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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2203828

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2203828

mercredi 24 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2203828
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème chambre
Avocat requérantROBERVAL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 20 mai 2022, 6 décembre 2023 et 9 février 2024, M. A B, représenté par Me Roberval, demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir, d'une part, la décision du 21 mars 2022 par laquelle la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion a confirmé la décision du 22 juillet 2021 de l'inspecteur du travail ayant autorisé la société Brioche Pasquier Aubigny à le licencier pour inaptitude et cette dernière décision ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant à l'existence d'un lien entre son licenciement et l'exercice de ses mandats représentatifs ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant au respect par l'employeur de l'obligation de reclassement ;

- sa requête est recevable dès lors que ses conclusions doivent être regardées comme dirigées également contre la décision de l'inspecteur du travail du 22 juillet 2021.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 21 juillet 2022, 5 janvier 2024 et 8 mars 2024, la société par actions simplifiée (SAS) Brioche Pasquier Aubigny, représentée par Me Villalard, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable du fait qu'elle n'est pas dirigée contre la décision du 22 juillet 2021 de l'inspectrice du travail laquelle n'a pas été substituée par la décision confirmative prise sur recours hiérarchique ;

- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 4 octobre 2023 et 6 novembre 2023, le ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Lançon,

- les conclusions de Mme Bruneau, rapporteure publique

- et les observations de Me Villalard, représentant la SAS Brioche Pasquier Aubigny.

Considérant ce qui suit :

1. Par une lettre du 27 mai 2021, la société Brioche Pasquier Aubigny a demandé à l'inspection du travail l'autorisation de procéder au licenciement de M. B, salarié technico-commercial qu'elle employait depuis 2000 et titulaire des mandats de conseiller prud'homal et de défenseur syndical. Par une décision du 22 juillet 2021, l'inspecteur du travail de l'unité de contrôle d'Arras de la direction départementale de l'emploi, du travail et des solidarités du Pas-de-Calais a accordé l'autorisation ainsi sollicitée. A la suite du recours hiérarchique formé par M. B, la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion a confirmé la décision précitée de l'inspecteur du travail, par une décision du 21 mars 2022 dont le requérant demande au tribunal l'annulation.

Sur la fin de non-recevoir opposée par la SAS Brioche Pasquier Aubigny :

2. Lorsque le requérant a formé un recours gracieux ou hiérarchique et exerce un recours contentieux consécutivement à son rejet, il appartient au juge administratif, s'il est saisi dans le délai de recours contentieux qui a recommencé de courir à compter de la notification du rejet du recours gracieux ou hiérarchique, de conclusions dirigées formellement contre le seul rejet de ce recours administratif, d'interpréter les conclusions qui lui sont soumises comme étant aussi dirigées contre la décision administrative initiale.

3. En l'espèce, et eu égard à ce qui a été dit au point 1, les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la décision du 21 mars 2022 de la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion, prise sur recours hiérarchique et confirmant la décision de l'inspecteur du travail du 22 juillet 2021, doivent être interprétées comme dirigées également contre cette décision précitée. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 1226-10 du code du travail, applicable au salarié à la date de la décision attaquée : " Lorsque le salarié victime d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle est déclaré inapte par le médecin du travail, en application de l'article L. 4624-4, à reprendre l'emploi qu'il occupait précédemment, l'employeur lui propose un autre emploi approprié à ses capacités, au sein de l'entreprise ou des entreprises du groupe auquel elle appartient le cas échéant, situées sur le territoire national et dont l'organisation, les activités ou le lieu d'exploitation assurent la permutation de tout ou partie du personnel. / Cette proposition prend en compte, après avis du comité économique et social, les conclusions écrites du médecin du travail et les indications qu'il formule sur les capacités du salarié à exercer l'une des tâches existant dans l'entreprise. Le médecin du travail formule également des indications sur l'aptitude du salarié à bénéficier d'une formation le préparant à occuper un poste adapté. / L'emploi proposé est aussi comparable que possible à l'emploi précédemment occupé, au besoin par la mise en œuvre de mesures telles que mutations, aménagements, adaptations ou transformations de postes existants ou aménagement du temps de travail. / Pour l'application du présent article, la notion de groupe désigne le groupe formé par une entreprise appelée entreprise dominante et les entreprises qu'elle contrôle dans les conditions définies à l'article L. 233-1, aux I et II de l'article L. 233-3 et à l'article L. 233-16 du code de commerce. ". L'article R. 4624-29 de ce code dispose, dans sa version applicable à la date de la décision en litige : " En vue de favoriser le maintien dans l'emploi des travailleurs en arrêt de travail d'une durée de plus de trois mois, une visite de préreprise est organisée par le médecin du travail à l'initiative du médecin traitant, du médecin conseil des organismes de sécurité sociale ou du travailleur. " Aux termes de l'article R. 4624-30 du même code : " Au cours de l'examen de préreprise, le médecin du travail peut recommander : / 1° Des aménagements et adaptations du poste de travail ; / 2° Des préconisations de reclassement ; / 3° Des formations professionnelles à organiser en vue de faciliter le reclassement du travailleur ou sa réorientation professionnelle. / (). / Il informe, sauf si le travailleur s'y oppose, l'employeur et le médecin conseil de ces recommandations afin que toutes les mesures soient mises en œuvre en vue de favoriser le maintien dans l'emploi du travailleur. "

