures, ainsi que des extraits de pages " Facebook " tenus par des habitants de la commune, et à alléguer de nuisances sonores et d'un risque pour la sécurité publique car les bus et les camions ne pourraient se croiser en raison de l'étroitesse de la route empruntée par le nouveau tracé, ils ne démontrent pas que les troubles qu'ils subissent excéderaient les inconvénients que les riverains de la voirie doivent supporter dans l'intérêt général de nature à justifier en l'espèce, que le maire fasse un usage de son pouvoir de police pour réglementer la circulation aux abords de leur propriété.

En ce qui concerne la noue :

12. Selon les dispositions de l'article L. 2321-2-20° du code général des collectivités territoriales, les communes ont l'obligation d'entretenir les voies communales.

13. Il résulte de l'instruction que deux potelets de bois d'environ une vingtaine de centimètres de hauteur ont été installés par les services de la commune de Férin, du 18 au 22 février 2019, sur une noue, propriété de la commune, longeant la rue des Pivoines et située pour partie devant le portail de l'entrée charretière de la propriété des époux D. Ces potelets étaient placés sur la gauche de l'axe de l'entrée charretière jusqu'à ce que la commune, sur demande des époux D, les retirent suite au bris, le 25 février 2019, au cours d'une manœuvre de stationnement, du rétroviseur gauche d'un de leurs véhicules dont la commune avait été avisée le jour même.

14. D'une part, s'il résulte de l'instruction que ces potelets pouvaient rendre moins aisé le

stationnement des véhicules des époux D dans leur cour goudronnée ou leur garage, en empêchant ces derniers d'empiéter sur la noue, leur installation n'était pas de nature à encombrer la voie publique dès lors qu'il n'est pas contesté que les potelets étaient installés sur une noue, propriété de la commune, qui n'a pas vocation à accueillir la circulation publique. Dès lors, en l'absence de tout encombrement de la voie publique, le maire de Férin n'a pas commis de faute en s'abstenant d'intervenir pour dégager la voie publique.

15. D'autre part, il appartient à l'usager, victime d'un dommage survenu sur une voie publique, de rapporter la preuve du lien de cause à effet entre l'ouvrage public et le dommage dont il se plaint. La collectivité chargée de l'ouvrage public doit alors, pour que sa responsabilité ne soit pas retenue, établir que cet ouvrage faisait l'objet d'un entretien normal ou que le dommage est imputable à la faute de la victime ou à un cas de force majeure.

16. Compte tenu de ce qui a été dit précédemment, l'installation des potelets ne présentait pas un risque excédant pour les automobilistes ceux auxquels doivent normalement s'attendre ces usagers de la voie publique et contre lesquels il leur appartient de se prémunir eux-mêmes en prenant les précautions nécessaires. Dans ces conditions, la responsabilité pour faute présumée de la commune, en sa qualité de maître d'ouvrage, ne peut davantage être engagée.

17. Enfin, si les requérants invoquent également la carence du maire à faire usage de ses pouvoirs de police pour assurer la sécurité publique en raison du risque d'incendie lié à la végétation proliférant sur la noue, voisine d'un compteur à gaz, ils n'apportent aucun élément susceptible d'établir l'absence de désherbage ou d'étayer l'existence d'un risque d'incendie, et notamment pas la proximité d'un compteur à gaz. Dans ces conditions, le maire de Férin n'a pas commis de faute en s'abstenant de faire usage de ses pouvoirs de police administrative.

En ce qui concerne la circulation d'engins agricoles et de véhicules des agents d'entretien de la commune :

18. Les époux D soutiennent que le maire de Férin a commis une faute en l'absence de mesures prises concernant la circulation d'engins agricoles et de véhicules des agents d'entretien de la commune, lesquels leur causent des nuisances olfactives (odeurs de carburant) et sonores. Toutefois, ni la capture d'écran d'un décibelmètre indiquant une valeur de 105,4 Db(Z), non datée et dépourvue d'indication de lieu, ni les photos d'empoussièrement ou de fissures, également non datées, ne sont de nature à établir une faute du maire de Férin dans l'exercice de ses pouvoirs de police.

En ce qui concerne l'éclairage public :

19. Si les requérants soutiennent que l'éclairage public devant leur propriété est défaillant et ne permet pas d'utiliser leur caméra de vidéosurveillance installée suite à des dégradations de leur portail commises dans la nuit du 11 au 12 janvier 2020, aucune pièce ou élément ne vient étayer ces allégations de défaillance de l'éclairage public, alors qu'il ne ressort en outre d'aucune disposition législative ou réglementaire que la commune de Férin soit tenue d'éclairer les voies communales la nuit. Dans ces conditions, le maire de Férin n'a commis aucune faute concernant l'éclairage public de la commune.

20. Par ailleurs, alors qu'il ne résulte pas de l'instruction qu'il existe un lien de cause à effet entre un quelconque préjudice subi par les requérants et le défaut d'entretien de l'éclairage public, la responsabilité pour faute présumée de la commune, en sa qualité de maître d'ouvrage, ne peut davantage être engagée.

En ce qui concerne l'aboiement des chiens :

21. Si les requérants soutiennent en outre que le maire de Férin aurait dû adopter un arrêté prescrivant aux propriétaires de chiens de prendre toutes précautions pour empêcher les animaux de troubler le voisinage par leurs aboiements, les seules déclarations et plaintes des époux D auprès de la gendarmerie ne sauraient caractériser l'existence d'un risque de trouble à l'ordre public alors qu'elles ne sont secondées par aucune autre pièce ou attestation. Dès lors, le maire de Férin n'a pas commis de faute en s'abstenant de faire usage de ses pouvoirs de police administrative concernant l'aboiement des chiens.

22. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de condamnation présentées par les époux D doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

23. Le présent jugement, qui rejette les conclusions indemnitaires présentées par les époux D, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, leurs conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.

Sur les passages à caractère injurieux, outrageants ou diffamatoires :

24. En vertu des dispositions de l'article 41 de la loi du 29 juillet 1881 reproduites à l'article L. 741-2 du code de justice administrative, les tribunaux administratifs peuvent, dans les causes dont ils sont saisis, prononcer, même d'office, la suppression des écrits injurieux, outrageants ou diffamatoires.

25. En l'espèce, le passage des écritures du mémoire en défense du 27 juin 2022 commençant par les mots : " Le Tribunal pourra s'interroger " et s'achevant par les mots : " au cas présent " n'excède pas le droit à la libre discussion et ne présente pas un caractère diffamatoire. Par suite, les conclusions tendant à ce que le tribunal prononce leur suppression doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

26. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Férin, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que les époux D demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge des époux D une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Férin et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête des époux D est rejetée.

Article 2 : Les époux D verseront à la commune de Férin une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C épouse D, M. A D et à la commune de Férin.

Délibéré après l'audience du 2 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

- Mme Féménia, présidente,

- M. Bourgau, premier conseiller,

- M. Horn, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 novembre 2023.

Le rapporteur,

Signé

J. HORNLa présidente,

Signé

J. FÉMÉNIA

La greffière,

Signé

S. DEREUMAUX

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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