lundi 15 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2200917 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | MBOGNING |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 9 février 2022 et le 13 avril 2022, M. B C, représenté par Me Mbogning, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 janvier 2022 par lequel le préfet du Nord a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français ;
2°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant ", sous astreinte de 350 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ainsi que les dépens.
Il soutient que :
En ce qui concerne les moyens communs à l'arrêté attaqué :
- il est entaché d'incompétence ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'un défaut d'examen sérieux.
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
- elle méconnaît le premier alinéa de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 414-2 et L. 414-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et L. 5221-2, L. 5221-5, R. 5221-3, R. 5221-17 et R. 5221-20 du code du travail ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 avril 2022, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 27 avril 2022, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 15 mai 2022.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code du travail ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bergerat, rapporteure ;
- et les observations de Me Mbogning, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, ressortissant togolais né en 1985, est entré en France le 12 octobre 2017 muni de son passeport et d'un visa de type D valable du 10 octobre 2017 au 10 août 2018. Le 11 décembre 2018, il a obtenu une carte de séjour pluriannuelle en qualité d'étudiant, régulièrement renouvelée jusqu'au 10 octobre 2020. Il a demandé le 4 août 2020 et le 27 septembre 2021 la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " travailleur-temporaire " et le renouvellement de son titre de séjour étudiant. Par un arrêté du 24 janvier 2022, le préfet du Nord a refusé de lui délivrer les titres de séjour sollicités et l'a obligé à quitter le territoire français. M. C demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs à l'arrêté attaqué :
2. En premier lieu, par un arrêté du 30 septembre 2021, publié le même jour au recueil spécial n°225 des actes administratifs de la préfecture, le préfet du Nord a donné délégation à Mme A D, cheffe du bureau du contentieux et du droit des étrangers, à l'effet de signer l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué doit être écarté.
3. En second lieu, l'arrêté attaqué énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde. Ces considérations sont suffisamment développées pour mettre utilement l'intéressé en mesure de discuter les motifs de cette décision. La circonstance que l'arrêté attaqué ne mentionne pas la maîtrise en philosophie obtenue par le requérant n'établit ni le défaut de motivation allégué, ni l'insuffisance de l'examen de sa situation par le préfet du Nord. Par suite, les moyens ainsi invoqués manquent en fait et doivent être écartés.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision de refus de titre de séjour :
4. En premier lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des articles L. 414-2 et L. 414-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et L. 5221-2, L. 5221-5, R. 5221-3, R. 5221-17 et R. 5221-20 du code du travail ne sont pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé et doivent être écartés.
5. En second lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. () ". Pour l'application de ces dispositions, il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour présentée en qualité d'étudiant, d'apprécier, à partir de l'ensemble du dossier et sous le contrôle du juge, si l'étranger peut raisonnablement être regardé comme poursuivant effectivement et sérieusement des études.
6. Pour refuser de délivrer à M. C un titre de séjour, le préfet du Nord s'est fondé sur la circonstance qu'il ne justifiait ni d'une progression effective dans ses études, ni de leur caractère réel et sérieux.
7. Il ressort des pièces du dossier que M. C a été inscrit à l'Université de Lille au titre de l'année 2017/2018 en master de philosophie où il a été déclaré défaillant ainsi qu'en troisième année de licence de Musique et musicologie pour laquelle il n'a validé qu'un seul semestre. Au titre de l'année 2018/2019, il a été inscrit, au sein de la même université, en première année de Master mention Musique au terme de laquelle il a été ajourné. Enfin, au titre de l'année 2019/2020, au sein de l'Université de Reims Champagne-Ardenne, il a été admis à l'issue de la première année de Master mention Philosophie avec une mention Assez Bien. Par ailleurs, ainsi que cela ressort des attestations de suivi produites au dossier, il est inscrit régulièrement depuis l'année 2018/2019 au sein du conservatoire à rayonnement régional de Lille dans les disciplines de direction de chœur, d'ensemble vocal, de formation musicale et de formation instrumentale. Toutefois, il ne justifie d'aucune validation ou délivrance d'un diplôme à ce titre. Dès lors, et alors même que M. C s'est vu délivrer un diplôme de maîtrise en philosophie au titre de l'année 2019/2020, il ne démontre pas, à la date de la décision attaquée, une progression effective et sérieuse dans ses études. Dans ces conditions, en refusant de renouveler son titre de séjour, le préfet du Nord n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Pour les mêmes motifs, M. C n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Nord aurait commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre l'obligation de quitter le territoire français :
8. En premier lieu, M. C fait valoir qu'il a été professeur d'éducation musicale contractuel pour l'académie de Lille du 10 décembre 2020 au 6 juillet 2021, qu'il est professeur particulier de français, de philosophie et d'éducation musicale depuis 2019, qu'il participe à la vie liturgique et pastorale au sein du diocèse de Lille et qu'il est bénévole au sein d'associations musicales. Toutefois, il est constant que le requérant est célibataire sans charge de famille, qu'il est entré en 2017 sur le territoire français à la faveur de ses études et qu'il n'est pas dépourvu d'attaches familiales au Togo où réside sa mère et où il a vécu jusqu'à l'âge de 32 ans. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
9. En second lieu, si M. C soutient que la décision attaquée l'empêche d'achever ses études et d'obtenir un diplôme de formation en musique et musicologie, il n'établit pas que la formation suivie au sein du conservatoire à rayonnement régional de Lille serait diplômante. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de sa situation doit être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué.
Sur les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte :
11. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution particulière. Les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte présentées par le requérant doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse une somme au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. De même, les conclusions présentées par M. C au titre de l'article R. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Me Mbogning et au préfet du Nord.
Copie pour information en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 21 avril 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Paganel, président,
- Mme Bergerat, première conseillère,
- Mme Dang, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 mai 2023.
La rapporteure,
signé
S. BERGERAT
Le président,
signé
M. PAGANELLa greffière,
signé
N. PAULET
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026