mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2202486 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL WALGENWITZ AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 4 avril 2022 et 12 mai 2023, M. A B, représenté par Me Ducrocq, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 octobre 2021 par lequel le président de la Métropole européenne de Lille lui a infligé la sanction d'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de huit jours assortie d'un sursis partiel de trois jours ;
2°) de mettre à la charge de la Métropole européenne de Lille la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté a été pris par une autorité incompétente ;
- les faits fondant la sanction sont prescrits ;
- les fait reprochés ne sont pas fautifs.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 novembre 2022, la Métropole européenne de Lille, représentée par Me Jean-Pierre, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Boileau,
- les conclusions de Mme Grard, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, titulaire du grade d'adjoint technique principal de deuxième classe, a été recruté par le syndicat mixte espace naturel Lille métropole le 1er mars 2003. Il est employé depuis le 15 avril 2016 par la Métropole européenne de Lille qui s'est substituée à ce syndicat mixte. Il occupe depuis le 1er janvier 2018 le poste de gestionnaire des milieux naturels à la base de loisirs des Près du Hem. Par un arrêté du 19 octobre 2021, le président du conseil de la Métropole européenne de Lille l'a sanctionné d'une exclusion temporaire de fonctions d'une durée de huit jours, assortie d'un sursis de trois jours. M. B a formé un recours gracieux le 9 décembre 2021 que le président de la Métropole a rejeté le 31 janvier 2022. Par la présente requête, M. B conteste la sanction qui lui a été infligée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En première lieu, aux termes de l'article L. 5215-21 du code général des collectivités territoriales, rendu applicable aux métropoles par l'article L. 5217-7 du même code : " La communauté urbaine est substituée de plein droit au syndicat de communes ou au syndicat mixte dont le périmètre est identique au sien, pour la totalité des compétences qu'il exerce. () / La substitution de la communauté urbaine au syndicat s'effectue dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article L. 5211-41. ". Aux termes de l'article L. 5211-41 du même code : " () L'ensemble des personnels de l'établissement transformé est réputé relever du nouvel établissement dans les conditions de statut et d'emploi qui sont les siennes. () ".
3. M. B soutient que le président de la Métropole européenne de Lille ne pouvait le sanctionner dès lors que les faits reprochés se sont déroulés alors qu'il était employé par le syndicat mixte espace naturel Lille métropole, seul compétent pour prononcer une sanction à son encontre. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que par une délibération du 18 décembre 2015, la Métropole européenne de Lille s'est substituée au syndicat mixte espace naturel Lille métropole pour l'ensemble des compétences de cet établissement, en ce compris la gestion des personnels. Par suite, le président de la Métropole européenne de Lille était bien compétent pour exercer le pouvoir disciplinaire à l'encontre du requérant, la circonstance que les faits reprochés auraient été commis antérieurement au transfert de compétence étant à cet égard sans influence. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 19 de la loi du 13 juillet 1983, en vigueur à la date de l'arrêté contesté : " Le pouvoir disciplinaire appartient à l'autorité investie du pouvoir de nomination. / Aucune procédure disciplinaire ne peut être engagée au-delà d'un délai de trois ans à compter du jour où l'administration a eu une connaissance effective de la réalité, de la nature et de l'ampleur des faits passibles de sanction. () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que la Métropole européenne de Lille n'a eu connaissance effective de la réalité, de la nature exacte et de l'ampleur des faits commis par M. B et qu'elle estimait fautifs qu'à l'issue de l'enquête administrative dont le rapport lui a été remis le 18 septembre 2019 et qu'elle a engagé la procédure disciplinaire le 25 mai 2021. Dès lors, le délai de trois ans mentionné à l'article 19 précité de la loi du 13 juillet 1983 a été respecté et M. B n'est pas fondé à soutenir que les faits qui lui sont reprochés étaient prescrits.
6. En dernier lieu, il est reproché à M. B d'avoir, au cours de l'été 2016, organisé un barbecue, hors des horaires de travail, sur le site de la base de loisirs des Près du Hem, sans autorisation de sa hiérarchie, et d'avoir apporté une carabine à plomb pour faire une démonstration de tir à un collègue qu'il avait invité pour l'occasion. M. B ne conteste pas ces faits mais seulement leur date, affirmant qu'ils se sont produits à l'été 2015. S'il ressort des pièces du dossier, et notamment du procès-verbal d'audition du collègue concerné, que les faits reprochés se sont bien déroulés en 2015 et non en 2016, cette circonstance est sans incidence sur leur matérialité que M. B ne conteste au demeurant pas.
7. Le requérant fait valoir que les faits en cause ne peuvent être qualifiés de fautifs dès lors qu'à l'époque de leur survenue, l'accès au site en dehors des heures de travail et l'organisation de manifestations de convivialité étaient permis par sa hiérarchie. Il ressort toutefois des témoignages produits par M. B que, si des moments de convivialité étaient parfois organisés hors des heures de travail au sein de la base de loisirs des Près du Hem, cela se faisait sous la responsabilité d'un cadre et concernait toute l'équipe. Dès lors, en organisant un barbecue avec un autre agent sur son lieu de travail, hors des horaires de service, sans en avoir informé sa hiérarchie, M. B a commis une faute disciplinaire susceptible de faire l'objet d'une sanction. Il en va de même pour l'introduction, sans autorisation, d'une carabine à air comprimé sur son lieu de travail.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la Métropole européenne de Lille, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme de 1 000 euros à verser à la Métropole européenne de Lille au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera à la Métropole européenne de Lille la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la Métropole européenne de Lille.
Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Leguin, présidente,
M. Perrin, premier conseiller,
M. Boileau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.
Le rapporteur,
signé
C. BOILEAU
La présidente,
signé
A-M. LEGUIN
La greffière,
signé
S. SING
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026