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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2107981

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2107981

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2107981
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantBRIATTE

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête, enregistrée le 11 octobre 2021 sous le n° 2107981, et des mémoires, enregistrés les 11 avril 2022 et 22 février 2024, Mme B A, représentée par Me Briatte, demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 15 septembre 2021 par laquelle le directeur du centre hospitalier de Roubaix l'a suspendue de ses fonctions à compter du même jour ;

2°) d'enjoindre au centre hospitalier de Roubaix de la réintégrer et de régulariser sa situation administrative, tant en matière de versement de sa rémunération que dans la détermination de la durée de ses congés payés ainsi que pour ses droits acquis au titre de son ancienneté et de son avancement, dans un délai de dix jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Roubaix la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- en la suspendant de ses fonctions alors qu'elle était en arrêt de travail, la décision attaquée a méconnu les dispositions des articles 12 et 14 de la loi du 5 août 2021 qui ne trouvent à s'appliquer qu'aux agents susceptibles d'exercer effectivement leur activité professionnelle et, partant, d'être en contact avec des personnes vulnérables ;

- elle a aussi méconnu les dispositions de l'article 41 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 et de l'article 1er du décret n° 2002-8 du 4 janvier 2002 ;

- la décision du 15 mars 2022 par laquelle le directeur du centre hospitalier de Roubaix a suspendu la décision de suspension pour la période durant laquelle Mme A est placée en congé maladie du 15 septembre 2021 au 25 mars 2022, n'équivaut pas à un retrait ;

- elle ne l'a pas non plus réintégrée dans ses droits.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 février 2024, le centre hospitalier de Roubaix conclut à ce qu'il n'y ait lieu de statuer sur les conclusions de la requête aux fins d'annulation et d'injonction.

Il soutient qu'il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 15 septembre 2021 par laquelle le directeur du centre hospitalier de Roubaix l'a suspendue de ses fonctions à compter du même jour, cette dernière décision ayant été suspendue par la décision du 15 mars 2022, durant la période pendant laquelle Mme A a été placée en congé maladie, du 15 septembre 2021 au 25 mars 2022.

II. Par une requête, enregistrée le 21 février 2022 sous le n° 2201267, et des mémoires, enregistrés les 11 avril 2022, 30 août 2022 et 22 février 2024, Mme B A, représentée par Me Briatte, demande au tribunal :

1°) d'annuler le titre exécutoire n° 352061 du 7 décembre 2021 d'un montant de 359,46 euros, émis à son encontre concernant une " régularisation de paie " à la suite de sa " suspension pour cause d'obligation vaccinale " ;

2°) la restitution de la somme de 359,46 euros qu'elle a acquittée, dans un délai de dix jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Roubaix la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le titre exécutoire ne mentionne pas les nom, prénom et qualité de son auteur, en méconnaissance des dispositions des articles L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration et L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales ;

- la compétence du signataire n'est pas établie ;

- le titre exécutoire ne mentionne pas l'identité de l'ordonnateur en méconnaissance des dispositions de l'article L. 6143-7 du code de la santé publique et des articles 10 à 12 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ;

- il est insuffisamment motivé en méconnaissance des dispositions de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ;

- la créance n'est pas fondée, du fait de l'illégalité de la décision de suspension de fonctions lui servant de fondement, laquelle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article 41 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 et de l'article 14 de la loi du 5 août 2021, qui ne trouvent à s'appliquer qu'aux agents susceptibles d'exercer effectivement leur activité professionnelle et, partant, d'être en contact avec des personnes vulnérables.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 février 2024, le centre hospitalier de Roubaix conclut à ce qu'il n'y ait lieu de statuer sur les conclusions de la requête aux fins d'annulation et d'injonction.

Il soutient qu'il n'y a pas lieu de statuer, la somme en litige ayant été versée à Mme A avec sa rémunération du mois d'avril 2022 à titre de régularisation de sa situation.

