mercredi 24 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2202130 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | juge unique (6) |
| Avocat requérant | MOUTOUSSAMY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 mars 2022, Mme C B, représentée par Me Moutoussamy, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet résultant du silence gardé sur son recours administratif préalable obligatoire, adressé le 15 novembre 2021, contre la décision du 4 novembre 2020 de la caisse d'allocations familiales du Nord en tant qu'elle prononce des indus de prime d'activité d'un montant de 939,49 euros (IM3/005) et d'un montant de 704,67 euros (IM1/001) pour les périodes de novembre 2017 à novembre 2018 et de juin à août 2019 et qu'elle pratique des retenues à hauteur de 50 % ;
2°) d'annuler la décision implicite de rejet résultant du silence gardé par le président du conseil départemental du Nord, rejetant son recours administratif préalable obligatoire, adressé le 15 novembre 2021, contre la décision du 4 novembre 2020 par laquelle elle a prononcé un indu de revenu de solidarité active d'un montant de de 4 831,69 euros (INK/001), pour la période du 1er octobre 2019 au 31 octobre 2020, et qu'elle pratique des retenues à hauteur de 50 % ;
3°) de la décharger des sommes précitées ;
4°) d'enjoindre au département ainsi qu'à la caisse d'allocations familiales à reverser les sommes retenues pour le recouvrement de ces indus ;
5°) de mettre à la charge du département du Nord et de l'Etat le versement à Me Moutoussamy, avocat de Mme B, de la somme de 1 224 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
Sur le moyen commun aux indus :
- l'administration ne justifie pas que le contrôle a été diligenté par un agent assermenté, agréé et porteur d'une délégation ;
Sur la légalité des indus de prime d'activité :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- la décision de notification de l'indu ne comprend pas les bases de liquidation de la somme réclamée ; ainsi elle est privée d'un droit à un recours effectif ;
- elle n'a pas dissimulé les ressources de son fils ;
- la décision de pratiquer des retenues à hauteur de 50 % par la caisse d'allocations familiales du Nord méconnaît les dispositions de l'article D. 553-1 du code de la sécurité sociale ;
Sur la légalité de l'indu de revenu de solidarité active :
- la décision attaquée a été prise en méconnaissance du principe du contradictoire en raison de l'absence de la saisine de la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales ;
- la décision d'indu est illégale en raison de l'illégalité des stipulations de la convention de gestion du revenu de solidarité active, conclue entre le département et la caisse d'allocations familiales, excluant la soumission des recours préalables obligatoires à la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales
- l'administration ne motive pas en droit et en fait la décision d'indu rendue ; les bases de la liquidation font défaut ;
- elle n'a pas dissimulé les ressources de son fils ;
- la décision de pratiquer des retenues à hauteur de 50 % par la caisse d'allocations familiales du Nord méconnaît les dispositions de l'article D. 553-1 du code de la sécurité sociale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mai 2022, la caisse d'allocations familiales conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- elle n'entend répondre qu'aux moyens tendant à l'annulation des indus de prime d'activité majorée et non majorée ;
- Mme B n'a eu la charge seule de ses enfants au sein de son foyer qu'à la date du 1er septembre 2019, départ de son époux du foyer ;
- à la suite d'un contrôle, elle a omis de déclarer le changement de situation professionnelle d'un de ses enfants et des revenus procurés par lui ; également, elle a omis de mentionner son départ du foyer ;
- la qualification frauduleuse des indus justifie l'application du taux de 50 % de retenue des montants dus sur les prestations à venir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juin 2024, le département du Nord conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 janvier 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- l'arrêté du 30 juillet 2004 fixant les conditions d'agrément des agents des organismes de sécurité sociale chargés du contrôle de l'application des législations de sécurité sociale, visés aux articles L. 216-6 et L. 243-9 du code de la sécurité sociale ;
- l'arrêté du 5 mai 2014 fixant les conditions d'agrément des agents chargés du contrôle de l'application des législations de sécurité sociale et de certaines dispositions du code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président du tribunal a désigné M. Riou, vice-président, pour statuer sur le litige en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. Riou a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C B bénéficie du droit à la prime d'activité depuis le mois de janvier 2016. A la suite d'une séparation de fait avec son ex-conjoint, mais avec le maintien à sa charge de ses quatre enfants, le montant de sa prime d'activité a été majorée à compter du mois de juin 2019. Lors d'un contrôle mené par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales (CAF) du Nord le 14 janvier 2020, il a été constaté que l'intéressée avait omis de déclarer le changement de situation professionnelle de l'un de ses enfants ainsi qu'une partie des revenus procurés par cette situation, et, plus tard, son incarcération depuis le 14 mars 2019, qui modifie la composition du foyer. La régularisation de son dossier par les services de la CAF a entraîné la notification, par courrier du 4 novembre 2020, d'indus pour une prime d'activité non majorée à hauteur de 939,49 euros (IM3/005) pour la période de novembre 2017 à novembre 2018 et d'une prime d'activité majorée à hauteur de 704,67 euros (IN1/001) pour la période de juin à août 2019. Également, le même jour, il lui a été notifié des indus d'allocation de logement familiale d'un montant de 3 246 euros (IM4/001) et d'allocations familiales de 249,32 euros (IN1/002). Pour finir, un indu de revenu de solidarité active (RSA), qualifié de frauduleux a été notifié, assorti du prononcé d'une pénalité administrative d'un montant de 305 euros. Par un courrier reçu le 24 novembre 2020 par la CAF du Nord, Mme B a formé une contestation à l'encontre des indus de prime d'activité, réitérée le 15 novembre 2021.
2. Par la présente requête, Mme B doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler les décisions implicites de rejet résultant du silence gardé par l'administration sur son recours administratif préalable obligatoire contre la décision de récupération des indus prise le 4 novembre 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'agrément, l'assermentation et la délégation de l'agent ayant réalisé le contrôle :
3. D'une part, aux termes de l'article L. 262-40 du code de l'action sociale et des familles : " () Les organismes chargés de son versement réalisent les contrôles relatifs au revenu de solidarité active selon les règles, procédures et moyens d'investigation applicables aux prestations de sécurité sociale. () ". L'article L. 843-1 du code de la sécurité sociale dispose que : " La prime d'activité est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l'Etat, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole pour leurs ressortissants " et l'article L. 845-1 du même code que : " Les directeurs des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 procèdent aux contrôles et aux enquêtes concernant la prime d'activité et prononcent, le cas échéant, des sanctions selon les règles, procédures et moyens d'investigation prévus aux articles L. 114-9 à L. 114-17, L. 114-19 à L. 114-22, L. 161-1-4 et L. 161-1-5 ".
4. D'autre part, aux termes du premier alinéa de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale, dans sa rédaction applicable au litige : " Les directeurs des organismes de sécurité sociale confient à des agents chargés du contrôle, assermentés et agréés dans des conditions définies par arrêté du ministre chargé de la sécurité sociale, le soin de procéder à toutes vérifications ou enquêtes administratives concernant l'attribution des prestations et la tarification des accidents du travail et des maladies professionnelles. () Ces agents ont qualité pour dresser des procès-verbaux faisant foi jusqu'à preuve du contraire ". Le premier alinéa de l'article L. 583-3 de ce code dispose, dans sa rédaction applicable au litige, que : " Les informations nécessaires à l'appréciation des conditions d'ouverture, au maintien des droits et au calcul des prestations familiales, notamment les ressources, peuvent être obtenues par les organismes débiteurs de prestations familiales selon les modalités de l'article L. 114-14. " L'article L. 114-14 du même code dispose que : " Les échanges d'informations entre les agents des administrations fiscales, d'une part, et les agents des administrations chargées de l'application de la législation sociale et du travail et des organismes de protection sociale, d'autre part, sont effectués conformément aux dispositions prévues par le livre des procédures fiscales, et notamment ses articles L. 97 à L. 99 et L. 152 à L. 162 B. " A ce titre, l'article L. 152 A du livre des procédures fiscales rappelle que l'administration des impôts est tenue, en application notamment de l'article L. 583-3 du code de la sécurité sociale, de communiquer aux organismes débiteurs de prestations familiales toutes les informations nécessaires à l'appréciation des conditions d'ouverture, au maintien des droits et au calcul de ces prestations ainsi qu'au contrôle des déclarations des allocataires.
5. Enfin, aux termes de l'article 4 de l'arrêté du 5 mai 2014 fixant les conditions d'agrément des agents chargés du contrôle de l'application des législations de sécurité sociale et de certaines dispositions du code du travail : " L'agrément définitif peut être accordé lorsque la manière de servir du candidat, ses aptitudes et capacités professionnelles ainsi que ses garanties d'intégrité auront été jugées satisfaisantes, dans le délai de six mois renouvelable une fois pour les inspecteurs du recouvrement et de trois mois renouvelable une fois pour les autres agents chargés du contrôle, à compter de la date de la demande d'autorisation provisoire. / A l'appui d'un dossier d'évaluation, la décision motivée d'agrément du directeur de l'ACOSS est notifiée par la caisse nationale à l'agent concerné et à son employeur./ Les décisions d'autorisations provisoires et d'agréments définitifs sont publiées au Bulletin officiel du ministère chargé de la sécurité sociale./ L'agrément accordé à un des agents visés à l'article 1er est valable sur l'ensemble du territoire national. " et aux termes de l'article L. 243-9 du code de la sécurité sociale : " Avant d'entrer en fonctions, les agents de l'organisme chargés du contrôle prêtent, devant le tribunal d'instance, serment de ne rien révéler des secrets de fabrication et en général des procédés et résultats d'exploitation dont ils pourraient prendre connaissance dans l'exercice de leur mission. (). ".
6. Il ressort de l'article L. 262-40 du code de l'action sociale et des familles et du premier alinéa de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale que tant l'absence d'agrément que l'absence d'assermentation des agents de droit privé désignés par les caisses d'allocations familiales pour conduire des contrôles sur les déclarations des bénéficiaires du RSA ou de la prime d'activité sont de nature à affecter la validité des constatations des procès-verbaux qu'ils établissent à l'issue de ces contrôles et à faire ainsi obstacle à ce qu'elles constituent le fondement d'une décision déterminant pour l'avenir les droits de la personne contrôlée ou remettant en cause des paiements déjà effectués à son profit en ordonnant la récupération d'un indu.
7. En outre, la valeur probante attachée par les dispositions précitées de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale aux procès-verbaux dressés par ces agents ne saurait s'étendre aux mentions qu'ils comportent quant à l'agrément et à l'assermentation de leur auteur.
8. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision qui, à la suite d'un contrôle de l'organisme chargé du versement du RSA ou de la prime d'activité, a pour objet soit de mettre fin au droit de l'allocataire soit d'ordonner la récupération d'un indu de prestation et que le requérant soulève un moyen tiré du défaut d'agrément ou d'assermentation de l'agent chargé du contrôle, le juge ne saurait se fonder sur les seules mentions du procès-verbal relatives à la qualité de son signataire pour écarter cette contestation.
9. Dans un tel cas, l'administration étant seule en mesure d'établir l'agrément et l'assermentation des agents qu'elle désigne pour effectuer les contrôles, il appartient au juge, si cette qualité ne ressort pas des éléments produits en défense, de mettre en œuvre ses pouvoirs généraux d'instruction et de prendre toutes mesures propres à lui procurer, par les voies de droit, les éléments de nature à lui permettre de former sa conviction, en particulier en exigeant de l'administration compétente la production de tout document susceptible de permettre de vérifier les allégations du demandeur.
10. En l'espèce, Mme B conteste la qualité de l'agent de contrôle de la CAF du Nord qui a procédé, le 14 janvier 2020, au contrôle de sa situation. Il résulte de l'instruction, après une mesure d'instruction en ce qui concerne l'agrément, que Mme A, agent de la CAF, a procédé au contrôle domiciliaire de la requérante et dont les nom et prénom sont apposés en fin du rapport d'enquête du 9 avril 2020, a prêté serment le 29 mai 2018 et a été agréée à compter du 12 octobre 2018. Par suite, cet agent était habilité à effectuer un contrôle de la situation de la requérante. Le moyen tiré de l'irrégularité du contrôle résultant du défaut d'assermentation et d'agrément de l'agent de la CAF, qui priverait de caractère probant le rapport établi par cet agent, doit être écarté.
En ce qui concerne l'office du juge :
11. D'une part, lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de RSA, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige. En cas d'annulation par le juge de la décision ordonnant la récupération de l'indu, il est loisible à l'administration, si elle s'y croit fondée et si, en particulier, aucune règle de prescription n'y fait obstacle, de reprendre régulièrement et dans le respect de l'autorité de la chose jugée, sous le contrôle du juge, une nouvelle décision.
12. D'autre part, l'annulation d'une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, pour un vice de régularité n'implique pas nécessairement, compte tenu de la possibilité d'une régularisation par l'administration, l'extinction de la créance litigieuse, à la différence d'une annulation prononcée pour un motif mettant en cause le bien-fondé de cette décision. Il en résulte que, lorsque le requérant choisit de présenter, outre des conclusions tendant à l'annulation d'une telle décision, des conclusions à fin de décharge de la somme correspondant à la créance de l'organisme, il incombe au juge administratif d'examiner prioritairement les moyens mettant en cause le bien-fondé de la créance qui seraient de nature, étant fondés, à justifier le prononcé de la décharge.
En ce qui concerne les indus de prime d'activité :
S'agissant du bien-fondé des indus :
13. D'une part, aux termes de l'article L. 842-3 du code de la sécurité sociale : " La prime d'activité est égale à la différence entre : / 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer, et qui peut faire l'objet d'une ou de plusieurs bonifications ; / 2° Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1°. / () " Aux termes de l'article L. 842-4 du même code : " Les ressources mentionnées à l'article L. 842-3 prises en compte pour le calcul de la prime d'activité sont : / 1° Les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu ; / 2° Les revenus de remplacement des revenus professionnels ; / 3° L'avantage en nature que constitue la disposition d'un logement à titre gratuit, déterminé de manière forfaitaire ; / 4° Les prestations et les aides sociales, à l'exception de certaines d'entre elles en raison de leur finalité sociale particulière ; / 5° Les autres revenus soumis à l'impôt sur le revenu ". En application de l'article R. 846-5 du même code, il appartient au bénéficiaire de la prime d'activité de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations nécessaires à l'établissement et au calcul des droits, relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer. L'article R. 844-1 du même code précise qu'ont le caractère de revenus professionnels ou en tiennent l'ensemble des revenus tirés d'une activité salariée ou non salariée.
14. D'autre part, aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service (). La créance peut être remise ou réduite par l'organisme () en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration () ".
15. Il résulte de l'instruction que Mme B a été informée des indus de prime d'activité d'un montant de 939,49 euros (IM3/005) et de 704,67 euros (IN1/001) pour les périodes de novembre 2017 à novembre 2018 et de juin à août 2019. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport établi le 9 avril 2020 par un agent assermenté de la CAF du Nord, que ces indus trouvent leur origine, d'une part, dans l'omission répétée de déclaration des ressources d'Amine Mohamed B et, d'autre part, dans le maintien de l'adresse administrative de l'enfant chez Mme B malgré son incarcération. Ainsi, Mme B, qui ne pouvait ignorer son obligation de déclaration trimestrielle de tout changement de sa situation, se contente de soutenir qu'elle n'a pas dissimulé les ressources de son fils. Ce moyen n'est pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé et n'est appuyé d'aucune pièce corroborant cette allégation. Il ne peut qu'être écarté.
S'agissant de la régularité de la décision de récupération des indus :
16. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () / 3o () imposent des sujétions ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
17. En outre, la décision par laquelle l'autorité administrative procède à la récupération de sommes indûment versées au titre de l'allocation de prime d'activité est au nombre des décisions imposant une sujétion et doit, par suite, être motivée en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration citées au point précédent. Il en résulte qu'une telle décision doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. A ce titre, l'autorité administrative doit faire figurer dans la motivation de sa décision la nature de la prestation et le montant des sommes réclamées, ainsi que le motif et la période sur laquelle porte la récupération. En revanche, elle n'est pas tenue d'indiquer dans cette décision les éléments servant au calcul du montant de l'indu.
18. En l'espèce, la décision en litige mentionne la nature des prestations concernées, à savoir des indus d'allocations familiales, d'allocation logement et de prime d'activité, ainsi qu'un indu de RSA faisant l'objet d'une décision à part, le montant des sommes réclamées, et le motif de la récupération tiré de l'omission de déclaration relative à la situation familiale de la requérante pour la période allant du 1er novembre 2017 au 31 janvier 2020. Elle mentionne, nécessairement mais implicitement, l'obligation légale de Mme B de déclarer à la CAF tout changement de sa situation. Ainsi, la décision attaquée comprend les considérations de droit et de fait qui la fondent, avec suffisamment de précision pour permettre à la requérante d'en contester utilement le bien-fondé. Par ailleurs, la décision notifiant l'indu n'a pas à mentionner les éléments servant au calcul du montant de l'indu. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
19. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision confirmant les indus de prime d'activité du 4 novembre 2020, doivent être rejetées.
En ce qui concerne l'indu de RSA :
S'agissant du bien-fondé :
20. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. Le revenu de solidarité active est une allocation qui porte les ressources du foyer au niveau du montant forfaitaire. () ". Aux termes de l'article L. 262-3 du même code : " () / L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active, dans des conditions fixées par un décret en Conseil d'Etat qui détermine notamment : / 1° Les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu ; / 2° Les modalités d'évaluation des ressources, y compris les avantages en nature. L'avantage en nature lié à la disposition d'un logement à titre gratuit est déterminé de manière forfaitaire ; / () ". Aux termes de l'article R. 262-3 de ce code : " Pour le bénéfice du revenu de solidarité active, sont considérés comme à charge : / 1° Les enfants ouvrant droit aux prestations familiales ; / 2° Les autres enfants et personnes de moins de vingt-cinq ans qui sont à la charge effective et permanente du bénéficiaire à condition, lorsqu'ils sont arrivés au foyer après leur dix-septième anniversaire, d'avoir avec le bénéficiaire ou son conjoint, son concubin ou le partenaire lié par un pacte civil de solidarité un lien de parenté jusqu'au quatrième degré inclus. / () ". Aux termes de l'article R. 262-6 dudit code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. / () ".
21. De plus, aux termes de l'article R. 262-37 du code de l'action sociale et des familles : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. ".
22. Pour calculer le montant forfaitaire mentionné au 2° de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles, ainsi que pour déterminer le droit d'une personne isolée assumant la charge d'un ou de plusieurs enfants à la majoration de ce montant forfaitaire en application de l'article L. 262-9 du même code, doivent être regardés comme à la charge de l'allocataire du RSA les enfants ouvrant droit aux prestations familiales, ainsi que les autres enfants à sa charge effective et permanente, sous réserve des conditions définies au 2° de l'article R. 262-3 du même code.
23. Eu égard à l'objet du RSA, qui est notamment, en vertu de l'article L. 262-1 du même code, d'assurer à ses bénéficiaires des moyens convenables d'existence, en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, lorsqu'un parent allocataire du RSA bénéficie pour son enfant, conjointement avec l'autre parent dont il est divorcé ou séparé de droit ou de fait, d'un droit de résidence alternée qui est mis en œuvre de manière effective et équivalente, ce parent doit être regardé comme assumant la charge effective et permanente de l'enfant et a droit, sauf accord contraire entre les parents ou mention contraire dans une décision du juge judiciaire, au bénéfice de la moitié de la majoration pour enfant à charge du montant forfaitaire mentionné au 2° de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles et, s'il en remplit les autres conditions, de la moitié de la majoration pour parent isolé mentionnée à l'article L. 262-9 du même code.
24. Il résulte de l'instruction que Mme B s'est vu notifier un indu de RSA d'un montant de 4 831,69 euros (INK/001) pour la période du 1er octobre 2019 au 31 octobre 2020 par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales du Nord, dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire. Cet indu trouve son origine dans l'omission de déclaration, constituant des fausses déclarations répétées, de revenus professionnels perçus par son fils et le départ de ce dernier du foyer, du fait de son incarcération, qui modifie la composition du foyer. Ainsi, Mme B, qui ne pouvait ignorer son obligation de déclaration de tout changement de sa situation, se borne à soutenir qu'elle n'a pas dissimulé les ressources de son fils. Ce moyen doit être écarté.
S'agissant de la régularité :
25. En premier lieu, en vertu du 1° du I de l'article L. 262-25 du code de l'action sociale et des familles, une convention, conclue entre le département et chacun des organismes payeurs mentionnés à l'article L. 262-16, précise en particulier les conditions dans lesquelles le RSA est servi et contrôlé. Le premier alinéa de l'article L. 262-47 du même code prévoit que : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. Ce recours est, dans les conditions et limites prévues par la convention mentionnée à l'article L. 262-25, soumis pour avis à la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale. () ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 262-89 du même code : " Sauf lorsque la convention mentionnée à l'article L. 262-25 en dispose autrement, ce recours est adressé par le président du conseil départemental pour avis à la commission de recours amiable mentionnée à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale ".
26. Il appartient au juge, pour apprécier le bien-fondé du moyen dont il est saisi, de s'assurer, le cas échéant d'office, du caractère obligatoire de la consultation de la commission de recours amiable de la CAF dans l'hypothèse en litige, en vertu de clauses réglementaires de la convention conclue entre le département et cet organisme. En revanche, le caractère contradictoire de la procédure fait en principe obstacle à ce que le juge se fonde sur cette convention sans qu'elle ait été préalablement communiquée aux parties dès lors que celle-ci n'a pas fait l'objet d'une publicité suffisante.
27. Il résulte des articles L. 262-25, L. 262-47 et R. 262-89 du code de l'action sociale et des familles que la convention conclue entre le département et la CAF ne peut légalement prévoir qu'aucun recours administratif préalable dirigé contre une décision relative au revenu de solidarité active n'est soumis pour avis à la commission de recours amiable.
28. D'une part, il résulte des stipulations de l'article 8, en son point 8-2, de la convention de gestion conclue entre le département du Nord et la CAF du Nord, obtenue après une mesure d'instruction diligentée par le tribunal et communiquée aux parties, que : " les recours administratifs préalables aux recours contentieux ne sont pas transmis pour avis à la Commission de recours amiable des caisses d'allocations familiales par le président du conseil départemental ". Ces stipulations excluent la saisine de la commission de recours amiable afin de recueillir son avis, notamment sur les recours administratifs préalables formés contre la décision de notification d'indu. Son absence de saisine préalablement au rejet du recours administratif préalable de la requérante ne constitue pas une garantie, de sorte que cette dernière ne peut utilement s'en prévaloir à l'encontre de la décision contestée. En particulier, elle ne fait obstacle à l'exercice ni d'un recours administratif préalable obligatoire ni d'un recours contentieux, comme en l'espèce, et ne méconnaît donc pas le droit au recours. Par conséquent, la branche du moyen tiré de l'absence de consultation de la commission de recours amiable pour avis, inopérant doit être écartée.
29. D'autre part, l'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être invoquée utilement par voie d'exception à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative ultérieure que si cette dernière a été prise pour son application ou y trouve sa base légale. La décision contestée par laquelle le président du conseil départemental a rejeté, implicitement, le recours préalable de la requérante contre l'indu de RSA, dans les circonstances de l'espèce, ne constitue pas un acte pris pour l'application des stipulations de la convention conclue entre cette caisse et le département en application de l'article L. 262-25 du code de l'action sociale et des familles relatives à la saisine de la commission de recours amiable. Ces stipulations ne constituent pas davantage sa base légale. Par conséquent, la requérante ne peut invoquer utilement, par voie d'exception, l'illégalité de la convention conclue entre le département et la caisse d'allocations familiales du Nord, alors même que celle-ci ne pouvait légalement exclure la consultation de la commission de recours amiable sur toute réclamation dirigée contre une décision relative au RSA. Ainsi, l'autre branche du moyen doit être écartée.
30. En second lieu, la décision par laquelle l'autorité administrative procède à la récupération de sommes indûment versées au titre de l'allocation de RSA est au nombre des décisions imposant une sujétion et doit, par suite, être motivée en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Il en résulte qu'une telle décision doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. A ce titre, l'autorité administrative doit faire figurer dans la motivation de sa décision la nature de la prestation et le montant des sommes réclamées, ainsi que le motif et la période sur laquelle porte la récupération. En revanche, elle n'est pas tenue d'indiquer dans cette décision les éléments servant au calcul du montant de l'indu.
31. En l'espèce, la décision en litige mentionne la nature de la prestation concernée, le montant de la somme réclamée ainsi que le motif de l'indu, tiré de l'absence de déclaration trimestrielle de ses revenus depuis le mois d'août 2017. Bien qu'elle ne le mentionne pas explicitement, la décision fait nécessairement référence à l'obligation légale de Mme B de déclarer à la CAF tout changement de sa situation. Ainsi, la décision attaquée comprend les considérations de droit et de fait qui la fondent, avec suffisamment de précision pour permettre à la requérante d'en contester utilement le bien-fondé. Par ailleurs, la décision notifiant l'indu à l'intéressée n'est pas tenue de mentionner les éléments servant au calcul du montant de l'indu. Par conséquent, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
32. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision confirmant l'indu de RSA du 4 novembre 2020, doivent être rejetées.
En ce qui concerne les retenues à hauteur de 50 % :
33. Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, sous réserve des dispositions des quatrième à neuvième alinéas de l'article L. 133-4-1, par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. A défaut, l'organisme payeur peut, dans des conditions fixées par décret, procéder à la récupération de l'indu par retenues sur les échéances à venir dues soit au titre des aides personnelles au logement mentionnées à l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation, soit au titre des prestations mentionnées à l'article L. 168-8 ainsi qu'aux titres II et IV du livre VIII du présent code, soit au titre du revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles. / () / Dans des conditions définies par décret, les retenues mentionnées au premier alinéa, ainsi que celles mentionnées aux articles L. 821-5-1 et L. 845-3 du présent code, L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation et L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, sont déterminées en fonction de la composition de la famille, de ses ressources, des charges de logement, des prestations servies par les organismes débiteurs de prestations familiales, à l'exception de celles précisées par décret. En cas de fraude, le directeur de l'organisme débiteur de prestations familiales peut majorer le montant de la retenue d'un taux fixé par décret qui ne peut excéder 50 %. Ce taux est doublé en cas de réitération de la fraude dans un délai de cinq ans à compter de la notification de l'indu ayant donné lieu à majoration de la retenue./ () ".
34. Il résulte des dispositions de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale que l'organisme payeur peut procéder à la récupération d'indus de certaines prestations sociales par retenue sur des échéances à venir de prime d'activité et de RSA, alors même que ces échéances se rapporteraient à des droits ouverts au titre d'une période antérieure à la décision de récupération des indus.
35. Les articles L. 553-2 et D. 553-1 du code de la sécurité sociale déterminent les modalités de calcul des retenues sur les prestations à échoir auxquelles l'organisme payeur peut procéder pour la récupération d'un indu.
36. Compte tenu des manquements répétés de Mme B à ses obligations déclaratives, constitutifs d'une fraude, les décisions du 4 novembre 2020 pouvaient légalement prévoir des retenues à hauteur de 50 % sur les futures prestations versées à l'intéressée à compter de décembre 2020 pour rembourser les trop-perçus. Par conséquent, la requérante n'est pas fondée à soutenir que les décisions de pratiquer ce niveau de retenues méconnaîtrait les dispositions précitées.
Sur les conclusions à fin de décharge et d'injonction :
37. Il résulte de ce qui précède que les conclusions visant à obtenir la décharge des indus de prime d'activité et de RSA ne peuvent être que rejetées. Il y a également lieu de rejeter les conclusions tendant à obtenir le remboursement des sommes retenues dans le cadre de la procédure de recouvrement.
Sur les frais liés au litige :
38. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que le département du Nord et l'Etat, pour le compte duquel la caisse d'allocations familiales a notifié les indus de prime d'activité, qui n'ont pas la qualité de parties perdantes, verse à Me Moutoussamy une somme que celui-ci réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à Me Moutoussamy, au département du Nord et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.
Copie pour information sera adressée à la caisse d'allocations familiales du Nord.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
signé
J.M. Riou
La greffière,
signé
I.Baudry
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026