LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2200034

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2200034

vendredi 22 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2200034
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantINUNGU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 3 janvier 2022 et le 4 avril 2022, M. A B, représenté par Me Inungu, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 1er octobre 2021 par laquelle le préfet du Nord a refusé de lui délivrer un titre de séjour salarié ;

2°) d'enjoindre au préfet du Nord de procéder à sa régularisation administrative dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 350 euros par jour de retard, en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application combinée des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour en litige :

- est entachée d'un défaut de motivation ;

- est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- méconnait les dispositions des articles L. 421-1 et L. 313-11-7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- est entachée d'une erreur de droit en opposant l'existence d'une obligation de quitter le territoire devenue caduque ;

- a été prise en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale sur les droits des enfants.

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 décembre 2022, le préfet du Nord, représenté par Me Cano, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 16 décembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 17 janvier 2023.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 décembre 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention franco-camerounaise du 24 janvier 1964 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Guyard,

- et les observations de Me Inungu, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant de nationalité camerounaise né le 7 août 1988 à Bengbis (Cameroun), est entré en France selon ses dires en 2018. Il a sollicité le 8 septembre 2021 l'admission au séjour en qualité de salarié auprès du préfet du Nord. Par une décision du 1er octobre 2021, dont le requérant demande l'annulation, le préfet du Nord a opposé un refus à cette demande de titre de séjour.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, la décision attaquée, qui n'avait pas à faire état de l'ensemble des éléments relatifs à la situation personnelle de l'intéressé, comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il satisfait ainsi aux exigences de motivation résultant de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Le moyen tiré du défaut de motivation doit, par suite, être écarté.

3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Nord aurait entaché la décision attaquée d'un défaut d'examen sérieux et particulier de la situation de M. B. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.

4. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article 14 de la convention franco-camerounaise : " Les dispositions du présent accord ne font pas obstacle à l'application des législations respectives des deux Etats sur l'entrée et le séjour des étrangers sur tous les points non traités par la présente Convention. ". Aux termes de l'article 3 de cette convention : " Pour un séjour de plus de trois mois, () les nationaux camerounais, lors de la demande du visa français, doivent être munis des justificatifs prévus aux articles 4 à 7 ci-après, en fonction de la nature de l'installation envisagée / Ils doivent, à l'entrée sur le territoire de l'État d'accueil, être munis d'un visa de long séjour et pouvoir présenter, le cas échéant, les justificatifs mentionnés aux articles 4 à 7 ". Aux termes de l'article 4 de cette même convention : " Les nationaux de chacun des États contractants désireux d'exercer sur le territoire de l'autre État une activité professionnelle salariée doivent en outre, pour être admis sur le territoire de cet État, justifier de la possession : 1. D'un certificat médical délivré par tout médecin agréé, en accord avec les autorités sanitaires du pays d'origine, par le représentant compétent du pays d'accueil et visé par celui-ci ; 2. D'un contrat de travail visé par le ministère chargé du travail dans les conditions prévues par la législation de l'Etat d'accueil ". L'article 11 de la même convention stipule : " Pour tout séjour sur le territoire français devant excéder trois mois, les nationaux camerounais doivent posséder un titre de séjour. () Ces titres de séjour sont délivrés conformément à la législation de l'État d'accueil. ".

5. D'autre part, aux termes de l'article L. 411-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve des engagements internationaux de la France ou du livre II, tout étranger âgé de plus de dix-huit ans qui souhaite séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois doit être titulaire de l'un des documents de séjour suivants : / 1° Un visa de long séjour () / 6° Une carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE "() " et aux termes de l'article L. 421-1 du même code : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an. / La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. () ". Enfin, l'article L. 5221-2 du code du travail dispose que : " Pour entrer en France en vue d'y exercer une profession salariée, l'étranger présente : / 1° Les documents et visas exigés par les conventions internationales et les règlements en vigueur ; / 2° Un contrat de travail visé par l'autorité administrative ou une autorisation de travail () ".