III. Par une requête, enregistrée le 21 février 2022 sous le n° 2201268, et des mémoires, enregistrés les 11 avril 2022, 5 mai 2022, 16 janvier 2023, 22 février 2024 et 27 février 2024, Mme B A, représentée par Me Briatte, demande au tribunal :

1°) d'annuler le titre exécutoire n° 369737 du 21 décembre 2021 d'un montant de 1 437,85 euros, émis à son encontre concernant une " régularisation de paie négative " à la suite de sa " suspension pour cause d'obligation vaccinale " ;

2°) la décharge de la somme de 1 437,85 euros mise à sa charge par ce titre ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Roubaix la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le titre exécutoire ne mentionne pas les nom, prénom et qualité de son auteur, en méconnaissance des dispositions des articles L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration et L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales ;

- la compétence du signataire n'est pas établie ;

- le titre exécutoire ne mentionne pas l'identité de l'ordonnateur en méconnaissance des dispositions de l'article L. 6143-7 du code de la santé publique et des articles 10 à 12 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ;

- il est insuffisamment motivé en méconnaissance des dispositions de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ;

- la créance n'est pas fondée, du fait de l'illégalité de la décision de suspension de fonctions lui servant de fondement, laquelle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article 41 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 et de l'article 14 de la loi du 5 août 2021, qui ne trouvent à s'appliquer qu'aux agents susceptibles d'exercer effectivement leur activité professionnelle et, partant, d'être en contact avec des personnes vulnérables.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 février 2024, le centre hospitalier de Roubaix conclut à ce qu'il n'y ait lieu de statuer sur les conclusions de la requête aux fins d'annulation et d'injonction.

Il soutient qu'il n'y a pas lieu de statuer, la somme en litige ayant été versée à Mme A avec sa rémunération du mois d'avril 2022 à titre de régularisation de sa situation.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;

- la loi n° 2021-1040 du 5 août 2021 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Jaur,

- les conclusions de Mme Courtois, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Briatte pour Mme A.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, sage-femme au centre hospitalier de Roubaix, a été suspendue de ses fonctions à compter du 15 septembre 2021, sans rémunération, par décision du directeur de cet établissement du même jour, au motif qu'elle ne remplissait plus les conditions nécessaires à l'exercice de son activité, faute de satisfaire à l'obligation vaccinale contre le virus de la covid-19, alors qu'elle était placée en congé maladie depuis le 1er septembre 2021. Le directeur de cet établissement a, le 7 décembre 2021, émis à l'encontre de Mme A, un titre de perception n° 352061 d'un montant de 359,46 euros au motif d'une " régularisation de paie " en conséquence de sa suspension de fonctions. Puis, le 21 décembre 2021, le directeur du centre hospitalier de Roubaix a émis à l'encontre de Mme A un second titre de perception n° 369737 d'un montant de 1 437,85 euros au titre d'une " régularisation de paie négative " en conséquence de sa suspension de fonctions. Ensuite, par décision du 15 mars 2022, le directeur de l'établissement a modifié la décision du 15 septembre 2021 en différant les effets dans le temps de la mesure de suspension de fonctions sans traitement, jusqu'à la date de la fin de son congé maladie, qui correspond au 1er mai 2022, date de la mise à la retraite de Mme A. Par trois requêtes qui concernent la situation d'un même fonctionnaire et qu'il y a donc lieu de joindre pour qu'elles fassent l'objet d'un unique jugement, Mme A demande au tribunal d'annuler la décision du 15 septembre 2021 et les titres exécutoires des 7 décembre 2021 et 21 décembre 2021 émis à son encontre.

Sur les exceptions de non-lieu opposées en défense :

En ce qui concerne la décision du 15 septembre 2021 :

2. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait plus lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du pourvoi dont il était saisi. Dans le cas où l'administration se borne à procéder à l'abrogation de l'acte attaqué, cette circonstance prive d'objet le pourvoi formé à son encontre, à la double condition que cet acte n'ait reçu aucune exécution pendant la période où il était en vigueur et que la décision procédant à son abrogation soit devenue définitive.

3. Il ressort des pièces du dossier qu'en cours d'instance, par décision du 15 mars 2022, le directeur du centre hospitalier de Roubaix a " suspendu " la décision de suspension du 15 septembre 2021, pour la période durant laquelle Mme A est placée en congé maladie du 15 septembre 2021 au 25 mars 2022. Toutefois, d'une part, la suspension ainsi prononcée par le directeur de cet établissement ne constitue pas un retrait et d'autre part, la décision du 15 septembre 2021 a reçu un commencement d'exécution pendant la période où elle était en vigueur. Par suite, l'exception de non-lieu à l'encontre de la décision du 15 septembre 2021, opposée en défense, doit être écartée.

