vendredi 28 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2201506 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | BODART |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 1er mars 2022 et 21 septembre 2023, M. E A et Mme B C représentés par Me Cuny, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle la maire de la commune de Lille a implicitement rejeté leur demande d'abroger son arrêté du 20 août 2018 par lequel elle a autorisé Lille métropole habitat à construire un immeuble de vingt-six logements sociaux, un cabinet médical et un parc de stationnement de dix-huit places sur la parcelle cadastrée BC 151 située au n°4 de la rue du Bois sur le territoire communal et à démolir des bâtiments existants ainsi que les permis modificatifs subséquents,
2°) d'enjoindre à la commune de Lille de procéder au retrait ou à l'abrogation de ce permis de construire et des permis modificatifs subséquents, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Lille la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que la commune était tenue de procéder au retrait du permis de construire dès lors que le bornage judiciaire intervenu postérieurement à sa délivrance révèle que cette autorisation d'urbanisme a été obtenue par l'emploi de manœuvres frauduleuses, le mur séparant leur propriété du terrain d'assiette du projet étant un mur mitoyen et non privatif comme indiqué dans le dossier de permis de construire.
Par un mémoire enregistré le 2 octobre 2022, l'Office public de l'habitat
" Lille métropole habitat ", représenté par Me Bodart conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du même code.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 août 2023, la commune de Lille conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Borget, rapporteur,
- les conclusions de M. Liénard, rapporteur public,
- les observations de Me Playoust substituant Me Cuny, représentant M. A et Mme C,
- et les observations de Me Guilbeau, substituant Me Bodart, représentant l'Office public de l'habitat " Lille Métropole Habitat ".
Considérant ce qui suit :
1. Le 4 décembre 2017, l'Office public de l'habitat " Lille Métropole Habitat " (LMH) a déposé auprès de la commune de Lille une demande de permis de construire valant permis de démolir pour la déconstruction de bâtiments existants et la construction d'un immeuble de vingt-six logements sociaux, d'un cabinet médical et d'un parc de stationnement de dix-huit places sur la parcelle cadastrée BC 151 située au n°4 de la rue du Bois sur le territoire communal. Par un arrêté en date du 20 août 2018, la maire de Lille a accordé le permis de construire sollicité. Par un jugement du 8 avril 2020, le tribunal de céans a rejeté les requêtes tendant à l'annulation de cet arrêté. Par jugement du 7 juin 2021, le tribunal judiciaire de Lille, saisi par LMH d'une action aux fins de bornage, a retenu les conclusions du rapport de l'expert qu'il avait préalablement désigné, concluant notamment au caractère mitoyen du mur séparant la propriété de M. A et Mme C du terrain d'assiette du projet de construction. A la suite de cette décision, le conseil de M. A et Mme C a adressé à la commune de Lille par courrier réceptionné le 3 novembre 2021 une demande d'abrogation du permis de construire initial et des permis modificatifs subséquents. Le silence gardé sur cette demande a fait naitre une décision implicite de rejet le 4 janvier 2022. Par la présente requête, M. A et Mme C demandent l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme : " () le permis de construire () ou de démolir (), tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions. Passé ce délai, la décision de non-opposition et le permis ne peuvent être retirés que sur demande expresse de leur bénéficiaire () ". Aux termes de l'article L. 241-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Par dérogation aux dispositions du présent titre, un acte administratif unilatéral obtenu par fraude peut être à tout moment abrogé ou retiré ".
3. D'une part, un tiers est recevable à demander, dans le délai du recours contentieux, l'annulation de la décision par laquelle l'autorité administrative a refusé de faire usage de son pouvoir d'abroger ou de retirer un acte administratif obtenu par fraude, quelle que soit la date à laquelle il l'a saisie d'une demande à cette fin. Dans un tel cas, il incombe au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, d'une part, de vérifier la réalité de la fraude alléguée et, d'autre part, de contrôler que l'appréciation de l'administration sur l'opportunité de procéder ou non à l'abrogation ou au retrait n'est pas entachée d'erreur manifeste, compte tenu notamment de la gravité de la fraude et des atteintes aux divers intérêts publics ou privés en présence susceptibles de résulter soit du maintien de l'acte litigieux soit de son abrogation ou de son retrait. D'autre part, la caractérisation de la fraude résulte de ce que le pétitionnaire a procédé de manière intentionnelle à des manœuvres de nature à tromper l'administration sur la réalité du projet dans le but d'échapper à l'application d'une règle d'urbanisme. Une information erronée ne peut, à elle seule, faire regarder le pétitionnaire comme s'étant livré à l'occasion du dépôt de sa demande à des manœuvres destinées à tromper l'administration.
4. Il ressort des pièces du dossier que le dossier de demande qui a donné lieu au permis de construire accordé à LMH le 20 août 2018 désignait le mur de séparation et la clôture séparant la propriété des requérants du terrain d'assiette du projet comme étant la propriété de la parcelle supportant ce dernier. Par jugement du tribunal judiciaire de Lille du 7 juin 2021, le caractère mitoyen du mur et des clôtures de séparation entre la propriété du requérant et la parcelle supportant le projet de construction a été consacré. Pour autant, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'établissement pétitionnaire avait, antérieurement à la réalisation de l'action judiciaire en bornage et notamment à la date de délivrance du permis de construire, connaissance du caractère mitoyen de ce mur de séparation ni, en tout état de cause, qu'il a délibérément présenté celui-ci comme étant sa propriété exclusive pour s'affranchir du respect d'une règle d'urbanisme ou tromper l'administration. Par suite, en ne retirant pas le permis accordé ni en l'abrogeant, la commune n'a pas méconnu les dispositions citées au point 2 et le moyen ainsi soulevé doit être écarté.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur leur recevabilité, que les conclusions de M. A et Mme C tendant à l'annulation de la décision par laquelle la maire de la commune de Lille a implicitement rejeté leur demande d'abroger son arrêté du 20 août 2018 par lequel elle a autorisé LMH à construire un immeuble de vingt-six logements sociaux, un cabinet médical et un parc de stationnement de dix-huit places sur la parcelle cadastrée BC 151 située au n°4 de la rue du Bois sur le territoire communal et à démolir des bâtiments existants ainsi que les permis modificatifs subséquents, doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de M. A et Mme C, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, leurs conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Lille, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. A et Mme C au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. A et Mme C la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par LMH et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A et Mme C est rejetée.
Article 2 : M. A et Mme C verseront à l'Office public de l'habitat
" Lille métropole habitat " la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E A, à
Mme B C, à l'Office public de l'habitat " Lille métropole habitat " et à la commune de Lille.
Délibéré après l'audience du 23 mai 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Chevaldonnet, président,
- M. Borget, premier conseiller,
- Mme Leclère, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juin 2024.
Le rapporteur,
Signé
J. Borget
Le président,
signé
B. Chevaldonnet
La greffière,
Signé
M. D
La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026