lundi 19 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2203898 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | MEMETI-KAMBERI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 mai 2022, Mme E F C, représentée par Me Memeti - Kamberi, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 février 2022 par lequel le préfet du Nord a refusé le renouvellement de son titre de séjour mention " étudiant ", lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours à compter de la notification du présent arrêté et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet du Nord de procéder à un nouvel examen de sa situation et de lui délivrer une autorisation de séjour provisoire ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil, sous réserve de sa renonciation au bénéfice de l'aide juridictionnelle, sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour :
- il appartient au préfet de justifier de la compétence de la signataire de la décision contestée ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation et d'erreur de fait au regard des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des Libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- il appartient au préfet de justifier de la compétence de la signataire de la décision contestée ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- le préfet a méconnu le principe du contradictoire, les stipulations de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne et le principe général des droits de la défense ;
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance de titre de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
En ce qui concerne la décision refusant un délai de départ volontaire :
- il appartient au préfet de justifier de la compétence de la signataire de la décision contestée ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance de titre de séjour et de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article
L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- il appartient au préfet de justifier de la compétence de la signataire de la décision contestée ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
Par un mémoire en défense enregistré le 13 juin 2022, le préfet du Nord, conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 11 avril 2022 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Lille.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme D a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E F C, ressortissante guinéenne, né le 15 janvier 2000 à Conakry, déclare être entrée en France le 19 septembre 2016. Par une ordonnance provisoire du 15 décembre 2016, pris par le procureur du tribunal judiciaire de Lille, elle a été placée à l'aide sociale à l'enfance. Par suite, ce placement a été confirmé par un jugement du juge des enfants près le tribunal judiciaire de Lille le 10 janvier 2017 valable jusqu'au 10 janvier 2018. Elle a obtenu par suite, l'obtention d'un titre de séjour mention " étudiant " valable du 6 juillet 2018 au 5 janvier 2019. Ce titre a fait l'objet d'un renouvellement valable du 2 juin 2020 au 1er juin 2021. Par une demande du 10 septembre 2021, Mme C a sollicité le renouvellement de son titre de séjour mention " étudiant ". Par un arrêté du 14 février 2022, le préfet du Nord a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement. Par sa requête, Mme C demande l'annulation de l'arrêté du 14 février 2022.
Sur les moyens communs aux décisions attaquées :
2. En premier lieu, par un arrêté du 30 septembre 2021, publié le même jour au recueil spécial n° 225 des actes administratifs de la préfecture, le préfet du Nord a donné délégation à Mme B A de la Perrière, attachée principale d'administration de l'état, cheffe du bureau du contentieux et du droit des étrangers, Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté en litige doit être écarté.
3. En second lieu, l'arrêté contesté énonce l'ensemble des considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde, de manière suffisamment circonstanciée pour mettre utilement
Mme C en mesure d'en discuter les motifs. Il est ainsi suffisamment motivé au regard des exigences du code des relations entre le public et l'administration.
Sur le moyen commun aux décisions portant refus de délivrance titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination :
4. Aux termes de l'article 8 de de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
5. Il ressort des pièces du dossier que Mme C est mère d'une enfant née en juillet 2020 sur le territoire français. Si Mme C soutient qu'elle vit avec le père de l'enfant, un compatriote, ce dernier n'a reconnu l'enfant que le 18 mai 2022, soit postérieurement à la date de la décision. Il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme C justifie d'une insertion sociale ou de liens privées d'une particulière intensité sur le territoire français. Ainsi, eu égard, au très jeune âge de l'enfant du couple, il ne ressort pas des pièces du dossier que la cellule familiale ne pourrait pas se reconstituer dans un autre pays que la France, notamment en Guinée, où la requérante a vécu jusqu'à l'âge de seize ans. Par suite, le préfet du Nord n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit de la requérante au respect de sa vie privée et familiale en refusant de renouveler son titre de séjour et en lui faisant obligation de quitter le territoire français. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, par suite, être écarté.
6. Aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".
7. Ainsi qu'il a été dit au point 5, il ne ressort pas des pièces du dossier que la cellule familiale, composée de Mme C et de sa fille, ne pourrait pas se reconstituer dans un autre pays que la France. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le préfet du Nord en refusant de renouveler son titre de séjour et en lui faisant obligation de quitter le territoire français n'aurait pas porté à l'intérêt supérieur de son enfant une considération primordiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
Sur les autres moyens dirigés contre la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
8. En premier lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ". Pour l'application de ces dispositions, il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant ", d'apprécier, sous le contrôle du juge administratif de l'excès de pouvoir, la réalité et le sérieux des études poursuivies. A cet égard, le caractère réel et sérieux de ces études est subordonné à une progression régulière de l'étudiant et à la cohérence de son parcours.
9. Pour refuser à Mme C le renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étudiante, le préfet du Nord s'est fondé sur l'absence de démonstration de la réalité et du sérieux du suivi de ses études ainsi que l'absence de moyens d'existences suffisants. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que Mme C est entrée sur le territoire français le 19 septembre 2016, elle s'est inscrite au titre de l'année 2017-2018 en certificat d'aptitude professionnelle " agent polyvalent de restaurant ", qu'elle a obtenu en juin 2018. Par suite, elle a changé d'orientation et s'est inscrite en baccalauréat professionnel mention " accueil - relation clients et usagers " au titre des années 2018-2019 et 2019-2020, à l'issue desquelles elle a échoué en raison de ses nombreuses absences et de ses résultats insuffisants. Si la requérante justifie ses nombreuses absences et son échec au baccalauréat par la naissance de sa fille en juillet 2020, elle ne l'établit pas. Il ressort également des pièces du dossier que Mme C ne s'est inscrite dans aucune formation au titre de l'année 2020-2021. En se bornant à indiquer à ce titre qu'elle n'a trouvé aucun organisme d'accueil pour garder sa fille, elle ne l'établit pas. Si Mme C justifie pour l'année 2021-2022 d'une inscription en classe de " MCAVD-Assistance, conseil et vente à distance " afin de passer un baccalauréat en lycée professionnel, ses échecs et son manque d'implication dans ses études ne sont pas de nature à établir le caractère réel et sérieux de ses études. En tout état de cause, Mme C n'établit pas également qu'elle dispose effectivement de moyens d'existences suffisants. Il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme C travaille ou qu'elle bénéficie d'aides extérieures pour subvenir à ses besoins. Si la requérante indique vivre en concubinage avec le père de sa fille, rien n'établit qu'il subvient à leurs besoins. En outre, il ressort des pièces du dossier que les seuls revenus de Mme C sont des prestations sociales. Dans ces conditions, en estimant, pour refuser de renouveler son titre de séjour " étudiant ", que Mme C ne satisfaisait pas aux conditions prévues par l'article
L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet du Nord n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation. Par suite, ce moyen doit être écarté.
10. En second lieu, aux termes de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : () A l'étranger dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou entrant dans les prévisions de l'article L. 311-3, qui a été confié, depuis qu'il a atteint au plus l'âge de seize ans, au service de l'aide sociale à l'enfance et sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de la formation, de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion de cet étranger dans la société française. La condition prévue à l'article L. 313-2 n'est pas exigée ".
11. En l'espèce, il ne ressort pas des termes de l'arrêté contesté que pour refuser le renouvellement du titre de séjour mention " étudiant " de Mme C, le préfet du Nord se soit fondé sur les dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier, que Mme C a fait sa demande de renouvellement de titre de séjour le 10 septembre 2021, à l'âge de vingt-et-un ans, dès lors en ne considérant pas que Mme C remplissait les conditions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet du Nord n'a pas méconnu les dispositions précitées.
12. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 14 février 2022 par laquelle le préfet du Nord a refusé de lui octroyer le titre de séjour sollicité.
Sur les autres moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français :
13. En premier lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union ". Aux termes du paragraphe 2 de ce même article : " Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ". Si l'article 41 de la charte s'adresse non pas aux États membres, mais uniquement aux institutions, aux organes et aux organismes de l'Union européenne, le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union européenne, également invoqué par Mme C.
14. Il appartient à l'autorité préfectorale comme à toute administration de faire application du droit de l'Union européenne et d'en appliquer les principes généraux, dont celui du droit à une bonne administration. Parmi ces principes, figure celui du droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre, tel qu'il est énoncé notamment au 2 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Ce droit implique seulement, qu'informé de ce qu'une décision est susceptible d'être prise à son encontre, l'intéressé soit en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou de solliciter un entretien pour faire valoir ses observations orales.
15. Lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, l'étranger, en raison même de l'accomplissement de cette démarche qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, ne saurait ignorer qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement. A l'occasion du dépôt de sa demande, il est conduit à préciser, à l'administration, les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré ou renouvelé un titre de séjour et à produire tous les éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, lequel doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur en préfecture, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir, auprès de l'administration, toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Le droit de l'intéressé d'être entendu, ainsi satisfait avant que n'intervienne le refus de titre de séjour, n'impose pas à l'autorité administrative de mettre l'intéressé à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur l'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de destination qui sont prises concomitamment et en conséquence du refus de titre de séjour.
16. Mme C, qui a sollicitée la délivrance d'un titre de séjour, a été informée, à l'occasion de sa demande, de ce qu'elle était susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement et a pu faire valoir tous les éléments utiles de nature à démontrer qu'elle ne pourrait faire l'objet d'une telle mesure relatifs notamment à sa situation personnelle et familiale et aux motifs pour lesquels elle a quitté son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision contestée méconnaîtrait le principe général des droits de la défense, qui est au nombre des principes généraux du droit de l'Union européenne, doit être écarté.
17. En second lieu, compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant refus de séjour doit être écarté.
18. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 14 février 2022 par laquelle le préfet du Nord lui a fait obligation de quitter le territoire français.
Sur les autres moyens dirigés contre la décision refusant un délai de départ volontaire :
19. En premier lieu, compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant refus de séjour et de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
20. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. / Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. () ".
21. En l'espèce, les circonstances invoquées par Mme C ne justifient pas, à elles seules, l'octroi d'un délai de départ volontaire supérieur à trente jours. Au surplus, l'intéressée ne justifie pas avoir présenté de demande tendant à la prolongation du délai de départ volontaire en faisant état des circonstances qu'elle invoque dans le cadre de la présente instance. Il suit de là que ce moyen doit être écarté.
22. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 14 février 2022 par laquelle le préfet du Nord lui a refusé un délai de départ volontaire.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
23. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que la mesure d'éloignement prise à l'encontre de Mme C n'est pas entachée d'illégalité. Par suite le moyen tiré de l'illégalité, invoquée par voie d'exception, de cette décision, doit être écarté.
24. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 14 février 2022 par laquelle le préfet du Nord a fixé le pays de destination.
25. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par Mme C tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet du Nord en date du 14 février 2022 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction, ainsi que celles présentées au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme E F C, à Me Memeti - Kamberi et au préfet du Nord.
Délibéré après l'audience du 31 août 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Féménia, présidente,
- Mme Grard, première conseillère,
- M. Horn, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2022.
La présidente-rapporteure,
signé
J. DL'assesseure la plus ancienne dans l'ordre du tableau,
signé
E. GRARD
La greffière,
signé
C. KUREK
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026