mercredi 29 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2200588 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | juge unique (3) |
| Avocat requérant | MOUTOUSSAMY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 janvier 2022 et un mémoire non-communiqué enregistré le 14 janvier 2025, M. B C, représenté par Me Moutoussamy, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'avis des sommes à payer émis le 20 août 2021 par le président du conseil départemental du Nord en vue du recouvrement de la somme de 8 276,87 euros résultant d'un indu de revenu de solidarité active pour la période du 1er mai 2018 au 31 décembre 2019, ensemble la décision implicite rejetant son recours formé le 3 décembre 2021 contre cet avis des sommes à payer ;
2°) de le décharger des sommes mises à sa charge ;
3°) d'enjoindre au département du Nord et à la caisse d'allocations familiales du Nord de lui reverser les sommes déjà retenues dans le cadre de la procédure de recouvrement ;
4°) de mettre à la charge du département du Nord la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- les sommes qui lui sont réclamées sont prescrites ;
- l'avis des sommes à payer contesté, de même que le bordereau d'émission, ne comporte pas la signature de leur auteur ;
- il est insuffisamment motivé et ne comprend pas l'exposé des bases de liquidation ;
- il a été pris en méconnaissance du principe du contradictoire ;
- la somme qui lui est réclamée n'est pas fondée.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 novembre 2022, le payeur départemental du Nord conclut au rejet de la requête et à ce que M. C soit condamné aux entiers dépens.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable pour tardiveté, le recours gracieux contre le titre de perception ayant été présenté hors délai ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 août 2024, le département du Nord conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 janvier 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme D pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme D a été entendu au cours de l'audience publique à l'issue de laquelle l'instruction a été close en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par la requête susvisée, M. C demande au tribunal d'annuler l'avis des sommes à payer émis le 20 août 2021 par le président du conseil départemental du Nord en vue du recouvrement de la somme de 8 276,87 euros résultant d'un indu de revenu de solidarité active, ensemble la décision implicite rejetant son recours formé le 3 décembre 2021 contre cet avis des sommes à payer.
Sur la fin de non-recevoir opposée par le payeur départemental :
2. Il ne résulte pas de l'instruction une date certaine de notification à M. C de l'avis des sommes à payer en litige. Par suite, le payeur départemental ne peut faire valoir que le recours administratif préalable formé par M. C le 3 décembre 2021 était tardif et ainsi opposer une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la présente requête.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales dans sa version applicable au litige : " () / En application de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration, le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif mentionne les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours. / Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation () ". Il résulte de ces dispositions, d'une part, que le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif doivent mentionner les nom, prénom et qualité de l'auteur de cette décision, au sens des dispositions citées au point précédent, de même, par voie de conséquence, que l'ampliation adressée au redevable et, d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier en cas de contestation que le bordereau de titre de recettes comporte la signature de cet auteur. Lorsque le bordereau est signé non par l'ordonnateur lui-même mais par une personne ayant reçu de lui une délégation de compétence ou de signature, ce sont, dès lors, les nom, prénom et qualité de cette personne qui doivent être mentionnés sur le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif, de même que sur l'ampliation adressée au redevable.
4. Il résulte de l'instruction que l'avis des sommes à payer en litige, s'il comporte le prénom, le nom et la qualité de son auteur, M. Christian Poiret, président du département du Nord, est dépourvu de la signature de celui-ci. En réponse au moyen soulevé par le requérant, le département du Nord et le payeur départemental du Nord ne produisent pas le bordereau, uniquement une synthèse de celui-ci, dont il ressort au demeurant qu'il a été signé par M. A E. Dans ces conditions, en l'absence de mention du nom, du prénom et de la qualité de ce signataire sur l'ampliation du titre attaqué qui a été notifié à M. C, le moyen tiré de l'irrégularité du titre doit être accueilli.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens présentés à l'encontre de ce titre, que M. C est fondé à demander l'annulation du titre exécutoire litigieux. Cette décision juridictionnelle, compte tenu du motif d'annulation retenu, ne fait pas obstacle, dans le respect des règles de prescription, à l'émission d'un nouvel avis ayant le même objet.
Sur les conclusions à fin de décharge :
6. L'annulation de l'avis des sommes à payer du 20 août 2021 résultant seulement d'un vice de forme, elle n'implique pas que M. C soit déchargé de l'obligation de payer les sommes dues au titre de l'indu mis à sa charge. Par suite, les conclusions à fin de décharge présentées par M. C doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin de remboursement :
7. M. C n'établit pas que le recouvrement de l'indu de revenu de solidarité active n'aurait pas été interrompu du fait de son recours contentieux. Dès lors, les conclusions présentées par M. C à fin de remboursement des sommes recouvrées doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. D'une part, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de la requête présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. D'autre part, cette instance n'ayant pas donné lieu à dépens, les conclusions présentées à ce titre doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : L'avis des sommes à payer n° 26983 d'un montant de 8 276,87 euros émis à l'encontre de M. C, le 20 août 2021, par le département du Nord pour le recouvrement d'un indu de revenu de solidarité active et la décision implicite rejetant son recours formé le 3 décembre 2021 sont annulées.
Article 2 : Les conclusions du payeur départemental du Nord tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 et R. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Me Moutoussamy, au département du Nord et au payeur départemental du Nord.
Copie en sera délivrée pour information à la caisse d'allocations familiales du Nord.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 janvier 2025.
La magistrate désignée,
Signé
M. DLa greffière,
Signé
B. Buissart
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026