En ce qui concerne les titres exécutoires des 7 et 21 décembre 2021 :

4. Le centre hospitalier de Roubaix soutient que les titres exécutoires des 7 et 21 décembre 2021 " sont dénués d'effet ", les sommes ayant été remboursées à Mme A, par la régularisation de ses rémunérations. Toutefois, alors que les titres n'ont pas été retirés, que Mme A a payé la somme de 359,46 euros mise à sa charge par le titre exécutoire du 7 décembre 2021 et qu'elle faisait, début 2023, l'objet de poursuites engagées par le trésorier du centre hospitalier pour le paiement de la somme de 1 437,85 euros mise à sa charge par le titre exécutoire du 21 décembre 2021, le centre hospitalier de Roubaix en se bornant à produire la fiche de paie de Mme A d'avril 2022 qui ne fait apparaître, en dépit de son montant de 13 771,85 euros nettement supérieur à la somme globale en cause, ni le montant de 359,46 euros, ni celui de 1 437,85 euros, n'établit pas, sans plus de précision sur le détail des sommes mentionnées sur la fiche de paie, avoir déjà remboursé les sommes initialement réclamées correspondants à une suspension de traitement pendant son congé de maladie. Par suite, l'exception de non-lieu opposée par le centre hospitalier de Roubaix à l'encontre des titres exécutoires des 7 et 21 décembre 2021, doit être écartée.

Sur les conclusions à fins d'annulation et de décharge :

En ce qui concerne la décision du 15 septembre 2021 :

5. D'une part, aux termes de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière alors en vigueur : " Le fonctionnaire en activité à droit : / () / 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la transmission par le fonctionnaire, à son administration, de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie, dans un délai et selon les sanctions prévues en application de l'article 42 ".

6. D'autre part, aux termes de l'article 14 de la loi du 5 août 2021 : " I. - () / B - A compter du 15 septembre 2021, les personnes mentionnées au I de l'article 12 ne peuvent plus exercer leur activité si elles n'ont pas présenté les documents mentionnés au I de l'article 13 ou, à défaut, le justificatif de l'administration des doses de vaccins requises par le décret mentionné au II de l'article 12. / Par dérogation au premier alinéa du présent B, à compter du 15 septembre 2021 et jusqu'au 15 octobre 2021 inclus, sont autorisées à exercer leur activité les personnes mentionnées au I de l'article 12 qui, dans le cadre d'un schéma vaccinal comprenant plusieurs doses, justifient de l'administration d'au moins une des doses requises par le décret mentionné au II du même article 12, sous réserve de présenter le résultat, pour sa durée de validité, de l'examen de dépistage virologique ne concluant pas à une contamination par la covid-19 prévu par le même décret. () III. - Lorsque l'employeur constate qu'un agent public ne peut plus exercer son activité en application du I, il l'informe sans délai des conséquences qu'emporte cette interdiction d'exercer sur son emploi ainsi que des moyens de régulariser sa situation. L'agent public qui fait l'objet d'une interdiction d'exercer peut utiliser, avec l'accord de son employeur, des jours de congés payés. A défaut, il est suspendu de ses fonctions ou de son contrat de travail. / La suspension mentionnée au premier alinéa du présent III, qui s'accompagne de l'interruption du versement de la rémunération, prend fin dès que l'agent public remplit les conditions nécessaires à l'exercice de son activité prévues au I (). Elle ne peut être assimilée à une période de travail effectif pour la détermination de la durée des congés payés ainsi que pour les droits acquis par l'agent public au titre de son ancienneté. Pendant cette suspension, l'agent public conserve le bénéfice des garanties de protection sociale complémentaire auxquelles il a souscrit () ".

7. Il résulte des dispositions précitées que si le directeur d'un centre hospitalier peut légalement prendre une mesure de suspension à l'égard d'un agent qui ne satisfait pas à l'obligation vaccinale contre la covid-19 alors que cet agent est en congé de maladie, cette mesure et la suspension de traitement qui lui est associée ne peuvent toutefois entrer en vigueur qu'à compter de la date à laquelle prend fin le congé de maladie de l'agent en question.

8. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a été placée en congé de maladie à compter du 1er septembre 2021 et que son arrêt de maladie a été renouvelé jusqu'au 1er mai 2022, date de sa mise à la retraite. Mme A était ainsi placée en arrêt de maladie à la date de la décision attaquée du 15 septembre 2021 la suspendant immédiatement de ses fonctions sans traitement pour non-respect de son obligation vaccinale. Toutefois, la décision du 15 mars 2022 a modifié la décision du 15 septembre 2021 en différant les effets dans le temps de la mesure de suspension de fonctions sans traitement jusqu'à la date de la fin de son congé maladie, qui correspond, dans les circonstances de l'espèce, au 1er mai 2022, date de sa mise à la retraite. Il suit de là que la décision attaquée du 15 septembre 2021 telle que modifiée par la décision du 15 septembre 2021, est légale. Les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 15 septembre 2021 doivent donc être rejetées.

