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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2200318

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2200318

lundi 15 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2200318
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation7ème chambre
Avocat requérantCARDON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, un mémoire et des pièces complémentaires, enregistrés le 18 janvier 2022, le 1er avril 2022 et le 4 avril 2022, Mme A C, représentée par Me Cardon, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 26 juillet 2021 par lequel le préfet du Nord a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " avec autorisation de travail, à défaut de procéder au réexamen de la demande de titre de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de l'expiration d'un délai de quinze jours suivant le jugement à intervenir, en application des articles L. 911-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

3°) de procéder à l'effacement au fichier " SIS " et au fichier " FPR " ;

4°) de supprimer le passage injurieux, outrageant et diffamatoire du mémoire du préfet du Nord sur le fondement de l'article L. 741-2 du code de justice administrative ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

En ce qui concerne les moyens communs à l'arrêté attaqué :

- il est signé par une autorité incompétente ;

- il est insuffisamment motivé et entaché d'un défaut d'examen sérieux ;

- il méconnaît le principe général du droit à être entendu.

En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :

- elle est entachée d'une erreur de droit ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est fondée sur une décision de refus de titre de séjour elle-même illégale ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

En ce qui concerne la décision portant octroi d'un délai de départ volontaire de trente jours :

- elle est fondée sur une obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est fondée sur une obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 mars 2022, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 1er avril 2022, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 20 avril 2022.

Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 septembre 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la Charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne ;

- l'accord franco-algérien modifié du 27 décembre 1968 ;

- la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse ;

- la loi n° 91-641 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bergerat, rapporteure ;

- et les observations de Me Troufléau, substituant Me Cardon, représentant Mme C.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A C, de nationalité algérienne, née en 1987, est entrée en France le 11 juin 2015 munie de son passeport revêtu d'un visa de type " C " valable du 20 mai 2015 au 15 novembre 2015. Le 13 avril 2021, elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour mention " vie privée et familiale ". Par un arrêté du 26 juillet 2021, le préfet du Nord a refusé de lui délivrer le titre sollicité, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement. Mme C demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs à l'arrêté attaqué :

2. En premier lieu, par un arrêté du 19 juillet 2021, publié le même jour au recueil spécial n°164 des actes administratifs de la préfecture, le préfet du Nord a donné délégation à Mme B D de E, cheffe du bureau du contentieux et du droit des étrangers, à l'effet de signer l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué doit être écarté.

3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde. Notamment, il mentionne les éléments de la situation personnelle, familiale et professionnelle de la requérante. Ces considérations sont suffisamment développées pour mettre utilement l'intéressée en mesure de discuter les motifs de cette décision. La circonstance que l'arrêté attaqué ne mentionne pas les possibilités d'insertion professionnelle, la note sociale de " la Sauvegarde du Nord " et les efforts d'intégration de la requérante n'établit ni le défaut de motivation allégué, ni l'insuffisance de l'examen de sa situation par le préfet du Nord. Par suite, les moyens ainsi invoqués manquent en fait et doivent être écartés.

4. En troisième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union ". Aux termes du paragraphe 2 de ce même article : " Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ". Aux termes du paragraphe 1 de l'article 51 de la Charte : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité () ". Il résulte de la jurisprudence de la Cour de Justice de l'Union européenne que l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne s'adresse non pas aux Etats membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Ainsi, le moyen tiré de sa violation par une autorité d'un Etat membre est inopérant.

5. Toutefois, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que le droit d'être entendu, qui se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts, fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, l'étranger, en raison même de l'accomplissement de cette démarche qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, ne saurait ignorer qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement. A l'occasion du dépôt de sa demande, il est conduit à préciser, à l'administration, les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré ou renouvelé un titre de séjour et à produire tous les éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, lequel doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur en préfecture, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles. Il lui est également loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir, auprès de l'administration, toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Le droit de l'intéressé d'être entendu, ainsi satisfait avant que n'intervienne le refus de titre de séjour, n'impose pas à l'autorité administrative de mettre l'intéressé à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur l'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de destination qui sont prises concomitamment et en conséquence du refus de titre de séjour. Par suite, dès lors que Mme C pouvait présenter des observations pendant l'instruction de sa demande de titre de séjour, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu préalablement à l'édiction de la décision en litige ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision de refus de titre de séjour :

6. En premier lieu, il ressort des termes de la décision attaquée que le préfet du Nord n'a examiné la demande de titre de séjour de Mme C qu'à l'aune des stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Contrairement à ce que soutient Mme C, l'autorité préfectorale, saisie d'une demande de titre de séjour par un formulaire portant la mention " première demande de titre de séjour " liens personnels et familiaux " ", laquelle n'était en outre accompagnée d'aucune explication de l'intéressée sur sa situation, ne pouvait s'estimer saisie d'une demande tendant à ce qu'elle fasse usage de son pouvoir de régularisation. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet du Nord ne pouvait, sans commettre d'erreur de droit, s'abstenir de statuer sur la demande de Mme C tendant à ce qu'il fasse usage de son pouvoir de régularisation doit être écarté.

7. En second lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco algérien : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ; () ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Enfin, aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

8. Il ressort des pièces du dossier que Mme C est entrée en France le 11 juin 2015, accompagnée de son époux, que ses trois enfants sont nés en France le 23 juillet 2015, le 17 décembre 2017 et le 19 janvier 2019 et y sont scolarisés. Si Mme C fait valoir l'ancienneté de son séjour sur le territoire français, il ressort toutefois des pièces du dossier qu'elle a présenté une demande d'asile définitivement rejetée par la cour nationale du droit d'asile le 4 janvier 2017, qu'elle a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français en date du 3 mai 2017 confirmée par un jugement du tribunal du 10 juillet 2017 et qu'elle n'a depuis entrepris aucune démarche pour régulariser sa situation. Si elle a travaillé du 8 septembre 2020 au 7 décembre 2020 en qualité d'employé polyvalent, produit une promesse d'embauche en date du 1er octobre 2021 pour occuper un poste d'employé dans l'événementiel et s'investit en tant que bénévole au sein d'associations caritatives, ces éléments sont insuffisants à caractériser une intégration sociale et professionnelle particulières. En outre, son époux séjourne de manière irrégulière sur le territoire français et n'a pas exécuté deux obligations de quitter le territoire français prises à son encontre. Par ailleurs, Mme C n'est pas dépourvue d'attaches en Algérie où elle a vécu jusqu'à l'âge de 28 ans. Enfin, et alors que la décision attaquée n'a pas pour effet de les séparer d'un de leurs parents, rien ne fait obstacle à ce que les enfants de la requérante, scolarisés sur le territoire français, ne poursuivent en Algérie leur scolarité. Par suite, le préfet du Nord n'a, en prenant la décision attaquée, ni inexactement appliqué les stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, ni méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre l'obligation de quitter le territoire français :

9. Il résulte de ce qui précède que les moyens tirés, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour et de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, qui reprennent les mêmes arguments que ceux précédemment exposés, doivent être écartés pour les mêmes motifs.

En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision accordant un délai de départ volontaire de trente jours :

10. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.

11. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. / Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation. ".

12. Si Mme C se prévaut de la scolarisation de ses enfants ainsi que du contexte diplomatique et sanitaire en Algérie, ces éléments ne sont pas susceptibles de caractériser des circonstances propres à justifier que l'autorité préfectorale accorde à titre exceptionnel un délai de départ volontaire supérieur à trente jours. Le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.

En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision fixant le pays de destination :

13. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français et celui tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doivent être écartés.

14. Si Mme C soutient qu'elle a quitté l'Algérie avec son époux dès lors qu'ils ont craint la menace islamiste, notamment dans le cadre des activités professionnelles de son mari, elle n'établit pas qu'en cas de retour dans son pays d'origine, elle subirait directement et personnellement des menaces pour sa vie. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

15. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté attaqué.

Sur les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte :

16. Le présent jugement qui rejette les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté attaqué n'implique aucune mesure d'exécution particulière. Par suite, les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint, sous astreinte, au préfet du Nord de délivrer un titre de séjour à Mme C, à défaut, de réexaminer sa situation et de procéder à l'effacement des données la concernant au sein des fichier " SIS " et " FPR " doivent être rejetées.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

Sur les conclusions tendant à la suppression des écrits injurieux, outrageants ou diffamatoires :

18. En vertu des dispositions de l'article 41 de la loi du 29 juillet 1881 reproduites à l'article L. 741-2 du code de justice administrative, les tribunaux administratifs peuvent, dans les causes dont ils sont saisis, prononcer, même d'office, la suppression des écrits injurieux, outrageants ou diffamatoires.

19. Le passage dont la suppression est demandée par Mme C n'excède pas le droit à la libre discussion et ne présente pas un caractère injurieux ou diffamatoire. Les conclusions tendant à sa suppression doivent par suite être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, à Me Cardon et au préfet du Nord.

Copie pour information en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 21 avril 2023, à laquelle siégeaient :

- M. Paganel, président,

- Mme Bergerat, première conseillère,

- Mme Dang, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 mai 2023.

La rapporteure,

signé

S. BERGERAT

Le président,

signé

M. PAGANELLa greffière,

signé

N. PAULET

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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