lundi 12 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2202558 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | DEWAELE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 5 et 28 avril 2022, M. A B, représenté par Me Dewaele, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 25 février 2022 par lequel le préfet du Nord a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ;
3°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente du réexamen de son droit au séjour, dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application combinée des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle.
M. B soutient que :
En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :
- il a été pris par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé ;
- la procédure n'a pas été respectée.
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dans l'application des stipulations de l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article 11 de l'accord franco-tunisien et les dispositions des articles L. 421-1 et L. 311-13 D du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision méconnait les dispositions des articles L. 432-1 et L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en l'absence de menace à l'ordre public ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale, par voie d'exception, en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dans l'application des stipulations de l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article 11 de l'accord franco-tunisien et les dispositions des articles L. 421-1 et L. 311-13 D du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision méconnait les dispositions des articles L. 432-1 et L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en l'absence de menace à l'ordre public ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elle est illégale, par voie d'exception, en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale, par voie d'exception, en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 septembre 2022, le préfet du Nord, représenté par Me Cano, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par une décision du 2 mai 2022, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Par une ordonnance du 14 avril 2022, le clôture de l'instruction a été fixée au 13 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord du 17 mars 1988 entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République de Tunisie en matière de séjour et de travail ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- et les observations de Me Cherfi Younis, substituant Me Cano, pour le préfet du Nord.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant tunisien né le 23 février 1995 à Ouardanie (Tunisie), est entré en France le 23 septembre 2017, muni d'un passeport en cours de validité et d'un visa de court séjour valable du 1er septembre 2017 au 1er novembre 2017. Il a sollicité la délivrance d'un premier titre de séjour mention " salarié ". Par un arrêté du 25 février 2022, le préfet du Nord lui a refusé la délivrance du titre de séjour sollicité, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de l'ensemble des décisions contenues dans l'arrêté du préfet du Nord du 25 février 2022.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Il ressort des pièces du dossier que M. B s'est vu accorder l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 2 mai 2022. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur ses conclusions à fin d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :
3. En premier lieu, eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, soumis à la formalité de publication, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier. En l'espèce, M. E D, signataire de l'arrêté attaqué, disposait d'une délégation à cet effet par arrêté du préfet du Nord du 22 novembre 2021, régulièrement publié le même jour au recueil spécial des actes administratifs de l'Etat dans le département. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire doit, par suite, être écarté.
4. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué énonce l'ensemble des considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde, de manière suffisamment circonstanciée pour mettre utilement M. B en mesure d'en discuter les motifs. Il est donc ainsi suffisamment motivé.
5. En troisième lieu, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
6. En premier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet, en faisant référence à la situation tant professionnelle que personnelle de M. B n'aurait pas procédé à un examen complet de sa situation. Le moyen doit, dès lors, être écarté.
7. En deuxième lieu, l'article 11 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 en matière de séjour et de travail stipule : " Les dispositions du présent Accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux Etats sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'Accord. / Chaque Etat délivre notamment aux ressortissants de l'autre Etat tous titres de séjour autres que ceux visés au présent Accord, dans les conditions prévues par sa législation ". L'article 3 du même accord stipule que " Les ressortissants tunisiens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent accord, reçoivent, après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable et portant la mention "salarié" ". Aux termes de l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1 ". Enfin, aux termes de l'article L. 412-5 de ce code : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle et de l'autorisation provisoire de séjour prévue aux articles L. 425-4 ou L. 425-10 ainsi qu'à la délivrance de la carte de résident et de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE ". ".
8. Pour refuser de délivrer à M. B le titre de séjour sollicité sur le fondement des stipulations précitées de l'accord franco-tunisien modifié, le préfet du Nord s'est fondé sur les circonstances que l'intéressé n'a pas présenté le visa de long séjour exigé par les dispositions de l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'il ne justifiait pas d'un contrat de travail et que son comportement constituait une menace pour la sécurité et l'ordre public dès lors qu'il a été condamné pour violence sur conjoint.
9. Pour contester ce refus de titre de séjour, M. B soutient que le préfet du Nord a commis d'une part, une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article 3 de l'accord franco-tunisien dès lors qu'il justifiait d'une promesse d'embauche en contrat à durée indéterminée, d'autre part une erreur de droit dans l'application des stipulations de l'article 11 de l'accord franco-tunisien précité et des articles L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et L. 311-13 D du même code dès lors qu'il a acquitté en partie un droit de visa de régularisation prévu, enfin, une erreur manifeste d'appréciation en estimant que son comportement constituait une menace pour l'ordre public.
10. D'une part, les dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui sont relatives à la délivrance d'un titre de séjour en qualité de salarié, ne sont pas applicables aux ressortissants tunisiens, dont la situation sur ce point est intégralement régie par l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 juin 1988 et les dispositions de l'article L. 311-13 D du même code ont été abrogées par l'ordonnance n° 2020-1733 du 16 décembre 2020. D'autre part, il est constant que M. B, qui a sollicité un titre de séjour en qualité de salarié, n'a pas présenté le visa de long séjour exigé par les dispositions précitées, pas plus qu'il ne justifiait d'une activité salariée à la date de sa demande de titre. S'il soutient bénéficier de plusieurs promesses d'embauche au sein de la société FM Rénovation située à Dechy, en qualité d'ouvrier en maçonnerie, il ressort néanmoins des pièces du dossier que son employeur, qui est par ailleurs son oncle, après avoir déposé deux demandes d'autorisation de travail en date du 5 février 2021 et du 18 août 2021, n'a pas accompli les diligences nécessaires à l'examen de ces demandes en s'abstenant de faire suite aux demandes de productions de pièces complémentaires nécessaires à l'instruction du dossier en vue de la délivrance de cette autorisation. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation de la situation du requérant au regard des stipulations et dispositions précitées ne peut qu'être écarté.
