jeudi 28 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2200178 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | DEBBAGH BOUTARBOUCH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 7 janvier 2022, 21 janvier 2022, 9 avril 2022 et 12 mai 2022, M. A B, représenté par Me Debbagh Boutarbouch, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions en date du 1er décembre 2021 par lesquelles le préfet du Pas-de-Calais a refusé de renouveler son titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours ;
2°) d'enjoindre au préfet du Pas-de-Calais de lui délivrer un titre de séjour temporaire portant la mention " salarié ", dans un délai d'un mois et sous astreinte de 50 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui délivrer, dans l'attente, un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision de refus de renouvellement du titre de séjour :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de cette décision ;
- il a bien produit la demande d'autorisation de travailler ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la situation de l'emploi n'est pas opposable aux personnes qui sollicitent le renouvellement de leur titre de séjour portant la mention " salarié " selon l'instruction interministérielle du 12 juillet 2021 ;
- la plateforme de la main d'œuvre étrangère n'a pas à refuser de délivrer l'autorisation de travail au motif que le poste d'accordeur-réparateur de piano n'avait pas de lien avec l'objet de la société ;
En ce qui concerne la décision faisant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans ses conséquences sur sa situation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 février 2022, le préfet du Pas-de-Calais conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la première demande d'autorisation de travail faite par M. B le 16 juin 2021 était incomplète et par suite irrecevable ;
- la seconde demande d'autorisation de travail faite par l'employeur de M. B le 22 juillet 2021 a été enregistrée pour un emploi d'accordeur réparateur de pianos alors que l'entreprise exerce une activité de travaux électriques de sorte que les agents de la plateforme étaient fondés à considérer cette demande comme infondée ;
- les autres moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance en date du 16 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 13 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;
- l'accord-cadre relatif à la gestion concertée des migrations et au développement solidaire entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Tunisie et le protocole relatif à la gestion concertée des migrations, signés à Tunis le 28 avril 2008 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Courtois,
- et les observations de Me Debbagh-Boutarbouch, avocat de M. B.
Une note en délibéré, enregistrée le 23 décembre 2023, a été présentée pour M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant tunisien né le 14 août 1990, est entré sur le territoire national le 15 novembre 2017, muni d'un visa de long séjour à la suite de son mariage avec une ressortissante française. Il a ensuite obtenu un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", valable jusqu'au 14 novembre 2019, que le préfet de la Drôme, par décisions du 3 janvier 2020, a refusé de renouveler en lui faisant obligation de quitter le territoire français. Ces décisions ayant été annulées par un jugement du tribunal administratif de Grenoble en date du 19 juin 2020, M. B a obtenu un titre de séjour portant la mention " salarié ", valable jusqu'au 29 juin 2021. Par arrêté en date du 1er décembre 2021, dont M. B demande l'annulation, le préfet du Pas-de-Calais a refusé de renouveler ce titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté litigieux a été signé par M. Francis Manier, conseiller d'administration au ministère de l'intérieur et directeur des migrations et de l'intégration de la préfecture du Pas-de-Calais, bénéficiaire d'une délégation de signature concernant notamment les décisions de refus de titre de séjour, délégation consentie par l'arrêté n° 2020-10-31 du préfet du Pas-de-Calais en date du 22 avril 2021, régulièrement publié au recueil spécial des actes administratifs de la préfecture du même jour. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté litigieux manque donc en fait et ne peut qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 : " Les ressortissants tunisiens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent Accord, reçoivent, après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable et portant la mention "salarié" ". Aux termes de l'article 11 de cet accord : " Les dispositions du présent Accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux États sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'Accord ".