5. En vertu des dispositions du code du travail, le licenciement des salariés qui bénéficient d'une protection exceptionnelle dans l'intérêt de l'ensemble des travailleurs qu'ils représentent ne peut intervenir que sur autorisation de l'inspecteur du travail. Lorsque le licenciement de l'un de ces salariés est envisagé, il ne doit pas être en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées ou l'appartenance syndicale de l'intéressé. Dans le cas où la demande de licenciement d'un salarié protégé est motivée par l'inaptitude physique, il appartient à l'administration de s'assurer, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, que l'employeur a, conformément aux dispositions de l'article L. 1226-10 du code du travail, cherché à reclasser le salarié sur d'autres postes appropriés à ses capacités, le cas échéant par la mise en œuvre, dans l'entreprise, de mesures telles que mutations ou transformations de postes de travail ou aménagement du temps de travail. Le licenciement ne peut être autorisé que dans le cas où l'employeur n'a pu reclasser le salarié dans un emploi approprié à ses capacités au terme d'une recherche sérieuse, menée tant au sein de l'entreprise que dans les entreprises dont l'organisation, les activités ou le lieu d'exploitation permettent, en raison des relations qui existent avec elle, d'y effectuer la permutation de tout ou partie de son personnel.

6. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été vu par le médecin du travail, le 26 novembre 2020, dans le cadre d'une visite de pré-reprise prévue par l'article R. 4624-9 du code du travail, laquelle n'avait pas pour objet de statuer définitivement sur l'aptitude du salarié à occuper son emploi. A l'issue de cet examen, le médecin du travail a préconisé un aménagement de poste avec limitation " au maximum " des déplacements professionnels, l'affectation sur une région proche du domicile du salarié, ainsi qu'un accompagnement à la reprise. Alors qu'il n'était pas tenu de le faire, l'employeur de M. B a proposé, le 14 décembre 2020, à un salarié technico-commercial et membre élu du comité social et économique (CSE) un changement de secteur pour être affecté sur celui du salarié à reclasser. Le salarié sollicité ayant refusé ce changement de ses conditions de travail, la société Brioche Pasquier Aubigny en a conclu qu'elle ne pouvait satisfaire aux recommandations du médecin du travail par lettre du 4 janvier 2021.

7. A l'issue de sa visite de reprise du 5 janvier 2021, le médecin du travail a déclaré M. B inapte à " l'emploi de technico-commercial " mais apte à un emploi ou une formation avec limitation " au maximum " des déplacements professionnels et avec affectation sur une région proche du domicile. La société Brioche Pasquier Aubigny, qui a identifié trois postes sur site dont deux d'agents de production et un poste de pilote de machines, a sollicité, par des courriers du 19 janvier 2021, les entreprises du groupe auquel elle appartient, situées en France, en vue du reclassement de M. B. Ces courriers indiquaient la qualité de salarié protégé de M. B, précisaient les conclusions du médecin du travail sur les capacités du salarié à occuper un poste de travail et étaient accompagnés du curriculum vitae du salarié. A la suite des différentes réponses des sociétés ainsi interrogées, dont le salarié ne conteste pas qu'elles constituent, avec la société employeur, un groupe au sens et pour l'application de l'article L. 1226-10 du code du travail, les postes de reclassement ont été soumis à la médecine du travail laquelle n'a pas formulé d'observations particulières, par courrier du 12 février 2021. Après recueil de l'avis favorable du CSE le 11 mars 2021, M. B s'est vu proposer, par courrier du 22 mars 2021, 22 postes de reclassement. Si le requérant soutient que l'employeur aurait dû procéder à un redécoupage des secteurs commerciaux, il ressort en tout état de cause de l'avis du médecin du travail qu'il a été déclaré inapte à l'emploi de technico-commercial. Dès lors, un reclassement sur un poste de technico-commercial n'était pas conforme aux préconisations ainsi formulées, y compris sur un secteur différent de celui sur lequel était affecté le salarié. En outre, aucune disposition légale ni réglementaire n'impose à l'employeur de procéder à une réorganisation de l'entreprise en vue du reclassement d'un salarié déclaré inapte. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier et il n'est pas allégué que d'autres postes appropriés aux capacités du requérant existaient dans l'entreprise. Dans ces conditions, M. B ayant refusé l'ensemble des postes qui lui étaient proposés par courrier du 6 avril 2021, c'est sans erreur d'appréciation que l'administration a pu considérer que la SAS Brioche Pasquier Aubigny avait respecté son obligation de reclassement. Par suite, le moyen doit être écarté.

