vendredi 19 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2200590 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL DELBAR ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 janvier 2022, la société Bouygues Télécom, représentée par Me Hamri, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 décembre 2021 par lequel le maire de la commune de Ronchin s'est opposé à l'installation d'équipements de radiotéléphonie mobile sur le territoire communal ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Ronchin d'instruire la déclaration préalable de travaux déposée le 6 décembre 2021 et de prendre une nouvelle décision dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Ronchin la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté en litige a été pris par une autorité incompétente ;
- le maire ne peut légalement se fonder sur le principe de précaution pour s'opposer à l'implantation d'une station relais de téléphonie mobile en raison de l'absence de tout risque avéré pour la santé des riverains ;
- l'arrêté attaqué méconnait les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 août 2022, la commune de Ronchin, représentée par la SCP Toulet Delbar, déclare s'en remettre à l'appréciation du tribunal.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7-3 du code de justice administrative, de ce qu'en cas d'annulation de la décision d'opposition à déclaration préalable en litige, la juridiction était susceptible d'enjoindre d'office à la commune de délivrer à la société Bouygues Télécom, une décision de non-opposition à la déclaration préalable déposée le 6 décembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution, et notamment son Préambule ;
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Leclère,
- et les conclusions de M. Liénard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société Bouygues Télécom, a déposé le 6 décembre 2021, une déclaration préalable en vue du remplacement d'antennes panneaux existantes, de l'ajout de trois antennes panneaux sur support et le passage de nouveaux câbles des antennes à la zone technique sur un immeuble situé 39 chemin des Margueritois à Ronchin. Par la requête susvisée, la société Bouygues Télécom demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 15 décembre 2021 par lequel le maire de cette commune s'est opposé à cette déclaration préalable.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et, en l'absence ou en cas d'empêchement des adjoints ou dès lors que ceux-ci sont tous titulaires d'une délégation à des membres du conseil municipal. () ".
3. En l'espèce, l'arrêté en litige a été signé, par M. A en sa qualité d'" adjoint à l'urbanisme et aux travaux ". Il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier, ni d'aucune autre pièce régulièrement publiée que celui-ci bénéficiait d'une délégation de signature à cet effet. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte attaqué doit être accueilli.
4. En second lieu, aux termes de l'article 5 de la Charte de l'environnement : " Lorsque la réalisation d'un dommage, bien qu'incertaine en l'état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l'environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d'attributions, à la mise en œuvre de procédures d'évaluation des risques et à l'adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage ".
Aux termes de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme : " Le permis ou la décision prise sur la déclaration préalable doit respecter les préoccupations d'environnement définies aux articles L. 110-1 et L. 110-2 du code de l'environnement. () ". Enfin l'article R. 111-2 du même code dispose que : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ".
5. S'il appartient à l'autorité administrative compétente pour se prononcer sur l'octroi d'une autorisation en application de la législation sur l'urbanisme, de prendre en compte le principe de précaution énoncé à l'article 5 de la Charte de l'environnement et rappelé par l'article L. 110-1 du code de l'environnement auquel renvoie l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme, ces dispositions ne lui permettent pas, indépendamment des procédures d'évaluation des risques et des mesures provisoires et proportionnées susceptibles, le cas échéant, d'être mises en œuvre par les autres autorités publiques dans leur domaine de compétence, de refuser légalement la délivrance d'une autorisation d'urbanisme en l'absence d'éléments circonstanciés sur l'existence, en l'état des connaissances scientifiques, de risques, même incertains, de nature à justifier un tel refus d'autorisation.
6. En l'espèce, pour s'opposer à la déclaration préalable de la société Bouygues Télécom, le maire de la commune de Ronchin a, au visa de l'article 5 de la Charte de l'environnement et de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, estimé que compte tenu de son lieu d'implantation, le projet litigieux était de nature à porter atteinte à la santé des riverains.
7. Toutefois, il ne ressort des pièces versées au dossier aucun élément circonstancié de nature à établir l'existence, en l'état des connaissances scientifiques, d'un risque, même incertain, pouvant résulter, pour le public, de son exposition aux champs électromagnétiques émis par les antennes relais de téléphonie mobile et justifiant que, indépendamment des procédures d'évaluation des risques et des mesures provisoires et proportionnées susceptibles, le cas échéant, d'être mises en œuvre par les autorités compétentes, le maire de Ronchin s'oppose à la déclaration préalable faite par la société requérante. Dans ces conditions et en l'absence d'un tel risque, la société requérante est fondée à soutenir que le maire de Ronchin a entaché son arrêté d'une erreur de droit en se fondant sur les principes de précaution et de prévention résultant des dispositions citées au point 4 du présent jugement pour s'opposer à sa déclaration de travaux.
8. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté du 15 décembre 2021 par lequel le maire de Ronchin s'est opposé à la déclaration préalable de la société Bouygues Telecom doit être annulé.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Lorsque le juge annule une opposition à une déclaration après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncés dans sa décision conformément aux prescriptions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions à fin d'injonction, ordonner à l'autorité compétente de prendre une décision de non-opposition. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction que les dispositions en vigueur à la date de la décision annulée qui, eu égard aux dispositions de l'article L. 600-2 du code de l'urbanisme, demeurent applicables à la demande, interdisent de l'accueillir pour un motif que l'administration n'a pas relevé, ou que, par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date du jugement y fait obstacle.
10. Il ne résulte pas de l'instruction que les dispositions en vigueur à la date de l'arrêté contesté ou un changement dans les circonstances de fait feraient désormais obstacle à la réalisation du projet. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au maire de la commune de Ronchin de procéder à la délivrance d'une décision de non-opposition à la déclaration préalable de la société requérante dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Ronchin une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société Bouygues Telecom et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 15 décembre 2021 du maire de Ronchin portant opposition à la déclaration préalable de travaux de la société Bouygues Télécom est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au maire de la commune de Ronchin de délivrer à la société Bouygues Télécom une décision de non-opposition suite à sa déclaration préalable déposée le 6 décembre 2021, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Ronchin versera à la société Bouygues Télécom la somme de
1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Bouygues Télécom et à la commune de Ronchin.
Délibéré après l'audience du 14 mars 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Chevaldonnet, président,
- Mme Grard, première conseillère,
- Mme Leclère, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 avril 2024.
La rapporteure,
Signé
M. LECLERELe président,
Signé
B. CHEVALDONNET
La greffière,
Signé
M. B
La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026