mercredi 5 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2109992 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | STIENNE-DUWEZ |
Vu les procédures suivantes :
I) Par une requête, enregistrée sous le n° 2109992, le 22 décembre 2021, Mme A B, représentée par Me Stienne-Duwez, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 septembre 2021 par laquelle le président du centre communal d'action sociale (CCAS) de Roubaix l'a placée en congé de maladie ordinaire du 28 octobre 2020 au 16 juin 2021, a rejeté sa demande de reclassement, et l'a informée de sa date de reprise de fonctions et de l'existence d'un trop-perçu de rémunération ;
2°) d'enjoindre au président du CCAS de Roubaix de la placer en congé imputable au service à compter du 28 octobre 2020 dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du CCAS de Roubaix la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
S'agissant de la décision la plaçant en congé de maladie ordinaire :
- la directrice générale du CCAS n'était pas compétente pour prendre cette décision conformément aux dispositions des articles L. 123-6 et R.123-20 du code de l'action sociale et des familles ;
- elle est entachée d'un vice de procédure faute d'avoir été informée de ses droits, préalablement à la réunion de la commission de réforme, en application des dispositions de l'article 19 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'elle n'était pas apte à reprendre ses fonctions au 28 mai 2021 et devait être maintenue en congé pour accident de service ;
S'agissant de la décision rejetant sa demande de reclassement :
- la directrice générale du CCAS n'était pas compétente pour prendre cette décision conformément aux dispositions des articles L. 123-6 et R.123-20 du code de l'action sociale et des familles ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation et d'une erreur de droit dans l'application des dispositions de l'article 81 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
S'agissant du courrier l'informant de l'existence d'un trop-perçu :
- la directrice générale du CCAS n'était pas compétente pour prendre cette décision conformément aux dispositions des articles L. 123-6 et R.123-20 du code de l'action sociale et des familles ;
- elle n'est redevable d'aucune somme dès lors qu'elle aurait dû être maintenue en congé à raison de son accident de service jusqu'à son reclassement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juin 2023, le CCAS de Roubaix, représenté par Me Guilmain, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de Mme B la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- les conclusions à fin d'annulation dirigées contre le courrier du 16 septembre 2021 l'informant de son placement en congé de maladie ordinaire à la suite de l'avis de la commission de réforme sont irrecevables, dès lors que ce courrier ne revêt pas un caractère décisoire ;
- le moyen tiré de l'existence d'un vice de procédure faute de convocation régulière devant la commission de réforme est inopérant et, en tout état de cause, non fondé ;
- les autres moyens soulevés dans la requête sont infondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur des moyens relevés d'office, tirés :
- du non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du président du CCAS de Roubaix du 16 septembre 2021 en tant qu'il place Mme B en congé de maladie ordinaire du 28 octobre 2020 au 16 juin 2021, dans l'éventualité où seraient rejetées les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 21 octobre 2021 par lequel ce même président a implicitement mais nécessairement retiré la décision du 16 septembre 2021 ayant le même objet (Conseil d'Etat 5 mai 2017 M. C n°391925) ;
- de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation du courrier du 16 septembre 2021 en tant qu'il informe Mme B de l'existence d'un trop-perçu en l'absence de caractère décisoire ;
- de l'incompétence de la directrice générale du CCAS de Roubaix pour signer la décision contestée du 16 septembre 2021 en tant qu'elle refuse à Mme B un reclassement, faute de disposer d'une délégation de signature régulièrement établie par le vice-président du CCAS auquel le président du CCAS avait donné délégation générale de pouvoir par arrêté du même jour.
Mme B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 janvier 2022.
II) Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n° 2205798, les 1er août 2022 et 1er juillet 2023, Mme A B, représentée par Me Stienne-Duwez, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté n° 21/1844 du 21 octobre 2021 par lequel le président du CCAS de Roubaix a notamment arrêté la date de consolidation de son état de santé au 28 octobre 2020, a fixé sa rémunération à demi-traitement à compter du 1er juin 2021 et jusqu'au 16 juin 2021 et l'a déclarée apte à reprendre ses fonctions au 6 octobre 2021 ;
2°) d'enjoindre au président du CCAS de Roubaix de la maintenir en congé imputable au service à compter du 28 octobre 2020 dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du CCAS de Roubaix la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;
4°) de rejeter les conclusions présentées par le CCAS de Roubaix.