En ce qui concerne les titres exécutoires des 7 et 21 décembre 2021 :

9. Il résulte des dispositions précitées de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée que Mme A, qui avait été placée en congé de maladie à compter du 1er septembre 2021, ne pouvait être légalement suspendue de son traitement qu'à compter de la date à laquelle prendrait fin son congé de maladie, qui dans les circonstances de l'espèce, a correspondu à la date de sa mise à la retraite, le 1er mai 2022. Il s'ensuit que les titres de recettes en litige se bornant à indiquer " régularisation de paie " en conséquence de sa suspension de fonctions, ne pouvaient pas faire naître une créance d'indu de traitement alors que Mme A était en congé de maladie. En outre, le centre hospitalier de Roubaix se borne à produire la fiche de paie de Mme A d'avril 2022, qui ne fait apparaître ni le montant de 359,46 euros correspondant à la somme mise en recouvrement par le titre exécutoire du 7 décembre 2021, ni celui de 1 437,85 euros correspondant à celui du titre exécutoire du 21 décembre 2021. Ce faisant il n'établit pas, sans plus de précision notamment sur le détail des sommes mentionnées dans la fiche de paie, avoir déjà remboursé à la requérante les sommes qu'il considérait comme lui avoir versées à tort pendant son congé de maladie. Or il a implicitement reconnu ces sommes comme étant dues à la requérante, en suspendant sa décision du 15 septembre 2021 par sa décision du 15 mars 2022, différant les effets dans le temps de la mesure de suspension de fonctions sans traitement de Mme A jusqu'à la date de la fin de son congé maladie. Par suite, il est constant que les créances résultant des titres exécutoires des 7 et 21 décembre 2021 ne sont pas fondées. Dans ses conditions, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés par Mme A à leur encontre, cette dernière est fondée à en demander l'annulation pour un motif tenant au bien-fondé des créances en cause et par voie de conséquence, la décharge de la somme de 1 437,85 euros mise à sa charge par le titre exécutoire du 21 décembre 2021 et la restitution de la somme de 359,46 euros mise à sa charge par le titre émis le 7 décembre 2021 et qu'elle a acquittée.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

10. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la décision du 15 septembre 2021 présentées par Mme A, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, ses conclusions à fins de réintégration et de régularisation de sa situation administrative, doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin de restitution :

11. Ainsi qu'il a été dit au point 9, Mme A est fondée à demander l'annulation du titre exécutoire du 7 décembre 2021. Par suite et alors que, d'une part, Mme A établit avoir réglé cette somme par chèque du 31 janvier 2022, débité le 8 février suivant et d'autre part, qu'en se bornant à produire la fiche de paye de la requérante du mois d'avril 2022, le centre hospitalier de Roubaix n'établit pas l'avoir remboursée, il y a lieu d'accorder à Mme A la restitution de la somme de 359,46 euros mise à sa charge par le titre exécutoire du 7 décembre 2021.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

12. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier de Roubaix, le versement à Mme A d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DÉCIDE :

Article 1er : Les titres exécutoires des 7 décembre 2021 et 21 décembre 2021 sont annulés.

Article 2 : Il est accordé à Mme A la restitution de la somme de 359,46 euros mise à sa charge par le titre exécutoire du 7 décembre 2021.

Article 3 : Mme A est déchargée de la somme de 1 437,85 euros mise à sa charge par le titre exécutoire du 21 décembre 2021.

Article 4 : Le centre hospitalier de Roubaix versera à Mme A une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : La requête n° 2107981 de Mme A et le surplus des requêtes n° 2201267 et

n° 2201268 sont rejetés.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au centre hospitalier de Roubaix.

Copie en sera adressée au directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France.

Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Riou, président,

- Mme Jaur, première conseillère,

- Mme Célino, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.

La rapporteure,

Signé

A. JaurLe président,

Signé

J.-M. Riou

La greffière,

Signé

D. Wisniewski

La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Nos 2107981, 2201267, 2201268

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