LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2201948

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2201948

mercredi 24 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2201948
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formationjuge unique (6)
Avocat requérantLEULIET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 16 mars 2022 et le 1er juillet 2024, M. B C, représenté par Me Leuliet, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 17 janvier 2022 par laquelle le président du conseil départemental du Nord a rejeté son recours administratif préalable obligatoire contre la décision du 30 septembre 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Nord lui a notifié l'absence de droit au revenu de solidarité active pour la période de mai 2016 à octobre 2017, pour laquelle un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 9 414,26 euros a été mis à sa charge ;

2°) d'enjoindre au département du Nord et à la caisse d'allocations familiales du Nord de cesser les retenues opérées pour le recouvrement de l'indu précité sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre au département du Nord et à la caisse d'allocations familiales du Nord de rembourser les retenues déjà effectuées pour le recouvrement de l'indu précité, sous les mêmes conditions d'astreinte ;

4°) de mettre à la charge du département du Nord le versement à Me Leuliet, avocate de M. C, d'une somme de 1 000 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- ses droits au revenu de solidarité active au titre de la période de mai 2016 à octobre 2017 ont été fixés en méconnaissance de l'autorité de la chose jugée par le tribunal dans le jugement n°1804475 du 17 juin 2020 ;

- son foyer disposait de droits au revenu de solidarité active pour cette période dès lors que la caisse d'allocations familiales, pour calculer ses droits, n'était pas fondée à compter les indemnités journalières perçues à la fois comme un salaire et comme un autre revenu ;

- il a déclaré dans les délais la totalité de ses revenus pour cette période de sorte que la qualification de fraude ne peut être retenue, l'intention n'étant pas démontrée ;

- l'amende administrative prononcée le 25 février 2019, en vertu de l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles, est prescrite dès lors que les faits remontent à février 2016.

Par un mémoire, enregistré le 17 mai 2024, le département du Nord conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 30 mai 2022.

Vu :

- le jugement n°1804475 du 17 juin 2020 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code civil ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Jean-Michel Riou, vice-président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. A la suite d'un rapport d'enquête de la caisse d'allocations familiales du Nord établi le 9 décembre 2017, mettant en évidence l'insuffisance de déclaration de ses indemnités journalières perçues par M. C, conjoint et membre du foyer de Mme C, allocataire du revenu de solidarité active, la caisse, par décision du 29 décembre 2017, a engagé la récupération d'un indu de revenu de solidarité active (INK 005) d'un montant de 9 414,26 euros au titre de la période de mai 2016 à octobre 2017. Par un jugement du 17 juin 2020, le tribunal a annulé la décision du 20 mars 2018 par laquelle le président du conseil départemental du Nord a rejeté le recours administratif préalable de M. C dirigé contre de la décision précitée de la caisse d'allocations familiales du Nord du 29 décembre 2017 et a renvoyé M. C devant l'administration pour fixation de ses droits au revenu de solidarité active au titre de la période en cause. Par courrier du 30 septembre 2021, la caisse d'allocations familiales du Nord a décidé que le foyer de Mme C ne disposait pas de droits au revenu de solidarité active pour la période précitée. M. C, qui doit être regardé comme agissant pour le compte de Mme C, son épouse, demande au tribunal d'annuler la décision du 17 janvier 2022 par laquelle le président du conseil départemental du Nord a rejeté son recours administratif préalable obligatoire contre la décision de la caisse d'allocations familiales du 30 septembre 2021.

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. / Le revenu de solidarité active est une allocation qui porte les ressources du foyer au niveau du montant forfaitaire. () ". Aux termes de l'article R. 262-1 du même code : " Le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 applicable à un foyer composé d'une seule personne est majoré de 50 % lorsque le foyer comporte deux personnes. Ce montant est ensuite majoré de 30 % pour chaque personne supplémentaire présente au foyer et à la charge de l'intéressé () ". Aux termes de l'article L. 262-3 du même code : " () / L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active, dans des conditions fixées par un décret en Conseil d'Etat qui détermine notamment : 1° Les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu / () ". L'article R. 262-12 du même code, pris pour l'application de cet article, dispose que : " I.-Ont le caractère de revenus professionnels ou en tiennent lieu en application du 1° de l'article L. 262-3 : () / 6° Les indemnités journalières de sécurité sociale, de base et complémentaires, perçues en cas d'incapacité physique médicalement constatée de continuer ou de reprendre le travail, d'accident du travail ou de maladie professionnelle pendant une durée qui ne peut excéder trois mois à compter de l'arrêt de travail / () ".

3. Pour la période litigieuse, c'est-à-dire entre mai 2016 et octobre 2017, le montant forfaitaire pour une personne seule fixé par les dispositions citées au point précédent s'est établi successivement aux montants de 524,68 euros, 535,17 euros et 545,48 euros soit, pour le foyer de M. C, composé de quatre personnes dont deux enfants à charge, les montants successifs de 1 259,23 euros, 1 284,41 euros et 1 309,15 euros. Or, il résulte de l'instruction, c'est-à-dire du rapport de contrôle établi par la caisse d'allocations familiales, qui n'est contredit par aucune pièce du dossier, notamment pas par l'attestation de versement d'indemnités journalières produites par M. C lui-même, qu'à l'exception de la journée du 17 avril 2017, M. C a perçu des indemnités journalières, consécutives à un accident du travail, d'un montant quotidien de 44,46 euros nets, correspondant, pour un mois de 30 jours, à un montant de 1 333,80 euros, arrondi à 1 333 euros. En vertu des dispositions précitées de l'article R. 262-12 du code de l'action sociale et des familles, ces ressources devaient être prises en compte pour le calcul du revenu de solidarité active. Il ne résulte en outre d'aucune pièce que la caisse d'allocations familiales, comme il est soutenu, aurait pris en compte deux fois les mêmes revenus. Dès lors que le montant précité était constamment supérieur au seuil de perception du revenu de solidarité active, le foyer de M. C ne disposait pas de droits à cette allocation au cours de la période litigieuse.

