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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2107642

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2107642

mercredi 14 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2107642
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème chambre
Avocat requérantALAIN BENSOUSSAN SELAS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 28 septembre 2021, 16 novembre 2022 et 16 janvier 2024, la société anonyme (SA) Viamedis, représentée par Me Bensoussan, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de " rejeter " les titres de recettes, visés par la saisie administrative à tiers détenteur n°34938123432 émise le 30 juin 2021 par le trésorier du centre hospitalier d'Arras, qu'elle a réglés et ceux qui ne lui ont pas été transmis ;

2°) d'annuler les titres de recettes suivants et de la décharger des sommes qui y sont mentionnées :

N° de titre de recettesMontant (euros)710239364,29710239615,74710378174,79711278715,33717660520,7072281201 630,00723300446,04723425610,66723426136,447239184560,00725056521,75725826540,00726521027,02726989850,0072989738,40730499110,64730499210,64730499315,79730626747,20730840551,64730940648,00731221766,61731222616,13731363750,007313638215,02731363968,00731364268,0073137481 470,00731545119,47732091514,99732091814,687324066200,007324068204,7473249798,4073319268,40733807368,00733835622,977341111429,48734124818,0073453429,007345633175,63734853712,47735490718,00735712868,007358494500,0073610098,40736211421,14736392640,00736973626,3673706978,64

3°) de la décharger de l'obligation de payer la somme de 7 143,38 euros figurant dans la saisie administrative à tiers détenteur n°34938123432 émise le 30 juin 2021 à fin de recouvrement de titres de recettes émis par le centre hospitalier d'Arras ;

4°) de prononcer la mainlevée totale de la saisie administrative à tiers détenteur en litige ;

5°) d'ordonner la restitution des sommes indûment perçues " le cas échéant " ;

6°) de condamner solidairement l'Etat et le centre hospitalier d'Arras au paiement de la somme de 1 500 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, avec intérêt au taux légal à compter de l'introduction de la requête.

Elle soutient que :

- la facturation de certains titres exécutoires n'est pas conforme à l'accord de prise en charge établi par l'organisme tiers-payeur du patient bénéficiaire de l'acte de soins ;

- le créance objet du titre n° 7345633 n'est pas exigible dès lors que celle-ci correspond à la facturation d'actes du service mobile d'urgence et de réanimation financés par la dotation nationale de financement des missions d'intérêt général et d'aide à la contractualisation (MIGAC) en vertu des articles D. 162-6 et D. 162-8 du code de la sécurité sociale et de l'arrêté du 18 juin 2019 fixant la liste des structures, des programmes, des actions, des actes et des produits financés au titre des missions d'intérêt général mentionnées aux articles D. 162-6 et D. 162-7 du code de la sécurité sociale ainsi que la liste des missions d'intérêt général financées au titre de la dotation mentionnée à l'article L. 162-23-8 ;

- les sommes correspondant aux titres de recettes qu'elle a réglés ne sont pas exigibles ;

- le bien-fondé des titres qu'elle n'a pas reçus est contestable puisqu'elle n'a pas pu le vérifier ;

- les titres restant en litige sont infondés pour les motifs précisés dans les tableaux de synthèse produits à l'instance : montant non valide car non conforme à l'accord de prise en charge ou non conforme aux droits ouverts ou non conforme à la réglementation en vigueur, prise en charge ne lui incombant pas en raison d'une erreur du centre hospitalier sur le débiteur, risque ou garantie non couvert ou non pris en charge, bénéficiaire inconnu ou radié, absence de carte mutuelle pour la période considérée, fin de convention avec la mutuelle et facturation non conforme aux codes acte.

Par un mémoire enregistré le 29 octobre 2021, le directeur départemental des finances publiques du Pas-de-Calais conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la requête en tant qu'elle conteste la validité en la forme d'une saisie administrative à tiers détenteur relève de la compétence du juge judiciaire ;

- la requête, qui porte sur le recouvrement de créances non fiscales d'un établissement public de santé, est irrecevable à défaut de demande préalable telle que le prévoit l'article R. 281-1 du livre des procédures fiscales ;

- il appartient au centre hospitalier d'Arras de répondre aux moyens relatifs au bien-fondé des créances en cause.

Un mémoire, enregistré le 5 décembre 2022, a été présenté par le directeur départemental des finances publiques du Pas-de-Calais.

La requête a été communiquée au centre hospitalier d'Arras qui n'a pas produit de mémoire.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître des conclusions de la requête de la société Viamédis tendant à la mainlevée totale de la saisie administrative à tiers détenteur en litige, à la restitution des sommes ainsi prélevées par l'acte de poursuite et ainsi que celles dirigées contre les saisies administratives à tiers détenteur, seules les conclusions relatives au bien-fondé des créances relevant de la compétence du juge administratif.

Des réponses aux moyens d'ordre public ont été enregistrées les 11 et 13 décembre 2023, pour la société Viamedis.

Elle soutient que les conclusions de sa requête portent sur la contestation du bien-fondé des titres de recettes et tendent à la décharge des sommes ainsi mises à sa charge, relevant ainsi de la compétence de la juridiction administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Lançon,

- les conclusions de Mme Bruneau, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. La société Viamedis, organisme mutualiste prenant notamment en charge des frais de séjour d'assurés sociaux dans des centres hospitaliers, a fait l'objet, le 30 juin 2021, d'une saisie administrative à tiers détenteur émise par le trésorier du centre hospitalier d'Arras à fin de recouvrement de sommes qui lui ont été réclamées par des titres de recettes émis par le directeur de ce centre. Par sa requête, la société Viamedis demande au tribunal de prononcer la décharge de l'obligation de payer les sommes figurant dans cet acte de poursuite et doit être regardée comme demandant, d'une part, la mainlevée des poursuites pour les titres relatifs à des sommes qu'elle a payées, et, d'autre part, l'annulation des titres qu'elle qualifie de non fondés, soit parce que la créance n'est pas établie, soit parce que le titre n'aurait pas été reçu, et la décharge des sommes qui y sont mentionnées.

Sur les conclusions aux fins de décharge de l'obligation de payer et d'ordonner la mainlevée de la saisie administrative à tiers détenteur :

2. Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, dans sa rédaction résultant de la loi n° 2017-1775 du 28 décembre 2017 de finance rectificative pour 2017, applicable aux titres émis par les établissements publics de santé en vertu de son premier alinéa " [] / 1° En l'absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l'établissement public local permet l'exécution forcée d'office contre le débiteur. / [] / L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois à compter de la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite. / 2° La contestation qui porte sur la régularité d'un acte de poursuite est présentée selon les modalités prévues à l'article L. 281 du livre des procédures fiscales. [] ".

3. Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction résultant de la loi du 28 décembre 2017, " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. / [] / Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : / [] / c) Pour les créances non fiscales des collectivités territoriales, des établissements publics locaux et des établissements publics de santé, devant le juge de l'exécution. "

4. Il ressort de ces dispositions que l'ensemble du contentieux du recouvrement des créances non fiscales des collectivités territoriales et des établissements publics de santé est de la compétence du juge de l'exécution, tandis que le contentieux du bien-fondé de ces créances est de celle du juge compétent pour en connaître sur le fond.

5. Les conclusions de la requête présentée par la société Viamedis à fin de décharge de l'obligation de payer figurant dans la saisie à tiers détenteur qu'elle conteste et celles, sous couvert du " rejet " de certains titres, tendant à ordonner la mainlevée de cet acte de poursuite ressortissent au contentieux du recouvrement. Par suite, le juge de l'exécution, juge de l'ordre judiciaire, est seul compétent pour en connaître, sans que puisse être remis en cause devant lui le bien-fondé de la créance. Il s'ensuit que ces conclusions doivent être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Sur les conclusions aux fins d'annulation et de décharge :

En ce qui concerne l'étendue du litige :

