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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2201069

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2201069

jeudi 26 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2201069
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantDUPONT BERNARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 février 2022, M. A B, représenté par

Me Dupont, demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 13 août 2021 par lequel la directrice générale du centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière a procédé au retrait de l'arrêté du 12 octobre 2020 le reclassant au neuvième échelon à compter du 1er octobre 2020 ;

2°) de mettre à la charge du centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière les dépens.

Il soutient que :

- sa requête est recevable dès lors qu'il a formé un recours gracieux par lettre recommandée avec accusé de réception adressée à l'autorité administrative le 12 octobre 2021, auquel il n'a pas été répondu ;

- la demande du centre national de gestion, du 17 février 2021, visant à la restitution des indemnités perçues dans le cadre de son licenciement, méconnaît les dispositions de l'article 2224 du code civil au regard de la prescription quinquennale ;

- l'arrêté du 13 août 2021 a été pris sur le fondement d'une décision de licenciement irrégulière en raison de l'incompétence de son auteur ; en outre, cette décision a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, l'information relative à la suppression de son poste ne lui ayant pas été adressée six mois avant la date d'effet conformément aux dispositions de l'article R. 6152-274 du code de la santé publique.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 février 2023, le centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière conclut au rejet de la requête.

Il soutient que

- le requérant n'est pas recevable à exciper de l'illégalité de la décision du 30 janvier 2015 prononçant son licenciement, en raison du caractère définitif de cet acte ;

- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 27 février 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au

20 mars 2023.

M. B a été invité, en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, à produire des éléments ou des pièces en vue de compléter l'instruction.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Célino, première conseillère,

- les conclusions de Mme Courtois, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par arrêté préfectoral du 1er octobre 2002, M. B a été nommé en qualité de chirurgien des hôpitaux à temps partiel, dans la spécialité chirurgie orthopédique et traumatologique, au sein du centre hospitalier de Béthune. Le 30 janvier 2015, son licenciement lui a été notifié avec effet au 31 mai 2015 sur le fondement de l'article R. 6152-272 du code de la santé publique en raison de la transformation de son poste de praticien hospitalier à temps partiel en poste à temps plein, de l'absence de candidature de l'intéressé sur ce poste et faute d'emploi vacant à temps partiel dans la même discipline au sein de l'établissement. Par arrêté du

12 octobre 2020 de la directrice générale du centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière (CNG), M. B a été reclassé au neuvième échelon à compter du 1er octobre 2020. Par arrêté du 13 août 2021, l'autorité administrative a procédé au retrait de l'arrêté du 12 octobre 2020. M. B demande au tribunal de prononcer l'annulation de l'arrêté du 13 août 2021.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. ". L'article R. 421-5 du même code dispose que : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ".

3. M. B soutient que l'arrêté du 13 août 2021 a été pris sur le fondement d'une décision de licenciement irrégulière liée à l'incompétence de l'auteur de l'acte. Il ajoute que cette décision a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, l'information relative à la suppression de son poste ne lui ayant pas été adressée six mois avant la date d'effet conformément aux dispositions de l'article R. 6152-274 du code de la santé publique. Il doit donc être regardé comme excipant de l'illégalité de la décision du 30 janvier 2015 par laquelle le directeur du centre hospitalier de Béthune a procédé à son licenciement. Toutefois, il est constant que le requérant n'a exercé aucun recours contentieux contre cette décision avant l'introduction, le 12 février 2022, de la présente requête. La décision relative au licenciement, qui a été notifiée au requérant, alors même qu'elle émanait, comme l'administration l'a elle-même reconnue, d'une autorité incompétente n'était pas pour autant, compte tenu des attributions du directeur d'un établissement de santé à l'égard des praticiens hospitaliers exerçant dans son établissement, inexistante. Cette décision est ainsi devenue définitive de telle sorte que M. B n'est pas recevable à en invoquer l'illégalité. Le moyen ne peut, par suite, qu'être écarté.

4. En second lieu, aux termes de l'article 2224 du code civil : " Les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer ".

5. M. B soutient que le centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière ne peut lui réclamer la restitution des indemnités perçues dans le cadre de son licenciement en raison de la prescription quinquennale prévue par les dispositions de l'article 2224 du code civil. Toutefois, un tel moyen, étranger au présent litige, est inopérant et ne peut qu'être écarté.

Sur les dépens de l'instance :

6. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. L'Etat peut être condamné aux dépens ".

7. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens au sens de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, les conclusions présentées par le requérant à ce titre ne peuvent qu'être rejetées.

8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la directrice du centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière.

Copie pour information sera adressée à la ministre de la santé et de l'accès aux soins.

Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Riou, président,

- Mme Jaur, première conseillère,

- Mme Célino, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.

La rapporteure,

Signé

C. CélinoLe président,

Signé

J.-M. Riou

La greffière,

Signé

S. Ranwez

La République mande et ordonne à la directrice du centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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