4. Aux termes de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit asile : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié" d'une durée maximale d'un an. La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. / () ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 5221-2 du code du travail : " Pour entrer en France en vue d'y exercer une profession salariée, l'étranger présente : / () / 2° Un contrat de travail visé par l'autorité administrative ou une autorisation de travail ". Aux termes de l'article R. 5221-1 de ce code : " I. - Pour exercer une activité professionnelle salariée en France, les personnes suivantes doivent détenir une autorisation de travail lorsqu'elles sont employées conformément aux dispositions du présent code : / 1° Étranger non ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne, () / II. - La demande d'autorisation de travail est faite par l'employeur. / () / Tout nouveau contrat de travail fait l'objet d'une demande d'autorisation de travail ". Aux termes de l'article R. 5221-15 du même code : " La demande d'autorisation de travail mentionnée au I. de l'article R. 5221-1 est adressée au moyen d'un téléservice au préfet du département dans lequel l'établissement employeur a son siège ou le particulier employeur sa résidence ". Aux termes de l'article R. 5221-17 dudit code : " La décision relative à la demande d'autorisation de travail mentionnée à l'article R. 5221-11 est prise par le préfet () ". Enfin, aux termes de l'article R. 5221-20 du code du travail : " L'autorisation de travail est accordée lorsque la demande remplit les conditions suivantes : 1° S'agissant de l'emploi proposé : a) Soit cet emploi relève de la liste des métiers en tension prévue à l'article L. 421-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et établie par un arrêté conjoint du ministre chargé du travail et du ministre chargé de l'immigration ; / b) Soit l'offre pour cet emploi a été préalablement publiée pendant un délai de trois semaines auprès des organismes concourant au service public de l'emploi et n'a pu être satisfaite par aucune candidature répondant aux caractéristiques du poste de travail proposé ; / 2° S'agissant de l'employeur mentionné au II de l'article R. 5221-1 du présent code : / a) Il respecte les obligations déclaratives sociales liées à son statut ou son activité ; / b) Il n'a pas fait l'objet de condamnation pénale pour le motif de travail illégal tel que défini par l'article L. 8211-1 ou pour avoir méconnu des règles générales de santé et de sécurité en vertu de l'article L. 4741-1 et l'administration n'a pas constaté de manquement grave de sa part en ces matières ; / c) Il n'a pas fait l'objet de sanction administrative prononcée en application des articles L. 1264-3, et L. 8272-2 à L. 8272-4 ; 3° L'employeur, l'utilisateur ou l'entreprise d'accueil et le salarié satisfont aux conditions réglementaires d'exercice de l'activité considérée, quand de telles conditions sont exigées ; 4° La rémunération proposée est conforme aux dispositions du présent code sur le salaire minimum de croissance ou à la rémunération minimale prévue par la convention collective applicable à l'employeur ou l'entreprise d'accueil ; / () ".
5. Il résulte des dispositions précitées qu'il appartient au seul préfet, lorsqu'il est saisi par un étranger résidant en France sous couvert d'une carte de séjour, d'un récépissé de demande ou de renouvellement de carte de séjour ou d'une autorisation provisoire de séjour, d'une demande de délivrance d'un titre de séjour en qualité de salarié accompagnée d'une demande d'autorisation de travail dûment complétée et signée par son futur employeur, de statuer sur cette double demande. S'agissant des demandes de renouvellement, le préfet statue au regard des pièces requises par les dispositions du 2°, 3°, 4° et 5° de l'article R. 5221-20 du code du travail et, le cas échéant, en prenant en compte les dispositions précitées de l'article R. 5221-1 du même code.
6. Pour rejeter la demande de titre de séjour dont il était saisi, le préfet du Pas-de-Calais a, par l'arrêté dont l'annulation est demandée, opposé le défaut de production de contrat de travail visé par l'autorité administrative compétente et l'absence de diligence de l'intéressé afin d'obtenir l'autorisation de travail prévue par l'article L. 5221-2 du code du travail. Il ressort toutefois des pièces du dossier, et il n'est d'ailleurs pas contesté, que M. B a produit à l'appui de son dossier de demande de renouvellement de son titre de séjour " salarié " une demande d'autorisation de travail effectuée par son employeur, sous la forme d'un imprimé CERFA n° 15186*03 signé par ce dernier le 6 juillet 2021, ainsi que ses fiches de paye et l'attestation d'emploi en contrat à durée indéterminée pour un emploi de technicien-installateur-câbleur. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que le préfet du Pas-de-Calais a entaché la décision attaquée d'une erreur de fait.
