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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2107912

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2107912

jeudi 26 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2107912
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantBENSABER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 octobre 2021 et 12 février 2024, Mme A B, représentée par Me Bensaber, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 15 septembre 2021 par laquelle le directeur général du centre hospitalier de Lens l'a suspendue de ses fonctions à compter du même jour ;

2°) d'enjoindre au centre hospitalier de Lens de lui verser les traitements et ses accessoires dont elle a été privée depuis le 15 septembre 2021 et de reconstituer sa carrière s'agissant notamment de la détermination de la durée des congés payés ainsi que de ses droits acquis au titre de son ancienneté, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de l'expiration d'un délai de sept jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Lens la somme de 7 013 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée a été prise en méconnaissance des garanties attachées à la procédure disciplinaire, telles que la communication du dossier et la convocation devant un conseil de discipline, ainsi que le principe du respect des droits de la défense ;

- la décision attaquée méconnaît les dispositions du code de la santé publique sur les essais cliniques et les articles 5, 16 et 26 de la convention d'Oviedo du 4 avril 1997, le principe de sauvegarde de la dignité de la personne humaine garanti par l'article 1er de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, les articles 2, 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, les articles 1 et 3 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'article 6 de la déclaration universelle sur la bioéthique et les droits de l'homme, les articles 25 à 31 de la déclaration d'Helsinki, adoptée en juin 1964 et les stipulations de la directive 2001/20/CE du Parlement européen et du conseil du 4 avril 2001 ;

- elle porte une atteinte grave aux principes constitutionnels du droit au travail, de la liberté d'entreprendre, de sauvegarde de la dignité de la personne humaine ; elle est disproportionnée par rapport au but de protection de la santé ;

- elle porte atteinte au principe de non-discrimination en méconnaissance des stipulations de l'article 21 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- elle porte atteinte au principe de non-discrimination à l'encontre des personnes qui ne sont pas vaccinées, en méconnaissance des stipulations du règlement (UE) 2021/953 du Parlement européen et du Conseil du 14 juin 2021 et de la résolution 2361 de l'assemblée parlementaire du conseil de l'Europe adoptée le 27 janvier 2021 ;

- elle a droit au versement de son traitement et de ses accessoires depuis le 15 septembre 2021 jusqu'à sa réintégration effective.

Par un mémoire distinct, enregistré le 7 octobre 2021, à l'appui de sa requête, et un mémoire, enregistré le 16 mars 2022, Mme B, représentée par Me Bensaber, demande au tribunal de transmettre au Conseil d'Etat, aux fins de renvoi au Conseil constitutionnel, la question de la conformité aux droits et libertés garantis par la Constitution des dispositions du I de l'article 12 et du III de l'article 14 de la loi du 5 août 2021, relative à la gestion de la crise sanitaire.

Par un mémoire en défense enregistré le 21 mars 2024, le centre hospitalier de Lens, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Vu :

- l'ordonnance du 19 avril 2022 par laquelle le président de la 4ème chambre du tribunal administratif de Lille a rejeté la demande de transmission de la question prioritaire de constitutionnalité posée par Mme B ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Constitution et notamment son Préambule ;

- le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la convention sur les droits de l'homme et la biomédecine signée à Oviedo le 4 avril 1997 ;

- la déclaration universelle sur la bioéthique et les droits de l'homme ;

- le règlement (UE) 2021/953 du Parlement européen et du Conseil du 14 juin 2021 ;

- la directive 2001/20/CE du Parlement européen et du Conseil du 4 avril 2001 ;

- le code de la santé publique ;

- la loi n° 2021-1040 du 5 août 2021 ;

- le décret n° 2021-699 du 1er juin 2021 ;

- le décret n° 2023-368 du 13 mai 2023 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Jaur, première conseillère,

- les conclusions de Mme Courtois, rapporteure publique,

- et les observations de Me Piret substituant Me Bensaber, avocat de Mme B.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, infirmière puéricultrice au centre hospitalier de Lens, a été suspendue de ses fonctions sans rémunération à compter du 15 septembre 2021 et jusqu'à production d'un justificatif de vaccination ou de contre-indication à la vaccination répondant aux conditions définies par le décret du 1er juin 2021 visé ci-dessus, par une décision du directeur général de cet établissement du 15 septembre 2021. Elle a été réintégrée en mai 2023 à la suite de la publication du décret du 13 mai 2023, également visé ci-dessus, relatif à la suspension de l'obligation de vaccination contre la covid-19 des professionnels et étudiants. Mme B demande au tribunal d'annuler la décision du 15 septembre 2021.

