lundi 24 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2109062 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | RAMAS-MUHLBACH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 novembre 2021, M. B C, représenté par Me Ramas-Muhlbach, demande au tribunal:
1°) d'annuler :
- l'arrêté du 19 décembre 2020 par lequel le préfet du Nord lui a fait obligation de quitter le territoire français tout en interdisant son retour pour une durée d'un an ;
- l'arrêté du 22 juillet 2021 par lequel le préfet du Pas-de-Calais l'a assigné à résidence ;
- les décisions par lesquelles les préfets du Nord et du Pas-de-Calais ont implicitement rejeté les recours gracieux présentés le 3 septembre 2021 et dirigés contre les arrêtés des 19 décembre 2020 et 22 juillet 2021.
2°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer un titre de séjour, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. C soutient que :
- les décisions attaquées méconnaissent les stipulations de l'article 6-1 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- elles méconnaissent les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elles méconnaissent les stipulations des articles 3 et 9 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 04 janvier 2022, le préfet du Pas de Calais conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée au préfet du Nord qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. F a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par la requête susvisée, M. C, ressortissant algérien né le 20 août 1983, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 19 décembre 2020 par lequel le préfet du Nord l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a interdit son retour sur ce même territoire pour une durée d'un an, l'arrêté du 22 juillet 2021 par lequel le préfet du Pas-de-Calais l'a assigné à résidence et les décisions implicites portant rejet de ses recours gracieux dirigés contre ces deux arrêtés.
2. En premier lieu, aux termes des stipulations de l'article 6-1 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / 1) au ressortissant algérien, qui justifie par tout moyen résider en France depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant ;() ".
3. Il ne ressort pas des pièces du dossier et notamment des seules pièces produites par M. C consistant en des déclarations de perte de son passeport effectuées auprès du consulat général d'Algérie à Marseille les 25 avril 2013 et 22 septembre 2015, une facture d'achat d'un téléphone mobile établie le 15 mai 2017, des contrats de mission temporaire et un bulletin de salaire portant sur les mois d'octobre et novembre 2019 et des attestations de droits à l'assurance-maladie portant sur les périodes allant du 1er novembre 2019 au 31 octobre 2020 et du 1er décembre 2020 au 30 novembre 2021 ainsi que des ordonnances médicales établies par un médecin généraliste les 17 novembre 2010, 16 décembre 2010, 24 février 2011, 14 septembre 2011 et 7octobre 2015, que le requérant réside en France de manière habituelle depuis plus de 10 ans à la date des décisions contestées. Au demeurant, il ressort des déclarations de l'intéressé auprès des forces de l'ordre les 19 décembre 2020 et 22 juillet 2021 que, pour l'application d'une précédente mesure d'éloignement en date du 2 octobre 2019, M. C a quitté le territoire français pendant une durée de plusieurs mois avant d'y entrer à nouveau à une date indéterminée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 6-1 de l'accord franco algérien doit, en tout état de cause, être écarté.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. C a, le 7 juin 2019, épousé une ressortissante française. Toutefois, les seuls éléments produits par l'intéressé consistant en son acte de mariage, un avis d'échéance de loyer relatif au mois de juin 2021 et des comptes-rendus de consultation au sein du service de gynécologie obstétrique du centre hospitalier de Calais, la conjointe du requérant étant tombée enceinte le 13 mars 2021, soit postérieurement à la mesure d'éloignement contestée, ne caractérisent pas l'existence d'une relation stable, ancienne et intense. De plus si le requérant allègue une présence de dix ans en France, il n'apporte aucun élément justifiant d'une intégration professionnelle et sociale, ses parents résidant par ailleurs en Algérie et son frère en Espagne. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.
5. En troisième et dernier lieu, M. C ne peut utilement invoquer la méconnaissance des stipulations des articles 3 et 9 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant dès lors qu'à la date des décisions contestées, il n'est le père d'aucun enfant, l'enfant de sa conjointe française n'étant pas encore né. Par suite, ce moyen doit être écarté.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2: Le présent jugement sera notifié à M. B C, au préfet du Nord et au préfet du Pas-de-Calais.
Délibéré après l'audience du 22 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Chevaldonnet, président,
- Mme Grard, première conseillère,
- Mme Leclère, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2022.
Le président-rapporteur,
Signé
B. F
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
Signé
E. GRARD
La greffière,
Signé
M. E
La République mande et ordonne aux préfets du Nord et du Pas-de-Calais chacun en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026