lundi 4 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2200833 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | ZAIRI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 février et 6 mars 2022, Mme C B, représentée par Me Zaïri, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 21 octobre 2021 par lequel le préfet du Nord lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet du Nord de procéder à un nouvel examen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour, dans le même délai et sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité, par voie d'exception, de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale en raison de l'illégalité, par voie d'exception, de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une " erreur manifeste d'appréciation ".
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mars 2022, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 8 mars 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 25 avril 2022.
Mme B a obtenu l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 7 février 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord du 27 décembre 1968 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République algérienne relatif aux conditions de circulation, d'emploi et de séjour des ressortissants algériens et de leur famille modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme D a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante algérienne née le 19 juin 1979 à Bou Saada (Algérie) est entrée en France accompagnée de ses trois enfants mineurs le 16 janvier 2016 sous couvert de son passeport revêtu d'un visa de court-séjour. Le 29 février 2016, elle a sollicité le bénéfice d'une protection internationale qui lui a été refusé d'abord par l'Office de protection des réfugiés et apatrides le 29 novembre 2016 puis par la Cour nationale du droit d'asile le 18 avril 2017. Elle a fait l'objet, le 17 juillet suivant, d'un arrêté du préfet du Nord portant refus de délivrance d'une carte de résident ou d'un titre de séjour en qualité de bénéficiaire d'une protection internationale et l'obligeant à quitter le territoire français à l'exécution duquel elle n'a pas déféré. Le 31 mai 2021, elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en raison de ses liens privés et familiaux sur le territoire français. Par l'arrêté attaqué, le préfet du Nord a refusé d'accéder à sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de destination.
Sur la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
2. En premier lieu, la décision attaquée énonce de façon suffisamment précise les considérations de fait et de droit sur lesquelles elle se fonde. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait insuffisamment motivée doit être écarté.
3. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme B est entrée en France le 16 janvier 2016 accompagnée de ses trois enfants mineurs et qu'elle a donné naissance à son dernier enfant le 5 août 2016 en France. Si elle se prévaut de la scolarisation de ses enfants en France et de leur bonne intégration dans le système scolaire français, rien ne permet d'établir que cette scolarité ne pourrait être poursuivie de façon adéquate en Algérie. Par ailleurs, si Mme B atteste avoir suivi pendant deux jours, les 24 et 25 septembre 2019, une formation dispensée par la direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale sur les " valeurs de la République et laïcité ", si elle a suivi des cours de français jusqu'en juin 2018 et s'est engagée comme bénévole au sein du secours populaire pour la période du 1er avril 2020 au 31 mai 2021, ces éléments sont insuffisants pour attester d'une insertion particulière dans la société française. La requérante ne démontre, en outre, aucune insertion professionnelle en France et s'est précédemment soustraite à l'exécution d'une première mesure d'éloignement. Enfin, il est constant que son époux, qui est aussi le père de ses enfants, réside en Algérie. Mme B n'établit ni même n'allègue qu'elle serait séparée de ce dernier et aurait rompu tout lien avec lui. La mère de l'intéressée réside également en Algérie. Si deux demi-frères de la requérante sont en situation régulière sur le territoire français, l'intensité des liens qu'elle entretiendrait avec ces derniers n'est pas démontrée et, en tout état de cause, la décision attaquée ne fait pas obstacle à ce qu'elle obtienne un visa pour venir visiter ses proches restés en France. Dans ces conditions, Mme B n'établit pas avoir fixé en France le centre de ses intérêts privés et familiaux. Par suite, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
4. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 21 octobre 2021 par laquelle le préfet du Nord lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
5. En premier lieu, la décision attaquée, qui énonce les considérations de fait et de droit sur lesquelles elle se fonde de manière suffisamment détaillée, est suffisamment motivée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.
6. En deuxième lieu, compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de l'illégalité, par voie d'exception, de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour ne peut qu'être écarté.
7. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée ni des pièces du dossier que le préfet du Nord, qui n'était pas tenu de faire mention de tous les éléments de la vie privée et familiale de Mme B, ne serait pas livré à un examen particulier de la situation personnelle de cette dernière. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'un défaut d'examen sérieux de la situation de l'intéressée doit être écarté.
8. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 3, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation de Mme B doit être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 21 octobre 2021 par laquelle le préfet du Nord l'a obligé à quitter le territoire français.
Sur la décision fixant le pays de destination :
10. En premier lieu, compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de l'illégalité, par voie d'exception, de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour ne peut qu'être écarté.
11. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée ni des pièces du dossier que le préfet du Nord ne serait pas livré à un examen particulier de la situation personnelle de cette dernière. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'un défaut d'examen sérieux de la situation de l'intéressée doit être écarté.
12. En dernier lieu, si la requérante soutient que la décision attaquée est entachée d'une " erreur manifeste d'appréciation ", elle n'assortit son moyen d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé.
13. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 21 octobre 2021 par laquelle le préfet du Nord a fixé son pays de destination.
14. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 21 octobre 2021 par lequel le préfet du Nord lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de destination. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles relatives aux frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à Me Zouheir Zaïri et au préfet du Nord.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 13 juin 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Riou, président,
- Mme Varenne, première conseillère,
- Mme Michel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2022.
La rapporteure,
signé
M. VARENNE Le président,
signé
J.M. ALa greffière,
signé
C. VIEILLARD
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026