11. Il n'est pas contesté que M. B qui est entré en France muni d'un passeport en cours de validité et d'un visa de court-séjour valable du 1er septembre 2017 au 1er novembre 2017, s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire depuis cette date et qu'il ne dispose pas de visa de long séjour exigé par l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, et contrairement à ce que soutient le requérant, en lui opposant l'absence de visa de long-séjour pour rejeter sa demande de titre de séjour sur le fondement de l'article 3 de l'accord franco-tunisien combinées aux stipulations de l'article 11 de cet accord et aux dispositions de l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, faisant de la possession d'un tel visa une condition nécessaire à l'obtention d'un tel titre de séjour, le préfet du Nord n'a pas commis d'erreur de droit.
12. Il ressort des pièces du dossier que M. B a fait l'objet d'une condamnation à trois mois d'emprisonnement avec sursis par un jugement rendu le 3 septembre 2020 par le tribunal correctionnel de Douai, confirmé le 22 juin 2021 par la cour d'appel de Douai, pour des faits de violence aggravée suivie d'une incapacité n'excédant pas huit jours sur sa conjointe. Dans ce cadre, il lui a notamment été fait interdiction d'entrer en relation avec son épouse. Si l'intéressé se prévaut d'une part, de ce qu'il a accompli un stage de responsabilisation pour la prévention et la lutte contre les violences au sein du couple et d'autre part, qu'il n'a commis aucune autre infraction pénale depuis, eu égard à la nature des faits, à leur gravité et à leur caractère récent, le requérant n'est pas fondé à soutenir que son comportement ne constitue pas une menace à l'ordre public. Le moyen soulevé à ce titre doit, par suite, être écarté.
13. En troisième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Il appartient à l'autorité administrative qui envisage de refuser de délivrer un titre de séjour à un étranger ou de procéder à son éloignement, d'apprécier si, eu égard notamment à la durée et aux conditions de son séjour en France, ainsi qu'à la nature et à l'ancienneté de ses liens familiaux sur le territoire français, l'atteinte que cette mesure porterait à sa vie privée et familiale serait disproportionnée au regard des buts en vue desquels cette décision a été prise.
14. Il ressort des pièces du dossier que M. B qui séjourne sur le territoire français depuis cinq ans à la date de l'arrêté attaqué, est en instance de divorce et sans enfant. S'il se prévaut de sa relation avec une ressortissante française il n'y a pas de communauté de vie et cette relation commencée en 2021 est très récente. En outre M. B, qui n'atteste pas de liens privés ou familiaux intenses sur le territoire français, n'est pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine dans lequel il a vécu jusqu'à ses vingt-deux ans et où résident ses parents. Dès lors, dans les circonstances de l'espèce, le préfet du Nord, en rejetant la demande de M. B tendant à la délivrance d'un titre de séjour, n'a pas porté au droit de celui-ci au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le préfet du Nord n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
15. En dernier lieu, les moyens tirés de l'erreur de fait et de l'erreur manifeste d'appréciation ne sont pas assortis des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
16. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision lui refusant la délivrance du titre de séjour sollicité.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
17. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit plus haut que la décision portant refus de délivrance de titre de séjour n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, M. B ne peut pas se prévaloir par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision, pour demander l'annulation de la décision l'obligeant à quitter le territoire français.
18. En deuxième lieu, pour les mêmes raisons que celles exposées aux points 5 à 8 du présent jugement, les moyens tirés d'une part, de la violation et de l'erreur d'appréciation dans l'application d'une part, des stipulations des articles 3, 10-1 a) et 11 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 et L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et d'autre part, des dispositions des articles L. 432-1 et L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en l'absence de menace à l'ordre public doivent être écartés.
19. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 11 et 12 que M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Nord aurait méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
20. En dernier lieu, les moyens tirés de l'erreur de fait, de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation soulevés ne sont pas assortis des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
21. M. B n'est dès lors pas fondé à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
En ce qui concerne la décision refusant un délai de départ volontaire :
22. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas illégale, M. B ne peut pas se prévaloir par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision, pour demander l'annulation de la décision lui refusant un délai de départ volontaire.
23. En second lieu et pour les mêmes motifs que ceux exposés plus haut, les moyens tirés de l'erreur de droit et du défaut de l'examen de la situation de M. B au regard des dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.
24. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision lui refusant un délai de départ volontaire.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
25. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas illégale, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de destination est illégale en conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.
26. En second lieu, les moyens tirés de l'erreur de droit, de l'erreur manifeste d'appréciation et de la méconnaissance des dispositions de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ne sont pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.
27. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 25 février 2022 du préfet du Nord. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. B tendant à son admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet du Nord et à Me Dewaele.
Délibéré après l'audience du 18 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Leguin, présidente,
M. Borget, premier conseiller,
Mme Zoubir, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2022.
La rapporteure,
signé
N. C
La présidente,
signé
A-M. LEGUIN
La greffière,
signé
C. CALIN
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026