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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2202932

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2202932

mercredi 28 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2202932
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation6ème chambre
Avocat requérantDEWAELE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 avril 2022, M. A E, représenté par Me Dewaele, demande au tribunal :

1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 7 février 2022 par lequel le préfet du Pas-de-Calais lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une carte de séjour temporaire et ce, sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de l'expiration d'un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à défaut, de procéder à un réexamen de sa situation dans le même délai et sous la même astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Dewaele de la somme de 2 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

M. E soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :

- elle a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité, par voie d'exception, de la décision portant refus de titre de séjour ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision octroyant un délai de départ volontaire de trente jours :

- elle a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité, par voie d'exception, de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité, par voie d'exception, de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juin 2022, le préfet du Pas-de-Calais conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 13 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 13 juillet 2022.

M. E a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 mars 2022 du bureau d'aide juridictionnelle.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- l'arrêté du 30 avril 2021 fixant la liste des pièces justificatives exigées pour la délivrance, hors Nouvelle-Calédonie, des titres de séjour prévus par le livre IV du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. E, ressortissant ivoirien né le 6 janvier 2002 à Adjame (Côte d'Ivoire), déclare être entré en France le 16 janvier 2018. Par une ordonnance du 25 janvier 2018, le procureur de la République de Lille a ordonné son placement provisoire auprès de l'aide sociale à enfance, placement confirmé jusqu'à sa majorité par un jugement en assistance éducative du juge des enfants du tribunal de grande instance de Lille, devenu tribunal judiciaire, du 9 mars 2018. A sa majorité, il a obtenu, sur le fondement de l'article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, devenu l'article L. 435-3 de ce code à compter du 1er mai 2021, un titre de séjour portant la mention " travailleur temporaire ", régulièrement renouvelé jusqu'au 5 janvier 2022. Par l'arrêté attaqué, le préfet du Pas-de-Calais a refusé de renouveler ce titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de destination.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun à l'ensemble des décisions attaquées :

2. Eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, soumis à la formalité de publication, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier. Par un arrêté du 13 janvier 2022, publié le 17 janvier 2022 au recueil spécial n° 11 des actes de la préfecture, le préfet du Pas-de-Calais a donné délégation à M. D B, chef du bureau du contentieux du droit des étrangers, signataire de l'arrêté en litige, à l'effet de signer, notamment, les décisions attaquées. Par suite, le moyen d'incompétence du signataire de l'arrêté litigieux manque en fait et doit, par suite, être écarté.

En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision portant refus de renouvellement d'un titre de séjour :

3. En premier lieu, la décision attaquée énonce avec suffisamment de précision les circonstances de fait et de droit qui la fondent. Par suite, le moyen tiré de ce que cette décision serait insuffisamment motivée doit être écarté.

4. En deuxième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de la décision attaquée que le préfet du Pas-de-Calais, qui n'était pas tenu de faire mention de tous les éléments de la vie privée et familiale de M. E, ne se serait pas livré à un examen sérieux de la situation personnelle de ce dernier.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version alors en vigueur : " A titre exceptionnel, l'étranger qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle peut, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ", sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion de cet étranger dans la société française. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. " Par ailleurs, aux termes de l'article L. 433-1 de ce même code : " A l'exception de la carte de séjour pluriannuelle portant la mention " salarié détaché ICT ", prévue à l'article L. 421-26, et de la carte de séjour pluriannuelle portant la mention " recherche d'emploi ou création d'entreprise ", prévue à l'article L. 422-10, qui ne sont pas renouvelables, le renouvellement de la carte de séjour temporaire ou pluriannuelle est subordonné à la preuve par le ressortissant étranger qu'il continue de remplir les conditions requises pour la délivrance de cette carte. / L'autorité administrative peut procéder aux vérifications utiles pour s'assurer du maintien du droit au séjour de l'intéressé et, à cette fin, convoquer celui-ci à un ou plusieurs entretiens. / Par dérogation au présent article la carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " prévue à l'article L. 421-1, ainsi que la carte de séjour pluriannuelle portant la mention " passeport talent " prévue aux articles L. 421-9, L. 421-10, L. 421-11 ou L. 421-14, sont renouvelées dans les conditions prévues à ces mêmes articles. ". Enfin, l'annexe 10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version issue de l'arrêté du 30 avril 2021 fixant la liste des pièces justificatives exigées pour la délivrance des titres de séjour prévus par le livre IV du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en vigueur à la date de la décision attaquée, prévoit, s'agissant des pièces à fournir pour le renouvellement d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, outre le titre de séjour en cours de validité, la production de justificatifs de la poursuite de la formation professionnalisante tels que des évaluations, relevés de note, attestation d'assiduité ou attestation du tuteur au sein de l'entreprise d'accueil et n'exige aucune condition d'âge pour le renouvellement d'un tel titre de séjour.

