mardi 15 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2201231 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | DRANCOURT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 18 février 2022, 13 juillet 2022, 21 juillet 2023, 10 août 2023 et 8 septembre 2023, M. et Mme A B, représentés par Me Drancourt, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le maire de la commune d'Avelin a refusé d'enjoindre à l'école du Sacré-Cœur de ne plus utiliser la sortie arrière du bâtiment pour l'entrée et la sortie des classes ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune d'Avelin de prendre un arrêté municipal interdisant à l'école du Sacré-Cœur d'utiliser la sortie arrière du bâtiment pour l'entrée et la sortie des classes, sous astreinte de cent euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) d'enjoindre au maire de la commune d'Avelin de prendre toutes mesures utiles, au titre de son pouvoir de police, pour faire cesser les troubles à l'ordre public causés par le mauvais stationnement des véhicules aux heures d'entrée et de sortie de l'école du Sacré-Cœur, sous astreinte de cent euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de la commune d'Avelin la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que la décision attaquée porte atteinte à la sécurité publique.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 18 mai 2022 et 7 août 2023, la commune d'Avelin, représentée par Me Vamour, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable, dès lors qu'elle ne contient l'exposé d'aucun moyen de droit ;
- la requête est irrecevable, dès lors que M. et Mme B ne justifient d'aucun intérêt à agir ;
- le moyen soulevé par M. et Mme B n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lemée,
- les conclusions de M. Even, rapporteur public,
- et les observations de Me Sule, substituant Me Vamour, représentant la commune d'Avelin.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme A B sont propriétaires d'une maison située 11, rue des anneaux à Avelin. Par un courrier du 8 février 2019, le maire de la commune d'Avelin leur a indiqué qu'un courrier a été envoyé à la directrice de l'école du Sacré-Cœur, située à proximité de leur domicile, pour lui signifier que les entrées et sorties de classe doivent se faire à l'avant du bâtiment, l'accès à l'arrière étant réservé aux enseignants et aux livraisons. Par un courrier du 19 octobre 2021, réceptionné le 23 octobre 2021, M. et Mme B ont demandé au maire de la commune d'Avelin d'enjoindre à la directrice de l'école du Sacré-Cœur de ne plus utiliser la sortie arrière du bâtiment pour les entrées et sorties de classe. Cette demande a été implicitement rejetée. Par la présente requête, M. et Mme B demandent l'annulation de cette décision implicite.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 2212-1 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est chargé, sous le contrôle administratif du représentant de l'Etat dans le département, de la police municipale, de la police rurale et de l'exécution des actes de l'Etat qui y sont relatifs. " Aux termes de l'article L. 2212-2 du même code : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment : / 1° Tout ce qui intéresse la sûreté et la commodité du passage dans les rues, quais, places et voies publiques, ce qui comprend le nettoiement, l'éclairage, l'enlèvement des encombrements, la démolition ou la réparation des édifices et monuments funéraires menaçant ruine, l'interdiction de rien exposer aux fenêtres ou autres parties des édifices qui puisse nuire par sa chute ou celle de rien jeter qui puisse endommager les passants ou causer des exhalaisons nuisibles ainsi que le soin de réprimer les dépôts, déversements, déjections, projections de toute matière ou objet de nature à nuire, en quelque manière que ce soit, à la sûreté ou à la commodité du passage ou à la propreté des voies susmentionnées ; / 2° Le soin de réprimer les atteintes à la tranquillité publique telles que les rixes et disputes accompagnées d'ameutement dans les rues, le tumulte excité dans les lieux d'assemblée publique, les attroupements, les bruits, les troubles de voisinage, les rassemblements nocturnes qui troublent le repos des habitants et tous actes de nature à compromettre la tranquillité publique ; () ". En vertu de ces dispositions, il incombe au maire, chargé de la police municipale, de prendre les mesures appropriées pour prévenir et faire cesser, sur le territoire de sa commune, les atteintes au bon ordre, à la sûreté, à la sécurité et à la salubrité publiques.
3. En l'espèce, M. et Mme B soutiennent que l'utilisation de la sortie arrière de l'école du Sacré-Cœur pour la sortie et la rentrée des classes entraîne des troubles à l'ordre et à la sécurité publics. Il ressort des pièces du dossier, notamment des courriers des 10 janvier 2019 et 19 octobre 2021, que M. et Mme B ont alerté le maire de la commune d'Avelin des désagréments subis du fait des véhicules stationnés rue des anneaux. Toutefois, les éléments produits par les requérants à l'appui de leurs dires, notamment des photographies, des attestations d'un ami, d'un voisin et de leur fils et un procès-verbal de constat d'huissier, réalisé le 22 février 2021, ne permettent pas de regarder comme établies la fréquence et l'intensité des désagréments qu'ils auraient subis, alors que les photographies produites par les requérants montrent des voitures stationnées sur les trottoirs prévus à cet effet, que le constat d'huissier se borne à reprendre les propos de Mme B sans établir la réalité et l'intensité des nuisances alléguées et que leurs demandes au maire sont peu nombreuses et espacées entre 2019 et 2021. Les requérants n'établissant ni la fréquence et l'intensité des désagréments qu'ils ont subis, ni la carence du maire de la commune d'Avelin dans l'exercice de ses pouvoirs de police, ils ne sont, dès lors, pas fondés à soutenir que le maire de la commune d'Avelin a méconnu les dispositions précitées de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées par la commune d'Avelin, que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. et Mme B ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
5. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte présentées par M. et Mme B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Avelin, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. et Mme B au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. et Mme B une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par la commune d'Avelin et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : M. et Mme B verseront à la commune d'Avelin une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A B et à la commune d'Avelin.
Délibéré après l'audience du 24 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Fabre, président,
Mme Monteil, première conseillère,
M. Lemée, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 octobre 2024.
Le rapporteur,
Signé
M. LEMÉE
Le président,
Signé
X. FABRE
Le greffier,
Signé
A. DEWIÈRE
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026