Sur les conclusions à fins d'annulation et d'injonction :

En ce qui concerne le cadre juridique applicable :

2. Aux termes de l'article 12 de la loi du 5 août 2021 susvisée, relative à la gestion de la crise sanitaire : " I. - Doivent être vaccinés, sauf contre-indication médicale reconnue, contre la covid-19 : / 1° Les personnes exerçant leur activité dans : / a) Les établissements de santé mentionnés à l'article L. 6111-1 du code de la santé publique () ". Aux termes de l'article 13 de cette même loi : " I. - Les personnes mentionnées au I de l'article 12 établissent :

/ 1° Satisfaire à l'obligation de vaccination en présentant le certificat de statut vaccinal prévu au second alinéa du II du même article 12 ". Aux termes de l'article 14 de cette loi : " B. - À compter du 15 septembre 2021, les personnes mentionnées au I de l'article 12 ne peuvent plus exercer leur activité si elles n'ont pas présenté les documents mentionnés au I de l'article 13 ou, à défaut, le justificatif de l'administration des doses de vaccins requises par le décret mentionné au II de l'article 12. / Par dérogation au premier alinéa du présent B, à compter du

15 septembre 2021 et jusqu'au 15 octobre 2021 inclus, sont autorisées à exercer leur activité les personnes mentionnées au I de l'article 12 qui, dans le cadre d'un schéma vaccinal comprenant plusieurs doses, justifient de l'administration d'au moins une des doses requises par le décret mentionné au II du même article 12, sous réserve de présenter le résultat, pour sa durée de validité, de l'examen de dépistage virologique ne concluant pas à une contamination par la covid-19 prévu par le même décret. / () / La suspension mentionnée au premier alinéa du présent III, qui s'accompagne de l'interruption du versement de la rémunération, prend fin dès que l'agent public remplit les conditions nécessaires à l'exercice de son activité prévues au I. Elle ne peut être assimilée à une période de travail effectif pour la détermination de la durée des congés payés ainsi que pour les droits acquis par l'agent public au titre de son ancienneté. Pendant cette suspension, l'agent public conserve le bénéfice des garanties de protection sociale complémentaire auxquelles il a souscrit ".

3. D'une part, il résulte de ces dispositions que le centre hospitalier de Lens relève des établissements dont les personnels sont soumis à l'obligation vaccinale prévue par les dispositions de l'article 12 de la loi du 5 août 2021. D'autre part, l'obligation vaccinale s'impose selon les cas prévus par cette même loi à toute personne travaillant régulièrement au sein de locaux relevant d'un établissement de santé, que cette personne ait ou non des activités de soins et soit ou non en contact avec des personnes fragiles ou des professionnels de santé. Mme B, infirmière puéricultrice, est ainsi soumise à ces dispositions.

En ce qui concerne l'application à l'espèce :

S'agissant de la légalité externe :

4. La mesure de suspension prise dans l'intérêt du service, qui est limitée à la période au cours de laquelle l'intéressée s'abstient de se conformer aux obligations qui sont les siennes en application des dispositions précitées, se borne à constater que l'agent ne remplit pas les conditions légales pour exercer son activité. Elle ne présente pas le caractère d'une sanction disciplinaire et n'a dès lors pas à être précédée de la mise en œuvre des garanties procédurales attachées au prononcé d'une sanction administrative tenant à la mise en œuvre des droits de la défense, à la communication préalable de son dossier administratif individuel ou à la convocation devant un conseil de discipline. Les moyens tirés de l'irrégularité de la procédure suivie par l'administration et de la méconnaissance du principe du respect des droits de la défense, ne peuvent dès lors qu'être écartés.

S'agissant de la légalité interne :

5. En premier lieu, par une ordonnance n° 2107912 QPC du 19 avril 2022, le tribunal a décidé de ne pas transmettre au Conseil d'Etat la question prioritaire de constitutionnalité posée par Mme B. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir que la décision en litige porterait une atteinte grave aux principes constitutionnels du droit au travail, de la liberté d'entreprendre, de sauvegarde de la dignité de la personne humaine et serait disproportionnée par rapport au but de protection de la santé en tant qu'elle a été prise sur le fondement de la loi du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire, laquelle serait inconstitutionnelle.

6. En deuxième lieu, si Mme B soutient que les dispositions de la loi du 5 août 2021 sur lesquelles se fonde la décision en litige sont contraires au règlement du Parlement européen et du Conseil du 14 juin 2021 relatif à un cadre pour la délivrance, la vérification et l'acceptation de certificats COVID-19 interopérables de vaccination, de test et de rétablissement (certificat COVID numérique de l'UE) afin de faciliter la libre circulation pendant la pandémie de COVID-19, les dispositions de ce règlement, prises dans le cadre de l'article 21 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, ne sont applicables qu'aux déplacements entre les États membres de l'Union européenne et ne portent pas atteinte aux compétences en matière de définition de la politique sanitaire de ces derniers, conformément au paragraphe 7 de l'article 168 du même traité. Par conséquent, ce moyen doit être écarté comme inopérant.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article 1er de la déclaration universelle sur la bioéthique et les droits de l'homme du 19 octobre 2005 : " 1. La présente Déclaration traite des questions d'éthique posées par la médecine, les sciences de la vie et les technologies qui leur sont associés, appliquées aux êtres humains, en tenant compte de leurs dimensions sociale, juridique et environnementale. /2. La présente Déclaration s'adresse aux Etats. Elle permet aussi, dans la mesure appropriée et pertinente, de guider les décisions ou pratiques des individus, des groupes, des communautés, des institutions et des sociétés, publiques et privées. ". Il ressort également de la volonté des Etats signataires de conférer à l'instrument une nature déclarative et non contraignante. Dès lors, Mme B ne peut utilement invoquer la méconnaissance de l'article 6 de la déclaration universelle sur la bioéthique et les droits de l'homme du 19 octobre 2005, laquelle est dépourvue d'effet direct en droit interne.

8. En quatrième lieu, la déclaration de l'association médicale mondiale d'Helsinki adoptée par la 18ème assemblée générale en 1964, qui consiste en une déclaration de principes et de recommandations prises par une organisation gouvernementale, est dépourvue de valeur juridique. De même, la résolution 2361 de l'assemblée parlementaire du conseil de l'Europe adoptée le 27 janvier 2021 est dépourvue de force contraignante. Par suite, Mme B ne peut invoquer la méconnaissance, par la décision litigieuse, de ces textes.

9. En cinquième lieu, aux termes de l'article 21 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Est interdite toute discrimination fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, les origines ethniques ou sociales, les caractéristiques génétiques, la langue, la religion ou les convictions, les opinions politiques ou toute autre opinion, l'appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance, un handicap, l'âge ou l'orientation sexuelle. (). ".

10. La décision par laquelle le directeur général du centre hospitalier de Lens a suspendu Mme B de ses fonctions sans traitement jusqu'à la production d'un justificatif de vaccination ou de contre-indication à la vaccination n'est pas fondée sur l'état de santé de l'intéressée, mais sur le non-respect de l'obligation vaccinale imposée par les dispositions de la loi du 5 août 2021. La réglementation issue de la loi du 5 août 2021 s'applique de manière identique à l'ensemble des personnes qui exercent leur activité professionnelle au sein des établissements de santé, qu'elles fassent ou non partie du personnel soignant. Par suite, Mme B n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée serait discriminatoire ou contraire au principe d'égalité et méconnaîtrait l'article 21 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ou encore, et en tout état de cause, ainsi qu'il a été dit au point 6, le règlement (UE) 2021/953 du Parlement européen et du Conseil du 14 juin 2021.

11. En sixième lieu, Mme B n'est pas fondée à soutenir que, par la décision en litige, son consentement éclairé a été méconnu dès lors qu'elle n'a pas été vaccinée. Si elle soutient que l'obligation vaccinale instituée par la loi du 5 août 2021 méconnaît diverses conventions internationales et textes internationaux, notamment les stipulations de la convention d'Oviedo et de la directive n° 2001/20/CE du 4 avril 2001, en tant qu'elle méconnaîtrait le consentement libre et éclairé nécessaire à toute intervention médicale, la loi du 5 août 2021 n'a pas eu pour effet de la contraindre à être vaccinée sans son consentement, de sorte que son moyen ne peut en tout état de cause qu'être écarté.