6. Il ressort des pièces du dossier qu'à la date de la décision attaquée M. E ne justifiait plus du suivi d'une formation professionnelle qualifiante, l'apprentissage qu'il avait débuté le 21 septembre 2021 en vue de l'obtention d'un baccalauréat professionnel mention " monteur installateur génie climatique et sanitaire " ayant été interrompu dès le 1er octobre 2021 et le requérant n'étant pas parvenu, malgré ses recherches, à conclure un nouveau contrat d'apprentissage. Dans ces conditions, et quelles que soient les circonstances ayant présidé à l'interruption du contrat ayant pris fin le 1er octobre 2021, le préfet du Pas-de-Calais n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant à M. E le renouvellement de son titre de séjour.

7. En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant aurait sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet n'a pas davantage examiné d'office, ainsi qu'il en a la possibilité, la demande de titre de séjour de M. E au regard de ces dispositions. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est inopérant et ne peut qu'être écarté.

8. En dernier lieu, au titre de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

9. Il ressort des pièces du dossier que M. E est entré en France le 16 janvier 2018, soit quelques jours après ses seize ans. Pris en charge par l'aide sociale à l'enfance et scolarisé dès l'année 2018-2019, il a obtenu, en juin 2020, son certificat d'aptitude professionnelle mention " installateur sanitaire " puis s'est inscrit, pour l'année scolaire 2020-2021 en première professionnelle au lycée des métiers Jacques Le Caron à Arras afin de préparer un baccalauréat professionnel mention " monteur installateur génie climatique et sanitaire ". Il a effectué, cette année-là, un apprentissage au sein de la société ITS Chauffe, interrompu cependant avant son terme, prévu le 31 août 2022. S'il a obtenu un nouveau contrat d'apprentissage pour l'année scolaire 2021/2022, il ressort des pièces du dossier que ce contrat a été brutalement interrompu dans des circonstances suspectes, l'employeur du requérant justifiant cette interruption en raison de la non-présentation de l'intéressé sur son lieu de travail une seule journée tandis que M. E fait valoir, ce qu'il corrobore par une attestation de l'un de ses anciens éducateurs spécialisés, que son employeur le contraignait à travailler plus de douze heures par jour et refusait de prendre en charge ses repas en raison de son origine ivoirienne. Il n'en demeure pas moins qu'à la date de la décision attaquée, M. E, ainsi qu'il a été précédemment exposé, n'était titulaire d'aucun contrat d'apprentissage et ne suivait plus aucune formation qualifiante. S'il a pu effectuer quelques missions en intérim, il ne ressort pas des pièces du dossier que ces dernières lui permettraient de subvenir à ses besoins. Par ailleurs, M. E n'atteste, en dehors de ses efforts pour s'insérer professionnellement en France, d'aucun lien familial ou privé en France. A cet égard, s'il fait valoir qu'il a participé bénévolement à l'entraînement d'une équipe de jeunes joueurs de football à Hénin-Beaumont, il ressort des pièces du dossier que cette participation a seulement été ponctuelle et s'est déroulée au cours de l'année 2020. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. E, dont les deux frères, dont un majeur à la date de la décision attaquée, résident en Côte d'Ivoire, ainsi qu'il ressort du rapport socio-éducatif du 15 juillet 2019 rédigé par le personnel de la structure dans laquelle il était alors accueilli, serait isolé en cas de retour en Côte d'Ivoire, et ce quand bien-même son père serait décédé et sa mère résiderait au Mali. Dans ces conditions, M. E ne peut être regardé comme ayant fixé en France le centre de ses intérêts privés et familiaux et, par suite, c'est sans méconnaître les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales que le préfet du Pas-de-Calais a refusé de renouveler son titre de séjour.