Elle soutient que :
- le vice-président du CCAS n'était pas compétent pour prendre cette décision conformément aux dispositions des articles L. 123-6 et R.123-20 du code de l'action sociale et des familles ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure, faute d'avoir été informée de ses droits préalablement à la réunion de la commission de réforme, conformément aux dispositions de l'article 19 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation dès lors que son état de santé n'était pas consolidé, qu'elle n'était pas apte à reprendre ses fonctions, lesquelles ne pouvaient donner lieu à des aménagements, et devait être maintenue en congé pour accident de service.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juin 2023, le CCAS de Roubaix, représenté par Me Guilmain, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de Mme B la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- le moyen tiré de l'existence d'un vice de procédure faute de convocation régulière devant la commission de réforme est inopérant et, en tout état de cause, non fondé ;
- les autres moyens soulevés dans la requête sont infondés.
Mme B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 mars 2022.
III) Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n° 2205801, les 1er août 2022 et 1er juillet 2023, Mme A B, représentée par Me Stienne-Duwez, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté n° 21/2146 du 24 novembre 2021 par lequel le président du CCAS de Roubaix a refusé de reconnaitre l'imputabilité au service d'une rechute de l'accident de service du 19 juillet 2017 et l'a placée en congé de maladie ordinaire du 20 octobre 2021 au 17 décembre 2021 ;
2°) d'enjoindre au président du CCAS de Roubaix de la maintenir en congé imputable au service à compter du 20 octobre 2021 dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du CCAS de Roubaix la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;
4°) de rejeter les conclusions présentées par le CCAS de Roubaix.
Elle soutient que :
- le vice-président du CCAS n'était pas compétent pour prendre cette décision en application des dispositions des articles L. 123-6 et R.123-20 du code de l'action sociale et des familles ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure, faute d'avoir été informée de ses droits préalablement à la réunion de la commission de réforme, conformément aux dispositions de l'article 19 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation dès lors que son état de santé n'était pas consolidé au 20 octobre 2021, qu'elle n'était pas apte à reprendre ses fonctions, lesquelles ne pouvaient donner lieu à aménagements, et devait être maintenue en congé pour accident de service.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juin 2023, le CCAS de Roubaix, représenté par Me Guilmain, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de Mme B la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- le moyen tiré de l'existence d'un vice de procédure est inopérant et, en tout état de cause non fondé ;
- les autres moyens soulevés dans la requête sont infondés.
Mme B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 mars 2022.
IV) Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n° 2205805, les 1er août 2022 et 1er juillet 2023, Mme A B, représentée par Me Stienne-Duwez, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté n° 21/1982 du 15 octobre 2021 par lequel le président du CCAS de Roubaix lui a accordé un congé de maladie ordinaire du 6 au 20 octobre 2021, rémunéré à demi-traitement du 7 au 20 octobre 2021 ;
2°) d'annuler les décisions de ce président en date des 23 novembre 2021, 22 décembre 2021 et 15 janvier 2022 portant refus de reconnaissance de l'imputabilité au service de sa rechute ;
3°) d'enjoindre au président du CCAS de Roubaix de la maintenir en congé imputable au service à compter du 6 octobre 2020 dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge du CCAS de Roubaix la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;
5°) de rejeter les conclusions présentées par le CCAS de Roubaix.