12. En septième lieu, il est constant que les vaccins contre la Covid-19 utilisés en France ont fait l'objet d'une autorisation de mise sur le marché par l'Agence européenne du médicament. Si l'autorisation est conditionnelle, la vaccination obligatoire n'a pas pour autant le caractère d'une expérimentation médicale ou d'un essai clinique, lesquels au surplus obéissent à d'autres fins. Par suite, les moyens tirés de ce que la loi du 5 août 2021 méconnaîtrait les principes de consentement auxquels sont subordonnés de tels expérimentations et essais, notamment ceux de la convention sur les droits de l'homme et la biomédecine signée à Oviedo le 4 avril 1997, les dispositions du code de la santé publique figurant aux articles L. 1122-1 et suivants de ce code et des stipulations de la directive 2001/20/CE du Parlement européen et du conseil du 4 avril 2001 et porterait atteinte au droit à l'intégrité physique, à la dignité de la personne humaine, au droit à la sécurité et à la vie et au droit de disposer de son corps garantis par la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, doivent en tout état de cause être écartés.

13. En huitième lieu, le droit à l'intégrité physique fait partie du droit au respect de la vie privée au sens des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, telles que la Cour européenne des droits de l'homme les interprète. Une vaccination obligatoire constitue une ingérence dans ce droit, qui peut être admise si elle remplit les conditions du paragraphe 2 de l'article 8 et, notamment, si elle est justifiée par des considérations de santé publique et proportionnée à l'objectif poursuivi. Il doit ainsi exister un rapport suffisamment favorable entre, d'une part, la contrainte et le risque présentés par la vaccination pour chaque personne vaccinée et, d'autre part, le bénéfice qui en est attendu tant pour cet individu que pour la collectivité dans son entier, y compris ceux de ses membres qui ne peuvent être vaccinés en raison d'une contre-indication médicale, compte tenu à la fois de la gravité de la maladie, de son caractère plus ou moins contagieux, de l'efficacité du vaccin et des risques ou effets indésirables qu'il peut présenter.

14. L'article 12 de la loi du 5 août 2021 a défini le champ de l'obligation de vaccination contre la Covid-19 en retenant, notamment, un critère géographique pour y inclure les personnes exerçant leur activité dans un certain nombre d'établissements, principalement les établissements de santé et des établissements sociaux et médico-sociaux, ainsi qu'un critère professionnel pour y inclure les professionnels de santé afin, à la fois, de protéger les personnes accueillies par ces établissements qui présentent une vulnérabilité particulière au virus de la Covid-19 et d'éviter la propagation du virus par les professionnels de santé dans l'exercice de leur activité qui, par nature, peut les conduire à soigner des personnes vulnérables ou ayant de telles personnes dans leur entourage. Par suite, eu égard à l'objectif de santé publique poursuivi et alors même qu'aucune dérogation personnelle à l'obligation de vaccination n'est prévue en dehors des cas de contre-indication, l'obligation vaccinale pesant sur le personnel exerçant dans un établissement de santé, qui ne saurait être regardée comme disproportionnée au regard de l'objectif de santé publique poursuivi, ne méconnaît pas le droit à l'intégrité physique garanti par la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en ses articles 2, 3 et 8 et la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.

15. En dernier lieu, Mme B ne peut utilement soutenir que la décision en litige, en la privant de ressources, a porté atteinte de manière disproportionnée à ses droits dès lors que le directeur général du centre hospitalier de Lens s'est borné à constater que les conditions d'application des articles 12 à 14 de la loi du 5 août 2021 étaient réunies et à faire application de ses dispositions tendant à la suspension sans traitement de l'intéressée.

16. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 15 septembre 2021 par laquelle le directeur général du centre hospitalier de Lens l'a suspendue de ses fonctions sans rémunération à compter du même jour et jusqu'à production d'un justificatif de vaccination ou de contre-indication à la vaccination répondant aux conditions définies par le décret n° 2021-699 du 1er juin 2021. Les conclusions à fin d'annulation de la requête de Mme B doivent dès lors être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, au demeurant privées d'objet en ce qui concerne la réintégration de l'intéressée, intervenue en mai 2023 selon ses propres écritures, et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au centre hospitalier de Lens.

Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Riou, président,

- Mme Jaur, première conseillère,

- Mme Célino, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.

La rapporteure,

Signé

A. JaurLe président,

Signé

J.-M. Riou

La greffière,

Signé

S. Ranwez

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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