vendredi 28 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2201540 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | DELGORGUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 1er mars 2022 et le 21 novembre 2022, la société civile immobilière (SCI) Locaval, représenté par la SCP Gros, Hicter, d'Halluin et associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 janvier 2022 par lequel le maire de Denain a exercé le droit de préemption urbain de la commune sur un immeuble situé sur la parcelle cadastrée section BH1796 sur le territoire de la commune ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Denain la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est tardive en ce qu'elle est intervenue plus de deux mois après la réception de la déclaration d'intention d'aliéner en méconnaissance des dispositions des articles L. 213-2 et R. 213-7 du code de l'urbanisme ;
- elle est dépourvue de base légale, les formalités de publicité prévues par l'article R. 211-2 du code de l'urbanisme n'ayant pas été accomplies en ce qui concerne la délibération du 18 janvier 2021 portant instauration du droit de préemption urbain sur les zones urbanisées et à urbaniser du plan local d'urbanisme intercommunal applicable sur le territoire de la commune de Denain ;
- elle a été adoptée à l'issue d'une procédure irrégulière au regard du montant de l'acquisition en l'absence de consultation préalable du service des domaines en application de l'article R. 213-21 du code de l'urbanisme ;
- elle a été prise par une autorité incompétente en l'absence de justification du caractère exécutoire de chacune des délégations concernant la décision d'exercer le droit de préemption urbain ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 210-1 et L. 300-1 du code de l'urbanisme d'une part, en l'absence d'indication de la nature de l'action ou de l'opération pour laquelle le droit de préemption est exercé et de visa des délibérations les déterminant et d'autre part, en l'absence d'existence d'un projet réel justifiant la décision de préempter.
Par des mémoires en défense enregistrés les 3 juin 2022 et 4 mai 2023, la commune de Denain, représentée par Me Delgorgue conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de SCI Locaval au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée à la société PG Finances et participations, venant aux droits de la société pour le développement des entreprises, qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Borget, rapporteur,
- les conclusions de M. Liénard, rapporteur public,
- les observations de Me Dubois-Catty représentant la SCI Locaval,
- et les observations de Me Delgorgue représentant la commune de Denain.
Considérant ce qui suit :
1. Par la requête susvisée, la SCI Locaval demande au tribunal, en sa qualité d'acquéreur évincée, d'annuler l'arrêté du 28 janvier 2022 par lequel le maire de Denain a exercé le droit de préemption urbain de la commune sur un immeuble situé sur la parcelle cadastrée section BH1796 sur le territoire de la commune.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 210-1 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable à la date de la décision attaquée : " Les droits de préemption institués par le présent titre sont exercés en vue de la réalisation, dans l'intérêt général, des actions ou opérations répondant aux objets définis à l'article L. 300-1 , à l'exception de ceux visant à sauvegarder ou à mettre en valeur les espaces naturels, à préserver la qualité de la ressource en eau et à permettre l'adaptation des territoires au recul du trait de côte, ou pour constituer des réserves foncières en vue de permettre la réalisation desdites actions ou opérations d'aménagement. / () Toute décision de préemption doit mentionner l'objet pour lequel ce droit est exercé.
() ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 300-1 du même code, dans sa rédaction applicable à la même date : " Les actions ou opérations d'aménagement ont pour objets de mettre en œuvre un projet urbain, une politique locale de l'habitat, d'organiser le maintien, l'extension ou l'accueil des activités économiques, de favoriser le développement des loisirs et du tourisme, de réaliser des équipements collectifs ou des locaux de recherche ou d'enseignement supérieur, de lutter contre l'insalubrité et l'habitat indigne ou dangereux, de permettre le renouvellement urbain, de sauvegarder ou de mettre en valeur le patrimoine bâti ou non bâti et les espaces naturels. ".
3. Il résulte de ces dispositions que, pour exercer légalement ce droit, les collectivités titulaires du droit de préemption urbain doivent, d'une part, justifier, à la date à laquelle elles l'exercent, de la réalité d'un projet d'action ou d'opération d'aménagement répondant aux objets mentionnés à l'article L. 300-1 du code de l'urbanisme, alors même que les caractéristiques précises de ce projet n'auraient pas été définies à cette date et d'autre part, faire apparaître la nature de ce projet dans la décision de préemption. Lorsque la loi autorise la motivation par référence à un programme local de l'habitat, les exigences résultant de l'article L. 210-1 doivent être regardées comme remplies lorsque la décision de préemption se réfère à une délibération fixant le contenu ou les modalités de mise en œuvre de ce programme et qu'un tel renvoi permet de déterminer la nature de l'action ou de l'opération d'aménagement que la collectivité publique entend mener au moyen de cette préemption. A cette fin, la collectivité peut soit indiquer la nature de l'action ou de l'opération d'aménagement du programme local de l'habitat à laquelle la décision de préemption participe, soit se borner à renvoyer à la délibération si celle-ci permet d'identifier la nature de l'action ou de l'opération d'aménagement poursuivie, eu égard notamment aux caractéristiques du bien préempté et au secteur géographique dans lequel il se situe.
4. En l'espèce, la décision de préemption en litige indique de manière très générale que l'acquisition de la parcelle objet de l'exercice du droit de préemption " relève de l'action foncière nécessaire à l'ambitieuse politique de rénovation urbaine menée par la Ville de Denain inscrite de façon complémentaire dans les programmes " Cœur de ville " et du Nouveau Programme National de Rénovation Urbaine (NPNRU). ". Si la décision fait aussi état des objectifs de la politique de rénovation urbaine communale et tendant à favoriser le recyclage foncier en centre-ville et le développement d'opérations immobilières, à réorganiser l'offre commerciale, à améliorer le cadre de vie et à mettre en valeur les berges de l'ancien Escaut et à poursuivre le développement économique du site des " Pierres blanches ", ces éléments ne permettent pas d'identifier la nature de l'action ou de l'opération d'aménagement que la commune entend mener au moyen de la préemption litigieuse, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 210-1 du code de l'urbanisme. Par ailleurs, la seule référence ainsi faite à la nécessité d'une acquisition foncière pour la mise en œuvre de la politique de rénovation urbaine en lien avec les programmes " Cœur de Ville " et NPRNU et en l'absence de production par la commune de tout autre élément présentant, même de manière sommaire, les caractéristiques de l'opération envisagée, à la date de la décision attaquée, ne lui permet pas de justifier de l'existence d'un projet d'une consistance suffisante autorisant l'exercice de son droit de préemption. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que la commune de Denain ne justifie pas d'un projet réel répondant aux objectifs mentionnés à l'article L. 300-1 du code de l'urbanisme et que la décision attaquée méconnaît ces dispositions.
5. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté du 28 janvier 2022 par lequel le maire de la commune de Denain a exercé le droit de préemption pour le bien ici en cause doit être annulé. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens soulevés n'est de nature à fonder l'annulation des décisions attaquées.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la SCI Locaval, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Denain demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Denain une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la SCI Locaval et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 28 janvier 2022 par lequel le maire de la commune de Denain a préempté la parcelle cadastrée section BH1796 sur le territoire communal est annulé.
Article 2 : La commune de Denain versera à la SCI Locaval la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions de la commune de Denain présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière Locaval, à la commune de Denain et à la société PG Finances et participations.
Délibéré après l'audience du 23 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Chevaldonnet, président,
M. Borget, premier conseiller,
Mme Leclere, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juin 2024.
Le rapporteur,
Signé
J. Borget
Le président,
Signé
B. Chevaldonnet
La greffière,
Signé
M. A
La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026