mercredi 9 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2200911 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP RICHARD |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée sous le n° 2200911 le 8 février 2022, M. B A, représenté par Me Cazin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 décembre 2021 par laquelle le président de la chambre de commerce et d'industrie de région Hauts-de-France l'a mis en demeure de rembourser sous quinze jours l'indemnité de licenciement qui lui a été versée en juillet 2017 et a reconstitué sa carrière ;
2°) de mettre à la charge de la chambre de commerce et d'industrie de région Hauts-de-France la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la mise en demeure de rembourser l'indemnité de licenciement :
- cette décision a retiré la décision portant attribution de l'indemnité de licenciement en méconnaissance de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est intervenue tardivement au regard de la date de lecture du jugement du 18 septembre 2019.
En ce qui concerne la reconstitution de carrière :
- la prime d'objectif annuel devait être incluse dans le calcul du préjudice financier causé par le licenciement et à supposer qu'elle en soit exclue, une telle exclusion serait illégale car à l'origine d'un traitement discriminatoire ;
- la reconstitution de carrière est entachée d'une erreur de droit et méconnaît les dispositions de l'article 1231-7 du code civil dès lors qu'elle l'a privé du droit aux intérêts aux taux légal sur la somme réparant son préjudice financier.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 août 2022, la chambre de commerce et d'industrie de région Hauts-de-France, représentée par Me Richard, conclut :
1°) au non-lieu à statuer s'agissant des conclusions tendant à l'annulation de la décision du 13 décembre 2021 en tant qu'elle ne reconstitue pas intégralement sa carrière ;
2°) au rejet du surplus de la requête ;
3°) à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision du 13 décembre 2021 par laquelle le président de la chambre de commerce et d'industrie de région Hauts-de-France de reconstitution de la carrière de M. A a été retirée par une décision du 21 mars 2022 de sorte que les conclusions dirigées contre la première décision sont dépourvues d'objet ;
- les moyens soulevés par le requérant sont infondés.
Par un mémoire, enregistré le 25 novembre 2022, M. A, déclare se désister purement et simplement des conclusions tendant à annuler la décision du 13 décembre 2021 du président de la chambre de commerce et d'industrie de région Hauts-de-France en tant qu'elle ne reconstitue pas intégralement sa carrière et maintenir le surplus de ses conclusions.
Par une ordonnance du 29 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 février 2023.
M. A et la chambre de commerce et d'industrie de région Hauts-de-France ont produit, à la demande du tribunal, des pièces, enregistrées respectivement les 22 et 27 août 2024, qui ont été communiquées en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative.
II. Par une requête, enregistrée sous le n°2300918, le 31 janvier 2023, M. B A, représenté par Me Cazin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 9 décembre 2022 par laquelle le président de la chambre de commerce et d'industrie de région Hauts-de-France a imputé par compensation le montant de l'indemnité de licenciement versée en juillet 2017 sur l'indemnité due à M. A au titre de la privation de revenus subie durant la période d'éviction irrégulière et a fixé le montant de cette dernière indemnité sans prendre en compte la prime d'objectif annuelle qu'il aurait dû percevoir si la décision de licenciement du 12 janvier 2017 n'était pas intervenue ni l'assortir des intérêts au taux légal applicable ;
2°) d'enjoindre à la chambre de commerce et d'industrie de région Hauts-de-France de lui verser les intérêts à taux légal afférents à la somme correspondant à la réparation de son préjudice financier et ce, à compter du 31 janvier 2017 ;
3°) de mettre à la charge de la chambre de commerce et d'industrie de région Hauts-de-France la somme de 6 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'imputation par compensation du montant de l'indemnité de licenciement versée en juillet 2017 sur l'indemnité due à M. A au titre de la privation de revenus subie durant la période d'éviction irrégulière :
- cette décision méconnaît l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle au retrait de la décision d'attribution de l'indemnité de licenciement versée en juillet 2017 en méconnaissance de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est intervenue tardivement au regard de la date de lecture du jugement du 18 septembre 2019.
En ce qui concerne l'indemnité due au titre de la privation de revenus subie durant la période d'éviction irrégulière :
- la prime d'objectif annuel devait être incluse dans le calcul du préjudice financier causé par le licenciement et, à supposer qu'elle en soit exclue, une telle exclusion serait illégale car à l'origine d'un traitement discriminatoire ;
- la reconstitution de carrière est entachée d'une erreur de droit et méconnaît les dispositions de l'article 1231-7 du code civil dès lors qu'elle l'a privé du droit aux intérêts aux taux légal sur la somme réparant son préjudice financier.