6. En premier lieu, il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation des titres nos 7234256, 7234261, 7269898, 7258265, 7265210, 7298973, 7309406, 7313637, 7313639, 7315451, 7320915, 7320918, 7324066, 73311926, 7338356, 7341248, 7345342, 7345633, 7348537, 7358494, 7361009, 7369736 et 7370697, et à la décharge des sommes respectives de 10,66 euros, 36,44 euros, 50 euros, 40 euros, 27,02 euros, 8,40 euros, 48 euros, 50 euros, 68 euros, 19,47 euros, 14,99 euros, 14, 68 euros, 200 euros, 8, 40 euros, 22, 97 euros, 18 euros, 9 euros, 175,63 euros, 12, 47 euros, 500 euros, 8,40 euros, 26,36 euros et 8,64 euros y figurant, la société Viamedis précisant que les titres ont été annulés par le centre hospitalier ou remboursés en cours d'instance, ce que ni ce dernier, qui n'a pas produit de mémoire, ni le directeur départemental des finances publiques du Pas-de-Calais, pour le trésorier du centre hospitalier d'Arras, c'est-à-dire le comptable public ayant pris en charge ces titres, ne contestent.

7. En second lieu, il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation des titres no 7176605 à hauteur de la somme de 15,23 euros, n° 7228120 à hauteur de la somme de 1 150 euros, n° 7239184 à hauteur de la somme de 160 euros, n° 7304993 à hauteur de la somme de 5,16 euros, n° 7306267 à hauteur de la somme de 11,78 euros, n° 7313638 à hauteur de la somme de 50 euros, n° 7313642 à hauteur de la somme de 18 euros, n° 7313748 à hauteur de la somme de 250 euros, n° 7338073 à hauteur de la somme de 10 euros, et n° 7357128 à hauteur de la somme de 18 euros, la société Viamedis indiquant, sans être contestée, dans son mémoire enregistré le 16 janvier 2024, que les sommes précitées lui ont été remboursées par le trésorier du centre hospitalier d'Arras.

En ce qui concerne le bien-fondé des autres titres de recettes :

8. Aux termes de l'article L. 162-21-1 du code de la sécurité sociale : " L'assuré est dispensé, pour la part garantie par les régimes obligatoires d'assurance maladie, dans les cas et conditions fixés par voie réglementaire, de l'avance des frais d'hospitalisation et des frais relatifs aux actes et consultations externes () dans les établissements de santé mentionnés au a () de l'article L. 162-22-6 [les établissements publics de santé] () ". En complément de ce mécanisme de tiers payant pour la part garantie par l'assurance maladie obligatoire, les organismes de protection complémentaire peuvent proposer aux assurés sociaux le tiers-payant dit intégral, dispensant également l'assuré de l'avance de la part garantie par l'organisme complémentaire. L'établissement public de santé peut constituer l'organisme complémentaire débiteur de cette part, à la condition que l'assuré bénéficie de la couverture de cette part par l'organisme à la date de l'hospitalisation, de l'acte ou de la consultation.

9. En premier lieu, la société requérante ne peut utilement soutenir, à l'appui de sa contestation du bien-fondé des créances attachées aux titres n° 7250565 portant sur la somme de 21,75 euros, n° 7304991 portant sur la somme de 10,64 euros et n° 7304992 portant sur la somme de 10,64 euros, n'avoir pas reçu ces titres.

10. En deuxième lieu, s'agissant des titres n° 7176605 portant sur la somme de 20,70 euros et n° 7304993 portant sur la somme de 15,79 euros, la société requérante soutient que les sommes respectives de 5, 47 euros et 10,63 euros lui restent dues sans toutefois apporter les précisions permettant d'apprécier le bien-fondé de ses affirmations. Par suite, elle n'est pas fondée à contester les titres précités.

11. En troisième lieu, s'agissant des titres de recettes nos 7102393, 7102396, 7103781, 7233004, 7308405, 7312217, 7312226 portant sur la somme globale de 335, 24 euros, la société requérante se borne à indiquer que les sommes concernées ont été payées. Elle ne formule ainsi aucun moyen à l'appui de ses conclusions dirigées contre ces titres. Par suite, ses conclusions aux fins d'annulation de ces titres et de décharge des sommes qui y sont mentionnées doivent être rejetées.

