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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2108174

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2108174

mardi 5 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2108174
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantNAVY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, un mémoire et une pièce, enregistrés les 18 octobre 2021, 8 février et 20 mai 2022, Mme D E, représentée par Me Navy, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 17 septembre 2021 par lequel le préfet du Nord lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement ;

2°) d'enjoindre à ce préfet de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 155 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :

- il n'est pas établi que la décision attaquée ait été prise par une autorité habilitée ;

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée de vices de procédure ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation s'agissant de la gravité de son état de santé et de l'accessibilité des soins appropriés en Algérie et d'erreur de droit au regard tant des dispositions de l'article L. 313-11 (11°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que de la circulaire du 28 novembre 2012 ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- il n'est pas établi que la décision attaquée ait été prise par une autorité habilitée ;

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation s'agissant de l'accessibilité des soins appropriés en Algérie et d'erreur de droit au regard tant des dispositions de l'article L. 313-11 (11°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que de la circulaire du 28 novembre 2012 ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L.511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation compte tenu des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'erreur de droit, dès lors qu'elle peut prétendre à la délivrance d'un certificat de résidence sur le fondement de l'article 7 bis b) de l'accord franco-algérien ;

En ce qui concerne la décision portant octroi d'un délai de départ volontaire de trente jours :

- il n'est pas établi qu'elle ait été prise par une autorité habilitée ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle sera annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article 7 de la directive n° 2008/115/CE du 16 décembre 2008, dès lors que le préfet devait lui accorder un délai plus long ou au moins examiner cette possibilité.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 décembre 2021, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens invoqués dans la requête sont infondés.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des moyens tirés de l'incompétence, du défaut de motivation et du vice de procédure soulevées à l'encontre de la décision portant refus de séjour et de ceux tirés de l'incompétence et du défaut de motivation soulevés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français dès lors que ces moyens relèvent de la légalité externe et s'inscrivent ainsi dans une cause juridique distincte du moyen de légalité interne soulevé dans la requête.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- la directive du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Après avoir entendu le rapport de Mme B au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D E, ressortissante algérienne née le 15 juillet 1950 à Khenchela (Algérie), est entrée en France sous couvert d'un visa court séjour valable du 3 septembre 2019 au 18 mars 2020 afin de rendre visite à sa famille résidant en France. Le 25 février 2021, elle a sollicité du préfet du Nord la délivrance d'un titre de séjour pour raisons de santé. Par un arrêté du 17 septembre 2021, le préfet du Nord lui en a refusé la délivrance, l'a obligée à quitter le territoire français sous trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement. Par la présente requête, Mme E demande au tribunal d'annuler les décisions portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français et octroi d'un délai de trente jours.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :

2. En premier lieu, les moyens tirés de l'incompétence de l'auteur de la décision, de l'insuffisance de motivation et du vice de procédure relèvent de la légalité externe de cette décision et s'inscrivent ainsi dans une cause juridique distincte des moyens de légalité interne, seuls soulevés dans le délai de deux mois suivant l'introduction de la requête. Ces moyens sont, par suite, irrecevables et doivent, pour ce motif, être écartés.

3. En deuxième lieu, la requérante ne peut utilement se prévaloir de la circulaire du ministre de l'intérieur du 28 novembre 2012 relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière dans le cadre des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'elle ne contient aucune disposition impérative. Ce moyen doit, par suite, être écarté comme étant inopérant.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article 6-7° de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles : " () / Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit :/ () / 7) au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays./ () ".

5. En invoquant les dispositions de l'article L. 313-11 (11°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, Mme E doit être regardée comme ayant entendu se prévaloir des stipulations précitées de l'article 6 de l'accord franco-algérien, seules applicables aux ressortissants algériens. Il ressort des pièces du dossier que l'intéressée souffre d'hypertension artérielle et de problèmes cardiaques, qu'elle a subi en juin 2019 en Algérie une opération ayant pour objet l'implantation d'un stimulateur cardiaque mono-chambre BAV et qu'elle a dû subir une nouvelle opération le 14 octobre 2020, à la polyclinique du Bois à Lille en vue de remplacer immédiatement une valve aortique par une bioprothèse et réaliser une occlusion de l'auricule gauche par " atriclip ". Le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a, par son avis du 23 juin 2021, considéré que l'état de santé de l'intéressée nécessitait une prise en charge dont le défaut pouvait avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité, mais il a considéré que l'offre de soins et les caractéristiques du système de soins en Algérie lui permettaient de bénéficier effectivement d'un traitement approprié et qu'elle pouvait voyager sans risque vers son pays d'origine. Si la requérante insiste sur la gravité de son état de santé, ce qui n'est au demeurant pas contesté, et conteste pouvoir accéder à un traitement et des soins appropriés et suffisants en Algérie, elle n'apporte aucun élément de nature à remettre en cause l'avis de l'OFII et les allégations du préfet du Nord sur la disponibilité des différents médicaments qui lui sont prescrits ou de médicaments de substitution. Par ailleurs, elle n'établit pas que les médicaments listés dans la nomenclature des médicaments de l'année 2020 ne serait pas effectivement accessibles. Enfin, il ressort des éléments médicaux produits que si son état de santé a rendu nécessaire une opération chirurgicale à la fin de l'année 2020, le suivi post-opératoire du 28 octobre 2020 ainsi que les comptes rendus du cardiologue de janvier et août 2021 font état d'un examen clinique stable et sans particularité et de la nécessité d'un suivi biannuel, puis annuel. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à soutenir que la décision en litige serait entachée d'une erreur d'appréciation ou méconnaitrait les dispositions précitées de l'article 6-7° de l'accord franco-algérien.