Elle soutient que :
- ni la directrice générale, signataire de l'arrêté du 15 octobre 2021, ni le vice-président du CCAS, signataire des autres décisions en litige, n'étaient compétents pour prendre ces décisions en application des dispositions des articles L. 123-6 et R.123-20 du code de l'action sociale et des familles ;
- les décisions attaquées sont entachées d'un vice de procédure, faute d'avoir été informée de ses droits préalablement à la réunion de la commission de réforme, conformément aux dispositions de l'article 19 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- elles sont entachées d'une erreur d'appréciation dès lors que son état de santé n'était pas consolidé, qu'elle n'était pas apte à reprendre ses fonctions, lesquelles ne pouvaient donner lieu à aménagement, et devait être maintenue en congé pour accident de service.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juin 2023, le CCAS de Roubaix, représenté par Me Guilmain, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de Mme B la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- les conclusions dirigées contre le courrier du 23 novembre 2021 sont irrecevables, celui-ci ne revêtant pas un caractère décisoire ;
- les conclusions dirigées contre les courriers des 22 décembre 2021 et 15 janvier 2022 sont irrecevables, ceux-ci étant purement confirmatifs de l'arrêté du 24 novembre 2021 ;
- le moyen tiré de l'existence d'un vice de procédure est inopérant et, en tout état de cause non fondé ;
- les autres moyens soulevés dans la requête sont infondés.
La clôture d'instruction a été fixée au 19 juillet 2023 par une ordonnance du 4 juillet 2023.
Un mémoire a été présenté pour Mme B le 26 juillet 2023, postérieurement à la clôture de l'instruction.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur des moyens relevés d'office, tirés :
- du non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du président du CCAS de Roubaix du 23 novembre 2021 refusant l'imputabilité au service de la rechute de l'accident de service du 19 juillet 2017 de Mme B, dans l'éventualité où seraient rejetées les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 24 novembre 2021, ayant le même objet, par lequel ce même président a implicitement mais nécessairement retiré la décision du 23 novembre 2021 (Conseil d'Etat 5 mai 2017 M. C n°391925) ;
- de l'incompétence de la directrice générale du CCAS de Roubaix pour signer l'arrêté contesté du 15 octobre 2021 en tant qu'il place Mme B en congé de maladie ordinaire du 6 au 20 octobre 2021, faute de disposer d'une délégation de signature régulièrement établie par le vice-président du CCAS auquel le président du CCAS avait donné délégation générale de pouvoir par arrêté du même jour.
Mme B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 mars 2022.
V) Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n° 2205806, les 1er août 2022 et 30 juin 2023, Mme A B, représentée par Me Stienne-Duwez, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté n° 22/814 du 25 mai 2022 par lequel le président du CCAS de Roubaix l'a placée en congé de maladie ordinaire du 18 décembre 2021 au 31 mai 2022, rémunéré à demi-traitement ;
2°) d'enjoindre au président du CCAS de Roubaix de la maintenir en congé imputable au service à compter du 18 décembre 2021 dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du CCAS de Roubaix la somme de 1 500 euros à verser à Mme B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
4°) de rejeter les conclusions présentées par le CCAS de Roubaix.
Elle soutient que :
- le vice-président du CCAS n'était pas compétent pour prendre cette décision en application des dispositions des articles L. 123-6 et R.123-20 du code de l'action sociale et des familles ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure faute d'avoir été informée de ses droits préalablement à la réunion de la commission de réforme, conformément aux dispositions de l'article 19 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation dès lors que son état de santé n'était pas consolidé, qu'elle n'était pas apte à reprendre ses fonctions et devait être maintenue en congé pour accident de service.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juin 2023, le CCAS de Roubaix, représenté par Me Guilmain, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de Mme B la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- le moyen tiré de l'existence d'un vice de procédure est inopérant et, en tout état de cause, non fondé ;
- les autres moyens soulevés dans la requête sont infondés.
Mme B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 octobre 2022.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le décret n° 92-1194 du 4 novembre 1992 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Piou,
- et les conclusions de Mme Grard, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a été nommée, par un arrêté du président du centre communal d'action sociale (CCAS) de Roubaix du 10 juin 2017, fonctionnaire stagiaire dans le grade d'auxiliaire de soins territorial de deuxième classe à compter du 1er juillet 2017 et affectée à l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) résidence du Nouveau Monde à Roubaix. Le 19 juillet 2017, alors qu'elle transférait une résidente dans son fauteuil, elle a ressenti une douleur au niveau de la coiffe des rotateurs ayant conduit le CCAS à la placer à compter du 20 juillet 2017 en congé de maladie au titre de cet accident reconnu imputable au service. Par une décision du 16 septembre 2021, objet de la requête n° 2109992, le président du CCAS a décidé du placement de Mme B en congé de maladie ordinaire à compter du 28 octobre 2020 jusqu'au 16 juin 2021, a fixé la date de reprise de ses fonctions au 6 octobre 2021, à l'issue de son congé de maternité, a rejeté sa demande de reclassement et l'a informée de l'existence d'un trop perçu de rémunération.
