mardi 9 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2108503 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | juge unique (2) |
| Avocat requérant | SCP ABCG ARTAUD BELFIORE CASTILLON GREBILLE-ROMAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 octobre 2021, M. B A, représenté par Me Grebille-Romand, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions de retraits de points récapitulés sur la décision 48 SI du 28 juin 2021 prise à son encontre par le ministre de l'intérieur ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de reconstituer son capital de points dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les avis de contravention ont fait l'objet de contestations devant l'officier du ministère public de sorte que, en cas de réponses attendues de classement sans suite ou de poursuite devant les tribunaux compétents, les décisions de retrait de points afférentes seront irrégulières ;
- il n'a pas reçu les informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 janvier 2022, le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu partiel à statuer sur les conclusions relatives aux infractions commises les 24 aout 2013, 6 avril 2015, 9 février 2016, 29 décembre 2016, 6 janvier 2017, 18 décembre 2017, 13 octobre 2018, 15 octobre 2018 et 29 décembre 2018 et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il fait valoir que :
- les points retirés consécutivement aux infractions commises les 24 août 2013, 6 avril 2015, 9 février 2016, 29 décembre 2016, 6 janvier 2017, 18 décembre 2017, 15 octobre 2018, 29 décembre 2018 lui ont été restitués les 13 mai 2014, 17 décembre 2015, 9 février 2016, 19 janvier 2018, 27 janvier 2018, 24 octobre 2018, 12 août 2019 et 2 octobre 2019 ;
- l'infraction commise le 13 octobre 2018 n'a pas donné lieu à retrait de point ;
- le permis de conduire a recouvré provisoirement sa validité et les mentions relatives à la décision 48 SI du 12 mai 2021 ont été supprimées ; néanmoins, suite à de nouvelles infractions commises, le solde du permis de conduire est à nouveau de 0 et une nouvelle décision 48 SI lui sera notifiée prochainement ;
- les moyens dirigés contre les décisions de retraits de points restant valides ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 14 juin 2023 à 12 h 00 par une ordonnance du 30 mai 2023.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, par lettre du 9 novembre 2023, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation des décisions de retrait de points afférentes aux infractions commises les 24 août 2013, 6 avril 2015, 9 février 2016, 29 décembre 2016, 6 janvier 2017, 18 décembre 2017, 15 octobre 2018, 29 décembre 2018 dès lors que ces décisions ont été définitivement retirées avant l'introduction de la requête.
Vu le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, le président du tribunal a désigné M. Fabre pour statuer sur les litiges visés audit article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Sur sa proposition, le rapporteur public a été dispensé de prononcer ses conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative par le président de la formation de jugement.
A été entendu au cours de l'audience publique du 19 décembre 2023 le rapport de M. Fabre, président-rapporteur.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, né le 23 juin 1978 à Lunéville, a commis une série d'infractions au code de la route, répertoriées dans le relevé d'information intégral. Il a fait l'objet des retraits de points suivants : 1 point pour une infraction commise le 24 août 2013 à 19 h 03 à Sisteron, 1 point pour une infraction commise le 14 septembre 2014 à 19 h 09 à Fontainebleau, 1 point pour une infraction commise le 12 janvier 2015 à 16 h 05 à Tours, 1 point pour une infraction commise le 9 février 2015 à 15 h 56 à Vincennes, 1 point pour une infraction commise le 1er mars 2015 à 08 h 50 à Bedarrides, 1 point pour une infraction commise le 8 avril 2015 à 20 h 03 à Noisy-le-Grand, 1 point pour une infraction commise le 30 aout 2015 à 15 h 47 à Richebourg, 1 point pour une infraction commise le 27 décembre 2016 à 23 h 14 à Saint Cyr, 1 point pour une infraction commise le 29 décembre 2016 à 14 h 05 à Oulchy le Château, 1 point pour une infraction commise le 6 janvier 2017 à 17 h 39 à Bucy le Long, 1 point pour une infraction commise le 16 décembre 2017 à 10 h 32 à Saint Quentin, 1 point pour une infraction commise le 18 décembre 2017 à 02 h 40 à Hem Monacu, 1 point pour une infraction commise le 7 juillet 2018 à 09 h 22 à Laon, 1 point pour une infraction commise le 15 juillet 2018 à 13 h 03 à Epinal, 1 point pour une infraction commise le 13 octobre 2018 à 21 h 08 à Couvrot, 1 point pour une infraction commise le 15 octobre 2018 à 00 h 39 à Lesquin, 3 points pour une infraction commise le 19 octobre 2018 à 15 h 23 à Laffaux, 1 point pour une infraction commise le 29 décembre 2018 à 11 h 05 à Bourg les Valence, 1 point pour une infraction commise le 18 mars 2020 à 20 h 30 à Aubencheuil au Bac et 1 point pour une infraction commise le 7 mars 2021 à 14 h 02 à Dijon. Par une décision 48 SI du 28 juin 2021, le ministre de l'intérieur l'a informé de la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul. M. A a contesté cette décision et le ministre de l'intérieur a retiré la décision 48 SI après avoir pris en compte un ajout de quatre points. Par la requête dont le tribunal est saisi, M. A demande l'annulation des décisions de retraits de points prises à son encontre.
Sur le non-lieu partiel :
2. Il ressort des pièces du dossier que, par la décision 48 SI du 12 mai 2021, le ministre de l'intérieur a fait état d'une décision de retrait d'un point pour une infraction commise le 13 octobre 2018 à 21 h 08 à Couvrot. Le ministre de l'intérieur, par son mémoire en défense et en produisant le relevé d'information intégral du requérant, fait état de ce que cette infraction n'a finalement pas donné lieu à retrait de points. Cette décision de retrait de point doit par suite être regardée comme ayant été retirée postérieurement à l'introduction de la requête. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.