Par des mémoires en défense enregistrés les 11 septembre et 14 décembre 2023, la chambre de commerce et d'industrie de région Hauts-de-France, représentée par Me Richard, conclut, dans le dernier état de ses écritures :
1°) au non-lieu à statuer s'agissant des conclusions à fin d'annulation de la décision du 9 décembre 2022 en tant qu'elle a fixé le montant de l'indemnité due à M. A au titre de la privation de revenus subie durant la période d'éviction irrégulière ;
2°) au rejet du surplus de la requête ;
3°) à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les conclusions à fin d'annulation de la décision du 9 décembre 2022 par laquelle le président de la chambre de commerce et d'industrie de région Hauts-de-France a fixé le montant de l'indemnité due à M. A au titre de la privation de revenus subie durant la période d'éviction irrégulière sont dépourvues d'objet dès lors qu'elle a exécuté l'injonction issue de l'arrêt de la cour administrative d'appel de Douai n° 23DA00304 en procédant à deux virements bancaires au bénéfice du requérant, le 20 novembre 2023, de montants respectifs de 56 270,95 euros et de 27 343,35 euros ;
- les conclusions à fin d'annulation de la décision du 9 décembre 2022 imputant par compensation le montant de l'indemnité de licenciement versée le 13 juillet 2017 sur l'indemnité due à M. A au titre de la privation de revenus subie durant la période d'éviction irrégulière sont irrecevables car dirigées contre une décision confirmative ;
- le moyen tiré de l'expiration du délai imparti pour exiger le remboursement de l'indemnité versée en juillet 2017 est inopérant ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés sont infondés.
Par un mémoire, enregistré le 28 novembre 2023, M. A, représenté par Me Cazin, déclare se désister purement et simplement des conclusions tendant à annuler la décision du 9 décembre 2022 du président de la chambre de commerce et d'industrie de région Hauts-de-France en tant qu'elle a fixé le montant de l'indemnité due à M. A au titre de la privation de revenus subie durant la période d'éviction irrégulière et maintenir le surplus de ses conclusions.
Par une ordonnance, en date du 15 décembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 8 janvier 2024 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 52-1311 du 10 décembre 1952 ;
- la loi n° 2015-991 du 7 août 2015 ;
- l'arrêté du 25 juillet 1997 relatif au statut du personnel de l'assemblée des chambres françaises de commerce et d'industrie, des chambres régionales de commerce et d'industrie et des groupements interconsulaires ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Horn,
- les conclusions de Mme Michel, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Cazin, représentant M. A ;
- et les observations de Me Richard, représentant la chambre de commerce et d'industrie de région Hauts-de-France.
Une note en délibéré, présentée par M. A, a été enregistrée sous le n°2200911, le 23 septembre 2024.
Une note en délibéré, présentée par M. A, a été enregistrée sous le n°2300918, le 23 septembre 2024.
Une note en délibéré, présentée par la chambre de commerce et d'industrie de région Hauts-de-France, a été enregistrée sous le n° 2300918, le 24 septembre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, recruté par une convention du 12 décembre 2008, était, depuis le 26 janvier 2009, directeur général de la chambre de commerce et d'industrie (CCI) Littoral Normand Picard, devenue à compter de décembre 2016, CCI de la région Hauts-de-France. Par un courrier du 12 janvier 2017, notifié le lendemain, M. A a été informé de la décision de licenciement prise à son encontre par le président de la CCI de région Hauts-de-France, effective au 13 juillet 2017, et de ce qu'il percevra l'indemnité de licenciement prévue à l'article 46 du statut du personnel des agents des consulaires. Par un jugement n° 1705344 du 18 septembre 2019, le tribunal administratif de Lille a annulé la décision du 12 janvier 2017, a enjoint à la CCI de région Hauts-de-France de réintégrer l'intéressé ainsi que de reconstituer sa carrière à compter de la date de son licenciement et l'a condamné à verser à M. A la somme de 2 000 euros en réparation de son préjudice moral. Ce jugement a été confirmé par un arrêt de la cour administrative d'appel de Douai n° 19DA02510 du 8 juillet 2021 et le pourvoi en cassation contre cet arrêt, enregistré sous le n° 456474 n'a pas été admis.
2. Par une première décision du 13 décembre 2021, le président de la CCI de région Hauts-de-France a de nouveau prononcé le licenciement de M. A, puis, par une seconde décision du même jour, a, d'une part, mis en demeure M. A de rembourser l'indemnité de licenciement qui lui avait été versée le 13 juillet 2017, fixé l'indemnité résultant du second licenciement, prononcé le 13 décembre 2021, à 193 226,05 euros, et, d'autre part, reconstitué la carrière de M. A en fixant, dans l'attente de transmission de bulletins de paie du 1er novembre 2021 au 13 décembre 2022, l'indemnité brute de reconstitution de carrière arrêtée au 31 octobre 2021 à 150 686,95 euros. Par une requête enregistrée sous le n° 2200911, M. A demande au tribunal d'annuler cette dernière décision.
3. Par une décision du 21 mars 2022 le président de la chambre consulaire a retiré les décisions du 13 décembre 2021 par lesquelles le directeur général de la CCI a licencié M. A, fixé le montant de son indemnité de licenciement et a procédé à la reconstitution de sa carrière mais a maintenu la mise en demeure de procéder au remboursement de l'indemnité de licenciement qui lui avait été versée en juillet 2017. Après n'avoir pu procéder à la réintégration effective de M. A, la CCI de région Hauts-de-France a, par une première décision du 9 décembre 2022, une nouvelle fois procédé à son licenciement, puis, par une seconde décision du même jour, a notifié M. A un décompte définitif des sommes dues mentionnant le montant de l'indemnité résultant du licenciement prononcé, et celui de l'indemnité brute de reconstitution de carrière Par ce même courrier, la chambre consulaire informait M. A que le montant net de l'indemnité de licenciement qui lui avait été versée en 2017, soit 247 703,28 euros, serait retenu, par compensation, sur l'ensemble des sommes qui lui étaient dues faute de remboursement par ses soins. Par une requête enregistrée sous le n° 2300918, M. A demande au tribunal d'annuler cette seconde décision.
Sur la jonction :
4. Les requêtes susvisées n°s 2200911 et 2300918, qui concernent les mêmes parties, présentent à juger des questions similaires et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un même jugement.
Sur l'étendue du litige :
5. D'une part, si, dans sa requête introductive d'instance enregistrée sous le n° 2200911, M. A demandait notamment que soit annulée la décision du 13 décembre 2021 en tant qu'elle ne reconstituait pas intégralement sa carrière, l'intéressé a, dans un mémoire enregistré le 25 novembre 2022, déclaré expressément abandonner ces conclusions dans cette mesure. Dès lors, il y a lieu pour le tribunal de ne statuer que sur les conclusions présentées contre la décision du 13 décembre 2021 en tant qu'elle met en demeure M. A de rembourser l'indemnité de licenciement qui lui avait été versée le 13 juillet 2017.
6. D'autre part, si, dans sa requête introductive d'instance enregistrée sous le n° 2300918, M. A demandait notamment que soit annulée la décision du 9 décembre 2022 en tant qu'elle a fixé le montant de l'indemnité due au titre de la reconstitution de carrière, l'intéressé a, dans un mémoire enregistré le 28 novembre 2023, expressément abandonné ces conclusions. Dès lors, il y a lieu pour le tribunal de ne statuer que sur les conclusions présentées contre la décision du 9 décembre 2022 en tant qu'elle décide de la récupération, par compensation, du montant de l'indemnité de licenciement versée le 13 juillet 2017.
7. Compte tenu de ce qui précède, l'exception de non-lieu opposée dans l'instance n° 2200911 par la CCI de région Hauts-de-France sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 13 décembre 2021 en tant qu'elle ne reconstitue pas intégralement sa carrière doit être rejetée. Il en va de même de l'exception de non-lieu opposée dans l'instance n° 2300918 sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 9 décembre 2022 en tant qu'elle fixe le montant de l'indemnité due à M. A au titre de la privation de revenus subie durant la période d'éviction irrégulière.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 13 décembre 2021 :
8. En premier lieu, il résulte de l'article 39 de l'arrêté du 25 juillet 1997 relatif au statut du personnel de l'assemblée des chambres françaises de commerce et d'industrie, des chambres régionales de commerce et d'industrie, des chambres de commerce et d'industrie et des groupements interconsulaires que le statut s'applique aux directeurs généraux, à l'exception des dispositions relatives à la rémunération, autres que celles figurant aux articles 20 et 24. L'article 43 de cet arrêté prévoit que le licenciement à la discrétion du président de la chambre " ouvre droit à l'indemnité de licenciement prévue à l'article 46 ci-dessous et au revenu de remplacement prévu à l'article 35 bis du présent statut () ", l'article 46 du même arrêté détaillant quant à lui les modalités de calcul et de versement de cette indemnité.
9. D'une part, aux termes de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration ne peut abroger ou retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative ou sur la demande d'un tiers que si elle est illégale et si l'abrogation ou le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision ". Une décision administrative explicite accordant un avantage financier crée des droits au profit de son bénéficiaire alors même que l'administration avait l'obligation de refuser cet avantage. En revanche, n'ont pas cet effet les mesures qui se bornent à procéder à la liquidation de la créance née d'une décision prise antérieurement.
