vendredi 18 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2201711 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | OKITADJONGA-ANYIKOY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 mars et 27 juin 2022, M. D B A, représenté par Me Okitadjonga Anyikoy, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 22 février 2022 par lesquelles le préfet du Pas-de-Calais a rejeté sa demande de titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;
2°) d'enjoindre au préfet du Pas-de-Calais de procéder à un nouvel examen de sa demande de titre de séjour dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour portant la mention " étudiant " dans un délai de 14 jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur de qualification juridique des faits, dès lors qu'il est entré en France de manière régulière ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dans l'application des dispositions de l'alinéa 2 de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; l'obtention du titre de séjour sollicité est justifiée par la nécessité de poursuivre ses études ; ses résultats révèlent le sérieux de ses études ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 422-1 et L. 311-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il est entré en France muni d'un visa délivré par les autorités slovènes et poursuit ses études avec sérieux ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juillet 2022, le préfet du Pas-de-Calais conclut au rejet de la requête
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 juillet 2022 du bureau d'aide juridictionnelle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- et les observations de Me Inungu, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. D B A, ressortissant tchadien né le 22 décembre 1996 à Abéché (Tchad) et déclarant être entré sur le territoire français au cours du mois de juillet 2020, a présenté le 14 décembre 2021 une demande de titre de séjour en qualité d'étudiant. Par un arrêté du 22 février 2022, le préfet du Pas-de-Calais a rejeté sa demande et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité de la décision portant refus de séjour :
2. En premier lieu, l'arrêté en litige, qui n'avait pas à mentionner l'ensemble des circonstances de fait composant la situation personnelle de M. A, comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles les décisions en litige sont fondées. Il vise notamment les articles applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et décrit les conditions d'entrée et de séjour du requérant en France ainsi que les éléments pertinents relatifs à sa situation personnelle, en particulier ceux en lien avec la poursuite de ses études, en développant les motifs fondant les décisions attaquées et en examinant leur incidence sur sa vie privée et familiale. Ces considérations sont suffisamment développées pour mettre M. A en mesure de discuter utilement ces motifs. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Pas-de-Calais n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. A avant d'adopter la décision attaquée. Le moyen soulevé à ce titre doit être écarté.
4. En troisième lieu, M. A soutient que la décision attaquée est entachée d'erreurs de fait et de qualification juridique des faits dès lors qu'il est entré en France de manière régulière et qu'il poursuit en France ses études avec sérieux. Toutefois, et d'une part, le requérant ne justifie pas, par la seule production de la copie partielle de son passeport dénué de tout cachet des autorités frontalières françaises et seulement revêtu d'un visa de long séjour portant sur la période du 9 septembre 2019 au 24 juillet 2020, valable uniquement sur le territoire de la République de Slovénie et délivré par les autorités consulaires slovènes à Ankara (Turquie), de la date et des conditions de son entrée sur le territoire français. D'autre part, l'appréciation portée par le préfet sur le caractère sérieux des études poursuivies en France par le requérant n'est pas constitutive d'une erreur de fait.
5. En quatrième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. / En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ".
6. D'autre part, l'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative, il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.
7. M. A soutient que le préfet du Pas-de-Calais a entaché sa décision d'une erreur de droit et a méconnu les dispositions citées au point 5 en lui opposant l'absence de caractère sérieux de ses études. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 4, le requérant ne justifie pas d'une entrée régulière sur le territoire français, de sorte que le préfet du Pas-de-Calais pouvait, ainsi qu'il le fait valoir en défense, rejeter pour ce seul motif sa demande de titre de séjour.
8. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A a déclaré avoir obtenu en 2016, une année après son baccalauréat, une bourse afin d'étudier l'architecture en Turquie, puis être entré en Slovénie au cours du mois de septembre 2019 afin d'y mener une année d'études dans le cadre du système Erasmus +. Durant cette année d'échange en Slovénie, il s'est inscrit, au titre de l'année 2020/2021, en 3ème année de licence en architecture à l'Ecole nationale supérieure d'architecture et de paysage à Lille, qu'il a échoué à obtenir en ne validant que cinq des huit unités d'enseignement nécessaires. M. A s'est réinscrit, au titre de l'année 2021/2022, en 3ème année de la même licence. Toutefois, en se bornant à produire une attestation de résultats révélant qu'il n'a pas validé les UE qui lui manquent pour l'obtention de cette licence, le requérant ne démontre pas que l'adoption de la décision attaquée ferait obstacle à la réussite de son cursus universitaire, ainsi qu'il le soutient. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que le requérant n'est pas dépourvu d'attaches privées et familiales dans son pays d'origine, où résident ses parents et les membres de sa fratrie. Dans ces circonstances, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur la situation personnelle du requérant doit être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 22 février 2022 par laquelle le préfet du Pas-de-Calais a rejeté sa demande de titre de séjour.
En ce qui concerne la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
10. En premier lieu, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 2.
11. En deuxième lieu, si M. A soutient que la décision attaquée méconnaît les dispositions des articles L. 422-1 et L. 311-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il poursuit ses études avec sérieux et qu'il justifie d'une entrée régulière en France, il ressort de ce qui a été dit aux points 4 et 8 que ces moyens doivent être écartés.
12. En dernier lieu, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation dont serait entachée la décision attaquée doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux retenus précédemment.
13. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 22 février 2022 portant obligation de quitter le territoire français.
Sur les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte :
14. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution, de telle sorte que les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte doivent également être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet du Pas-de-Calais et à Me Okitadjonga Anyikoy.
Délibéré après l'audience du 21 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Marjanovic, président,
M. Caustier, premier conseiller,
M. Bourgau, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 novembre 2022.
Le rapporteur,
Signé
G. C
Le président,
Signé
V. MARJANOVIC
La greffière,
Signé
D. WISNIEWSKI
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2201711
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026