Sur la recevabilité de différentes décisions de retraits de points :
3. Il ressort des pièces du dossier, en particulier du relevé d'information intégral, que les points retirés consécutivement aux infractions commises les 24 août 2013, 6 avril 2015, 9 février 2016, 29 décembre 2016, 6 janvier 2017, 18 décembre 2017, 15 octobre 2018, 29 décembre 2018 ont été restitués au requérant les 13 mai 2014, 17 décembre 2015, 9 février 2016, 19 janvier 2018, 27 janvier 2018, 24 octobre 2018, 12 août 2019 et 2 octobre 2019, soit antérieurement à l'introduction de la requête. Par suite, le requérant n'est pas recevable à demander l'annulation de ces différentes décisions de retrait de points qui ont été retirées de l'ordonnancement juridique avant l'introduction de la requête.
Sur le surplus des conclusions :
En ce qui concerne les décisions de retrait de points afférentes aux infractions commises 14 septembre 2014, 1er mars 2015, 30 août 2015, 27 décembre 2016, 16 décembre 2017, 7 juillet 2018, 15 juillet 2018 et 18 mars 2020 :
4. En premier lieu, si le requérant soutient que les avis de contravention ont fait l'objet de contestations devant l'officier du ministère public de sorte que, en cas de réponses attendues de classement sans suite ou de poursuite devant les tribunaux compétents, les décisions de retrait de points afférentes seront irrégulières, il n'apporte aucun élément probant à l'appui de ses allégations.
5. En second lieu, il ressort des différentes attestations de paiement émises par le trésorier du CNT-CSA que le requérant s'est acquitté du paiement de l'amende forfaitaire majorée pour ces différentes infractions. Par suite, il a nécessairement reçu un document comportant les informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route et le requérant pour sa part n'apporte aucun élément de nature à établir que ce document aurait été, à cet égard, inexact ou incomplet.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de ces différentes décisions de retrait de points doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision de retrait de points afférente à l'infraction commise le 19 octobre 2018 :
7. En premier lieu, si le requérant soutient que l'avis de contravention a fait l'objet d'une contestation devant l'officier du ministère public de sorte que, en cas de réponse attendue de classement sans suite ou de poursuite devant les tribunaux compétents, la décision de retrait de points afférentes sera irrégulière, il n'apporte aucun élément probant à l'appui de ses allégations.
8. En second lieu, il ressort des mentions figurant au relevé d'information intégral, que l'infraction en cause a été constatée par un procès-verbal dressé avec un appareil électronique sécurisé et que le requérant s'est acquitté du paiement de l'amende forfaitaire. Par suite, il a nécessairement reçu les informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, le requérant n'apportant pour sa part pas la preuve que le document qu'il a reçu était inexact ou incomplet.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision de retrait de points afférente à l'infraction commise le 19 octobre 2018 doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision de retrait de points afférente à l'infraction commise le 12 janvier 2015 :
10. En premier lieu, si le requérant soutient que l'avis de contravention a fait l'objet d'une contestation devant l'officier du ministère public de sorte que, en cas de réponse attendue de classement sans suite ou de poursuite devant les tribunaux compétents, la décision de retrait de points afférentes sera irrégulière, il n'apporte aucun élément probant à l'appui de ses allégations.
11. La mention, sur le relevé d'information intégral, de l'émission d'un titre exécutoire ne permet pas de considérer que l'amende forfaitaire majorée correspondante a été acquittée. La mention AM sur le relevé intégral ne justifie que de l'émission du titre et non du paiement de l'amende forfaitaire majorée. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces produites en défense que le requérant a reçu un titre exécutoire comportant l'information préalable requise par le code de la route. Il n'est pas non plus établi que le contrevenant a fait l'objet d'un procès-verbal de l'infraction comportant l'information prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Ainsi, au vu des pièces du dossier, l'administration ne peut être regardée comme apportant la preuve qui lui incombe de la délivrance à M. A de cette information à l'occasion de cette infraction. Pour autant, l'intéressé avait déjà reçu les informations à caractère général prévues par ces dispositions ainsi que le nombre de points dont la perte était encourue pour un " excès de vitesse inférieur à 20 km/h - vitesse autorisée supérieure à 50 km/h " à l'occasion d'autres infractions antérieurement commises.
12. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision de retrait de points afférente à l'infraction commise le 12 janvier 2015 doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision de retrait afférente à l'infraction commise le 7 mars 2021 :
13. En premier lieu, si le requérant soutient que l'avis de contravention a fait l'objet d'une contestation devant l'officier du ministère public de sorte que, en cas de réponse attendue de classement sans suite ou de poursuite devant les tribunaux compétents, la décision de retrait de points afférentes sera irrégulière, il n'apporte aucun élément probant à l'appui de ses allégations.
14. En second lieu, il ressort des mentions figurant au relevé d'information intégral que le requérant a payé l'amende forfaitaire. Par suite, il a nécessairement reçu un document comportant les informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route et le requérant pour sa part n'apporte aucun élément de nature à établir que ce document aurait été, à cet égard, inexact ou incomplet.
15. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision de retrait de point afférente à l'infraction commise le 7 mars 2021 doivent être rejetées.
16. Il résulte de tout ce qui précède que le surplus des conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doit être rejeté.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
17. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
18. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par M. A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de retrait d'un point afférente à l'infraction commise le 13 octobre 2018 à 21 h 08 à Couvrot.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 janvier 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
X. FABRE
Le greffier,
Signé
A. DEWIERE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026