vendredi 9 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2200486 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | LESUEUR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 janvier 2022, M. A B, représenté par Me Lesueur, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler le titre de perception émis le 29 octobre 2020 par le préfet de police de Paris en vue du recouvrement d'une créance de 1 942,47 euros correspondant au solde de la deuxième tranche du complément d'indemnité de fidélisation indument versée, ensemble la décision du 20 novembre 2021 par laquelle le préfet de police de Paris a implicitement rejeté son recours préalable contre ledit titre ;
2°) d'annuler la mise en demeure de payer la somme de 1 602 euros, correspondant au solde de la créance pour le recouvrement de laquelle a été émis le titre de perception en litige majorée de 10 %, émise le 26 avril 2021 par le directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris ;
3°) de le décharger de l'obligation de payer la somme de 1 942,47 euros ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne le titre de perception :
- le titre de perception contesté n'est pas signé et ne comporte pas la mention des nom, prénom et qualité de son auteur ;
- il est illégal dès lors qu'aucune disposition ne subordonne l'acquisition définitive de la deuxième tranche du complément d'indemnité de fidélisation à la réalisation effective de huit années de service continu en secteur difficile en Ile-de-France ;
- il est illégal en ce qu'il procède au retrait d'une décision légale créatrice de droits.
En ce qui concerne la mise en demeure de payer :
- la mise en demeure de payer contestée n'est pas signée et ne comporte pas la mention des nom, prénom et qualité de son auteur.
Par un mémoire, enregistré le 8 février 2022, le ministre de l'intérieur conclut à son incompétence pour défendre dans la présente instance.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 février 2022, le directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris conclut à sa mise hors de cause s'agissant des conclusions dirigées contre le titre de perception et au rejet des conclusions dirigées contre la mise en demeure de payer ainsi que des conclusions à fin de décharge.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Malgré une mise en demeure, le préfet de police de Paris n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 99-1055 du 15 décembre 1999 ;
- le décret n° 2004-1439 du 23 décembre 2004 ;
- l'arrêté du 6 janvier 2011 fixant les montants forfaitaires de l'indemnité de fidélisation en secteur difficile attribuée aux fonctionnaires actifs de la police nationale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bourgau, rapporteur,
- et les conclusions de Mme Michel, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, lauréat du concours national de recrutement des gardiens de la paix ouvert pour une affectation régionale en Ile-de-France organisé en application du décret du 23 décembre 2004 portant statut particulier du corps d'encadrement et d'application de la police nationale, a été nommé gardien de la paix stagiaire à compter du 1er janvier 2012 et affecté en cette qualité à la préfecture de police de Paris. Titularisé le 1er janvier 2013, il a perçu la première tranche du complément d'indemnité de fidélisation d'un montant de 3 000 euros puis, en 2018, la deuxième tranche du même complément, d'un montant identique. A compter du 1er septembre 2019, il a bénéficié d'une mutation dérogatoire au sein de la circonscription de sécurité publique de Lille. Estimant que M. B avait indument perçu la deuxième tranche du complément d'indemnité de fidélisation, le préfet de police de Paris a procédé à une retenue de 1 007,68 euros sur sa rémunération de janvier 2020 puis émis, le 29 octobre 2020, un titre de perception pour le recouvrement d'un montant de 1 942,47 euros correspondant au solde de la créance. M. B a réglé une partie de la dette mise à sa charge pour un montant de 534,47 euros. Le 26 avril 2021, le directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris a adressé à M. B une mise en demeure de payer la somme de 1 602 euros, correspondant au solde de la créance pour le recouvrement de laquelle a été émis le titre de perception en litige majorée de 10 %. Par courrier du 20 mai 2021, M. B a présenté un recours administratif préalable contre le titre de perception, implicitement rejeté par le préfet de police de Paris le 20 novembre suivant. Par la présente requête, M. B demande l'annulation du titre de perception et de la décision rejetant son recours préalable contre ce titre, la décharge de l'obligation de payer la somme de 1 942,47 euros mise à sa charge ainsi que l'annulation de la mise en demeure de payer.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes du dernier alinéa de l'article 1er du décret du 15 décembre 1999 portant attribution d'une indemnité de fidélisation en secteur difficile aux fonctionnaires actifs de la police nationale, dans sa rédaction applicable au présent litige : " Après la première, la sixième et la dixième année révolue de service continu en secteur difficile, les fonctionnaires du corps d'encadrement et d'application nommés à l'issue de la réussite au concours national à affectation régionale en Ile-de-France prévu par le décret n° 2004-1439 du 23 décembre 2004 portant statut particulier du corps d'encadrement et d'application de la police nationale peuvent bénéficier d'un complément d'indemnité de fidélisation. ". Aux termes de l'article 2 du même décret : " Sont considérés comme affectés en secteur difficile au sens du présent décret les fonctionnaires actifs de la police nationale exerçant, de façon permanente, quel que soit leur service d'affectation, leurs attributions dans le ressort territorial des circonscriptions de sécurité publique dont la liste est fixée aux annexes I et II du présent décret. ". Il résulte de l'annexe I au décret du 15 décembre 1999 que toute circonscription de sécurité publique de Paris est classée en secteur difficile ouvrant droit au bénéfice de l'indemnité de fidélisation. Enfin, aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 6 janvier 2011 fixant les montants forfaitaires de l'indemnité de fidélisation en secteur difficile attribuée aux fonctionnaires actifs de la police nationale, modifié par l'arrêté du 13 décembre 2011 : " Le montant du complément d'indemnité de fidélisation prévu au dernier alinéa de l'article 1er du décret du 15 décembre 1999 précité est fixé à 9 000 euros versé par tiers comme suit : 3 000 euros à l'issue de la première année révolue de service continu ; 3 000 euros à l'issue de la sixième année révolue de service continu ; 3 000 euros à l'issue de la dixième année révolue de service continu. ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 6 du décret du 23 décembre 2004 portant statut particulier du corps d'encadrement et d'application de la police nationale, dans sa rédaction applicable au présent litige : " I.- Sous réserve des dispositions relatives aux emplois réservés, les gardiens de la paix sont recrutés par deux concours distincts. / () II.- Les concours mentionnés au I peuvent être ouverts pour une affectation régionale en Ile-de-France. Les gardiens de la paix recrutés par un tel concours sont affectés dans cette région pendant une durée minimale de huit ans à compter de leur nomination en qualité de stagiaire. / () ".
4. Enfin, aux termes de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration ne peut abroger ou retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative ou sur la demande d'un tiers que si elle est illégale et si l'abrogation ou le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision. "
5. Il ressort des pièces du dossier que M. B a perçu en 2018 la somme de 3 000 euros correspondant à la deuxième tranche du complément d'indemnité de fidélisation versé à l'issue de la sixième année révolue de service continu en Ile-de-France. Il est constant qu'en 2018, il remplissait les conditions pour bénéficier de ce complément d'indemnité. Or, il ne résulte ni des dispositions précitées ni d'aucune autre règle que cet avantage financier puisse légalement être retiré au motif que son bénéficiaire a rompu l'engagement de servir huit années dans la région Ile-de-France prévu par les dispositions du décret du 23 décembre 2004. Dès lors, la décision de versement de la deuxième tranche du complément d'indemnité de fidélisation, créatrice de droits, qui n'était pas illégale et dont le maintien n'était pas conditionné à l'obligation de rester affecté en Ile-de-France pendant huit ou dix ans à compter de la nomination de M. B, ne pouvait être retirée au seul motif qu'il a été muté, à compter du 1er septembre 2019, dans la circonscription de sécurité publique de Lille Métropole. Dès lors, M. B est fondé à soutenir que le titre de perception contesté est dépourvu de base légale.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que le titre de perception doit être annulé ainsi que, par voie de conséquence, la décision du 20 novembre 2021 par laquelle le préfet de police de Paris a implicitement rejeté le recours de M. B contre ledit titre et la mise en demeure de payer la somme de 1 602 euros, correspondant au solde de la créance pour le recouvrement de laquelle a été émis le titre de perception en litige majorée de 10 %, émise le 26 avril 2021 par le directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris.
Sur les conclusions à fin de décharge :
7. Le présent jugement, qui annule le titre de perception pour un motif tiré de son absence de bien-fondé, implique nécessairement de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 1 942,47 euros.
Sur les frais de l'instance :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Le titre de perception émis le 29 octobre 2020 par le préfet de police de Paris en vue du recouvrement d'une créance de 1 942,47 euros correspondant au solde de la deuxième tranche du complément d'indemnité de fidélisation versée à M. B et la décision du 20 novembre 2021 par laquelle le préfet de police de Paris a implicitement rejeté son recours préalable contre ledit titre et la mise en demeure de payer la somme de 1 602 euros émise le 26 avril 2021 par le directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris, sont annulés.
Article 2 : L'Etat versera une somme de 1 500 euros à M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée, pour information, au directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris et au préfet de police de Paris.
Délibéré après l'audience du 17 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Féménia, présidente,
- M. Bourgau, premier conseiller,
- M. Horn, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 février 2024.
Le rapporteur,
Signé
T. BOURGAULa présidente,
Signé
J. FÉMÉNIA
La greffière,
Signé
S. DEREUMAUX
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
No 2200486
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026