12. En quatrième lieu, s'agissant du titre no 7228120 portant sur la somme de 1 630 euros et correspondant à la facturation de la prestation de 23 chambres particulières à hauteur de 50 euros, soit un montant de 1 150 euros, dont elle a obtenu le remboursement ainsi qu'il a été dit au point 7, la société soutient que le montant n'est pas conforme à la prise en charge consentie qui ne comprend pas la prestation de chambre en ambulatoire. Elle ne formule aucun moyen à l'appui de sa contestation du surplus, soit la somme de 480 euros. Par suite, le surplus des conclusions de la requête relatives à ce titre doit être rejeté.

13. En cinquième lieu, s'agissant du titre no 7239184 portant sur la somme de 560 euros et correspondant à la facturation de la prestation de huit chambres particulières à hauteur de 50 euros, la société requérante soutient, sans être contestée, que le montant n'est pas conforme à la prise en charge consentie, laquelle est, pour cette prestation, de 30 euros, soit la somme totale contestée de 160 euros dont elle a obtenu le remboursement ainsi qu'il a été dit au point 7. Elle ne formule aucun moyen à l'appui de sa contestation du surplus, soit la somme de 400 euros. Par suite, le surplus des conclusions de la requête relatives à ce titre doit être rejeté.

14. En sixième lieu, s'agissant du titre no 7313638 portant sur la somme de 215,02 euros et correspondant à la facturation de la prestation d'une chambre particulière à hauteur de 50 euros, dont elle a obtenu le remboursement ainsi qu'il a été dit au point 7, la société soutient que le montant n'est pas conforme à la prise en charge consentie qui ne comprend pas la prestation de chambre en ambulatoire. Elle ne formule aucun moyen à l'appui de sa contestation du surplus, soit la somme de 165,02 euros. Par suite, le surplus des conclusions de la requête relatives à ce titre doit être rejeté.

15. En septième lieu, s'agissant du titre n° 7313642 portant sur la somme de 68 euros et correspondant à la facturation de la prestation d'une chambre particulière à hauteur de 50 euros, la société requérante soutient, sans être contestée, que le montant n'est pas conforme à la prise en charge consentie, laquelle est, pour cette prestation, de 20 euros. Le centre hospitalier d'Arras auquel il revient de justifier des créances hospitalières dont il se prévaut, n'a pas produit malgré une mise en demeure et ne remet donc pas en cause ces affirmations. Par suite, et eu égard au non-lieu prononcé au point 7, la société Viamedis est fondée à demander la réduction de la somme réclamée par le titre en cause à concurrence de 12 euros ((50-20) - 18).

16. En huitième lieu, s'agissant du titre no 7313748 portant sur la somme de 1 470 euros et correspondant à la facturation de la prestation de 21 chambres particulières à hauteur de 1 050 euros (soit 50 euros par chambre) et au forfait journalier de 20 euros par chambre, la société soutient, sans être contestée, que le montant n'est pas conforme à la prise en charge consentie, laquelle ne porte que sur 16 chambres. Compte tenu du non-lieu à statuer prononcé au point 7, la société Viamedis est seulement fondée à demander la réduction de la somme réclamée par le titre en cause à concurrence de la somme de 100 euros (5 x (50 + 20) - 250).

17. En neuvième lieu, s'agissant du titre n° 7338073 portant sur la somme de 68 euros, correspondant à la facturation d'une chambre particulière à hauteur de 50 euros, la société requérante soutient que le montant n'est pas conforme à la prise en charge consentie laquelle est, pour cette prestation, de 40 euros soit la somme totale contestée de 10 euros dont elle a obtenu le remboursement ainsi qu'il a été dit au point 7. Elle ne formule aucun moyen à l'appui de sa contestation du surplus, soit la somme de 58 euros. Par suite, le surplus des conclusions de la requête relatives à ce titre doit être rejeté.

18. En dixième lieu, s'agissant du titre n° 7357128 portant sur la somme de 68 euros et correspondant à la facturation de la prestation d'une chambre particulière à hauteur de 50 euros, la société requérante soutient, sans être contestée, que le montant n'est pas conforme à la prise en charge consentie, laquelle est, pour cette prestation, de 20 euros. Le centre hospitalier d'Arras auquel il revient de justifier des créances hospitalières dont il se prévaut, n'a pas produit malgré une mise en demeure et ne remet donc pas en cause ces affirmations. Par suite, et eu égard au non-lieu prononcé au point 7, la société Viamedis est fondée à demander la réduction de la somme réclamée par le titre en cause à concurrence de 12 euros ((50-20) - 18).

19. En onzième lieu, s'agissant du titre n° 7306267 portant sur la somme de 47,20 euros, la requérante soutient, sans être contestée que le bénéficiaire n'a pas souscrit de garantie de protection complémentaire. Le centre hospitalier d'Arras auquel il revient de justifier des créances hospitalières dont il se prévaut, n'a pas produit malgré une mise en demeure et ne remet donc pas en cause ces affirmations. Par suite, et eu égard au non-lieu prononcé au point 7, la société Viamedis est fondée à demander la décharge de la somme de 35,42 euros.

20. En douzième et dernier lieu, la société requérante fait valoir, à l'appui d'écritures détaillées et précises, créance par créance, que les titres exécutoires restant en litige ne sont pas fondés aux motifs, pour le titre n° 7363926 portant sur la somme de 40 euros, que le bénéficiaire des soins lui est inconnu, pour les titres nos 7112787, 7324068, 7324979, 7341111, 7354907 et 7362114, portant, respectivement sur les sommes de 15,33 euros, 204,74 euros, 8,40 euros, 429,48 euros, 18 euros et 21,14 euros, qu'elle n'a pas conclu de convention de prise en charge pour ces patients, Or, le centre hospitalier d'Arras n'ayant pas produit de mémoire malgré une mise en demeure, ne remet pas en cause ces affirmations. La société Viamedis est par suite fondée à demander la décharge des sommes mentionnées dans les titres précités, pour un montant total de 737,09 euros.

21. Il résulte de tout ce qui précède que la société Viamedis est fondée à demander la décharge de la somme totale de 772,51 euros (737,09 + 35,42) correspondant aux sommes réclamées par les titres mentionnés aux points 19 et 20, ainsi que la réduction d'un montant total de 124 euros des titres mentionnés aux points 15, 16 et 18. Cette décharge et cette réduction impliquent, le cas échéant, la restitution des sommes payées pour le recouvrement des titres en cause.

Sur les frais liés au litige :

22. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier d'Arras la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société Viamedis et non compris dans les dépens. Cette somme ne peut être productive d'intérêts qu'en cas d'inexécution du jugement et non à compter de l'enregistrement de la requête comme il est demandé.

D E C I D E :

Article 1er : Les conclusions de la société Viamedis à fin de décharge de l'obligation de payer figurant dans la saisie à tiers détenteur et celles tendant à ordonner la mainlevée de cet acte de poursuite sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la société Viamedis tendant à l'annulation des titres de recettes correspondant aux titres mentionnés au point 6 du présent jugement.

Article 3 : Il n'y a pas lieu de statuer à hauteur des sommes remboursées s'agissant des titres mentionnés au point 7 du présent jugement.

Article 4 : Les titres figurant dans le tableau suivant sont annulés :

N° de titre de recettesMontant (euros)7112787 15,33730626735,427324068204,747324979 8,407341111 429,487354907 18,007362114 21,14736392640,00

Article 5 : La société Viamedis est déchargée de la somme globale de 772,51 euros mentionnée dans les titres annulés par l'article 4 du présent jugement.

Article 6 : Les sommes réclamées par les titres mentionnés aux points 15, 16 et 18 du présent jugement sont déchargées à concurrence des réductions mentionnées, pour chaque titre, dans ces points, soit la somme globale de 124 euros.

Article 7 : Le centre hospitalier d'Arras versera à la société Viamedis une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 8 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 9 : Le présent jugement sera notifié à la société Viamedis, au centre hospitalier d'Arras et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Copie sera adressée pour information à la trésorerie du centre hospitalier d'Arras et au directeur départemental des finances publiques du Pas-de-Calais.

Délibéré après l'audience du 24 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

M. Riou, président,

M. Fougères, premier conseiller,

Mme Lançon, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 février 2024.

La rapporteure,

signé

L.-J. Lançon

Le président,

signé

J.-M. Riou

La greffière,

signé

I. Baudry

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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