mercredi 28 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2202971 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | BROISIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 avril 2022, Mme B D épouse C, représentée par Me Broisin, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 19 janvier 2022 par lequel le préfet du Pas-de-Calais lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salariée " ou, à défaut, la mention " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et ce, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans l'attente de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros à Me Broisin au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination sont illégales en raison de l'illégalité, par voie d'exception, de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour.
Par une ordonnance du 25 avril 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 10 juin 2022.
Un mémoire a été présenté le 16 août 2022 par le préfet du Pas-de-Calais.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Varenne, première conseillère,
- les observations de Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante arménienne née 10 juin 1961 à Artashat (Arménie), est entrée en France, selon ses déclarations, le 20 janvier 2015 de façon irrégulière en compagnie de son époux. Elle a sollicité le bénéfice d'une protection internationale qui lui a été refusé par une décision du 30 mai 2016 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 4 janvier 2017. Par un arrêté du préfet du Pas-de-Calais du 30 mai 2018, dont la légalité a été confirmée par un jugement du tribunal administratif de Lille du 19 octobre 2018 (n°1805244) puis par un arrêt de la cour administrative d'appel de Douai du 29 mai 2019 (n°18DA02528), sa demande tendant à la délivrance d'un titre de séjour en qualité de bénéficiaire d'une protection internationale ou en raison de son état de santé ont été rejetées. Elle a également fait l'objet, par le même arrêté, de décisions l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant son pays de destination. Elle a enfin sollicité, le 20 juillet 2021, la délivrance d'un titre de séjour en faisant valoir sa qualité de salariée. Par un arrêté du 19 janvier 2022, dont elle demande l'annulation, le préfet du Pas-de-Calais lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, examinant sa demande sur le fondement des articles L. 421-1, L. 421-3 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de destination.
Sur la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
2. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ". Ces dispositions dérogatoires confèrent au préfet la faculté de délivrer à un étranger qui justifie de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels une carte de séjour en qualité de salarié ou au titre de la vie privée et familiale, alors même qu'il n'est pas titulaire d'un visa de long séjour.
3. S'il ressort des pièces du dossier que Mme C totalisait, à la date de la décision attaquée, une présence en France de près de sept années, il est constant qu'elle est entrée irrégulièrement sur le territoire français où elle s'est d'abord maintenue à la faveur de ses démarches pour obtenir une protection internationale puis de façon irrégulière après le rejet de sa demande d'asile et la notification de la décision du 30 mai 2018 par laquelle le préfet du Pas-de-Calais a rejeté sa demande de titre de séjour en qualité de bénéficiaire d'une protection internationale et l'a obligée à quitter le territoire français, décision à l'exécution de laquelle elle s'est soustraite. Il est établi, par ailleurs, que son fils unique réside régulièrement en France avec sa compagne et ses deux enfants et il ressort des pièces du dossier que Mme C entretient des liens forts avec ces derniers. Celle-ci justifie également de ce qu'elle était en possession, à la date de la décision attaquée, d'une promesse d'embauche pour travailler au sein de l'association qui l'hébergeait dans le cadre d'un contrat à durée déterminée d'insertion. Elle atteste aussi du suivi assidu de cours de français et d'un réseau amical développé sur le sol français. Toutefois, si, par ces éléments, la requérante démontre une intégration certaine dans la société française, ces éléments, qui ne constituent ni des considérations humanitaires ni de motifs exceptionnels, sont insuffisants pour justifier son admission exceptionnelle au séjour sur le territoire français alors qu'elle a vécu en Arménie jusqu'à l'âge de 53 ans, pays où elle ne démontre pas ne pouvoir se réinsérer socialement et professionnellement, d'autant que, selon ses dires, elle y a occupé avant son départ pour la France un poste très qualifié au sein du ministère de la défense, et où son époux, également en situation irrégulière sur le territoire français, a vocation à l'accompagner. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet du Pas-de-Calais aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en refusant d'admettre exceptionnellement Mme C au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
4. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 19 janvier 2022 par laquelle le préfet du Pas-de-Calais lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour.
Sur les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination :
5. Compte tenu de ce qui précède, les moyens tirés de l'illégalité des décisions attaquées en raison de l'illégalité, par voie d'exception, de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour doivent être écartés.
6. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions du 19 janvier 2022 par lesquelles le préfet du Pas-de-Calais l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé son pays de destination.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 19 janvier 2022 par lequel le préfet du Pas-de-Calais lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de destination. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles relatives aux frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D épouse C, à Me Orsane Broisin et au préfet du Pas-de-Calais.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 7 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Riou, président,
- Mme Varenne, première conseillère,
- Mme Bruneau, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2022.
La rapporteure,
signé
M. VARENNE Le président,
signé
J.M. ALa greffière,
signé
I. BAUDRY
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026