mercredi 5 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2203152 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CLEMENT D'ARMONT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 avril 2022, M. B A, représenté par Me Clément, demande au tribunal :
1°) de lui accorder, à titre provisoire, le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision implicite née le 8 avril 2022 par laquelle le préfet du Nord a refusé de lui renouveler son certificat de résidence mention " vie privée et familiale " et lui a refusé la délivrance d'un certificat de résidence en qualité de salarié ;
3°) d'enjoindre à ce préfet de lui délivrer un certificat de résidence mention " vie privée et familiale " ou, subsidiairement en qualité de salarié ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard et de lui délivrer dans l'attente un récépissé de demande de certificat de résidence l'autorisant à travailler ;
4°) en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
5°) en cas d'admission à l'aide juridictionnelle totale, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, contre renonciation de la part de ce conseil au bénéfice de l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- cette décision est entachée d'un défaut de motivation ;
- le préfet du Nord n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation dans l'application des stipulations du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation dans l'application des stipulations du b) de l'article 7 de l'accord franco-algérien.
Une mise en demeure a été adressée le 6 juillet 2022 au préfet du Nord qui n'a pas produit de mémoire en défense.
M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme Piou a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien né le 16 juillet 1980 à Boghni Tizi Ouzou (Algérie), qui déclare être entré en France le 21 octobre 2012, s'est vu délivrer un premier titre de séjour mention " vie privée et familiale " valable du 29 janvier 2020 au 28 janvier 2021, renouvelé jusqu'au 28 janvier 2022. Il a sollicité, le 8 décembre 2021, le renouvellement de ce titre de séjour ou, à défaut, la délivrance d'un titre de séjour en qualité de salarié. Le silence gardé par le préfet du Nord sur cette demande a fait naitre le 8 avril 2022 une décision implicite de rejet dont l'intéressé demande, par la présente requête, l'annulation.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Par une décision du 9 mai 2022, postérieure à l'introduction de la requête, M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, ses conclusions tendant à l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire sont devenues sans objet. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.
Sur l'acquiescement aux faits :
3. Aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant ".
4. Le préfet du Nord, qui n'a pas produit d'observations en défense en dépit de la mise en demeure qui lui a été adressée le 6 juillet 2022, doit être réputé avoir acquiescé aux faits exposés dans la requête en application de l'article R. 612-6 précité du code de justice administrative. Cette circonstance ne dispense toutefois pas le tribunal, d'une part, de vérifier que les faits allégués par le requérant ne sont pas contredits par les autres pièces versées au dossier, d'autre part, de se prononcer sur les moyens de droit que soulève l'examen de l'affaire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 de ce code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Enfin, aux termes de l'article L. 232-4 du même code : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ". Il ne ressort d'aucune pièce du dossier que l'intéressé aurait sollicité du préfet du Nord la communication des motifs de la décision implicite qu'il conteste. Par suite, le moyen tiré de son absence de motivation doit être écarté comme étant inopérant.
6. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, et ne peut être déduit de la seule circonstance que le préfet du Nord ait pris une décision implicite, que celui-ci n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de l'intéressé. Par suite, le moyen ainsi soulevé ne peut qu'être écarté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord-franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ".
8. Il n'est pas contesté que M. A, célibataire et sans enfant, vit en France depuis le 21 octobre 2012, au domicile de l'une de ses deux sœurs. Il ressort des pièces du dossier qu'il a par ailleurs été désigné à compter du 8 mars 2019 en qualité de tuteur de l'époux de sa sœur, atteint d'une maladie neuro-dégénérative, et jusqu'au décès de celui-ci le 12 novembre 2021. Toutefois, si M. A déclare sans être contredit qu'il assiste sa sœur dans son quotidien, il n'établit ni même n'allègue qu'elle ne pourrait pas, le cas échéant, bénéficier de l'assistance d'une tierce personne. Enfin, rien ne fait obstacle à ce que M. A se réinsère tant socialement que professionnellement dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à ses 32 ans. Dans ces conditions, malgré les perspectives professionnelles dont il se prévaut, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Nord a, en prenant la décision litigieuse, entaché sa décision d'une erreur d'appréciation et d'une erreur de droit dans l'application des stipulations précitées.
9. En dernier lieu, aux termes de l'article 7 de l'accord-franco algérien précité : " () Les ressortissants algériens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée reçoivent après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail visé par les services du ministre chargé de l'emploi [ministre chargé des travailleurs immigrés] , un certificat de résidence valable un an pour toutes professions et toutes régions, renouvelable et portant la mention " salarié " : cette mention constitue l'autorisation de travail exigée par la législation française () ".
10. Il ne ressort pas des pièces du dossier, et n'est par ailleurs ni établi ni même allégué, que le contrat de travail de M. A ait été dûment visé par les autorités compétentes. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'il remplit les conditions prévues par les stipulations précitées, l'attestation de son ancien employeur indiquant vouloir conclure avec lui un contrat de travail à temps plein si sa situation administrative devait être régularisée ne suffisant pas à satisfaire ces stipulations. Les moyens tirés d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation dans l'application de l'article 7 précité de l'accord franco-algérien doivent, par suite, être écartés.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent l'être également.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Clément et au préfet du Nord.
Délibéré après l'audience du 14 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Leguin, présidente,
Mme Piou, première conseillère,
M. Boileau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 février 2025.
La rapporteure,
signé
C. Piou
La présidente,
signé
A-M. Leguin
La greffière,
signé
S. Sing
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026