4. En deuxième lieu, en cas d'annulation par le juge administratif, saisi d'un recours dirigé contre celle-ci, d'une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active ou d'aide exceptionnelle de fin d'année, il est loisible à l'administration, si elle s'y croit fondée et si, en particulier, aucune règle de prescription n'y fait obstacle, de reprendre régulièrement et dans le respect de l'autorité de la chose jugée, sous le contrôle du juge, une nouvelle décision. Lorsque tout ou partie de l'indu d'allocation de revenu de solidarité active ou d'aide exceptionnelle de fin d'année a été recouvré avant que le caractère suspensif du recours n'y fasse obstacle, il appartient au juge, s'il est saisi de conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à l'administration de rembourser la somme déjà recouvrée ou s'il décide de prescrire cette mesure d'office, de déterminer le délai dans lequel l'administration, en exécution de sa décision, doit procéder à ce remboursement, sauf à régulariser sa décision de récupération si celle-ci n'a été annulée que pour un vice de légalité externe.

5. Par le jugement du 17 juin 2020 visé ci-dessus, le magistrat désigné du tribunal a annulé la décision de récupération de l'indu de revenu de solidarité active mis à la charge de M. C au motif que le montant de l'indu ne présentait pas un caractère certain. Ce faisant, le principe de cet indu n'a pas été remis en cause et M. C a seulement été renvoyé devant l'administration pour le calcul des droits de son foyer au revenu de solidarité active, pour la période litigieuse, ce qui n'excluait pas l'absence de droit à cette allocation, qui présente un caractère différentiel. En confirmant que le foyer de M. C n'avait pas droit à l'allocation de revenu de solidarité active pour la période en cause, le président du conseil départemental du Nord n'a pas méconnu l'autorité de la chose jugée qui s'attachait au jugement n°1804475 du 17 juin 2020.

6. En troisième lieu, il résulte de l'instruction, c'est-à-dire des copies des déclarations de ressources trimestrielles produites par M. C lui-même à l'appui de sa requête, qu'il a déclaré n'avoir perçu aucune indemnité journalière pour la période de mai à décembre 2016, alors qu'il a perçu pour cette période 11 079 euros. De même, il a déclaré, pour la période de janvier à septembre 2017, dans un premier temps une somme de 8 892 euros (dont 1 732 euros pour le premier trimestre 2017), puis, dans un second temps, une somme de 10 668 euros (dont 3 509 euros pour le premier trimestre 2017), alors qu'il a perçu dans la même période 13 102,56 euros. Le moyen tiré de ce que M. C aurait déclaré l'ensemble de ses ressources manque donc en fait. Il est en outre inopérant, la circonstance, à la supposer établie, qu'un indu procèderait d'une erreur de la caisse n'ayant nullement pour effet de remettre en cause le bien-fondé du trop-perçu. La circonstance, qui ne peut pas être utilement discutée dans le présent litige, qui ne porte ni sur une demande de remise gracieuse, ni sur l'amende administrative appliquée en cas de fausse déclaration, que l'indu ne présenterait pas un caractère frauduleux est ainsi sans incidence sur son bien-fondé. Au demeurant, les manquements répétés de M. C à ses obligations déclaratives ne sont pas de nature à lui permettre de bénéficier d'une remise gracieuse ou à remettre en cause la qualification de l'indu comme frauduleux.

7. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles : " La fausse déclaration ou l'omission délibérée de déclaration ayant abouti au versement indu du revenu de solidarité active est passible d'une amende administrative prononcée et recouvrée dans les conditions et les limites définies, en matière de prestations familiales, aux sixième, septième, neuvième et dixième alinéas du I, à la seconde phrase du onzième alinéa du I et au II de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale. () / Aucune amende ne peut être prononcée à raison de faits remontant à plus de deux ans, ni lorsque la personne concernée a, pour les mêmes faits, déjà été définitivement condamnée par le juge pénal ou a bénéficié d'une décision définitive de non-lieu ou de relaxe déclarant que la réalité de l'infraction n'est pas établie ou que cette infraction ne lui est pas imputable ".

8. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles que le président du conseil départemental ne peut sanctionner, par l'amende administrative qu'elles prévoient, que des fausses déclarations ou des omissions délibérées de déclaration ayant abouti à un versement indu du revenu de solidarité active qui s'est poursuivi moins de deux ans avant la date à laquelle il prononce cette amende.

9. Les versements indus de revenu de solidarité active se sont poursuivis au plus tard jusqu'en octobre 2017, soit moins de deux ans avant le prononcé de l'amende, le 25 février 2019. M. C, à supposer qu'il conteste l'amende appliquée en vertu de l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles, n'est pas fondé à se prévaloir de la prescription prévue par ces dispositions.

10. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au département du Nord.

Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales du Nord.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juillet 2024.

Le magistrat désigné,

signé

J.M. A

La greffière,

signé

I.Baudry

La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme

La greffière

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions