vendredi 19 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2202507 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | DELESCLUSE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 4 avril 2022 et 22 août 2022, M. B A, représenté par Me Delescluse, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 mars 2022 par lequel le préfet du Nord lui a refusé son agrément en qualité d'agent de police municipale ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée doit être regardée comme un retrait de l'arrêté du sous-préfet de Dunkerque du 15 janvier 2020 effectué sur le fondement des dispositions du dernier alinéa de l'article L. 511-2 du code de la sécurité intérieure ; la mention figurant sur l'arrêté précité du 15 janvier 2020 selon laquelle il " est agréé en qualité d'agent de la police municipale de Dunkerque " est indifférente ;
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'irrégularité faute de recueil de l'avis du maire en méconnaissance des dispositions de l'article L. 511-2 du code de la sécurité intérieure ;
- elle a été prise en méconnaissance des dispositions des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration et de l'article 65 de la loi du 22 avril 1905 dès lors que le préfet du Nord lui a permis uniquement de présenter des observations écrites et ne l'a pas informé de son droit de se faire assister ou représenter par la personne de son choix ni de consulter son dossier ; par ailleurs, il aurait dû bénéficier d'un entretien ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 511-2 du code de la sécurité intérieure en ce qu'elle est fondée sur des faits antérieurs à l'agrément délivré le 15 janvier 2020 et connus de l'autorité administrative à la date précitée ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er août 2022, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 14 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 décembre 2022.
Vu :
- l'ordonnance n° 2202498 du juge des référés du tribunal administratif de Lille ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Célino,
- les conclusions de Mme Dang, rapporteure publique,
- les observations de Me Delescluse, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite de sa réussite au concours de gardien-brigadier de police municipale lors de la session 2018, M. A a été recruté en qualité de gardien-brigadier de police municipale stagiaire de la commune de Dunkerque par arrêté du maire de cette commune en date du 13 juin 2019. Il a bénéficié d'un agrément en qualité d'agent de la police municipale de Dunkerque par une décision du 27 novembre 2019 du procureur de la République près le tribunal judiciaire de Dunkerque et un arrêté du 15 janvier 2020 délivré par le sous-préfet de Dunkerque. Après sa titularisation le 1er juillet 2020, il a été recruté en qualité d'agent de police municipale par le maire de la commune de Villeneuve d'Ascq à compter du 1er octobre 2021. A la suite de cette mutation, le préfet du Nord a informé le maire de la commune de Villeneuve d'Ascq de la nécessité d'effectuer à nouveau la procédure d'obtention de l'agrément de M. A. Par la consultation du service national des enquêtes et du bulletin n°2 du casier judiciaire de M. A, le préfet du Nord a découvert que M. A était connu pour des infractions à la circulation routière datant de 2009, 2014 et 2015. Interrogé par le préfet du Nord sur son souhait de recruter cet agent, le maire de la commune de Villeneuve d'Ascq a confirmé son intention par un courrier du 17 novembre 2021. Par un arrêté du 18 mars 2022, le préfet du Nord a refusé l'agrément sollicité. M. A demande au tribunal de prononcer l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la qualification juridique de la décision en litige :
2. Aux termes de l'article L. 511-2 du code de sécurité intérieure: "Les fonctions d'agent de police municipale ne peuvent être exercées que par des fonctionnaires territoriaux recrutés à cet effet dans les conditions fixées par les statuts particuliers prévus à l'article 6 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale () /. Ils sont nommés par le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale, agréés par le représentant de l'Etat dans le département et le procureur de la République, puis assermentés. Cet agrément et cette assermentation restent valables tant qu'ils continuent d'exercer des fonctions d'agents de police municipale. En cas de recrutement par une commune ou un établissement de coopération intercommunale situé sur le ressort d'un autre tribunal judiciaire, les procureurs de la République compétents au titre de l'ancien et du nouveau lieu d'exercice des fonctions sont avisés sans délai. / L'agrément peut être retiré ou suspendu par le représentant de l'Etat ou le procureur de la République après consultation du maire ou du président de l'établissement public de coopération intercommunale ()". Aux termes de l'article R. 511-2 du même code : "L'agrément des agents de police municipale prévu par l'article L. 511-2 est délivré par le préfet du département dans lequel l'agent prend ses fonctions lors d'une première affectation./ Il est retiré ou suspendu par le préfet du département dans lequel se situe le siège de l'autorité d'emploi de l'agent à la date de la décision./ Le préfet qui retire ou suspend l'agrément d'un agent de police municipale en informe le préfet qui l'avait initialement délivré".
