vendredi 12 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2109414 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | STIENNE-DUWEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 1er décembre 2021, les 27 et 30 janvier 2023, 17 avril 2023 et 17 juillet 2023, M. A B, représenté par Me Stienne-Duwez, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 3 mars 2021 par laquelle la maire de Lille lui a refusé l'attribution de la prime de fonction attribuée à certains agents affectés au traitement de l'information et de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise attribuée au titre de sujétions informatiques, qui s'y est substitué, avec un effet rétroactif à compter du 1er mars 2017 ;
2°) d'enjoindre à la commune de Lille de lui verser, à titre rétroactif, la prime de fonction attribuée à certains agents affectés au traitement de l'information pour la période allant du 1er avril 2017 au 31 décembre 2018 et l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise attribuée au titre de sujétions informatiques à compter du 1er janvier 2019, dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Lille la somme de 2 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'étant chef de projet informatique, il est fondé à demander le versement rétroactif, pour la période courant du 1er avril 2017 au 31 décembre 2018, de la prime de fonction attribuée aux personnels affectés au traitement de l'information et, à compter du 1er janvier 2019, du complément de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise attribué au titre de sujétions informatiques institué par délibération du conseil municipal du 22 juin 2018.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 9 janvier 2023, 15 février 2023, 30 juin 2023 et 28 juillet 2023, la commune de Lille conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que le moyen soulevé dans la requête est infondé.
La clôture d'instruction a été fixée au 9 août 2023 par une ordonnance du 19 juillet 2023.
Une pièce, enregistrée le 3 juin 2024, a été produite par la commune de Lille à la demande du tribunal et communiquée sur le fondement des dispositions de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 71-343 du 29 avril 1971 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Piou,
- et les conclusions de Mme Grard, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ingénieur principal territorial, est affecté depuis le 1er avril 2017 au sein de la direction des systèmes d'information et moyens généraux du pôle finances et moyens de la commune de Lille. Par la décision litigieuse du 3 mars 2021, la maire de Lille lui a refusé le versement, avec effet rétroactif, de la prime de fonction attribuée à certains agents affectés au traitement de l'information, à laquelle s'est substituée l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise (IFSE) attribuée au titre de sujétions informatiques.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la période antérieure au 1er janvier 2019 :
2. Il résulte des dispositions de la délibération du conseil municipal de Lille du 19 décembre 1994 n° 94/584 portant régime indemnitaire des agents affectés au traitement de l'information que cette commune a décidé d'attribuer aux agents affectés au traitement de l'information une prime de fonction dont le versement est subordonné à une double condition tenant, d'une part, à l'exercice régulier de certaines fonctions, parmi lesquelles celles de chef de projet, et d'autre part, à l'accomplissement de ses missions dans un centre automatisé de traitement de l'information (service informatique), excluant les utilisateurs de micro-ordinateur ou de terminaux dans les autres services municipaux.
3. Il n'est pas contesté que M. B a été affecté à compter du 1er avril 2017 au sein d'un centre automatisé de traitement de l'information. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier, notamment de sa fiche de poste, qu'il y occupait les fonctions de " chargé de projet fonctionnel ". Dans ces conditions, le requérant est fondé à soutenir que la décision litigieuse lui refusant l'octroi de la prime de fonction instituée par la délibération précitée du 19 décembre 1994 au motif qu'il ne serait pas chef de projet informatique est entachée d'une erreur d'appréciation.
En ce qui concerne la période postérieure au 1er janvier 2019
4. Il ressort des termes de la délibération du conseil municipal de Lille n° 18/136 du 22 juin 2018 portant création du régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel qu'elle conditionne l'attribution du complément d'IFSE mensuel attribué au titre de sujétions informatiques à la réussite d'un test organisé par la ville de Lille. Il n'est pas contesté que l'intéressé n'a pas passé ce test et ne l'a, a fortiori, pas réussi. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir qu'il était en droit de bénéficier de cette indemnité.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la décision litigieuse du 3 mars 2021 doit être annulée en tant seulement qu'elle refuse à M. B l'octroi de la prime de fonction attribuée aux agents affectés au traitement de l'information du 1er avril 2017, date de son affectation sur le poste de chef de projet fonctionnel au sein d'un centre automatisé de traitement de l'information, au 31 décembre 2018 inclus.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
6. Le présent jugement implique nécessairement que la commune de Lille verse à M. B la prime de fonction à laquelle il était en droit de prétendre du 1er avril 2017, date de son affectation sur le poste de chef de projet fonctionnel au sein d'un centre automatisé de traitement de l'information, au 31 décembre 2018 inclus. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de lui enjoindre d'y procéder dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, sans assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Lille la somme que M. B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 3 mars 2021 est annulée en tant qu'elle refuse à M. B l'octroi de la prime de fonction attribuée aux agents affectés au traitement de l'information du 1er avril 2017 au 31 décembre2018.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Lille de verser à M. B cette prime dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Lille.
Délibéré après l'audience du 25 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Leguin, présidente,
M. Borget, premier conseiller,
Mme Piou, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.
La rapporteure,
signé
C. PIOU
La présidente,
signé
A-M. LEGUINLa greffière,
signé
S. SING
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026