lundi 22 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2200518 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS VIVALDI |
Vu les procédures suivantes :
I) Par une requête et des mémoires, enregistrés les 22 janvier, 29 novembre 2022 et le 5 février 2023 sous le numéro 2200518, M. A B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 9 août 2021 par lequel le maire du Touquet Paris Plage a autorisé la SCI HAEC OTIA à transformer une villa située 1 avenue Aboudaram en résidence hôtelière avec activité accessoire de séminaire, de restauration et de piscine.
Il soutient que :
- l'arrêté contesté a été pris au bénéfice d'une personne morale inexistante ;
- les observations présentées par la SCI HAEC OTIA sont irrecevables ;
- l'activité de séminaire ne fait pas partie des activités autorisées en zone UD par le plan local d'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 mai 2022, la commune du Touquet Paris Plage conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 septembre 2022, la SCI DAM, représentée par Me Delfly, conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer, à titre subsidiaire, au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- il n'y a plus lieu de statuer sur la requête dès lors qu'un arrêté identique, pris le 3 mai 2022 au bénéfice de la SCI DAM, a implicitement mais nécessairement rapporté l'arrêté en litige ;
- la requête est irrecevable, M. B ne justifiant pas d'un intérêt lui donnant qualité pour agir ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er décembre 2022, le préfet du Pas-de-Calais conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
II) Par une requête, enregistrée le 1er juillet 2022 sous le numéro 2205068, M. A B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 3 mai 2022 par lequel le maire du Touquet Paris Plage a autorisé la SCI DAM à transformer une villa située 1 avenue Aboudaram en résidence hôtelière avec activité accessoire de séminaire, de restauration et de piscine.
Il soutient que :
- l'activité de séminaire ne fait pas partie des activités autorisées en zone UD par le plan local d'urbanisme ;
- la SCI DAM n'a pas déposé de dossier de déclaration de travaux en vue du changement de destination de l'immeuble dont elle est propriétaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 décembre 2022, la commune du Touquet Paris Plage conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 janvier 2023, le préfet du Pas-de-Calais conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er août 2023, la SCI DAM, représentée par Me Delfly, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable, M. B ne justifiant pas d'un intérêt lui donnant qualité pour agir ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la constriction et de l'habitation ;
- l'arrêté du 15 décembre 2014 fixant les modèles des formulaires des demandes d'autorisation et d'approbation prévues aux articles L. 111-7-5, L. 111-8 et L. 122-1 du code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bourgau, rapporteur,
- les conclusions de Mme Michel, rapporteure publique ;
- et les observations de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B est propriétaire occupant d'un immeuble d'habitation situé 234 avenue de la Reine May au Touquet Paris Plage. Depuis 2010, la SCI DAM est propriétaire de la villa Haec Otia, située 1 avenue Aboudaram au Touquet Paris Plage, dans le même pâté de maison que l'immeuble de M. B. Elle a conclu en juillet 2012 un bail commercial avec la SARL HAEC OTIA, qui y exerce une activité de maison d'hôtes. Un contrôle effectué en 2017 par la direction départementale de la sécurité publique DDSP à la demande du maire, à la suite d'un signalement, a permis d'identifier l'exploitation d'un établissement recevant du public non répertorié et certaines non conformités à la réglementation relative aux établissements recevant du public. Le 10 mai 2021, la SARL HAEC OTIA a déposé une demande d'autorisation de construire, aménager ou modifier un établissement recevant du public visant à la transformation de la villa en résidence hôtelière. Le projet a reçu le 30 juin 2021 un avis favorable de la commission d'arrondissement de sécurité et le 12 juillet 2021 un avis favorable de la sous-commission consultative départementale d'accessibilité. Par arrêté du 9 août 2021, le maire du Touquet Paris Plage a autorisé la SCI HAEC OTIA à transformer la villa située 1 avenue Aboudaram en résidence hôtelière avec activité accessoire de séminaire, de restauration et de piscine. Par courrier du 1er octobre 2021, reçu le 4 octobre suivant, M. B a formé un recours gracieux contre cette décision. Son recours a été expressément rejeté le 29 novembre 2021. Par la requête n° 2200518, M. B demande l'annulation de l'arrêté du 9 août 2021. Le 4 mars 2022, la SCI DAM a déposé une demande d'autorisation de construire, aménager ou modifier un établissement recevant du public visant à la transformation de la villa en résidence hôtelière. Le projet a reçu le 21 avril 2022 un avis favorable de la commission d'arrondissement de sécurité et le 2 mai 2022 un avis favorable de la sous-commission consultative départementale d'accessibilité. Par arrêté du 3 mai 2022, le maire du Touquet Paris Plage a autorisé la SCI HAEC OTIA à transformer la villa située 1 avenue Aboudaram en résidence hôtelière avec activité accessoire de séminaire, de restauration et de piscine. Par la requête n° 2205068, M. B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur la jonction :
2. Les requêtes susvisées n° 2200518 et 2205068, qui concernent les mêmes parties, présentent à juger des questions similaires et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un même jugement.
