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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2203059

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2203059

vendredi 14 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2203059
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation8ème chambre
Avocat requérantBROISIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 25 avril et 1er octobre 2022,

M. B A, représenté par Me Orsane Broisin, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 14 février 2022 par lesquelles le préfet du Pas-de-Calais a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination duquel il doit être éloigné ;

2°) d'enjoindre au préfet du Pas-de-Calais, à titre principal, de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard et, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer un récépissé dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que son conseil renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

- la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 6-7° de l'accord franco- algérien et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation à ce titre ;

- le préfet du Pas-de-Calais n'a pas examiné sa situation à l'aune de l'admission exceptionnelle au séjour et a ainsi commis une erreur de droit et une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la décision attaquée est illégale par exception d'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

- elle méconnaît les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- la décision attaquée est illégale par exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 août 2022, le préfet du Pas-de-Calais conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par une ordonnance en date du 24 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 décembre 2022 à 12 heures.

Par un courrier du 17 mai 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce que, s'agissant de la décision portant refus d'autorisation provisoire de séjour, les dispositions du 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien ne sont pas applicables à la situation de M. B A, ressortissant algérien, et qu'il y a lieu de substituer à cette base légale erronée celle tirée du pouvoir général de régularisation dont dispose l'autorité préfectorale pour délivrer une autorisation provisoire de séjour.

Des observations en réponse au moyen d'ordre public ont été produites le 23 mai 2024 par le préfet du Pas-de-Calais.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 mars 2022 du bureau d'aide juridictionnelle.

Vu les autres pièces du dossier. Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

1990 ;

-

la convention internationale des droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Babski,

- et les observations de Me Broisin, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant algérien, né le 20 mai 1970 à Oran (Algérie), est entré en France, pour la dernière fois, le 15 janvier 2020, muni de son passeport national revêtu d'un visa de court séjour " tourisme " délivré par les autorités consulaires espagnoles en Algérie. L'intéressé a sollicité, le 29 mars 2021, la délivrance d'un certificat de résidence eu égard aux soins nécessités par l'état de santé de son fils qu'il accompagnait. Après avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) du 29 juillet 2021, il a été mis en possession d'une autorisation provisoire de séjour valable du 29 juillet au 28 octobre 2021. Le 27 août 2021, M. A a sollicité le renouvellement de cette autorisation provisoire de séjour. Par un arrêté du 14 février 2022, le préfet du Pas-de-Calais, prenant acte de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) du 8 février 2022, a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler les décisions du 14 février 2022 portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire et fixant le pays de destination.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de renouvellement de l'autorisation provisoire de séjour :

2. En premier lieu, les stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 régissent de manière complète les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France et y exercer une activité professionnelle, les règles concernant la nature des titres de séjour qui peuvent leur être délivrés, ainsi que les conditions dans lesquelles leurs conjoints et leurs enfants mineurs peuvent s'installer en France. C'est ainsi que si les stipulations du 7 de l'article 6 de cet accord prévoient la délivrance d'un certificat de résidence au ressortissant algérien dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays, elles n'étendent pas le bénéfice de ce titre de séjour aux parents d'un enfant malade. Par suite, le préfet du Pas-de-Calais ne pouvait légalement se fonder sur les stipulations précitées pour

refuser à M. A la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour en qualité de parent d'enfant malade.

4. Toutefois, lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée. Une telle substitution relevant de l'office du juge, celui-ci peut y procéder de sa propre initiative, au vu des pièces du dossier, mais sous réserve, dans ce cas, d'avoir au préalable mis les parties à même de présenter des observations sur ce point.

5. En l'espèce, la décision contestée du 14 février 2022 trouve son fondement légal dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont dispose l'autorité préfectorale pour apprécier, en fonction de l'ensemble des éléments de la situation personnelle d'un ressortissant algérien, l'opportunité d'une mesure de régularisation de sa situation sous la forme de la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler et renouvelable, laquelle base légale tirée du pouvoir général de régularisation appartenant à l'autorité préfectorale peut être substituée aux dispositions du 7 de l'article 6 de l't accord franco-algérien, dès lors que, en premier lieu, ces bases légales sont équivalentes au regard des garanties qu'elles prévoient et, en deuxième lieu, l'administration dispose d'un pouvoir d'appréciation de portée équivalente pour appliquer l'une ou l'autre de ces bases légales. Dans ces conditions, et ainsi qu'en ont été informées les parties en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, il y a lieu, pour le tribunal, de procéder d'office à cette substitution de base légale et d'examiner la légalité de cette décision au regard de la base légale tirée du pouvoir général de régularisation dont dispose l'autorité préfectorale.

6. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 7 de l'article 6 de cet accord franco-algérien et de l'erreur manifeste d'appréciation dont serait entachée la décision attaquée quant à l'application de ces dispositions ne peut être utilement invoqué par le requérant.