10. Il résulte de ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 7 février 2022 par laquelle le préfet du Pas-de-Calais a refusé de lui délivrer un titre de séjour.

En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français :

11. En premier lieu, la décision attaquée énonce avec suffisamment de précision les circonstances de fait et de droit qui la fondent. Par suite, le moyen tiré de ce que cette décision serait insuffisamment motivée doit être écarté.

12. En deuxième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de la décision attaquée que le préfet du Pas-de-Calais, qui n'était pas tenu de faire mention de tous les éléments de la vie privée et familiale de M. E, ne se serait pas livré à un examen sérieux de la situation personnelle de ce dernier.

13. En troisième lieu, compte tenu de ce qui a été exposé ci-dessus, le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision portant refus de renouvellement d'un titre de séjour doit être écarté.

14. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

15. Il résulte de ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 7 février 2022 par laquelle le préfet du Pas-de-Calais l'a obligé à quitter le territoire français.

En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision portant octroi d'un délai de départ volontaire de trente jours :

16. En premier lieu, aux termes de de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. () ".

17. Si M. E soutient que la décision fixant un délai de départ volontaire de trente jours est insuffisamment motivée, il résulte des dispositions précitées de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'autorité préfectorale n'a pas à motiver une décision accordant un tel délai de départ volontaire, lequel est le délai de droit commun. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée est inopérant et ne peut, par suite, qu'être écarté.

18. En deuxième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de la décision attaquée que le préfet du Pas-de-Calais, qui n'était pas tenu de faire mention de tous les éléments de la vie privée et familiale de M. E, ne se serait pas livré à un examen sérieux de la situation personnelle de ce dernier.

19. En dernier lieu, compte tenu de ce qui a été exposé ci-dessus, le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

20. Il résulte de ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 7 février 2022 par laquelle le préfet du Pas-de-Calais lui a octroyé un délai de départ volontaire de trente jours.

En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision fixant le pays de destination :

21. En premier lieu, la décision attaquée énonce avec suffisamment de précision les circonstances de fait et de droit qui la fondent. Par suite, le moyen tiré de ce que cette décision serait insuffisamment motivée doit être écarté.

22. En deuxième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de la décision attaquée que le préfet du Pas-de-Calais, qui n'était pas tenu de faire mention de tous les éléments de la vie privée et familiale de M. E, ne se serait pas livré à un examen sérieux de la situation personnelle de ce dernier.

23. En dernier lieu, compte tenu de ce qui a été exposé ci-dessus, le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

24. Il résulte de ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 7 février 2022 par laquelle le préfet du Pas-de-Calais a fixé son pays de destination.

25. Il résulte de tout ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 7 février 2022 par lequel le préfet du Pas-de-Calais lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de destination. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte ainsi que celles relatives aux frais liés au litige.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. E est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A E, à Me Emilie Dewaele et au préfet du Pas-de-Calais.

Copie en sera adressée, pour information, au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 7 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

- M. Riou, président,

- Mme Varenne, première conseillère,

- Mme Bruneau, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2022.

La rapporteure,

signé

M. VARENNE Le président,

signé

J-M. RIOU

La greffière,

signé

I. BAUDRY

La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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