3. Il résulte de ces dispositions que l'agrément délivré par l'autorité judiciaire et le représentant de l'Etat lors de la nomination en qualité d'agent de police municipale demeure valable tant que l'agent exerce en cette qualité, nonobstant les mutations susceptibles d'intervenir dans un autre ressort que celui du parquet ayant délivré cet agrément.
4. En l'espèce, il est constant que, par un arrêté du 15 janvier 2020 du sous-préfet de Dunkerque, M. A a obtenu l'agrément pour exercer en qualité d'agent de police municipale alors qu'il exerçait sur le ressort du tribunal judiciaire de Dunkerque. Cet agrément demeurait valable après sa mutation sur le ressort du tribunal judiciaire de Lille dont dépend la commune de Villeneuve d'Ascq, nonobstant la mention figurant dans l'arrêté du 15 janvier 2020 selon laquelle il avait été "agréé en qualité d'agent de la police municipale de Dunkerque ". Par suite, la décision litigieuse doit être regardée comme un retrait de l'agrément dont bénéficiait M. A.
En ce qui concerne la légalité de la décision :
5. L'agrément, a pour objet de vérifier que l'intéressé présente les garanties d'honorabilité requises pour occuper l'emploi de l'administration municipale auquel il a été nommé. L'agrément accordé à un policier municipal sur le fondement des dispositions susvisées de l'article L. 511-2 du code de la sécurité intérieure peut légalement être retiré lorsque l'agent ne présente plus les garanties d'honorabilité auxquelles est subordonnée la délivrance de l'agrément. L'honorabilité d'un agent de police municipale, nécessaire à l'exercice de ses fonctions, dépend notamment de la confiance qu'il peut inspirer, de sa fiabilité et de son crédit.
6. Pour retirer l'agrément dont bénéficiait M. A, le préfet du Nord s'est fondé sur la condamnation de l'intéressé pour des faits de conduite de véhicule sans permis commis en septembre 2009 et de circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance commis à deux reprises en juillet 2014 et en juillet 2015. Si les faits sont reconnus par le requérant et sont d'une gravité relative, il n'est pas contesté qu'ils ont donné lieu à des amendes de 250, 400 et 500 euros. Par ailleurs, le chef de la police municipale de Villeneuve d'Ascq évoque "un agent sérieux, passionné, très investi dans ses missions et qui fait preuve d'un haut niveau de compétence". Il ajoute que l'intéressé présente "un savoir-être et une attitude tout à fait satisfaisants et qui ne mettent pas en doute sa bonne moralité et sa probité". En outre, les évaluations de 2019 et de 2020, produites par le requérant, font état d'un agent très impliqué, manifestant de l'intérêt dans le fait d'apprendre. Dans ces conditions, et eu égard au caractère ancien de ces faits datant de treize ans, huit ans et sept ans à la date de l'édiction de la décision attaquée, en procédant au retrait de l'agrément de M. A, le préfet du Nord a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
7. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 18 mars 2022 par laquelle le préfet du Nord a procédé au retrait de l'agrément dont il bénéficiait.
Sur les frais liés au litige :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 18 mars 2022 par laquelle le préfet du Nord a retiré à M. A son agrément en qualité d'agent de police municipal est annulée.
Article 2 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie sera adressée au préfet du Nord.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Paganel, président,
Mme Célino, première conseillère,
Mme Barre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2024.
La rapporteure,
Signé
C. CELINO
Le président,
Signé
M. PAGANELLa greffière,
Signé
A. BEGUE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026