7. En deuxième lieu, M. A ne peut ainsi utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 313-14, devenu l'article L. 435-1, du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni et de l'erreur manifeste commise par l'autorité préfectorale quant à leur application dès lors que celles-ci ne sont pas applicables aux ressortissants algériens..

8. En troisième lieu, pour refuser de renouveler l'autorisation provisoire de séjour de

M. A en qualité de parent d'un enfant malade, le préfet du Pas-de-Calais s'est notamment fondé sur l'avis du collège de médecins du service médical de l'OFII du 8 février 2022, qui a estimé que l'état de santé de son fils mineur nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entrainer pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'il pouvait lui permettre de voyager sans risque vers son pays de destination. Si le requérant indique que son fils présente une pathologie neurologique grave avec répercussions neuro-orthopédiques multiples nécessitant une prise en charge pluridisciplinaire, il ressort toutefois des pièces du dossier que l'opération chirurgicale permettant de soulager ses luxations chroniques de la hanche, pour laquelle le préfet du Pas-de-Calais avait accordé une autorisation provisoire de séjour le 29 juillet 2021, a été réalisée le 28 août 2021 et a été suivie d'une hospitalisation dans un service de réadaptation pédiatrique afin d'assurer une rééducation multidisciplinaire intensive jusqu'au 5 février 2022, date à laquelle l'enfant a pu retourner à son domicile et

reprendre sa scolarité en France. Si M. A soutient que son fils ne pourrait pas bénéficier du même suivi médical en cas de retour en Algérie, les différents documents d'ordre médical qu'il produit à l'instance, notamment des certificats médicaux et des attestations médicales, rédigés postérieurement à la date de la décision attaqué n'évoquent pas une mise en cause du pronostic vital de l'intéressé ou une aggravation de son état de santé dans l'hypothèse d'un défaut de soins. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que toute prise en charge de l'enfant serait impossible en Algérie et que tout traitement adapté à son handicap y ferait défaut. Par ailleurs, à supposer même que le requérant entretiendrait des liens réguliers avec sa belle-sœur et ses deux beaux-frères résidant en France, il ressort des pièces du dossier que ces derniers vivent en région parisienne et en Haute-Savoie alors que, d'une part, l'intéressé et son fils, entrés en France le 15 janvier 2020, sont hébergés dans un centre d'hébergement et de réinsertion sociale à Arras et, d'autre part, son épouse et ses deux autres enfants vivent en Algérie où il a lui-même vécu jusqu'à l'âge de cinquante ans. Enfin, M. A n'établit pas que la scolarité de son fils ne pourrait reprendre en Algérie, nonobstant le fait que les conditions matérielles de scolarisation seraient moins satisfaisantes que celles existantes en France. La seule affirmation selon laquelle l'interruption de la scolarité dont bénéficie son fils en France lui serait préjudiciable psychologiquement et entraînerait une perte des acquis ainsi obtenus ne suffit pas à justifier son maintien en France. Il résulte ainsi de l'ensemble de ces éléments que c'est sans commettre d'erreur manifeste dans l'appréciation de la situation de l'intéressé, que le préfet du Pas-de- Calais a refusé de renouveler au requérant son autorisation provisoire de séjour en qualité de parent d'enfant malade.

9. En quatrième lieu, selon les termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir et qui sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

10. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 7 du présent jugement, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.

11. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 21 mars 2022 refusant le renouvellement de l'autorisation provisoire de séjour.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

12. En premier lieu, il résulte de ce qui vient d'être dit ci-dessus que la décision portant refus de titre de séjour n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, M. A ne saurait se prévaloir, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision pour demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

13. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la même convention : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce

droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

14. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 8 du présent jugement, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

15. En dernier lieu, le requérant ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'appui de ses conclusions dirigées à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire.

16. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 14 février 2022 portant obligation de quitter le territoire français.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

17. En premier lieu, il résulte de ce qui vient d'être dit ci-dessus que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, M. A ne saurait se prévaloir, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision pour demander l'annulation de la décision fixant le pays de destination.

18. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés précédemment, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de celles de l'article 3-1 l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

19. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

20. Si le requérant soutient que la décision en litige méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il ne produit aucun élément probant à l'appui de ses allégations. Le moyen doit, dès lors, être écarté.

21. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 14 février 2022 fixant le pays de destination.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

22. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation des décisions du 14 février 2022 portant refus de titre de séjour, portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination n'implique aucune mesure d'exécution, de telle sorte que les conclusions à fin d'injonction sous astreinte doivent également être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet du Pas-de-Calais et à Me Orsane Broisin.

Délibéré après l'audience du 24 mai 2024, à laquelle siégeaient : Mme Stefanczyk, présidente,

M. Babski, premier conseiller,

M. Caustier, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2024.

Le rapporteur, Signé

D. BABSKI

La présidente, Signé

S. STEFANCZYK

La greffière,

Signé

N. PAULET

La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme, La greffière,

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