6. En vertu de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

7. Il ressort des pièces du dossier que Mme E n'est entrée que récemment en France, le 23 janvier 2020, alors âgée de 69 ans. S'il ressort des pièces du dossier que ses trois enfants résident régulièrement en France, elle vit néanmoins depuis plusieurs années éloignée d'eux et aux côtés de son époux, qui réside en Algérie. Par ailleurs, elle n'établit pas avoir noué sur le territoire d'autres liens d'une particulière intensité ni s'y être intégrée socialement depuis son arrivée. Dans ces conditions, elle n'établit pas avoir transféré en France le centre de ses intérêts. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

8. Il résulte de ce qui précède que Mme E n'est pas fondée à demander l'annulation de cette décision.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

9. En premier lieu, les moyens tirés de l'incompétence de l'auteur de la décision et de l'insuffisance de motivation relèvent de la légalité externe de cette décision et s'inscrivent ainsi dans une cause juridique distincte des moyens de légalité interne, seuls soulevés dans le délai de deux mois suivant l'introduction de la requête. Ces moyens sont, par suite, irrecevables et doivent, pour ce motif, être écartés.

10. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droits d'asile, anciennement article L.511-4 du même code : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français :/ () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. / () ".

11. Ainsi qu'il a été dit au point 5, la requérante n'établit pas qu'elle ne pourrait pas bénéficier d'un traitement et de soins appropriés à son état de santé dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.

12. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 5 que Mme E ne peut prétendre à la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 313-11 (11°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni d'ailleurs sur le fondement des stipulations de l'article 6-7° de l'accord franco-algérien, seules applicables aux ressortissants algériens. Par suite, les moyens tirés de l'erreur d'appréciation et de l'erreur de droit doivent également être écartés.

13. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 7, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation qu'aurait commise le préfet eu égard aux conséquences de sa décision sur sa situation personnelle ne peut également qu'être écarté.

14. En cinquième et dernier lieu, aux termes de l'article 7bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () / Le certificat de résidence valable dix ans est délivré de plein droit sous réserve de la régularité du séjour pour ce qui concerne les catégories visées au a), au b), au c) et au g) : / () / b) À l'enfant algérien d'un ressortissant français si cet enfant a moins de vingt et un ans ou s'il est à la charge de ses parents, ainsi qu'aux ascendants d'un ressortissant français et de son conjoint qui sont à sa charge ; / () ".

15. Il ressort des pièces du dossier Mme E est entrée en France sous couvert d'un visa court séjour valable du 23 septembre au 18 mars 2020 et qu'elle n'a sollicité la délivrance d'un premier titre de séjour que le 25 février 2021. Ainsi, la condition tenant à la régularité de son séjour n'étant pas remplie, elle n'est pas fondée à se prévaloir de ces stipulations. En tout état de cause, elle n'établit ni son absence de revenu ni être à la charge de son fils, de nationalité française. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit, dès lors, être écarté.

16. Il résulte de ce qui précède que Mme E n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français qu'elle conteste.

En ce qui concerne la décision portant octroi d'un délai de départ volontaire de 30 jours :

17. En premier lieu, par un arrêté du 19 juillet 2021, publié le même jour au recueil spécial n° 164 des actes administratifs de l'Etat dans le département, le préfet du Nord a donné délégation à Mme C A de la Perrière, attachée principale d'administration de l'Etat, cheffe du bureau du contentieux et du droit des étrangers, signataire de l'arrêté contesté, à l'effet de signer, notamment, les décisions telles que celle en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des décisions en litige doit être écarté.

18. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. / () ". En application de ces dispositions, lorsque l'autorité administrative prévoit qu'un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement dispose du délai de départ volontaire de trente jours, qui est le délai normalement applicable, ou d'un délai supérieur, elle n'est pas tenue de motiver sa décision sur ce point si l'étranger, comme en l'espèce, n'a présenté aucune demande en ce sens. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation du délai de départ volontaire fixé par la décision faisant obligation à Mme E de quitter le territoire français doit être écarté.

19. En troisième lieu, compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

20. En quatrième lieu, aux termes des dispositions de l'article 7 de la directive du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier : " La décision de retour prévoit un délai approprié allant de sept à trente jours pour le départ volontaire, sans préjudice des exceptions visées aux paragraphes 2 et 4 () / 2. Si nécessaire, les Etats membres prolongent le délai de départ volontaire d'une durée appropriée, en tenant compte des circonstances propres à chaque cas, telles que la durée du séjour, l'existence d'enfants scolarisés et d'autres liens familiaux et sociaux. / () ".

21. A supposer que Mme E ait entendu invoquer l'article 7 de la directive du 16 décembre 2008 susvisée, elle ne saurait se prévaloir directement de la méconnaissance de ces stipulations, qui ont été transposées en droit interne par les dispositions précitées de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, si elle soutient que le préfet aurait dû lui accorder un délai de départ volontaire d'une durée supérieure, elle n'indique cependant ni quel délai aurait dû lui être accordé ni quels éléments auraient été de nature à justifier une telle prolongation. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation commise par le préfet doit, par suite, être écarté.

19. Il résulte de tout ce qui précède que Mme E n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté qu'elle conteste.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

22. L'exécution du présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions de la requête aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme quelconque soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D E et au préfet du Nord

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 14 juin 2022, à laquelle siégeaient :

M. Bauzerand, président,

M. Even, premier conseiller,

Mme Piou, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2022.

La rapporteure,

signé

C. B

Le président,

signé

Ch. BAUZERAND

La greffière,

signé

M. NICODEME

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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