vendredi 5 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2201602 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | BABOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 3 mars 2022 et le 26 avril 2022, M. D B, représenté par Me Babou, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 3 février 2022 par lequel le préfet du Nord lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant " dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et ce, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
En ce qui concerne la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît son droit d'être entendu tel qu'il est reconnu par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur dans l'appréciation du caractère réel et sérieux des études poursuivies ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 422-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît son droit d'être entendu tel qu'il est reconnu par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur dans l'appréciation du caractère réel et sérieux des études poursuivies ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 422-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la décision octroyant un délai de départ volontaire de trente jours :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît son droit d'être entendu tel qu'il est reconnu par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur dans l'appréciation du caractère réel et sérieux des études poursuivies ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 422-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît son droit d'être entendu tel qu'il est reconnu par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité, par voie d'exception, de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur dans l'appréciation du caractère réel et sérieux des études poursuivies ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 422-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 avril 2022, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 26 avril 2022, le clôture de l'instruction a été fixée au 13 mai 2022.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen soulevé d'office tiré de la substitution des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui ne sont pas applicables aux ressortissants sénégalais sollicitant leur admission au séjour en qualité d'étudiant, par les stipulations de l'article 9 de la convention franco-sénégalaise du 1er août 1995.
Un mémoire en réponse à un moyen d'ordre public a été enregistré le 15 juin 2022 pour le préfet du Nord.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la convention franco-sénégalaise relative à la circulation et au séjour des personnes du 1er août 1995 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant sénégalais né le 11 novembre 1989 à Pikine (Sénégal), est entré en France le 1er février 2020 sous couvert de son passeport revêtu d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant " délivré le 24 janvier 2020 par les autorités consulaires françaises de Dakar et valable jusqu'au 24 août 2020. Il a ensuite obtenu une carte de séjour portant la mention " étudiant " valable du 25 août 2020 au 24 octobre 2021 dont il a sollicité le renouvellement le 2 octobre 2021. Par un arrêté du 3 février 2022, dont il demande l'annulation, le préfet du Nord lui a refusé la délivrance du titre sollicité, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de destination.
Sur la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
2. En premier lieu, le préfet du Nord énonce avec suffisamment de précision les considérations de fait et de droit sur lesquelles il fonde sa décision. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait insuffisamment motivée manque en fait et doit, dès lors, être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union ". Aux termes du paragraphe 2 de ce même article : " Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ". Aux termes du paragraphe 1 de l'article 51 de la Charte : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité () ". Il résulte de la jurisprudence de la Cour de Justice de l'Union européenne que l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne s'adresse non pas aux Etats membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Ainsi, le moyen tiré de sa violation par une autorité d'un Etat membre est inopérant.
4. Toutefois, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que le droit d'être entendu, qui se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts, fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, l'étranger, en raison même de l'accomplissement de cette démarche qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, ne saurait ignorer qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement. A l'occasion du dépôt de sa demande, il est conduit à préciser, à l'administration, les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré ou renouvelé un titre de séjour et à produire tous les éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, lequel doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur en préfecture, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles. Il lui est également loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir, auprès de l'administration, toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Le droit de l'intéressé d'être entendu, ainsi satisfait avant que n'intervienne le refus de titre de séjour, n'impose pas à l'autorité administrative de mettre l'intéressé à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur l'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de destination qui sont prises concomitamment et en conséquence du refus de titre de séjour. Par suite, dès lors que M. B pouvait présenter des observations pendant l'instruction de sa demande de titre de séjour, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu préalablement à l'édiction de la décision en litige ne peut qu'être écarté.
5. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée ni des pièces du dossier que le préfet du Nord, qui n'était pas tenu de faire mention de tous les éléments de la situation personnelle du requérant, ne se serait pas livré à un examen sérieux de la situation personnelle de M. B.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. / () / Cette carte donne droit à l'exercice, à titre accessoire, d'une activité professionnelle salariée dans la limite de 60 % de la durée de travail annuelle. ". Aux termes de l'article 9 de la convention franco-sénégalaise du 1er août 1995 : " Les ressortissants de chacun des États contractants désireux de poursuivre des études supérieures ou d'effectuer un stage de formation de niveau supérieur sur le territoire de l'autre État doivent, outre le visa de long séjour prévu à l'article 4, justifier d'une attestation d'inscription ou de préinscription dans l'établissement d'enseignement choisi, ou d'une attestation d'accueil de l'établissement où s'effectue le stage, ainsi que, dans tous les cas, de moyens d'existence suffisants. Les intéressés reçoivent un titre de séjour temporaire portant la mention " étudiant ". Ce titre de séjour est renouvelé annuellement sur justification de la poursuite effective des études ou du stage et de la possession de moyens d'existence suffisants. (). " Aux termes de l'article 13 de ladite convention : " Les dispositions du présent Accord ne font pas obstacle a` l'application de la législation respective des deux Etats sur l'entrée et le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'Accord ".
