vendredi 29 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2109060 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | DAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 17 novembre 2021, le 1er avril 2022 et le 29 juin 2022, M. A D, représenté par Me Mougel, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 15 mars 2021 par laquelle l'inspectrice du travail de l'unité de contrôle de Dunkerque a autorisé son licenciement pour motif économique ;
2°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision de la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion du 10 novembre 2021, confirmant la décision du 15 mars 2021 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision de la ministre est insuffisamment motivée, notamment en ce qu'aucune procédure contradictoire n'est visée ;
- la décision de la ministre est entachée d'un vice de procédure, en l'absence de procédure contradictoire dans le cadre du recours hiérarchique ;
- la décision de l'inspecteur du travail n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire ;
- la matérialité de la suppression de son poste n'est pas établie, dès lors qu'il dépendait en réalité de la société Secomoc Normandie depuis le 31 juillet 2019 et non de Secomoc Nord et était affecté en qualité de directeur technique sur le site normand ;
- son employeur n'a pas exécuté son obligation de reclassement de façon loyale et sérieuse ;
- il existe un lien entre la demande d'autorisation de licenciement et son mandat syndical.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 mai 2022, la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- les moyens tirés des vices propres de la décision confirmative ministérielle sont inopérants ;
- les autres moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Par des mémoires enregistrés le 10 janvier 2022, le 12 avril 2022 et le 4 juillet 2022, la société d'exercice libéral à responsabilité limitée (SELARL) Delezenne et associés, liquidatrice judiciaire de la société par actions simplifiée (SAS) Ecomoc Nord, représentée par Me Dat, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 1er juillet 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 19 août 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de commerce ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Fougères,
- les conclusions de Mme Bruneau, rapporteure publique,
- et les observations de Me Mougel, représentant M. D.
Considérant ce qui suit :
1. M. D a été embauché à compter du 1er mars 2008 par la société par actions simplifiée Verwater France, reprise par la société Secomoc Nord, appartenant au groupe Secomoc Maten, et a occupé en dernier lieu, les fonctions de directeur technique. Par jugement du 19 janvier 2021, le tribunal de commerce de Dunkerque a prononcé la liquidation judiciaire de la SAS Ecomoc Nord, désignant la Selarl Delezenne et associés en qualité de liquidatrice judiciaire, avec une poursuite d'activité autorisée jusqu'au 13 février 2021. M. D a été élu représentant des salariés dans le cadre de cette procédure collective. Par courrier du 18 février 2021, reçu le 22 février 2021, Me Delezenne a sollicité l'autorisation de procéder au licenciement pour motif économique de ce salarié. L'inspectrice du travail de l'unité de contrôle de Dunkerque a, par décision du 15 mars 2021, autorisé le licenciement de M. D. Par courrier recommandé reçu le 15 avril 2021, celui-ci a formé un recours hiérarchique à l'encontre de cette décision. Par décision du 10 novembre 2021, la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion a confirmé la décision du 15 mars 2021. Par la présente requête, M. D sollicite l'annulation des décisions des 15 mars 2021 et 10 novembre 2021 autorisant son licenciement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En vertu des dispositions du code du travail, le licenciement des salariés légalement investis de fonctions représentatives, qui bénéficient d'une protection exceptionnelle dans l'intérêt de l'ensemble des travailleurs qu'ils représentent, ne peut intervenir que sur autorisation de l'inspecteur du travail. Lorsque le licenciement d'un de ces salariés est envisagé, ce licenciement ne doit pas être en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées ou l'appartenance syndicale de l'intéressé. Dans le cas où la demande d'autorisation de licenciement présentée par l'employeur est fondée sur un motif de caractère économique, il appartient à l'inspecteur du travail et, le cas échéant, au ministre, de rechercher, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si la situation de l'entreprise justifie le licenciement du salarié.
3. En premier lieu, aux termes de l'alinéa 1er de l'article R. 2422-1 du code du travail, " Le ministre chargé du travail peut annuler ou réformer la décision de l'inspecteur du travail sur le recours de l'employeur, du salarié ou du syndicat que ce salarié représente ou auquel il a donné mandat à cet effet. "
4. Lorsque le ministre rejette le recours hiérarchique qui lui est présenté contre la décision de l'inspecteur du travail statuant sur la demande d'autorisation de licenciement formée par l'employeur, sa décision ne se substitue pas à celle de l'inspecteur. Par suite, s'il appartient au juge administratif, saisi d'un recours contre ces deux décisions, d'annuler, le cas échéant, celle du ministre par voie de conséquence de l'annulation de celle de l'inspecteur, des moyens critiquant les vices propres dont serait entachée la décision du ministre ne peuvent être utilement invoqués, au soutien des conclusions dirigées contre cette décision.
5. Il résulte de ce qui précède que M. D ne peut utilement se prévaloir d'une insuffisance de motivation de la décision de la ministre du travail.
6. En deuxième lieu, en vertu des articles R. 2421-4 et R. 2421-11 du code du travail, l'inspecteur du travail saisi d'une demande d'autorisation de licenciement d'un salarié protégé doit, quel que soit le motif de la demande, procéder à une enquête contradictoire. En revanche, aucune règle ni aucun principe ne fait obligation au ministre chargé du travail, saisi d'un recours hiérarchique sur le fondement des dispositions de l'article R. 2422-1 du code du travail, de procéder lui-même à une enquête contradictoire. Il en va toutefois autrement si l'inspecteur du travail n'a pas lui-même respecté les obligations de l'enquête contradictoire et que, par suite, le ministre annule sa décision et statue lui-même sur la demande d'autorisation.
7. A supposer que le requérant, qui reconnaît que les éléments relatifs au licenciement économique lui ont finalement été transmis dans le cadre de l'instruction de la demande de licenciement par l'inspecteur du travail, ait entendu se prévaloir d'une méconnaissance de la procédure contradictoire menée avant la décision du 15 mars 2021, il ressort des pièces du dossier que l'inspecteur du travail a procédé à une enquête contradictoire, notamment en procédant à l'audition du salarié le 11 mars 2021. Le ministre n'était donc pas tenu de procéder de nouveau à une telle enquête, de sorte que le moyen tiré du défaut d'enquête contradictoire ne peut qu'être écarté.
8. En troisième lieu, d'une part, l'article L. 1233-3 du code du travail dispose : " Constitue un licenciement pour motif économique le licenciement effectué par un employeur pour un ou plusieurs motifs non inhérents à la personne du salarié résultant d'une suppression ou transformation d'emploi ou d'une modification, refusée par le salarié, d'un élément essentiel du contrat de travail, consécutives notamment : / () / 4° A la cessation d'activité de l'entreprise. / La matérialité de la suppression, de la transformation d'emploi ou de la modification d'un élément essentiel du contrat de travail s'apprécie au niveau de l'entreprise. / () ".
9. D'autre part, aux termes de l'article L. 640-1 du code de commerce : " Il est institué une procédure de liquidation judiciaire ouverte à tout débiteur mentionné à l'article L. 640-2 en cessation des paiements et dont le redressement est manifestement impossible. / La procédure de liquidation judiciaire est destinée à mettre fin à l'activité de l'entreprise ou à réaliser le patrimoine du débiteur par une cession globale ou séparée de ses droits et de ses biens ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 621-4 du code de commerce, dans sa rédaction applicable à la cause : " Dans le jugement d'ouverture, le tribunal désigne le juge-commissaire dont les fonctions sont définies à l'article L. 621-9. () / Il invite le comité d'entreprise ou, à défaut, les délégués du personnel à désigner un représentant parmi les salariés de l'entreprise. () ".
