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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2109552

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2109552

mardi 9 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2109552
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formationjuge unique (2)
Avocat requérantSCP ABCG ARTAUD BELFIORE CASTILLON GREBILLE-ROMAND

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 décembre 2021, M. A B, représenté par Me Grebille-Romand, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision 48 SI du 2 septembre 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur l'a informé de la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul ;

2°) d'annuler les décisions de retrait de points afférentes aux infractions commises les 21 septembre 2017, 27 mars 2019, 4 novembre 2020 et 25 janvier 2021 ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer son permis de conduire en reconstituant le capital de points dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

Il soutient que :

- il n'a pas reçu les informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;

- les décisions de retrait de points méconnaissent les dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'il a contesté les avis de contraventions qu'il a reçues auprès des officiers du ministère public compétents et que, en cas de réponses attendues de classement sans suite ou de poursuite devant les tribunaux compétents, la décision de retrait de points sera irrégulière et donc frappée d'illégalité.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 février 2022, le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision 48 SI et des décisions de retrait de points afférentes aux infractions commises les 4 novembre 2020 et 25 janvier 2021 et au rejet du surplus.

Il fait valoir que :

- les mentions afférentes aux infractions commises les 4 novembre 2020 et 25 janvier 2021 ont été supprimées et ces dernières n'entraînent donc plus de retrait de points ;

- le solde de points dudit permis est redevenu positif et est actuellement crédité de six points ; la décision 48 SI doit donc être regardée comme ayant été retirée ;

- les moyens soulevés dirigés contre les décisions de retrait de points restant en litige ne sont pas fondés.

La clôture de l'instruction a été fixée au 14 juin 2023 à 12 h 00 par une ordonnance du 30 mai 2022.

Vu le code de justice administrative.

En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, le président du tribunal a désigné M. Fabre pour statuer sur les litiges visés audit article.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Sur sa proposition, le rapporteur public a été dispensé de prononcer ses conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative par le président de la formation de jugement.

A été entendu au cours de l'audience publique du 19 décembre 2023 le rapport de M. Fabre, président-rapporteur.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, né le 26 mai 1985 à Fourmies, titulaire du permis de conduire, a commis une série d'infractions au code de la route, répertoriées dans le relevé d'information intégral. M. B a fait l'objet des retraits de points suivants : 3 points pour une infraction commise le 21 septembre 2017 à 16 h 30 à Wignehies, 3 points pour une infraction commise le 27 mars 2019 à 16 h 25 à Wignehies, 3 points pour une infraction commise le 4 novembre 2020 à 15 h 16 à Avesnes-sur-Helpe et 3 points pour une infraction commise le 25 janvier 2021 à 15 h 15 à Trelon. Par une décision 48 SI du 2 septembre 2021, le ministre de l'intérieur l'a informé de la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul. Par la requête dont le tribunal est saisi, M. B demande l'annulation de ces décisions.

Sur le non-lieu partiel :

2. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction de la requête, les décisions de retrait de points afférentes aux infractions commises les 4 novembre 2020 et 25 janvier 2021 ont été retirées et ne donnent donc plus lieu à retrait de points. Par ailleurs, le solde de points du permis de conduire du requérant est redevenu positif et la décision 48 SI doit donc être regardée comme ayant été également retirée. Il n'y a donc plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision 48 SI et des décisions de retrait de points afférentes aux infractions commises les 4 novembre 2020 et 25 janvier 2021.

Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'infraction commise le 21 septembre 2017 :

3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier, en particulier du relevé d'information intégral, que l'infraction en cause a été constatée par un procès-verbal dressé avec un appareil électronique sécurisé et que le requérant s'est acquitté de l'amende forfaitaire. Il a ainsi nécessairement reçu un avis de contravention comportant les informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, M. B ne démontrant pas que ce document était inexact ou incomplet.

4. En second lieu, s'il soutient qu'il a contesté l'avis de contravention devant l'officier du ministère public, il n'apporte en tout état de cause aucune preuve de cette allégation.

5. Il en résulte que les conclusions à fin d'annulation de la décision de retrait de points afférente à l'infraction commise le 21 septembre 2017 doivent être rejetées.

En ce qui concerne l'infraction commise le 27 mars 2019 :

6. En premier lieu, la mention, sur le relevé d'information intégral, de l'émission d'un titre exécutoire ne permet pas de considérer que l'amende forfaitaire majorée correspondante a été acquittée. La mention AM sur le relevé intégral ne justifie que de l'émission du titre et non du paiement de l'amende forfaitaire majorée. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces produites en défense que le requérant a reçu un titre exécutoire comportant l'information préalable requise par le code de la route. Il n'est pas non plus établi que le contrevenant a fait l'objet d'un procès-verbal de l'infraction comportant l'information prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Ainsi, au vu des pièces du dossier, l'administration ne peut être regardée comme apportant la preuve qui lui incombe de la délivrance à M. B de cette information à l'occasion de cette infraction. Pour autant, il ressort également des pièces du dossier que le requérant a bénéficié des informations prévues par ces dispositions à l'occasion de l'infraction précitée du 21 septembre 2017, y compris le nombre de points dont la perte est encourue en cas d' " usage d'un téléphone par conducteur véhicule en circulation ".

7. En second lieu, s'il soutient qu'il a contesté l'avis de contravention devant l'officier du ministère public, il n'apporte en tout état de cause aucune preuve de cette allégation.

8. Il en résulte que les conclusions à fin d'annulation de la décision de retrait de points afférente à l'infraction commise le 27 mars 2019 doivent être rejetées.

9. Il en résulte que le surplus des conclusions à fin d'annulation doit être rejeté.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

10. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction doivent, par suite, être rejetées.

Sur les frais d'instance :

11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision 48 SI et des décisions de retrait de points afférentes aux infractions commises les 4 novembre 2020 et 25 janvier 2021.

Article 2 : L'Etat versera à M. B la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 janvier 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

X. FABRE

Le greffier,

Signé

A. DEWIERE

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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