7. Il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que pour refuser à M. B la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étudiant, le préfet s'est fondé sur les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Or, le droit au séjour des ressortissants sénégalais désireux de poursuivre des études en France est entièrement régi par les dispositions précitées de l'article 9 de la convention franco-sénégalaise du 1er août 1995. Par suite, le préfet du Nord ne pouvait légalement fonder sa décision sur les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée. Une telle substitution relevant de l'office du juge, celui-ci peut y procéder de sa propre initiative, au vu des pièces du dossier, mais sous réserve, dans ce cas, d'avoir au préalable mis les parties à même de présenter des observations sur ce point.
8. En l'espèce, la décision attaquée, motivée par l'absence de caractère réel et sérieux des études poursuivies par M. B, trouve son fondement légal dans les stipulations de l'article 9 de la convention franco-sénégalaise du 1er août 1995 qui peuvent être substituées aux dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors, en premier lieu, que ces stipulations et ces dispositions sont équivalentes au regard des garanties qu'elles prévoient, en deuxième lieu, que l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation sur la réalité et le sérieux des études poursuivies par l'intéressé pour appliquer l'un ou l'autre de ces deux textes, et, en troisième lieu, que M. B a été en mesure de produire ses observations sur ce point.
9. Il résulte des stipulations précitées de l'article 9 de la convention franco-sénégalaise que, pour apprécier la possibilité de renouveler un titre de séjour temporaire portant la mention " étudiant ", l'autorité préfectorale doit s'assurer de la poursuite effective des études de l'intéressé et de la possession de moyens d'existence suffisants et doit ainsi à ce titre apprécier, à partir de l'ensemble du dossier et sous le contrôle du juge, la réalité et le sérieux des études poursuivies en tenant compte de l'assiduité, de la progression et de la cohérence du cursus suivi.
10. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. B a obtenu, le 25 juillet 2019, au Sénégal, son diplôme de docteur en pharmacie spécialité " officine " dont il n'est pas contesté qu'il lui permet d'exercer en qualité de pharmacien dans son pays d'origine. Il a suivi, en France, pour l'année scolaire 2019/2020, un diplôme universitaire (DU) dispensé par l'université de Montpellier mention : " E-santé : virage numérique de l'officine et de l'industrie pharmaceutique ", qu'il a obtenu, puis s'est inscrit, pour l'année scolaire 2020/2021 en deuxième année de master 2 en apprentissage à l'université de Lille mention " dispositifs médicaux et biomatériaux ", diplôme qu'il n'avait pas validé à la date de la décision attaquée. Il n'est pas démontré, ainsi que le fait valoir le préfet en défense, que le DU suivi par le requérant, qui n'a d'ailleurs validé aucun diplôme universitaire français du cursus menant au doctorat grâce à cette formation, ou que le master 2 dans lequel il s'est ensuite inscrit lui permettraient d'acquérir des compétences qu'il n'aurait pas déjà et qui seraient essentielles à son insertion professionnelle alors que, comme il a été dit, il est déjà docteur en pharmacie dans son pays d'origine. Par ailleurs, si le préfet ne pouvait reprocher à M. B, pour refuser de lui délivrer le titre de séjour sollicité, la circonstance qu'il aurait occupé un emploi d'une durée supérieure à celle prévue par le dernier alinéa de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il résulte de l'instruction qu'il aurait pris la même décision s'il n'avait pas retenu cet élément. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté. M. B n'est pas fondé, pour les mêmes motifs, à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur dans l'appréciation du caractère réel et sérieux des études poursuivies.
11. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 422-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger titulaire d'une assurance maladie qui justifie soit avoir été titulaire d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle portant la mention " étudiant " délivrée sur le fondement des articles L. 422-1, L. 422-2 ou L. 422-6 et avoir obtenu dans un établissement d'enseignement supérieur habilité au plan national un diplôme au moins équivalent au grade de master ou figurant sur une liste fixée par décret, soit avoir été titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " passeport talent-chercheur " délivrée sur le fondement de l'article L. 421-14 et avoir achevé ses travaux de recherche, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " recherche d'emploi ou création d'entreprise " d'une durée d'un an dans les cas suivants : / 1° Il entend compléter sa formation par une première expérience professionnelle, sans limitation à un seul emploi ou à un seul employeur ; / 2° Il justifie d'un projet de création d'entreprise dans un domaine correspondant à sa formation ou à ses recherches. ".
12. Le préfet du Nord ayant uniquement été saisi par M. B d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour étudiant, il n'était pas tenu d'examiner la demande de titre de séjour de l'intéressé à l'aune des dispositions de l'article L. 422-10. Par suite, et dès lors que le préfet n'a pas entendu examiner d'office la demande du requérant sur ce fondement, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 422-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est inopérant et ne peut qu'être écarté.
13. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 3 février 2022 par laquelle le préfet du Nord lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
14. En premier lieu, le préfet du Nord énonce avec suffisamment de précision les considérations de fait et de droit sur lesquelles il fonde sa décision. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait insuffisamment motivée manque en fait et doit, dès lors, être écarté.
15. En deuxième lieu, lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, l'étranger, du fait même de l'accomplissement de cette démarche, ne saurait ignorer qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement. A cette occasion, il est appelé à préciser les motifs qui, selon lui, sont susceptibles de justifier que lui soit accordé un droit au séjour en France et qui feraient donc obstacle à ce qu'il soit tenu de quitter le territoire français, ainsi qu'à fournir tous les éléments venant à l'appui de sa demande. Dans ces conditions, dès lors que M. B ne pouvait ignorer qu'en cas de refus de sa demande de titre de séjour il pouvait faire l'objet d'une mesure d'éloignement et qu'il n'est pas contesté qu'il a pu présenter toute observation utile sur la perspective de son éloignement dans le cadre de l'instruction de sa demande de titre de séjour, le moyen tiré de la violation du droit de M. B d'être entendu, tel qu'il est reconnu, notamment, par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, doit être écarté.
16. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée ni des pièces du dossier que le préfet du Nord, qui n'était pas tenu de faire mention de tous les éléments de la situation personnelle du requérant, ne se serait pas livré à un examen sérieux de la situation personnelle de M. B.
17. En dernier lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions des articles L. 422-1 et L. 422-10, qui ne prévoient pas la délivrance de plein droit d'un titre de séjour, et de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur dans l'appréciation du caractère réel et sérieux des études poursuivies par M. B sont inopérants à l'encontre de la décision attaquée et ne peuvent qu'être écartés.
18. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 3 février 2022 par laquelle le préfet du Nord l'a obligé à quitter le territoire français.
Sur la décision octroyant un délai de départ volontaire de trente jours :
19. En premier lieu, de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. () ".
20. Si M. B soutient que la décision fixant un délai de départ volontaire de trente jours est insuffisamment motivée, il résulte des dispositions précitées de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'autorité préfectorale n'a pas à motiver une décision accordant un tel délai de départ volontaire, lequel est le délai de droit commun. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée est inopérant et ne peut, par suite, qu'être écarté.
21. En deuxième lieu, dès lors que M. B a été mis à même de présenter toute observation utile sur sa situation personnelle dans le cadre de l'examen de sa demande de titre de séjour, le moyen tiré de la violation du droit de l'intéressé d'être entendu, tel qu'il est reconnu, notamment, par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, doit être écarté.
22. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée ni des pièces du dossier que le préfet du Nord, qui n'était pas tenu de faire mention de tous les éléments de la situation personnelle du requérant, ne se serait pas livré à un examen sérieux de la situation personnelle de M. B.
23. En dernier lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions des articles L. 422-1 et L. 422-10 et de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur dans l'appréciation du caractère réel et sérieux des études poursuivies par M. B sont inopérants à l'encontre de la décision attaquée et ne peuvent qu'être écartés.
24. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 3 février 2022 par laquelle le préfet du Nord lui a octroyé un délai de départ volontaire de trente jours.
Sur la décision fixant le pays de destination :
25. En premier lieu, le préfet du Nord énonce avec suffisamment de précision les considérations de fait et de droit sur lesquelles il fonde sa décision. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait insuffisamment motivée manque en fait et doit, dès lors, être écarté.
26. En deuxième lieu, dès lors que M. B a été mis à même de présenter toute observation utile sur sa situation personnelle dans le cadre de l'examen de sa demande de titre de séjour, le moyen tiré de la violation du droit de l'intéressé d'être entendu, tel qu'il est reconnu, notamment, par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, doit être écarté.
27. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée ni des pièces du dossier que le préfet du Nord, qui n'était pas tenu de faire mention de tous les éléments de la situation personnelle du requérant, ne se serait pas livré à un examen sérieux de la situation personnelle de M. B.
28. En quatrième lieu, compte-tenu de ce qui précède, le moyen tiré de l'illégalité, par voie d'exception, de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
29. En dernier lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions des articles L. 422-1 et L. 422-10 et de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur dans l'appréciation du caractère réel et sérieux des études poursuivies par M. B sont inopérants à l'encontre de la décision attaquée et ne peuvent qu'être écartés.
30. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 3 février 2022 par laquelle le préfet du Nord a fixé son pays de destination.
31. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 3 février 2022 par lequel le préfet du Nord lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de destination. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte ainsi que celles relatives aux frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au préfet du Nord.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 6 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Riou, président,
- Mme Varenne, première conseillère,
- Mme Bruneau, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 août 2022.
La rapporteure,
signé
M. VARENNE Le président,
signé
J.M. ALa greffière,
signé
C. VIEILLARD
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026