2. Par un arrêté du 21 octobre 2021, le président du CCAS de Roubaix a réitéré sa décision de placer l'intéressée en congé de maladie ordinaire du 28 octobre 2020 au 16 juin 2021, à demi-traitement du 1er au 16 juin 2021 inclus, et a fixé la date de sa reprise au 6 octobre 2021. Par sa requête n° 2205798, Mme B demande au tribunal d'annuler cette décision.
3. Par un arrêté du 15 octobre 2021, objet de la requête n° 2205805, le président du CCAS de Roubaix lui a accordé un congé de maladie ordinaire du 6 au 20 octobre 2021.
4. Par l'arrêté du 24 novembre 2021, objet de la requête 2205801, le président du CCAS de Roubaix a refusé de reconnaitre l'imputabilité au service de la rechute de l'accident de service du 19 juillet 2017, déclarée par Mme B le 26 octobre 2021, et l'a placée en congé de maladie ordinaire du 20 octobre 2021 au 17 décembre 2021. Par ailleurs, par décisions des 23 novembre 2021, 22 décembre 2021 et 15 janvier 2022, contestées dans l'instance n° 2205805, le président du CCAS de Roubaix a également refusé de reconnaitre l'imputabilité au service de la rechute de son accident de service déclarée par Mme B respectivement les 26 octobre 2021, 9 décembre 2021 et 12 janvier 2022.
5. La requérante demande enfin l'annulation, dans l'instance n° 2205806, de l'arrêté du 22 mai 2022 par lequel le vice-président du CCAS de Roubaix l'a placée en congé de maladie ordinaire du 18 décembre 2021 au 31 mai 2022.
Sur la jonction :
6. Les requêtes n° 2109992, 2205798, 2205801, 2205805, 2205806 introduites par la même requérante présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul et même jugement.
Sur l'étendue de la requête n° 2109992 :
7. Lorsqu'une décision administrative faisant l'objet d'un recours contentieux est retirée en cours d'instance pour être remplacée par une décision ayant la même portée, le recours doit être regardé comme tendant également à l'annulation de la nouvelle décision. Lorsque le retrait a acquis un caractère définitif, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision initiale, qui ont perdu leur objet. Le juge doit, en revanche, statuer sur les conclusions dirigées contre la nouvelle décision.
8. En l'espèce, la décision du 16 septembre 2021 plaçant l'intéressée en congé de maladie ordinaire du 28 octobre 2020 au 16 juin 2021 et fixant la date de reprise de ses fonctions au 6 octobre 2021 a été implicitement mais nécessairement retirée par l'arrêté du 21 octobre 2021 ayant la même portée, objet de la requête n° 2205798, de sorte que le retrait n'est pas devenu définitif. Dans ces conditions, la requête n° 2109992 doit être regardée comme tendant à l'annulation tant de la décision du 16 septembre 2021 que de l'arrêté du 21 octobre 2021.
Sur l'étendue de la requête n° 2205805 :
9. En l'espèce, la décision du 23 novembre 2021 portant refus de reconnaissance de l'imputabilité au service de la rechute de l'intéressée a été implicitement mais nécessairement retirée par l'arrêté du 24 novembre 2021 ayant la même portée, objet de la requête n° 2205801, de sorte que le retrait n'est pas devenu définitif. Dans ces conditions, la requête n° 2205805 doit être regardée comme tendant à l'annulation tant de la décision du 23 novembre 2021 que de l'arrêté du 24 novembre 2021.