Sur la requête n° 2200518 :
En ce qui concerne le non-lieu à statuer :
3. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite de la requête dont il était saisi. Il en va ainsi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution. Dans le cas où l'administration se borne à procéder à l'abrogation de l'acte attaqué, cette circonstance prive d'objet le pourvoi formé à son encontre, à la double condition que cet acte n'ait reçu aucune exécution pendant la période où il était en vigueur et que la décision procédant à son abrogation soit devenue définitive.
4. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 9 août 2021 n'a été délivré à la SCI HAEC OTIA qu'au prix d'une erreur de plume de sorte que la SCI DAM, propriétaire de l'immeuble et bénéficiaire de la décision en litige, a la qualité de partie. Toutefois, si l'arrêté du 9 août 2021 a le même objet que celui du 3 mai 2022, il ne ressort pas des mentions du second arrêté qu'il aurait expressément retiré le premier. D'autre part, et en tout état de cause, à supposer que l'arrêté du 3 mai 2022 ait implicitement mais nécessairement retiré l'arrêté du 9 août 2021, ce retrait n'est pas devenu définitif puisque l'arrêté du 3 mai 2022 fait l'objet d'un recours contentieux enregistré sous le numéro 2205068. Dans ces conditions, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité du mémoire en défense produit par la SCI DAM, les conclusions de la requête n° 2100518 n'ont pas perdu leur objet et il y a lieu d'y statuer.
En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation :
5. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 122-3 du code de la construction et de l'habitation : " Les travaux qui conduisent à la création, l'aménagement ou la modification d'un établissement recevant du public ne peuvent être exécutés qu'après autorisation délivrée par l'autorité administrative, qui vérifie leur conformité aux règles d'accessibilité prévues à l'article L. 161-1 et, lorsque l'effectif du public et la nature de l'établissement le justifient, leur conformité aux règles de sécurité contre l'incendie prévues aux articles L. 141-2 et L. 143-2. / () ". Aux termes de l'article R. 122-10 du même code : " La demande d'autorisation est présentée : / a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ; / () ". Aux termes de l'article R. 122-11 de ce code : " La demande d'autorisation est présentée en quatre exemplaires indiquant l'identité et l'adresse du demandeur, le cas échéant l'identité de l'exploitant ultérieur, les éléments de détermination de l'effectif du public au sens des articles R. 143-18 et R. 143-19, ainsi que la catégorie et le type de l'établissement pour lequel la demande est présentée. / () ".
6. D'autre part, il résulte du formulaire Cerfa de demande d'autorisation, dont le modèle est établi par l'arrêté du 15 décembre 2014 fixant les modèles des formulaires des demandes d'autorisation et d'approbation prévues aux articles L. 111-7-5, L. 111-8 et L. 122-1 du code de la construction et de l'habitation, que le pétitionnaire atteste, en fin de formulaire, avoir qualité pour demander cette autorisation et que cette dernière est délivrée sans préjudice du droit des tiers.
7. Les autorisations de création, d'aménagement ou de modification d'un établissement recevant du public, qui ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la législation et la réglementation relative à l'accessibilité et la sécurité des établissements recevant du public, étant accordées sous réserve du droit des tiers, il n'appartient pas à l'autorité compétente de vérifier, dans le cadre de l'instruction d'une demande d'autorisation, la validité de l'attestation du demandeur selon laquelle il remplit les conditions pour solliciter lesdites autorisations. Ainsi, sous réserve de la fraude, le pétitionnaire qui atteste remplir les conditions prévues à l'article R. 122-10 du code de la construction et de l'habitation doit être regardé comme ayant qualité pour présenter sa demande. Il résulte de ce qui précède que les tiers ne sauraient utilement invoquer, pour contester une décision accordant une telle autorisation au vu de l'attestation requise, la circonstance que l'administration n'en aurait pas vérifié l'exactitude. Toutefois, lorsque l'autorité saisie d'une telle demande d'autorisation vient à disposer au moment où elle statue, sans avoir à procéder à une mesure d'instruction lui permettant de les recueillir, d'informations de nature à établir son caractère frauduleux ou faisant apparaître, sans que cela puisse donner lieu à une contestation sérieuse, que le pétitionnaire ne dispose, contrairement à ce qu'implique l'article R. 122-10 du code de la construction et de l'habitation, d'aucun droit à la déposer, il lui revient de refuser la demande d'autorisation pour ce motif. Il en est notamment ainsi lorsque l'autorité saisie de la demande d'autorisation est informée de ce que le juge judiciaire a remis en cause le droit de propriété sur le fondement duquel le pétitionnaire avait présenté sa demande.