8. En second lieu, dans le cas où la demande de licenciement est motivée par l'inaptitude du salarié, il appartient à l'administration de rechercher si cette inaptitude est telle qu'elle justifie le licenciement envisagé sans rechercher la cause de cette inaptitude. Toutefois, il appartient en toutes circonstances à l'autorité administrative de faire obstacle à un licenciement en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées par un salarié ou avec son appartenance syndicale. Par suite, même lorsque le salarié est atteint d'une inaptitude susceptible de justifier son licenciement, la circonstance que le licenciement envisagé est également en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées par l'intéressé ou avec son appartenance syndicale fait obstacle à ce que l'administration accorde l'autorisation sollicitée. Le fait que l'inaptitude du salarié résulte d'une dégradation de son état de santé, elle-même en lien direct avec des obstacles mis par l'employeur à l'exercice de ses fonctions représentatives est à cet égard de nature à révéler l'existence d'un tel rapport.

9. D'une part, il ressort des pièces du dossier que par un jugement du 11 juillet 2022, le tribunal judiciaire d'Arras a annulé l'avis du 14 janvier 2020 du comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP) Tourcoing-Hauts-de-France qui reconnaissait un lien direct entre l'affection de M. B, en arrêt de travail depuis le 27 septembre 2018, et une exposition professionnelle. Par un avis du 25 mai 2023, le CRRMP de Normandie rejetait le lien direct et essentiel entre la pathologie du salarié et son travail reconnaissant un " vécu de dégradation des relations et conditions de travail " de M. B mais sans " élément suffisamment caractérisé pour retenir un lien direct et essentiel avec son activité professionnelle ". Il ressort de cet avis que le CRRMP avait pris préalablement connaissance de " la demande motivée de reconnaissance présentée par la victime " et des " enquêtes réalisées par l'organisme gestionnaire " ainsi que " le rapport du contrôle médical de l'organisme gestionnaire ", la caisse primaire d'assurance maladie concernée s'étant rendue au domicile du requérant pour l'auditionner le 4 octobre 2019.

10. D'autre part, M. B occupait le poste de technico-commercial au sein de la SAS Brioche Pasquier Aubigny par avenant à son contrat de travail du 1er mars 2014, et était affecté à la " région commerciale " Nord, son contrat de travail prévoyant une clause de mobilité en France métropolitaine pour les besoins de l'entreprise. A compter du 1er janvier 2015, M. B s'est vu affecté à la région commerciale Normandie, nouvellement créée, et comprenant, notamment, le département de la Somme et une partie du Pas-de-Calais, zones d'intervention du salarié. Contrairement aux affirmations de la société Brioche Pasquier Aubigny en défense, M. B a vu certains des magasins faisant partie de son périmètre de prospection lui être retirés, ainsi qu'il en a été informé le 8 décembre 2017. Si ce changement dans ses conditions de travail ne pouvait être imposé au salarié protégé, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que ce changement constitue un obstacle mis par l'employeur à l'exercice de ses fonctions représentatives. Il en est de même, au regard des pièces du dossier, de la circonstance que le GIE Pasquier, qui employait alors M. B depuis le 1er janvier 2006, ait envisagé en 2006 un changement de direction commerciale de rattachement impliquant une modification du secteur commercial du salarié, projet abandonné après un courrier de l'inspecteur du travail. Le présent litige portant, non pas sur un refus de l'inspection du travail d'autoriser une modification des conditions de travail du requérant mais sur l'autorisation de licenciement pour inaptitude, la régularité des modifications opérées en 2014 et 2017, qui n'ont pas été contestées devant le juge judiciaire, ne peut utilement être invoquée devant le juge administratif.

