Le Tribunal administratif de Lille constate qu'il n'y a plus lieu de statuer sur une requête visant à annuler le refus d'enregistrement d'une demande d'asile. Cette décision fait suite à la convocation de la requérante par la préfecture pour procéder à cet enregistrement, rendant la demande initiale sans objet. La juridiction rejette également la demande de condamnation de l'État aux frais d'avocat au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 février 2022, Mme B... A..., représentée par Me Clément, demande au tribunal :
1°) d’annuler pour excès de pouvoir la décision du 23 août 2021 par laquelle le préfet du Nord a refusé d’enregistrer sa demande d’asile en procédure dite normale et de lui délivrer une attestation de demande d’asile ;
2°) d’enjoindre au préfet du Nord de procéder à l’enregistrement de sa demande d’asile en procédure dite normale et de lui délivrer une attestation de demande d’asile ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir et ce sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros à verser à Me Clément, au titre des dispositions de l’article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Par des pièces, enregistrées le 11 février 2022, le préfet du Nord a informé le tribunal de la convocation de Mme A... à la préfecture le 22 février 2022 afin de procéder à l’enregistrement de sa demande d’asile.
Mme A... a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 8 novembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative :
« (…) les premiers vice-présidents des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…)
/ 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; (...) / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; (…) ».
2. Il ressort des pièces du dossier que le 10 février 2022, postérieurement à l’introduction de la requête, elle-même intervenue quelques jours avant l’expiration du délai de six mois au terme duquel la France redevenait compétente pour examiner la demande d’asile en cause, le préfet du Nord a convoqué Mme A... pour procéder à l’enregistrement de sa demande d’asile en procédure dite normale. Par suite, les conclusions à fin d’annulation et d’injonction de la requête de Mme A... sont devenues sans objet. Il n’y a donc plus lieu d’y statuer.
3. Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées au titre de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d’annulation et d’injonction de la requête de Mme A....
Article 2 : Les conclusions présentées par Me Clément, avocat de Mme A..., au titre de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A..., à Me Clément et au préfet du Nord.
Copie en sera adressée pour information au ministre de l’intérieur.
Fait à Lille, le 7 avril 2026.
Le premier vice-président,
Signé
J-M. Riou
La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,