7. Toutefois, l'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.
8. En l'espèce, d'une part, le préfet du Pas-de-Calais fait valoir un nouveau motif tiré de l'irrecevabilité du dossier déposé par le requérant le 16 juin 2021 sur la plateforme numérique dédiée, à raison de son caractère incomplet, qui ne comportait pas l'attestation de l'Union de recouvrement des cotisations de Sécurité sociale et d'allocations familiales, les attestations Pôle emploi et le mandat de l'employeur prévus respectivement au a) du 2° de l'article R. 5221-20 et du II de l'article R. 5221-1 du code du travail. Si les services de la plateforme dématérialisée de la main d'œuvre étrangère ont entendu opposer l'absence de publicité préalable d'une offre d'emploi pour rejeter la demande d'autorisation de travail, qui ne comportait pas les attestations Pôle emploi, et si le requérant se prévaut de la note interministérielle INTV2121684J du 12 juillet 2021, qui prévoit que la situation de l'emploi n'est pas opposable aux détenteurs d'une carte de séjour portant la mention " salarié " qui changent d'employeur au cours de la durée de validité de leur titre de séjour, il n'est pas contesté que M. B n'a pas produit les attestations de l'Union de recouvrement des cotisations de Sécurité sociale et d'allocations familiales permettant de justifier que l'employeur était à jour de ses cotisations sociales, comme le prévoient les dispositions précitées du a) du 2° de l'article R. 5221-20 du code du travail, et qu'il n'était pas habilité pour représenter son employeur conformément aux dispositions du II de l'article R. 5221-1 de ce code. D'autre part, le préfet du Pas-de-Calais se prévaut des incohérences du second dossier déposé le 22 juillet 2021, révélant une discordance entre la raison sociale de l'employeur, qui exerce une activité de travaux d'installation électrique, et la nature de l'emploi de M. B, recruté en qualité d'accordeur-réparateur de piano. La circonstance alléguée par le requérant que la nature de l'emploi serait une erreur ou un moyen trouvé par son employeur afin de contourner la condition, opposée à tort, de publication de l'offre d'emploi, en l'absence de tout autre élément, ne suffit pas à démontrer la simple erreur matérielle. En outre, contrairement à ce qu'il soutient, le préfet du Pas-de-Calais était fondé à refuser l'autorisation de travail pour ces motifs. Il résulte de l'instruction que le préfet du Pas-de-Calais aurait pris la même décision de refus de titre de séjour s'il s'était fondé uniquement sur les motifs invoqués qui étaient, à eux seuls, de nature à fonder légalement l'arrêté attaqué. M. B n'étant privé d'aucune garantie procédurale, il y a lieu de substituer ces motifs au motif initialement retenu pour lui refuser le renouvellement du titre de séjour portant la mention " salarié ".
9. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / () ".
10. Portant sur la délivrance des catégories de cartes de séjour temporaire prévues par les dispositions auxquelles il renvoie, l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'institue pas une catégorie de titres de séjour distincte mais est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France soit au titre de la vie privée et familiale, soit au titre d'une activité salariée. Il fixe ainsi, notamment, les conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France au titre d'une activité salariée. Dès lors que l'article 3 de l'accord franco-tunisien prévoit la délivrance de titres de séjour au titre d'une activité salariée, un ressortissant tunisien souhaitant obtenir un titre de séjour au titre d'une telle activité ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 435-1 à l'appui d'une demande d'admission au séjour sur le territoire national, s'agissant d'un point déjà traité par l'accord franco-tunisien, au sens de l'article 11 de cet accord. Toutefois, si l'accord franco-tunisien ne prévoit pas, pour sa part, de semblables modalités d'admission exceptionnelle au séjour, il y a lieu d'observer que ses stipulations n'interdisent pas au préfet de délivrer un titre de séjour à un ressortissant tunisien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit. Il appartient au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, en fonction de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation.
11. Pour refuser à M. B la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié " au titre de l'admission exceptionnelle au séjour, le préfet du Pas-de-Calais s'est fondé sur les circonstances que l'emploi dont il se prévalait était récent, pour avoir débuté le 1er septembre 2020, que son activité salariale ne suffisait pas à elle seule à justifier son admission au séjour en dérogeant aux stipulations de l'accord franco-tunisien et qu'en dehors de cet emploi, il ne présentait aucun autre élément permettant d'apprécier son intégration dans la société française. M. B fait valoir qu'il réside en France depuis le 15 novembre 2017. Si ces éléments justifient un examen subsidiaire de sa situation au titre de l'admission exceptionnelle au séjour, ils ne suffisent pas à établir que le préfet du Pas-de-Calais a commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'exercice de son pouvoir discrétionnaire de régularisation. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français :
12. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 11 que le moyen tiré de ce que la décision faisant obligation à M. B de quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de la décision refusant de délivrer un titre de séjour doit être écarté.
13. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11, M. B, qui ne se prévaut par ailleurs d'aucun élément personnel ou familial, n'est pas fondé à soutenir que la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation.
14. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions en date du 1er décembre 2021 par lesquelles le préfet du Pas-de-Calais a refusé de lui renouveler son titre de séjour portant la mention " salarié " et lui a fait obligation de quitter le territoire français. Par suite, ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles à fins d'injonction et d'astreinte et celles qu'il a présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Pas-de-Calais.
Délibéré après l'audience du 14 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Lemaire, président,
- Mme Courtois, première conseillère,
- Mme Jaur, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 décembre 2023.
La rapporteure,
Signé
C. COURTOISLe président,
Signé
O. LEMAIRE
La greffière,
Signé
S. RANWEZ
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026