10. Il est constant en l'espèce que M. D a été embauché par la société Verwater France, laquelle a été rachetée en 2019 par la société Secomoc Nord, appartenant à la société Secomoc, faisant partie du groupe Secomoc-Maten, comme il a été dit au point 1. Dans ce cadre, une réorganisation des sociétés Secomoc, société disposant de trois établissements implantés à Saint-Martin-de-Crau (13), à Donges (44) et à Notre-Dame-de-Gravenchon (76), et Secomoc Nord, dont relevaient les établissements situés à Steene (59) et à Saint-Aubin-les-Elbeuf (76), a été décidée, sans pour autant s'accompagner d'une fusion sur un plan juridique de ces deux sociétés. Il ressort des pièces du dossier qu'un poste de directeur technique et commercial de l'établissement Secomoc situé à Notre-Dame-de-Gravenchon a ainsi été proposé au requérant. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant aurait cessé d'être employé par la société Secomoc Nord, pour travailler exclusivement pour la société Secomoc. Au contraire, en dépit d'une affectation sur l'établissement normand de la société Secomoc, il ressort des pièces du dossier que le requérant, qui s'abstient de produire ses fiches de paie, a continué postérieurement à cette réorganisation de suivre les chantiers et la clientèle de Secomoc Nord et de s'occuper du personnel de cette société. Il a fait l'objet le 26 février 2020 d'un avertissement, adressé par le directeur général de la société Secomoc Nord et s'est présenté, dans le cadre de la procédure collective de cette société, aux fonctions de représentant des salariés de celle-ci, avant d'être élu le 29 janvier 2021 à ces fonctions justifiant le bénéfice d'une protection au titre de ce mandat, auquel il ne pouvait juridiquement prétendre qu'en raison de sa qualité de salarié de la société Secomoc Nord conformément aux dispositions de l'article L. 621-4 du code de commerce précitées. Par jugement du 19 janvier 2021, le tribunal de commerce de Dunkerque a constaté l'état de cessation des paiements de la société Secomoc Nord, a prononcé la liquidation judiciaire de cette société, avec poursuite d'activité autorisée jusqu'au 13 février 2021. Dès lors, la suppression du poste occupé par M. D pour la société Secomoc, sans qu'importe la circonstance qu'il ait pu occuper, comme il l'affirme, d'autres fonctions pour la société Secomoc, est établie, ainsi que, par suite, le motif économique du licenciement. Le moyen tiré du défaut de suppression du poste occupé par le requérant doit donc être écarté.
11. En quatrième lieu, d'une part, l'article L. 1233-4 du code du travail dispose : " Le licenciement pour motif économique d'un salarié ne peut intervenir que lorsque tous les efforts de formation et d'adaptation ont été réalisés et que le reclassement de l'intéressé ne peut être opéré sur les emplois disponibles, situés sur le territoire national dans l'entreprise ou les autres entreprises du groupe dont l'entreprise fait partie et dont l'organisation, les activités ou le lieu d'exploitation assurent la permutation de tout ou partie du personnel. / Pour l'application du présent article, la notion de groupe désigne le groupe formé par une entreprise appelée entreprise dominante et les entreprises qu'elle contrôle dans les conditions définies à l'article L. 233-1, aux I et II de l'article L. 233-3 et à l'article L. 233-16 du code de commerce. / Le reclassement du salarié s'effectue sur un emploi relevant de la même catégorie que celui qu'il occupe ou sur un emploi équivalent assorti d'une rémunération équivalente. A défaut, et sous réserve de l'accord exprès du salarié, le reclassement s'effectue sur un emploi d'une catégorie inférieure. / L'employeur adresse de manière personnalisée les offres de reclassement à chaque salarié ou diffuse par tout moyen une liste des postes disponibles à l'ensemble des salariés, dans des conditions précisées par décret. / Les offres de reclassement proposées au salarié sont écrites et précises ".
12. Lorsque le motif de licenciement invoqué par l'employeur fait obligation à l'administration d'apprécier le sérieux des recherches préalables de reclassement effectuées par celui-ci, l'inspecteur du travail doit apprécier les possibilités de reclassement du salarié à compter du moment où le licenciement est envisagé et jusqu'à la date à laquelle il statue sur la demande de l'employeur. Le ministre saisi d'un recours hiérarchique doit, lorsqu'il statue sur la légalité de la décision de l'inspecteur du travail, apprécier le sérieux des recherches de reclassement jusqu'à la date de cette décision. Si le ministre annule la décision de l'inspecteur du travail et se prononce de nouveau sur la demande d'autorisation de licenciement, il doit alors, en principe, apprécier le sérieux des recherches de reclassement jusqu'à la date à laquelle il statue.
13. D'autre part, aux termes de l'article L. 1226-10 du code du travail : " Lorsque le salarié victime d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle est déclaré inapte par le médecin du travail, en application de l'article L. 4624-4, à reprendre l'emploi qu'il occupait précédemment, l'employeur lui propose un autre emploi approprié à ses capacités, au sein de l'entreprise ou des entreprises du groupe auquel elle appartient le cas échéant, situées sur le territoire national et dont l'organisation, les activités ou le lieu d'exploitation assurent la permutation de tout ou partie du personnel. / Cette proposition prend en compte, après avis du comité économique et social, les conclusions écrites du médecin du travail et les indications qu'il formule sur les capacités du salarié à exercer l'une des tâches existant dans l'entreprise. Le médecin du travail formule également des indications sur l'aptitude du salarié à bénéficier d'une formation le préparant à occuper un poste adapté. / L'emploi proposé est aussi comparable que possible à l'emploi précédemment occupé, au besoin par la mise en oeuvre de mesures telles que mutations, aménagements, adaptations ou transformations de postes existants ou aménagement du temps de travail. / () ".
14. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des rapports d'enquête et de contre-enquête réalisés par l'inspection du travail, que, dès le 2 février 2021, une recherche de poste a été effectué par le liquidateur judiciaire. Dès lors que M. D a été convoqué à l'entretien préalable à son licenciement par courrier du 5 février 2021 et que la décision de l'inspectrice du travail étant intervenue le 15 mars 2021, le délai laissé pour permettre la réception éventuelle d'offres de reclassement doit être regardé comme suffisant. Il ressort en outre des pièces du dossier, et en particulier des rapports précités et de l'organigramme du groupe Secomoc Maten, contrairement à ce que soutient M. D, que l'ensemble des sociétés du groupe, ainsi que plusieurs sociétés extérieures au groupe, ont été sollicitées en vue du reclassement du requérant, étant précisé que la société Verwater France ne fait pas partie du groupe Secomoc Maten, et donc du champ de l'obligation de reclassement prévu par l'article L. 1233-4 précité du code du travail, et que la société Secomoc, dont dépend l'établissement de Notre-Dame-de-Gravenchon en Normandie comme il a été dit au point 8, a bien été requise en vue du reclassement éventuel de l'intéressé. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que M. D a été déclaré inapte au poste de directeur technique et apte à un poste de type télétravail à domicile par avis du médecin du travail du 1er février 2021. Il s'ensuit, d'une part, qu'en vertu des dispositions de l'article L. 1226-10 du code du travail, la recherche de reclassement devait prendre en compte, pour assurer l'adaptation des éventuelles offres de reclassement à la situation du requérant, l'avis de ce médecin, de sorte que la mention des restrictions d'aptitude de M. D ne revêtait pas un caractère discriminatoire. De plus, à supposer même que l'ensemble des 19 autres salariés de la société Secomoc Nord ait été destinataire d'une ou plusieurs offres de reclassement, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. D, qui présentait des qualifications différentes de celles des autres salariés en raison de son statut de cadre, ainsi qu'un avis d'inaptitude de la médecine du travail restreignant nécessairement les possibilités de reclassement, ait fait l'objet d'un traitement discriminatoire. Si le requérant soutient, d'autre part, qu'un poste au sein de l'établissement de Notre-Dame-de-Gravenchon appartenant à la société Secomoc a été confié à M. C B, de sorte qu'il existait un poste vacant correspondant à ses compétences au sein du groupe, il résulte de l'avis d'inaptitude précité que le requérant ne pouvait en tout état de cause occuper un poste de directeur technique ni continuer de travailler dans les locaux de l'entreprise ou sur les chantiers. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant aurait été privé de la possibilité de faire valoir ses compétences dans l'hypothèse d'un reclassement sur un poste de travail nécessitant des qualifications moindres. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance par le liquidateur de la société Secomoc Nord de son obligation de reclassement doit être écarté.
15. En dernier lieu, si M. D soutient qu'il existe un lien entre le licenciement et son mandat, dans la mesure où il aurait dénoncé devant le tribunal de commerce de Dunkerque un problème de disparition de matériel, à supposer même cette circonstance établie, il résulte du jugement de cette juridiction commerciale du 19 janvier 2021 que la situation de la société Secomoc Nord était déjà obérée financièrement et ne permettait pas un redressement, de sorte qu'il ne ressort pas des pièces du dossier un lien entre le licenciement pour motif économique du requérant et son mandat. Ce moyen doit donc également être écarté.
16. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à solliciter l'annulation de la décision de l'inspectrice du travail du 15 mars 2021, ni par suite, l'annulation de la décision confirmative de la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion du 10 novembre 2021, de sorte que sa requête doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. D au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du M. D la somme demandée par le liquidateur judiciaire de la société Secomoc Nord au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A D est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la société Delezenne, liquidatrice de la société Secomoc Nord, présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, à la société d'exercice libéral à responsabilité limitée (SELARL) Delezenne et associés, liquidatrice judiciaire de la société par actions simplifiée (SAS) Secomoc Nord, et au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion.
Copie en sera adressée au directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités des Hauts-de-France.
Délibéré après l'audience du 20 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Riou, président,
M. Fougères, premier conseiller,
Mme Lançon, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 décembre 2023.
Le rapporteur,
signé
V. FOUGERES
Le président,
signé
J.-M. RIOU La greffière,
signé
I. BAUDRY
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026