6. Pour rejeter la demande de titre de séjour en qualité de salarié présentée par M. B, le préfet du Nord s'est fondé, d'une part, sur les dispositions du 1° de l'article L. 411-1 précitées et, d'autre part, sur les décisions du 18 mai 2020 de refus de titre de séjour assortie d'une obligation de quitter le territoire français et d'une interdiction de retour en France de deux années prises par le préfet des Alpes-Maritimes dont il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant l'aurait exécutée.

7. Pour solliciter la délivrance d'un titre de séjour " salarié ", M. B se prévaut de la détention d'une carte de séjour " résident de longue durée - UE " qui lui a été délivrée en Italie. Toutefois, la circonstance qu'il soit régulièrement autorisé à séjourner dans ce pays de l'Union européenne est sans influence sur les conditions nécessaires à son maintien régulier sur le territoire français alors qu'il n'établit pas détenir une autorisation de travail et qu'il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français et d'une interdiction de retour sur le territoire français devenues définitives par jugement du tribunal administratif de Nice du 29 septembre 2020 et toujours exécutoires, contrairement à ce que soutient le requérant. Il est constant que M. B s'est maintenu sur le territoire français postérieurement à la date de ce jugement. Par suite, il résulte de l'instruction que le préfet du Nord, en l'absence d'élément de fait et de droit nouveaux postérieurs à l'examen de la demande de titre de séjour du 8 septembre 2021 pouvait sur le seul motif de l'existence d'une décision d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux années non exécutée, refuser de délivrer le titre de séjour sollicité par M. B.

8. En quatrième lieu, contrairement à ce que M. B allègue, le jugement du 29 septembre 2020 précité étant devenu définitif et n'ayant pas été exécuté, le requérant ne peut utilement se prévaloir de ce que les décisions portant obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour pour une durée de deux ans seraient devenues caduques pour n'avoir pas été exécutées dans le délai d'un an.

9. En cinquième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 313-11-7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile devenu depuis le 1er mai 2021 l'article L. 423-23 du même code, est, en tout état de cause, insuffisamment développé pour en apprécier le bien-fondé.

10. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

11. M. B fait valoir qu'il bénéficie d'un titre de séjour délivré par les autorités italiennes, qu'il réside et travaille en France depuis juillet 2018, qu'il y vit avec son épouse et leurs cinq enfants dont les trois derniers sont nés à Nice les 2 février 2020 et 9 février 2021 et que les deux ainés sont scolarisés en classe de maternelle. Il ressort, toutefois, des pièces du dossier que le requérant, âgé de 33 ans, est entré récemment en France, que trois de ses enfants sont titulaires de titres de séjour italien ainsi que son épouse, dont il n'est pas justifié la présence régulière en France. Rien ne fait dès lors obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue en Italie. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté litigieux aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels il a été pris. Par suite, le moyen tiré de ce que cette décision aurait été prise en méconnaissance des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

12. En septième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

13. Ainsi qu'il a été dit au point 11, l'épouse du requérant, de nationalité camerounaise, bénéficie d'un titre de séjour délivré par les autorités italiennes et il n'est pas démontré qu'elle se trouve en situation régulière en France. Rien ne fait obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue au Cameroun ou en Italie. Rien enfin ne s'oppose à ce que les deux aînés puissent poursuivre au Cameroun ou en Italie leur scolarité. Ainsi, la décision attaquée ne peut être regardée comme méconnaissant les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990.

14. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 11 et 13, le préfet n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de la situation personnelle de M. B.

15. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du préfet du Nord du 1er octobre 2021 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du juillet 1990 relative à l'aide juridique doivent être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Inungu et au préfet du Nord.

Délibéré après l'audience du 21 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Leguin, présidente,

Mme Guyard, première conseillère,

Mme Piou conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2023.

La rapporteure,

signé

S. GUYARD

La présidente,

signé

A-M. LEGUIN

La greffière,

signé

S. SING

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions