mardi 3 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2202333 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | MERVAILLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 29 mars 2022 et 13 novembre 2023, M. A C, représenté par Me Mervaille, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er février 2022 par lequel le maire de Lille a mis à sa charge les frais avancés par la commune pour procéder à la fermeture des portes et fenêtres de l'immeuble lui appartenant dans un but de préservation de la sécurité publique ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Lille le versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'est pas établi que la décision contestée ait été signée par une personne qui était compétente pour ce faire ;
- elle est entachée d'une erreur de droit pour défaut de base légale ;
- elle est entachée d'une erreur de fait.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 octobre 2023, la commune de Lille conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lemée,
- les conclusions de M. Even, rapporteur public,
- et les observations de M. B, représentant la commune de Lille.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C est nu-propriétaire d'un immeuble situé 3, rue Druelle à Lille dont il a été constaté, eu égard à son état d'abandon, qu'il était fréquemment occupé par des squatteurs. Par un premier arrêté du 20 janvier 2022, le maire de Lille a autorisé les services municipaux à effectuer tous travaux nécessaires à la préservation de la sécurité publique, notamment par la pose de planches sur la porte d'entrée et la fenêtre du rez-de-chaussée de cet immeuble et a mis les frais engagés à la charge de la commune. Par un second arrêté du 1er février 2022, il a, dans le même but, autorisé les services municipaux à effectuer tous travaux nécessaires en précisant qu'ils devaient notamment viser à la fermeture efficace des portes et fenêtres de l'immeuble mais en son article 2, a décidé que les frais avancés par la commune seraient récupérés auprès de M. C. M. C demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 1er février 2022 du maire de Lille en tant qu'en son article 2, il a mis à sa charge les frais avancés par la commune.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Il n'est pas contesté que pour prendre l'arrêté attaqué, le maire de Lille ne s'est pas fondé sur les dispositions du code de la construction et de l'habitation mais sur les dispositions des articles L. 2212-1 et suivants du code général des collectivités territoriales.
3. Aux termes de l'article L. 2212-1 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est chargé, sous le contrôle administratif du représentant de l'Etat dans le département, de la police municipale, de la police rurale et de l'exécution des actes de l'Etat qui y sont relatifs. " Aux termes de l'article L. 2212-2 du même code : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment : / 1° Tout ce qui intéresse la sûreté et la commodité du passage dans les rues, quais, places et voies publiques, ce qui comprend le nettoiement, l'éclairage, l'enlèvement des encombrements, la démolition ou la réparation des édifices et monuments funéraires menaçant ruine, l'interdiction de rien exposer aux fenêtres ou autres parties des édifices qui puisse nuire par sa chute ou celle de rien jeter qui puisse endommager les passants ou causer des exhalaisons nuisibles ainsi que le soin de réprimer les dépôts, déversements, déjections, projections de toute matière ou objet de nature à nuire, en quelque manière que ce soit, à la sûreté ou à la commodité du passage ou à la propreté des voies susmentionnées () " Aux termes de l'article L. 2212-4 de ce code : " En cas de danger grave ou imminent, tel que les accidents naturels prévus au 5° de l'article L.2212-2, le maire prescrit l'exécution des mesures de sûreté exigées par les circonstances. / Il informe d'urgence le représentant de l'Etat dans le département et lui fait connaître les mesures qu'il a prescrites. "
3. Il ne ressort pas des dispositions précitées ni d'aucune disposition du code général des collectivités territoriales, que le maire de Lille, après avoir autorisé la réalisation par les services municipaux des travaux nécessaires à la fermeture efficace de l'immeuble en litige pour des motifs exclusifs de sécurité publique, pouvait légalement en mettre le coût à la charge du propriétaire de cet immeuble alors en outre que, contrairement à ce qui est soutenu en défense, M. C a seulement autorisé la réalisation des travaux sans exprimer aucun accord quant à leur éventuelle prise en charge par ses soins.
4. Il résulte de ce qui précède que sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, l'article 2 de l'arrêté du 1er février 2022 du maire de Lille doit être annulé.
Sur les frais liés au litige :
5. La commune de Lille étant partie perdante à l'instance, il y a lieu de mettre à sa charge le versement à M. C d'une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'article 2 de l'arrêté du 1er février 2022 du maire de la commune de Lille est annulé.
Article 2 : La commune de Lille versera à M. C une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la commune de Lille.
Délibéré après l'audience du 12 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Kolbert, président,
Mme Monteil, première conseillère,
M. Lemée, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 décembre 2024.
Le rapporteur,
Signé
M. Lemée
Le président,
Signé
É. Kolbert
Le greffier,
Signé
A. Dewière
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026