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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2108930

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2108930

mardi 6 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2108930
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formationjuge unique (1)
Avocat requérantREGLEY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 15 novembre et 10 décembre 2021, M. B C, représenté par Me Régley, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision référencée 48SI du 21 septembre 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité de son permis de conduire pour défaut de points et lui a enjoint de restituer celui-ci dans un délai de dix jours ;

2°) d'annuler les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a retiré les points affectés à son permis de conduire à la suite des infractions constatées les 11 septembre 2020, 5 avril 2019, 19 avril 2018 et 17 juillet 2015 ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer les points illégalement retirés de son titre de conduite, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la réalité des infractions des 5 avril 2019 et 11 septembre 2020 qui lui sont reprochées n'est pas établie ;

- l'information préalable obligatoire prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ne lui a pas été délivrée à l'occasion des différentes infractions.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 janvier 2022, le ministre de l'intérieur conclut :

1°) au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation des décisions de retrait de points consécutives aux infractions des 5 avril 2019 et 11 septembre 2020 ainsi que de la décision 48SI du 21 septembre 2021 ;

2°) au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Il fait valoir que :

- les mentions relatives aux décisions de retrait de points consécutives aux infractions des 5 avril 2019 et 11 septembre 2020 ainsi que celles afférentes à la décision 48SI contestée ont été supprimées du relevé intégral d'information du requérant ; l'administration est ainsi réputée les avoir retirées ;

- aucun des moyens soulevés s'agissant des autres décisions n'apparait fondé.

Par une ordonnance du 22 mars 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 24 avril 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président du tribunal a désigné Mme A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Après avoir entendu le rapport de Mme A au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision référencée 48SI du 21 septembre 2021, le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité du permis de conduire de M. C pour solde de points nul et lui a enjoint de le restituer. Par la présente requête, l'intéressé demande au tribunal l'annulation de cette décision 48SI ainsi que l'annulation des décisions portant retrait de points consécutives aux infractions des 17 juillet 2015,19 avril 2018, 5 avril 2019 et 11 septembre 2020.

Sur le non-lieu à statuer :

2. Il résulte de l'instruction que les mentions relatives à la décision référencée 48SI en litige, ainsi que celles relatives aux infractions des 5 avril 2019 et 11 septembre 2020 à la suite desquelles ont été adoptées des décisions de retrait de points, ont été supprimées du relevé d'information intégral de M. C en cours d'instance. Dès lors, le ministre de l'intérieur doit être regardé comme ayant implicitement mais nécessairement retiré, postérieurement à la date d'introduction de la requête, la décision référencée 48SI précitée constatant l'invalidité du permis de conduire du requérant et lui enjoignant de restituer son titre de conduite ainsi que les décisions de retrait de points relatives à ces infractions. Par suite, les conclusions de la requête tendant à l'annulation de ces décisions ont perdu leur objet. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. La délivrance, au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points, de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, qu'elle a satisfait à cette obligation préalable d'information.

4. Il résulte de l'instruction que les infractions constatées les 17 juillet 2015 et 19 avril 2018 ont donné lieu à l'établissement de procès-verbaux électroniques, datés du même jour et signés par le requérant en dessous des mentions comportant l'ensemble des informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Cette production est suffisante pour attester la délivrance de ces informations. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut d'information préalable doit être écarté s'agissant de ces deux infractions.

5. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions de retrait de points consécutives aux infractions des 19 avril 2018 et 17 juillet 2015 qu'il conteste.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

6. Compte tenu de tout ce qui précède, le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions de la requête à fin d'injonction doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision 48SI du 21 septembre 2021 et des décisions de retrait de points consécutives aux infractions des 5 avril 2019 et 11 septembre 2020.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2024.

La magistrate désignée,

signé

C. A

La greffière,

signé

S. SING

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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