11. Par ailleurs, si M. B soutient avoir subi des " pressions " dans l'exercice de ses fonctions professionnelles, il ne précise pas la nature des agissements ou propos dont il aurait fait l'objet. Il ressort des pièces du dossier qu'il a fait l'objet de sept avertissements et d'une mise à pied disciplinaire entre son embauche, en 2000, et 2015, d'une mise à pied disciplinaire d'une journée le 17 février 2017, et d'un entretien préalable à une éventuelle sanction disciplinaire le 28 mars 2018 pour non atteinte de ses objectifs, non-respect de la politique commerciale, insuffisance des comptes rendus de son activité et insuffisance de préparation de ses visites. A l'issue de cet entretien, M. B n'a pas fait l'objet de poursuite disciplinaire mais un accompagnement individuel et un suivi de l'activité du salarié étaient décidés. Au regard des pièces produites, ces éléments, étalés sur près de vingt ans d'activité professionnelle, ne peuvent être regardés comme des obstacles mis à l'exercice des fonctions représentatives de M. B.

12. De plus, M. B affirme que son temps de travail n'a jamais été aménagé pour lui permettre d'exercer ses missions électives ou syndicales sans apporter d'éléments sur ce point. Il ressort en particulier des résultats de l'enquête du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail du 7 septembre 2018, que le requérant disposait d'un secteur commercial plus restreint que ses collègues et prenait effectivement 28 heures mensuelles de délégation pour exercer ses différents mandats.

13. En outre, par un jugement du 23 décembre 2004, le tribunal d'instance de Saint Pol a rejeté la contestation de la société Pasquier de la désignation de M. B en tant que délégué syndical. M. B a obtenu, en 2008, devant le bureau de conciliation du conseil de prud'hommes d'Arras, un rappel de rémunération de la part de son employeur. Cependant, les autres procédures prud'homales, initiées par M. B, en 2012 portant sur sa classification, en 2013 portant sur une éventuelle discrimination syndicale dont il s'est désisté, en 2018 relativement notamment à la prime de 13ème mois, en 2020 portant sur des rappels de salaires, n'ont pas abouti favorablement. Si ces différentes instances juridictionnelles sont de nature à établir le caractère conflictuel des relations entre M. B et son employeur, elles ne peuvent être regardées comme constitutives d'obstacles mis par ce dernier dans l'exercice des mandats représentatifs du requérant.

14. Enfin, il ne ressort ni des deux seuls courriers de l'inspection du travail produits par le requérant, ni des différents avis du médecin du travail qui l'a régulièrement suivi, l'existence d'un lien direct entre la dégradation de l'état de santé de M. B et des agissements de son employeur.

15. Dans ces conditions, et malgré l'implication de M. B dans l'exercice de ses différents mandats, les éléments énoncés aux points 10 à 13, pris isolément ou dans leur ensemble, ne peuvent être regardés comme constitutifs d'obstacles mis par l'employeur à ses fonctions représentatives, en lien direct avec l'inaptitude du requérant. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation quant à l'existence d'un rapport entre le licenciement envisagé et les mandats détenus par M. B ou son appartenance syndicale, doit être écarté.

Sur les frais liés au litige :

En ce qui concerne les dépens :

16. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. L'Etat peut être condamné aux dépens ".

17. Aucun dépens, au sens de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, n'a été exposé dans le cadre de la présente instance. Par suite, les conclusions de la SAS Brioche Pasquier Aubigny relatives aux dépens ne peuvent qu'être rejetées.

En ce qui concerne les frais exposés et non compris dans les dépens :

18. En premier lieu, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. B demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

19. En second lieu, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la SAS Brioche Pasquier Aubigny présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la SAS Brioche Pasquier Aubigny sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la société par actions simplifiée Brioche Pasquier Aubigny et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.

Copie pour information au directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités Hauts-de-France.

Délibéré après l'audience du 3 juillet 2024, à laquelle siégeaient :

M. Riou, président,

M. Fougères, premier conseiller,

Mme Lançon, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juillet 2024.

La rapporteure,

signé

L.-J. Lançon

Le président,

signé

J.-M. RiouLa greffière,

signé

I. Baudry

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

No 2203828

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