Sur la recevabilité des conclusions à fin d'annulation du courrier du 16 septembre 2021 en tant qu'il informe Mme B de l'existence d'un trop perçu de rémunération :
10. Si le courrier du 16 septembre 2021 doit être regardé comme constitutif d'une décision portant tout à la fois placement de l'intéressée en congé de maladie ordinaire du 28 octobre 2020 au 16 juin 2021, refus de reclassement et fixation de la date de reprise de ses fonctions au 6 octobre 2021, il se borne en revanche à informer l'intéressée de ce qu'elle a bénéficié d'un trop-versé de rémunération et sera, par suite, redevable d'une somme correspondant à ce trop-perçu, sans que le montant de cette dette ne soit au demeurant précisé. A cet égard, il revêt un caractère purement informatif. Par suite, les conclusions dirigées à son encontre sont, dans cette mesure, irrecevables.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté du 21 octobre 2021 plaçant Mme B en congé de maladie ordinaire du 28 octobre 2020 au 16 juin 2021 :
11. En premier lieu, aux termes de l'article L. 123-6 du code de l'action sociale et des familles : " Le centre d'action sociale est un établissement public administratif communal ou intercommunal. Il est administré par un conseil d'administration présidé, selon le cas, par le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale. / Dès qu'il est constitué, le conseil d'administration élit en son sein un vice-président qui le préside en l'absence du maire, nonobstant les dispositions de l'article L. 2122-17 du code général des collectivités territoriales, ou en l'absence du président de l'établissement de coopération intercommunale. () ". Aux termes de l'article R. 123-23 de ce code : " Le président du conseil d'administration prépare et exécute les délibérations du conseil ; il est ordonnateur des dépenses et des recettes du budget du centre. Il nomme les agents du centre. () ".
12. D'une part, si, dans sa requête n° 2109992, Mme B soulève un moyen tiré de l'incompétence de la directrice générale du CCAS, ce moyen est inopérant contre l'arrêté litigieux émanant du vice-président du CCAS.
13. D'autre part, il résulte des dispositions précitées de l'article R. 123-23 du code de l'action sociale et des familles qu'il appartient au président du CCAS, en qualité d'autorité de nomination, de prendre tout acte de gestion du personnel de cet établissement et non, comme le soutient la requérante au conseil d'administration de cet établissement. Par ailleurs, par un arrêté n° 2020-1504 du 4 septembre 2020, publié au registre des arrêtés, le président du CCAS a donné pouvoir à M. Dancoine, vice-président du CCAS, à l'effet de prendre toutes décisions en matière de gestion du personnel du CCAS. Par suite, le vice d'incompétence invoqué ne peut qu'être écarté.
14. En deuxième lieu, les dispositions de l'article 19 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires, sont applicables à la seule fonction publique d'Etat. Par suite, elles ne peuvent être utilement invoquées par la requérante, fonctionnaire stagiaire territoriale.
15. En troisième lieu, aux termes de l'article 7 du décret du 4 novembre 1992 fixant les dispositions communes applicables aux fonctionnaires stagiaires de la fonction publique territoriale : " Le fonctionnaire territorial stagiaire a droit aux congés rémunérés prévus à l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 susvisée ainsi qu'à ceux prévus au premier alinéa du 1°, aux 2°, 3°, 4°, 5° et 9° de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 précitée. S'agissant des congés prévus au 5° de l'article 57, le fonctionnaire stagiaire a droit à ces congés pour des durées et selon des conditions déterminées par ce même article ainsi que par les dispositions du chapitre Ier du décret n° 2021-846 du 29 juin 2021 relatif aux congés de maternité et liés aux charges parentales dans la fonction publique territoriale. () ". Aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa version en vigueur : " Le fonctionnaire en activité a droit : / () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la transmission par le fonctionnaire, à son administration, de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie, dans un délai et selon les sanctions prévus en application de l'article 58. / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident, même après la date de radiation des cadres pour mise à la retraite. / Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de l'accident ou de la maladie est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales. () ". Et, aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa rédaction en vigueur : " I. - Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. Ces définitions ne sont pas applicables au régime de réparation de l'incapacité permanente du fonctionnaire. / Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. La durée du congé est assimilée à une période de service effectif. L'autorité administrative peut, à tout moment, vérifier si l'état de santé du fonctionnaire nécessite son maintien en congé pour invalidité temporaire imputable au service. () ".
