jeudi 27 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2108124 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET QUENNEHEN - TOURBIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 octobre 2021, M. B A, représenté par Me Tourbier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 19 août 2021 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de Lille a cessé de lui faire bénéficier des conditions matérielles d'accueil ;
2°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- la décision attaquée ne peut être fondée sur la circonstance qu'il était en fuite ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation ;
- elle constitue une atteinte manifeste à son droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 décembre 2021, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par une ordonnance en date du 20 décembre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 11 janvier 2022.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le Tribunal judiciaire de Lille en date du 3 janvier 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Courtois a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant érythréen, a demandé l'asile en France le 24 septembre 2020 et a accepté le même jour l'offre de prise en charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et bénéficié des conditions matérielles d'accueil. Il a fait l'objet d'une décision de transfert vers Malte le 22 octobre 2020, que l'intéressé a contestée devant le tribunal administratif de Lille, lequel a rejeté sa requête par un jugement en date du 30 décembre 2020. L'intéressé a été déclaré en fuite le 24 juin 2021, après avoir refusé d'embarquer. Par une décision en date du 19 août 2021, que M. A demande au tribunal d'annuler, le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de Lille a mis fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
2. Aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : / () / 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; () / La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret. / Lorsque la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil a été prise en application des 1°, 2° ou 3° du présent article et que les raisons ayant conduit à cette décision ont cessé, le demandeur peut solliciter de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. L'office statue sur la demande en prenant notamment en compte la vulnérabilité du demandeur ainsi que, le cas échéant, les raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acception initiale des conditions matérielles d'accueil ".
3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A a fait l'objet d'une décision du 22 octobre 2020 du préfet du Nord de transfert vers Malte. Afin d'assurer l'exécution de celle-ci, il a été placé en rétention administrative par une décision de cette même autorité en date du 23 juin 2021. Il s'est vu notifier le même jour ses modalités de transfert, ladite notification indiquant d'ailleurs qu'en cas de non-exécution de la mesure de transfert, ses droits de demandeur d'asile seraient suspendus. Toutefois, le 24 juin 2021, M. A a refusé de quitter sa cellule afin de se rendre à l'aéroport et d'embarquer. Pour mettre fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil accordées à M. A, le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de Lille s'est fondé sur le motif qu'il n'avait pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en s'abstenant de se présenter aux autorités, ayant été déclaré en fuite par la préfecture du Nord le 24 juin 2021 à la suite de son refus d'embarquement. M. A, en se bornant à soutenir qu'il ne peut être regardé comme en fuite au sens et pour l'application des dispositions de l'article 29 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, ne justifie pas des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les exigences et obligations qui lui incombaient en tant que demandeur d'asile à l'égard des autorités chargées de l'asile et il n'apporte aucun élément de nature à contredire les circonstances à raison desquelles il a été déclaré en fuite. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A a fait l'objet d'une évaluation de sa situation le 24 septembre 2020 et que, informé de l'intention du directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de Lille de mettre fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil par lettre recommandée avec accusé de réception reçue le 25 août 2021, il n'a fait valoir aucune observation dans le délai de quinze jours qui lui avait été imparti. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de Lille n'a pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. A avant de prendre la décision attaquée.
5. En dernier lieu, il résulte de tout ce qui précède que M. A, qui n'établit pas l'illégalité de la décision attaquée, n'est pas fondé à soutenir qu'elle porterait une atteinte manifeste à son droit d'asile.
6. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision en date du 19 août 2021 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de Lille a mis fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par suite, ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, celles qu'il a présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, relative à l'aide juridique.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Antoine Tourbier et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Lemaire, président,
- Mme Courtois, première conseillère,
- Mme Célino, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2024.
La rapporteure,
Signé
C. COURTOISLe président,
Signé
O. LEMAIRE
La greffière,
Signé
S. RANWEZ
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026