8. S'il n'est pas contesté que la SCI HAEC OTIA, destinataire de l'arrêté du 9 août 2021, est dépourvue d'existence juridique, il ressort toutefois des termes du formulaire de demande que le pétitionnaire a attesté avoir qualité pour demander l'autorisation en litige, et il ne ressort pas des pièces du dossier que l'administration disposait, à la date de l'arrêté en litige, d'informations de nature à établir le caractère frauduleux de cette attestation ou faisant apparaître, sans que cela puisse donner lieu à une contestation sérieuse, que le pétitionnaire ne disposait d'aucun droit pour déposer la demande d'autorisation. Dans ces conditions, le requérant ne peut utilement se prévaloir de ce que l'autorisation a été délivrée à une personne morale inexistante.
9. En second lieu, aux termes du deuxième alinéa de l'article L. 122-3 du code de la construction et de l'habitation : " Les travaux qui conduisent à la création, l'aménagement ou la modification d'un établissement recevant du public ne peuvent être exécutés qu'après autorisation délivrée par l'autorité administrative, qui vérifie leur conformité aux règles d'accessibilité prévues à l'article L. 161-1 et, lorsque l'effectif du public et la nature de l'établissement le justifient, leur conformité aux règles de sécurité contre l'incendie prévues aux articles L. 141-2 et L. 143-2. / () Lorsque ces travaux sont soumis à permis de construire, celui-ci tient lieu de cette autorisation dès lors que sa délivrance a fait l'objet d'un accord de la même autorité administrative. Toutefois, lorsque l'aménagement intérieur d'un établissement recevant du public ou d'une partie de celui-ci n'est pas connu lors du dépôt de la demande de permis de construire, le permis de construire indique qu'une autorisation complémentaire doit être obtenue en ce qui concerne l'aménagement intérieur du bâtiment ou de la partie de bâtiment concernée avant son ouverture au public. / () ".
10. En application du principe d'indépendance des législations, les autorisations délivrées sur le fondement des dispositions du code de la construction et de l'habitation en matière d'établissement recevant du public, qui ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la législation et la réglementation d'urbanisme en matière d'accessibilité et de sécurité incendie, n'ont ni pour objet ni pour effet de s'assurer de la conformité des travaux envisagés avec la réglementation en matière d'urbanisme.
11. Il ressort des pièces du dossier que l'autorisation en litige a pour objet de s'assurer de la conformité à la réglementation en matière d'accessibilité et de sécurité incendie des travaux de réhabilitation et d'aménagement permettant de transformer une villa à destination d'habitation, avec activité accessoire de chambre d'hôtes, en établissement recevant du public de type O, N et X de 5ème catégorie à destination de résidence hôtelière avec activité accessoire de séminaire, de restauration et de piscine privée. Dans ces conditions, M. B ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions du plan local d'urbanisme par la décision attaquée.
12. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir soulevée par la SCI DAM, que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 9 août 2021 par lequel le maire du Touquet Paris Plage a autorisé la SCI HAEC OTIA à transformer une villa avec activité accessoire de chambres d'hôtes en établissement recevant du public avec activité de résidence hôtelière et activité accessoire de séminaire, restauration et piscine doivent être rejetées.
Sur la requête n° 2205068 :
13. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du plan local d'urbanisme doit être écarté.
14. En second lieu, si le requérant soutient que la SCI DAM n'aurait pas déposé de demande de déclaration de travaux en ce qui concerne le changement de destination de la villa Haec Otia, une telle circonstance, à la supposer établie, est sans incidence sur la légalité de l'arrêté du 3 mai 2022, ce dernier attestant uniquement de la conformité du projet au regard de la législation et de la réglementation en matière d'accessibilité et de sécurité des établissements recevant du public.
15. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir soulevée par la SCI DAM, que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 3 mai 2022 par lequel le maire du Touquet Paris Plage a autorisé la SCI DAM à transformer une villa avec activité accessoire de chambres d'hôtes en établissement recevant du public avec activité de résidence hôtelière et activité accessoire de séminaire, restauration et piscine doivent être rejetées.
Sur les frais des instances :
16. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
17. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B une somme globale de 1 000 euros à verser à la SCI DAM. En revanche, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme demandée au même titre par la commune du Touquet Paris Plage, qui n'a pas eu recours aux services d'un avocat et ne justifie pas des coûts qu'aurait nécessité la présentation de ses écritures en défense.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de M. B sont rejetées.
Article 2 : M. B versera à la SCI DAM une somme globale de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune du Touquet Paris Plage sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la commune du Touquet Paris Plage, à la SCI DAM et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée, pour information, au préfet du Pas-de-Calais.
Délibéré après l'audience du 5 juin 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Féménia, présidente,
- M. Bourgau, premier conseiller,
- M. Horn, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juillet 2024.
Le rapporteur,
Signé
T. BOURGAULa présidente,
Signé
J. FÉMÉNIA
La greffière,
Signé
S. DEREUMAUX
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
No 2200518 - 2205068
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026