vendredi 14 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2203044 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | ALMEIDA PATRICIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 22 avril 2022 et 2 février 2023, Mme B A, représentée par Me Patricia Almeida, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 mars 2022 du préfet du Nord en tant qu'il a rejeté sa demande de titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français ;
2°) d'enjoindre au préfet du Nord, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761- 1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée portant refus de titre de séjour méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- les décisions attaquées portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen particulier de sa situation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 janvier 2023, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par une ordonnance du 18 janvier 2023, la clôture d'instruction a été reportée au 27 février 2023 à 14 heures.
Vu les autres pièces du dossier. Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Babski a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, de nationalité chinoise, née le 30 mars 1988, entrée irrégulièrement en France, selon ses déclarations, le 23 septembre 2014, a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile. Sa demande a été successivement rejetée par le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 29 octobre 2015 puis, par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), le 21 juin 2016. L'intéressée a alors fait l'objet, le 11 août 2016, d'une mesure d'éloignement. Elle a sollicité, le 21 juin 2021, la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en sa qualité de " conjoint de résident ". Par un arrêté du 21 mars 2022, le préfet du Nord a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination duquel elle doit être éloignée. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal d'annuler les décisions du 21 mars 2022 portant refus de délivrance d'un titre de séjour et obligation de quitter le territoire français.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article
L. 412-1. / () ".
3. Mme A soutient qu'elle justifie de motifs exceptionnels pour bénéficier d'une admission au séjour en France dès lors qu'y résidant depuis plus de sept ans, elle vit, depuis l'année 2016, avec son époux, qui est en situation régulière et avec lequel elle s'est mariée le 29 mars 2017 et a eu une fille, née sur le territoire français le 13 février 2019. Si, contrairement à ce que soutient le préfet du Nord en défense, la requérante justifie de l'ancienneté de sa présence en France depuis l'année 2015 et de la communauté de vie avec son conjoint depuis l'année 2016 par les pièces qu'elle produit, elle ne démontre cependant aucune insertion sociale, ni aucune insertion professionnelle sur le territoire français, son mari n'étant titulaire quant à lui, que d'une carte de séjour temporaire " salarié " d'un an à la date de la décision attaquée. En outre, elle ne peut utilement se prévaloir ni d'une promesse d'embauche, consentie le 21 avril 2022, ni d'un certificat de scolarité du 20 janvier 2023 établissant que sa fille est scolarisée depuis septembre 2022, ni d'une attestation de propriété du 21 décembre 2022, ces pièces étant postérieures à la décision attaquée et, étant, ainsi, sans incidence sur sa légalité. Par ailleurs, l'intéressée ne conteste pas qu'elle est entrée irrégulièrement en France et s'y est maintenue du 16 août 2016, date de notification d'une obligation de quitter le territoire français prise à son encontre le 11 août 2016, au 21 juin 2021, date du dépôt de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour. Enfin, elle n'est pas dépourvue de toutes attaches familiales dans son pays d'origine où vivent ses parents et où elle a vécu au moins jusqu'à l'âge de 26 ans et où la cellule familiale peut se reconstituer, son époux étant de nationalité chinoise et leur enfant encore en bas âge. Ainsi, ces différents éléments ne permettent pas, en l'espèce, de caractériser des motifs exceptionnels d'admission au séjour au sens des dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, le préfet du Nord n'a pas méconnu les dispositions précitées ni entaché sa décision de refus de délivrance d'un titre de séjour d'erreur manifeste d'appréciation en estimant que la situation de M. A ne répondait pas à des considérations humanitaires ou à des motifs exceptionnels justifiant son admission au séjour.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1°Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
5. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 3 du présent jugement, en l'absence de tout argument spécifique exposé par Mme A dans sa requête, les décisions attaquées portant refus de délivrance d'un titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire français n'ont pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
6. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Nord aurait entaché ces deux décisions attaquées d'un défaut d'examen particulier de la situation de Mme A.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 21 mars 2022 du préfet du Nord en tant qu'il a rejeté sa demande de titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français. Par suite, ses conclusions aux fins d'annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées au titre des dispositions l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au préfet du Nord.
Délibéré après l'audience du 24 mai 2024, à laquelle siégeaient : Mme Stefanczyk, présidente,
M. Babski, premier conseiller,
M. Caustier, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2024.
Le rapporteur, Signé
D. BABSKI
La présidente, Signé
S. STEFANCZYK
La greffière,
Signé
N. PAULET
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme, La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026