10. En l'espèce, la décision du 12 janvier 2017, par laquelle M. A a été licencié avec effet au 13 juillet 2017, a également décidé qu'il percevrait l'indemnité de licenciement prévue à l'article 46 du statut du personnel des agents des chambres de commerce. Si la CCI de région Hauts-de-France a effectivement versé à M. A cette indemnité de licenciement au mois de juillet 2017 à l'occasion de la prise d'effet du licenciement de l'intéressé, l'établissement public s'est borné, ce faisant, à prendre une mesure de liquidation de la créance née de la décision née le 12 janvier 2017, et ne constitue donc pas une décision créatrice de droits. Dès lors, M. A ne peut utilement soutenir qu'en sollicitant le remboursement de cette indemnité de licenciement par la mise en demeure du 13 décembre 2021 en raison de l'annulation contentieuse de la décision du 12 janvier 2017, les dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration auraient été méconnues.
11. D'autre part et au surplus, à supposer même qu'en sollicitant le remboursement de cette indemnité de licenciement par la mise en demeure du 13 décembre 2021, la chambre de commerce serait regardée comme ayant retiré la décision explicite créatrice de droits résultant du versement de cette indemnité à M. A, ce retrait ne serait intervenu que pour tirer les conséquences de l'annulation contentieuse de son éviction irrégulière ainsi que la CCI de région Hauts-de-France y était tenue, de sorte que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration devrait être également regardé comme inopérant.
12. En second lieu, si M. A se prévaut de ce que la décision du 13 décembre 2021 est intervenue tardivement au regard de la date de lecture du jugement du 18 septembre 2019, cette circonstance est, en tout état de cause, sans incidence sur sa légalité.
13. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 13 décembre 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 9 décembre 2022 :
14. En premier lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ". Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 121-2 du même code : " Les dispositions de l'article L. 121-1, en tant qu'elles concernent les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ne sont pas applicables aux relations entre l'administration et ses agents. "
15. D'une part, la décision de récupération par voie de compensation l'indemnité de licenciement versée en juillet 2017 à M. A ne fait pas partie des actes devant être motivés en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. D'autre part et en tout état de cause, il résulte de l'article L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration que la procédure contradictoire prévue à l'article L. 121-1 du même code ne trouve pas à s'appliquer s'agissant des relations entre l'administration et ses agents. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L.121-1 du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté comme inopérant.
16. En deuxième lieu, à l'instar de ce qui a été dit précédemment, la décision du 9 décembre 2022 par laquelle le président de la CCI de région Hauts-de-France a imputé par compensation le montant de l'indemnité de licenciement versée en juillet 2017 sur l'indemnité due à M. A au titre de la privation de revenus subie durant la période d'éviction irrégulière ne peut être regardé comme ayant procédé au retrait d'une décision créatrice de droits au profit de M. A. Au surplus, à supposer même qu'une telle mesure serait regardée comme ayant retiré la décision explicite créatrice de droits résultant du versement de l'indemnité de licenciement à M. A, ce retrait ne serait intervenu que pour tirer les conséquences de l'annulation contentieuse de son éviction irrégulière. Dès lors et en tout état de cause, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté comme inopérant.
17. En troisième et dernier lieu, si M. A se prévaut de ce que la décision du 9 décembre 2022 est intervenue tardivement au regard de la date de lecture du jugement du 18 septembre 2019, cette circonstance est en tout état de cause sans incidence sur sa légalité.
18. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par la CCI de région Hauts-de-France en défense, que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 9 décembre 2022.
Sur les frais liés aux litiges :
19. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la chambre de commerce et d'industrie de région Hauts-de-France la somme demandée dans chaque instance par M. A au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu non plus, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme demandée dans chaque instance par la chambre de commerce et d'industrie de région Hauts-de-France au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions de M. A présentées dans l'instance n° 2200911 tendant à ce que soit annulée la décision du 13 décembre 2021 du président de la chambre de commerce et d'industrie de région Hauts-de-France sauf en ce qu'elle l'a mis en demeure de rembourser sous quinze jours l'indemnité de licenciement qui lui a été versée en juillet 2017.
Article 2 : Il est donné acte du désistement des conclusions de M. A présentées dans l'instance n° 2300918 tendant à ce que soit annulée la décision du 9 décembre 2022 du président de la chambre de commerce et d'industrie de région Hauts-de-France sauf en ce qu'elle impute par compensation le montant de l'indemnité de licenciement versée en juillet 2017 sur l'indemnité due à M. A au titre de la privation de revenus subie durant la période d'éviction irrégulière.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties présentées dans les instances n°s 2200911 et 2300918 est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la M. B A et à la chambre de commerce et d'industrie de région Hauts-de-France.
Copie en sera adressée au préfet de la région des Hauts-de-France.
Délibéré après l'audience du 18 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Baillard, président,
- Mme Leclère, première conseillère,
- M. Horn, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 octobre 2024.
Le rapporteur,
Signé
J. HORNLe président,
Signé
B. BAILLARD
La greffière,
Signé
S. DEREUMAUX
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Nos 2200911 et 2300918
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026