vendredi 23 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2108550 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | CLEMENT D'ARMONT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 29 octobre 2021 et 10 décembre 2021, Mme A C, représentée par Me Clément, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 avril 2021 par lequel le préfet du Nord a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) à défaut, d'enjoindre au préfet du Nord de réexaminer sa demande dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans cette attente, un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil, sous réserve qu'il renonce à la part contributive de l'Etat, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision de refus de renouvellement du titre de séjour :
- il appartient à l'administration de justifier de la compétence du signataire de l'acte ;
- elle est insuffisamment motivée au regard des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière en ce que le préfet du Nord était tenu de saisir la commission du titre de séjour en application de l'article L. 312-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est illégale en ce que l'avis sur lequel elle se fonde a été pris au terme d'une procédure irrégulière dès lors que, d'une part, le préfet du Nord n'établit pas la collégialité de l'avis rendu par les médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), en méconnaissance des articles R. 313-22 et R. 313-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports et avis mentionnés aux articles R. 425-11, R. 425-12, R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'autre part, la décision attaquée ne comporte pas le nom du médecin ayant établi le rapport médical ne permettant pas d'établir qu'il n'a pas siégé au sein du collège en application des articles L. 313-11, R. 313-22, R. 313-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en ce que le préfet du Nord ne démontre pas qu'elle pourrait bénéficier d'un traitement médical effectif en Algérie, en méconnaissance des stipulations du 7° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation et méconnaît les stipulations du 7° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 dès lors qu'elle ne pourrait bénéficier en Algérie d'un traitement médical effectif ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle a été prise en violation du droit à une bonne administration et du principe général de droit communautaire du respect des droits de la défense en ce qu'elle n'a pas été informée de ce qu'elle était susceptible de faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français en cas de refus de titre de séjour ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en ce que le préfet a méconnu les dispositions du 10° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de droit en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision accordant un délai de départ volontaire de trente jours :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît l'article 7 de la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008 et le premier alinéa du paragraphe II de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au motif que des circonstances particulières justifient que lui soit accordé un délai supplémentaire ;
- elle révèle un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour, portant obligation de quitter le territoire français et octroyant un délai de départ volontaire de trente jours ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne en raison de son état de santé et des conséquences sur celui-ci d'un retour dans son pays d'origine.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 février 2022, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté ;
- la requérante invoque des moyens qui ne sont pas fondés.
Par une décision du 19 juillet 2021 le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Lille a accordé à Mme C l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 31 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n°91-1266 du 19 décembre 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C, ressortissante algérienne née le 7 juin 1979 à Blida (Algérie), déclare être entrée sur le territoire français le 1er août 2017 munie d'un visa valable du 15 mai au 14 août 2017. Elle a sollicité le 10 octobre 2017 un certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " en raison de son état de santé. Par arrêté du 3 septembre 2018, le préfet du Nord a rejeté la demande de l'intéressée, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement. Par un jugement du 17 décembre 2019, le tribunal administratif de Lille a annulé cet arrêté et a enjoint au préfet du Nord de délivrer à Mme C un titre de séjour d'un an portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification dudit jugement. Mme C s'est vu délivrer, le 3 juillet 2020, un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " valable du 17 décembre 2019 au 16 décembre 2020. Par un arrêté du 30 avril 2021, dont Mme C demande au tribunal l'annulation, le préfet du Nord lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement.
Sur la recevabilité de la requête :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable à la date de la décision contestée : " I. ' L'étranger qui fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sur le fondement des 3°, 5°, 7° ou 8° du I de l'article L. 511-1 ou sur le fondement de l'article L. 511-3-1 et qui dispose du délai de départ volontaire mentionné au premier alinéa du II de l'article L. 511-1 ou au sixième alinéa de l'article L. 511-3-1 peut, dans le délai de trente jours suivant sa notification, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision mentionnant le pays de destination et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français ou d'interdiction de circulation sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. / L'étranger peut demander le bénéfice de l'aide juridictionnelle au plus tard lors de l'introduction de sa requête en annulation. Le tribunal administratif statue dans un délai de trois mois à compter de sa saisine. / () ". D'autre part, aux termes de l'article 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Les personnes physiques dont les ressources sont insuffisantes pour faire valoir leurs droits en justice peuvent bénéficier d'une aide juridictionnelle. Cette aide est totale ou partielle. () ". L'article 38 du décret du 19 décembre 1991 pris en application de la loi précitée : " Lorsqu'une action en justice ou un recours doit être intenté avant l'expiration d'un délai devant les juridictions de première instance ou d'appel, l'action ou le recours est réputé avoir été intenté dans le délai si la demande d'aide juridictionnelle s'y rapportant est adressée au bureau d'aide juridictionnelle avant l'expiration dudit délai et si la demande en justice ou le recours est introduit dans un nouveau délai de même durée à compter :/ a) De la notification de la décision d'admission provisoire ; / b) De la notification de la décision constatant la caducité de la demande / ; c) De la date à laquelle le demandeur à l'aide juridictionnelle ne peut plus contester la décision d'admission ou de rejet de sa demande en application du premier alinéa de l'article 56 et de l'article 160 ou, en cas de recours de ce demandeur, de la date à laquelle la décision relative à ce recours lui a été notifiée ; / d) Ou, en cas d'admission, de la date, si elle est plus tardive, à laquelle un auxiliaire de justice a été désigné. () ". Enfin, le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci en a eu connaissance.
3. En l'espèce, Mme C a demandé le bénéfice de l'aide juridictionnelle le 18 mai 2021, soit dans le délai de recours contentieux contre l'arrêté contesté du 30 avril 2021, prévu par l'article L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité. Par une décision du 19 juillet 2021, dont la date de réception par la requérante ne ressort pas des pièces du dossier, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Lille a accordé à Mme C l'aide juridictionnelle totale. En conséquence, en contestant l'arrêté du 30 avril 2021 du préfet du Nord par une requête enregistrée le 29 octobre 2021, Mme C a introduit son recours dans un délai raisonnable en application du principe de sécurité juridique. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par le préfet du Nord tirée de la tardiveté de la requête de Mme C, doit être rejetée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
Sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête :
4. Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / () 7. Au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays () ". Si ces stipulations régissent intégralement les conditions de fond pour l'obtention par un ressortissant algérien d'un titre de séjour au regard de son état de santé, elles ne font pas obstacle à l'application des dispositions de droit interne régissant la procédure.
5. En vertu du 7e de l'article L. 5223-1 du code du travail, repris sur ce point aujourd'hui aux articles L. 121-1 et L. 121-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), qui comprend un service médical, participe à la procédure d'instruction des demandes de titre de séjour en qualité d'étranger malade prévue au 11° de l'article L. 313-11 devenu l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Aux termes de cet article : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit :/ () 11° A l'étranger résidant habituellement en France, si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. () La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée () ". L'article R. 313-22 du même code précise que : " L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé./ Les orientations générales mentionnées à la quatrième phrase du 11° de l'article L. 313-11 sont fixées par arrêté du ministre chargé de la santé ". Il résulte des stipulations de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 susvisé et des dispositions des articles L. 121-1, L.121-4, L. 313- 11 et R. 313-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, précitées, que la décision de délivrer un titre de séjour aux ressortissants algériens résidant habituellement en France, ou de le renouveler, est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, émis au vu d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'Office, et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités pour l'intéressé de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine.
6. Pour refuser à Mme C le renouvellement de son titre de séjour, le préfet du Nord, se fondant sur l'avis de l'OFII du 10 février 2021, a considéré que l'état de santé de Mme C nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais qu'eu égard aux soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont elle est originaire, elle peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Il a estimé qu'eu égard à l'ancienneté des documents présentés par l'intéressée, rien ne permettait de conclure que celle-ci ne peut bénéficier en Algérie d'un traitement approprié et qu'elle ne justifiait pas de l'actualité de sa pathologie.
7. Toutefois, Mme C produit plusieurs certificats médicaux établis à des dates proches de la décision attaquée, attestant qu'elle présente une maladie de Vaquez, maladie rare compliquée d'autres pathologies rendant son traitement complexe notamment par un suivi dans plusieurs centres spécialisés, dont la prise en charge ne pourrait être réalisée en Algérie. Ainsi, un médecin chirurgien atteste les 25 mai et 15 juin 2021 que l'état de Mme C nécessiterait une intervention à très haut risque, potentiellement en urgence, imposant qu'elle reste sur le territoire français et soit prise en charge par un établissement hautement spécialisé dans la transplantation hépatique qui n'existe pas dans son pays d'origine. Cela est confirmé par un médecin du centre hospitalier de Bologhine en Algérie qui indique, le 2 juin 2021, que l'état de santé de Mme C nécessite un geste opératoire très spécialisé nécessitant des moyens et une équipe spécialisés non disponibles en Algérie. De même, un médecin hépatologue indique, le 15 juin 2021, qu'un " suivi hépatologique et chirurgical dans un centre spécialisé est indispensable. Ces soins médico chirurgicaux ne peuvent être dispensés dans son pays d'origine devant les maladies complexes et l'absence de traitement pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité pour sa santé, en effet le pronostic vital de Madame [C] serait engagé à court terme. Il est donc impératif que Madame [C] soit suivie au niveau médico chirurgical en France pour une durée indéterminée ". Une praticienne hospitalière au Centre de référence des maladies vasculaires du foie dans le service hépatologique de l'hôpital Beaujon certifie, le 22 juin 2021, que la pathologie de Mme C " ne peut pas être prise en charge dans son pays d'origine. Il s'agit d'une atteinte sévère qui nécessite un suivi dans un centre spécialisé de référence des maladies des vaisseaux du foie tel que le nôtre. Son état de santé nécessite un suivi comprenant des examens réguliers et des consultations spécialisées, fréquentes, le défaut de celui-ci pouvant entraîner des conséquences extrêmement graves pour sa santé ". Une médecin hématologue affirme, le 21 mai 2021, que l'état de santé de la requérante nécessite une surveillance rapprochée, des soins coordonnés de spécialistes et un traitement au long cours qui ne sont pas accessibles en Algérie. Ainsi, il est établi que l'état de santé de Mme C implique un suivi médical dont la fréquence, la régularité et le caractère hautement spécialisé empêchent qu'elle puisse bénéficier d'une prise en charge appropriée en Algérie. En conséquence, en refusant à Mme C le renouvellement de son titre de séjour sollicité en raison de son état de santé, le préfet du Nord a méconnu les stipulations du 7° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Par suite, la décision du 30 avril 2021 portant refus de titre de séjour doit être annulée ainsi que, par voie de conséquence, les décisions datées du même jour par lesquelles le préfet du Nord a obligé Mme C à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
8. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ".
9. Eu égard au motif retenu pour l'annulation de l'arrêté litigieux, l'exécution du présent jugement implique d'enjoindre au préfet du Nord de délivrer à Mme C un titre de séjour d'un an portant la mention " vie privée et familiale ", dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il y ait lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, à verser à Me Clément, avocat de Mme C, sous réserve pour celui-ci de renoncer à percevoir la part contributive de l'État à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 30 avril 2021 par lequel le préfet du Nord a refusé à Mme C la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de destination est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Nord de délivrer à Mme C un titre de séjour d'un an portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me Clément une somme de 1 000 (mille) euros en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, à Me Clément et au préfet du Nord.
Délibéré après l'audience du 2 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Paganel, président,
M. Quint, premier conseiller,
Mme Dang, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 septembre 2022.
Le président-rapporteur,
Signé
M. B
L'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
Signé
A. QUINT
La greffière,
Signé
N. PAULET
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
No 2108550
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026