16. Si la requérante soutient qu'elle devait être maintenue, postérieurement au 28 octobre 2020 en congé de maladie au titre de l'accident de service intervenu le 19 juillet 2017, dès lors qu'elle était inapte à reprendre ses fonctions, il ressort néanmoins des pièces du dossier que la commission de réforme, suivant l'avis du médecin expert rendu le 28 octobre 2020, a considéré que l'intéressée, dont l'état de santé était consolidé avec une incapacité permanente partielle de 10%, était à cette date apte à reprendre ses fonctions sur un poste aménagé, ne comprenant pas de port de charges lourdes, confirmant ainsi l'avis rendu le 27 septembre 2019 par un autre médecin expert. Les seuls certificats médicaux et attestations produits par la requérante ne permettent aucunement d'établir qu'elle n'était pas, à cette date et dans ces conditions, apte à reprendre ses fonctions dès lors que les deux premiers certificats produits, en date des 10 septembre 2019 et 28 mai 2021 ne sont aucunement circonstanciés, et que les certificats des 26 novembre 2021 et 4 mai 2022 sont bien postérieurs à la période considérée. N'étant pas inapte à la reprise de ses fonctions sur un poste aménagé, Mme B ne pouvait légalement bénéficier d'un congé au titre de l'accident de service intervenu le 19 juillet 2017. Enfin, il ressort des pièces du dossier que le poste de l'intéressée, qui comprend notamment des missions ne nécessitant pas le port de charges lourdes ou l'élévation de son bras à l'horizontal, tels que certains soins, la distribution des médicaments, les transmissions, les animations de prévention et de sensibilisation à la santé et à la dépendance, la gestion des outils et véhicules du service en lien avec sa supérieure, pouvait, contrairement à ce que soutient Mme B, être aménagé afin que les missions incompatibles avec son état de santé soit assurées en binôme. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'existence d'une erreur d'appréciation doit, par suite, être écarté.
17. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 21 octobre 2021 doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision du 16 septembre 2021 plaçant Mme B en congé de maladie ordinaire du 28 octobre 2020 au 16 juin 2021 :
18. Si le juge de l'excès de pouvoir ne peut, en principe, déduire d'une décision juridictionnelle rendue par lui-même ou par une autre juridiction qu'il n'y a plus lieu de statuer sur des conclusions à fin d'annulation dont il est saisi, tant que cette décision n'est pas devenue irrévocable, il en va toutefois différemment lorsque, faisant usage de la faculté dont il dispose dans l'intérêt d'une bonne administration de la justice, il joint les requêtes pour statuer par une même décision, en tirant les conséquences nécessaires de ses propres énonciations. A ce titre, lorsque le juge est parallèlement saisi de conclusions tendant, d'une part, à l'annulation d'une décision et, d'autre part, à celle de son retrait et qu'il statue par une même décision, il lui appartient de se prononcer sur les conclusions dirigées contre le retrait puis, sauf si, par l'effet de l'annulation qu'il prononce, la décision retirée est rétablie dans l'ordonnancement juridique, de constater qu'il n'y a plus lieu pour lui de statuer sur les conclusions dirigées contre cette dernière.
19. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 16 septembre 2021, ayant la même portée que l'arrêté du 21 octobre 2021 qui l'a implicitement mais nécessairement retirée, ont perdu leur objet en cours d'instance. Il n'y a, par suite, plus lieu d'y statuer.
En ce qui concerne la décision du 16 septembre 2021 portant refus de reclasser Mme B :
20. Il ressort des pièces du dossier que le président du CCAS de Roubaix a, par un arrêté du 4 septembre 2020 n° 2020-1504, publié au registre des arrêtés, donné à M. Dancoine, vice-président de ce CCAS, délégation de pouvoir à l'effet de prendre toutes décisions en matière de gestion du personnel du CCAS. Il s'est, ce faisant, dessaisi de sa compétence en la matière. Par suite, il ne pouvait légalement par un arrêté n° 2020-1505 du même jour, donner à la directrice générale du CCAS de Roubaix délégation à l'effet de signer notamment certains actes relatifs à la gestion du personnel. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de cette décision doit être accueilli.
21. Il résulte de ce qui précède que la décision du 16 septembre 2021 rejetant la demande de reclassement de Mme B doit être annulée.
En ce qui concerne l'arrêté du 15 octobre 2021 plaçant Mme B en congé de maladie ordinaire du 6 au 20 octobre 2021 :
22. Pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 20, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêt litigieux doit être accueilli.
23. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté du 15 octobre 2021 doit être annulé.
En ce qui concerne l'arrêté du 24 novembre 2021 refusant de reconnaitre l'imputabilité au service d'une rechute et plaçant Mme B en congé de maladie ordinaire du 20 octobre au 17 décembre 2021 :
24. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 13, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de cette décision doit être écarté.
25. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 14, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 19 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires doit être écarté comme étant inopérant.
26. En troisième lieu, aux termes de l'article 37-2 du décret du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des comités médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux : " Pour obtenir un congé pour invalidité temporaire imputable au service, le fonctionnaire, ou son ayant-droit, adresse par tout moyen à l'autorité territoriale une déclaration d'accident de service, d'accident de trajet ou de maladie professionnelle accompagnée des pièces nécessaires pour établir ses droits. / La déclaration comporte : / 1° Un formulaire précisant les circonstances de l'accident ou de la maladie. Ce formulaire est transmis par l'autorité territoriale à l'agent qui en fait la demande, dans un délai de quarante-huit heures suivant celle-ci et, le cas échéant, par voie dématérialisée, si la demande le précise ; / 2° Un certificat médical indiquant la nature et le siège des lésions résultant de l'accident ou de la maladie ainsi que, le cas échéant, la durée probable de l'incapacité de travail en découlant ". Et, aux termes de l'article 37-17 du même décret : " Lorsqu'il est guéri ou que les lésions résultant de l'accident de service, de l'accident de trajet ou de la maladie professionnelle sont stabilisées, le fonctionnaire transmet à l'autorité territoriale un certificat médical final de guérison ou de consolidation. / Toute modification de l'état de santé du fonctionnaire constatée médicalement postérieurement à la date de guérison apparente ou de consolidation de la blessure qui nécessite un traitement médical peut donner lieu à un nouveau congé pour invalidité temporaire imputable au service. / La rechute est déclarée dans le délai d'un mois à compter de sa constatation médicale. La déclaration est transmise dans les formes prévues à l'article 37-2 à l'autorité territoriale dont relève le fonctionnaire à la date de cette déclaration. / L'autorité territoriale apprécie la demande de l'agent dans les conditions prévues au présent titre ".
27. Il ressort des termes de la décision litigieuse que le refus de reconnaissance de l'existence d'une rechute de l'accident de service du 19 juillet 2017 et donc d'octroi d'un congé pour invalidité temporaire imputable au service est fondée, non sur l'absence de lien avec le service de l'état de santé de Mme B, sur la qualification de rechute ou sur l'aptitude à la reprise de l'intéressée mais sur l'absence de déclaration réalisée conformément aux dispositions précitées, dans le délai d'un mois et selon les formes prescrites par les dispositions de l'article 37-2 précité du décret du 30 juillet 1987. Par suite, le moyen tiré de l'existence d'une erreur d'appréciation est, tel que développé, inopérant pour ne pas contester le motif retenu par le CCAS de Roubaix pour fonder la décision contestée.
28. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision contestée doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision du 23 novembre 2021 refusant de reconnaitre l'imputabilité au service de la rechute de l'accident de service du 19 juillet 2017 :
29. Si le juge de l'excès de pouvoir ne peut, en principe, déduire d'une décision juridictionnelle rendue par lui-même ou par une autre juridiction qu'il n'y a plus lieu de statuer sur des conclusions à fin d'annulation dont il est saisi, tant que cette décision n'est pas devenue irrévocable, il en va toutefois différemment lorsque, faisant usage de la faculté dont il dispose dans l'intérêt d'une bonne administration de la justice, il joint les requêtes pour statuer par une même décision, en tirant les conséquences nécessaires de ses propres énonciations. A ce titre, lorsque le juge est parallèlement saisi de conclusions tendant, d'une part, à l'annulation d'une décision et, d'autre part, à celle de son retrait et qu'il statue par une même décision, il lui appartient de se prononcer sur les conclusions dirigées contre le retrait puis, sauf si, par l'effet de l'annulation qu'il prononce, la décision retirée est rétablie dans l'ordonnancement juridique, de constater qu'il n'y a plus lieu pour lui de statuer sur les conclusions dirigées contre cette dernière.
30. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 23 novembre 2021, ayant la même portée que l'arrêté du 24 novembre 2021 qui l'a implicitement mais nécessairement retiré, ont perdu leur objet en cours d'instance. Il n'y a, par suite, plus lieu d'y statuer.
En ce qui concerne les décisions des 22 décembre 2021 et 15 janvier 2022 refusant de reconnaitre l'imputabilité au service de la rechute de l'accident de service du 19 juillet 2017 :
31. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 13, le moyen tiré de l'incompétence du vice-président du CCAS pour signer les décisions litigieuses doit être écarté.
32. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 14, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 19 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires doit être écarté comme étant inopérant.
33. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 27, le moyen tiré de l'existence d'une erreur d'appréciation est inopérant.
34. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur leur recevabilité, les conclusions tendant à l'annulation des décisions litigieuses refusant de reconnaitre l'imputabilité au service de la rechute de l'accident de service du 19 juillet 2017 doivent être rejetées.
En ce qui concerne l'arrêté du 25 mai 2022 plaçant Mme B en congé de maladie ordinaire du 18 décembre 2021 au 31 mai 2022 :
35. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 13, le moyen tiré de l'incompétence du vice-président du CCAS de Roubaix pour signer les décisions litigieuses doit être écarté.
36. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 14 notamment, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 19 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires doit être écarté comme étant inopérant.
37. En troisième lieu, il résulte de ce qui précède que le CCAS de Roubaix était fondé à refuser la reconnaissance de la rechute de l'accident de service du 19 juillet 2017 au motif du non-respect des délais de déclaration. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle ait déclaré ultérieurement et dans les délais requis une autre rechute en lien avec un accident de service. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'existence d'une erreur d'appréciation doit être écarté.
38. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté litigieux doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
39. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ".
40. Si Mme B demande au tribunal, dans l'instance n° 2109992, à ce qu'il soit enjoint à l'administration de la placer en congé imputable au service à compter du 28 octobre 2020, l'annulation de la décision du 16 septembre 2021 portant refus de reclassement n'implique pas qu'il soit procédé à une telle injonction.
41. Par ailleurs, si elle formule, dans l'instance n° 2205805, des conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au CCAS de Roubaix de la placer en congé imputable au service à compter du 6 octobre 2020, l'annulation de l'arrêté du 15 octobre 2021 au seul motif de l'incompétence du signataire n'implique pas nécessairement qu'il soit procédé à une telle injonction.
42. Enfin, dès lors que le présent jugement rejette les autres conclusions à fin d'annulation, les autres conclusions à fin d'injonction présente par la requérante dans les autres instances doivent être également être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
43. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B ou du CCAS de Roubaix les sommes demandées par l'autre partie au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation, d'une part, de la décision du 16 septembre 2021 plaçant Mme B en congé de maladie ordinaire du 28 octobre 2020 au 16 juin 2021, et d'autre part, de la décision du 23 novembre 2021 par laquelle le président du CCAS de Roubaix a refusé de reconnaitre l'imputabilité au service de la rechute de l'accident de service du 19 juillet 2017 déclarée le 26 octobre 2021.
Article 2 : La décision du 16 septembre 2021 rejetant la demande de reclassement de Mme B et l'arrêté du 15 octobre 2021 la plaçant en congé de maladie ordinaire du 6 au 20 octobre 2021 sont annulés.
Article 3 : Le surplus des conclusions des requêtes n° 2109992 et 2205805 présentées par Mme B ainsi que ses requêtes n° 2205798, 2205801 et 2205806 sont rejetés.
Article 4 : Les conclusions du CCAS de Roubaix présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au centre communal d'action sociale de Roubaix.
Copie en sera adressée à Me Stienne-Duwez.
Délibéré après l'audience du 14 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Leguin, présidente,
Mme Piou, première conseillère,
M. Boileau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 février 2025.
La rapporteure,
signé
C. Piou
La présidente,
signé
A-M. LeguinLa greffière,
signé
S. Sing
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
2, 2205798, 2205801, 2205805, 2205806
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026