mardi 3 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2204014 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | ROBILLARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 30 mai 2022 et 18 juillet 2023, l'union syndicale professionnelle des policiers municipaux demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 février 2022 par laquelle le maire de la commune de Coudekerque-Branche a refusé de mettre en place la sérigraphie commune à l'ensemble des véhicules de la police municipale sur le bus à usage de poste mobile de police municipale et a refusé de mettre un terme à la conduite de ce véhicule par un agent de surveillance de la voie publique ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Coudekerque-Branche d'apposer la sérigraphie commune à l'ensemble des véhicules de police municipale sur le bus à disposition des policiers municipaux de la commune dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Coudekerque-Branche la somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article D. 511-9 du code de la sécurité intérieure et celles de l'arrêté du 5 mai 2014 relatif à la signalisation des véhicules de service des agents de police municipale pris en application de l'article L. 511-4 du code de la sécurité intérieure ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article D. 511-10 du code de la sécurité intérieure et celles de l'article 5-3 de la circulaire du 28 avril 2017 du ministre de l'intérieur relative au rôle des agents de surveillance de la voie publique.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 avril 2023, la commune de Coudekerque-Branche, représentée par Me Robillard, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de l'union syndicale professionnelle des policiers municipaux au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable en l'absence d'intérêt à agir de la requérante ;
- les moyens soulevés par l'union syndicale professionnelle des policiers municipaux ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- l'arrêté du 5 mai 2014 relatif à la signalisation des véhicules de service des agents de police municipale, pris en application de l'article L. 511-4 du code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lemée,
- les conclusions de M. Even, rapporteur public,
- et les observations de Me Robillard représentant la commune de Coudekerque-Branche.
Considérant ce qui suit :
1. Le maire de la commune de Coudekerque-Branche a décidé de créer un poste mobile de la police municipale. Par un acte d'engagement du 20 mai 2021, la commune de Coudekerque-Branche a attribué à la SAS Espritbus le marché ayant pour objet l'aménagement intérieur et extérieur d'un bus en poste mobile. Le 17 janvier 2022, ce bus a été mis en service. Par un courrier du 29 janvier 2022, l'union syndicale professionnelle des policiers municipaux a demandé au maire de la commune de Coudekerque-Branche de mettre le véhicule en conformité avec l'arrêté du 5 mai 2014 relatif à la signalisation des véhicules de service des agents de police municipale, pris en application de l'article L. 511-4 du code de la sécurité intérieure et de mettre un terme à la conduite de ce véhicule par un agent de surveillance de la voie publique. Par un courrier du 7 février 2022, le maire de la commune de Coudekerque-Branche a rejeté cette demande. Par la présente requête, l'union syndicale professionnelle des policiers municipaux demande au tribunal d'annuler la décision du 7 février 2022 du maire de la commune de Coudekerque-Branche.
Sur la fin de non-recevoir opposée par la commune de Coudekerque-Branche :
2. Aux termes de l'article 4 des statuts de l'union syndicale professionnelle des policiers municipaux : " Le syndicat a pour but : / a) d'assurer la défense des intérêts des fonctionnaires en général et des agents de la filière police municipale en particulier ; le syndicat recherche et poursuit l'amélioration morale et matérielle de ses adhérents auprès de l'ensemble des responsables administratifs, politiques et autres ; / b) de préserver leur droit et au besoin de porter ces litiges administratifs, en demandant réparation en leur nom devant les tribunaux et toutes les juridictions compétentes ; () ".
3. Dès lors que le syndicat requérant soutient, d'une part, que la sérigraphie apposée sur le bus n'est pas conforme à la réglementation et, d'autre part, que ce bus peut être conduit par des agents qui ne sont pas des policiers municipaux, il doit être regardé comme disposant d'un intérêt à agir conforme au but que ses statuts lui ont confié. Par conséquent, la fin de non-recevoir opposée par la commune de Coudekerque-Branche, tirée du défaut d'intérêt à agir, doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 511-4 du code de la sécurité intérieure : " La carte professionnelle, la tenue, la signalisation des véhicules de service et les types d'équipement dont sont dotés les agents de police municipale font l'objet d'une identification commune à tous les services de police municipale et de nature à n'entraîner aucune confusion avec ceux utilisés par la police nationale et la gendarmerie nationale. Les caractéristiques de la carte professionnelle, les caractéristiques ainsi que les catégories et les normes techniques des autres équipements sont fixées par arrêté du ministre de l'intérieur après avis de la commission consultative des polices municipales prévue à l'article L. 514-1. () ". Aux termes de l'article D. 511-9 du même code : " La signalisation des véhicules de service des agents de police municipale est conçue de manière à n'entraîner aucune confusion avec la signalisation des véhicules de service de la police et de la gendarmerie nationales. Elle est fixée, pour toutes les polices municipales, par un arrêté du ministre de l'intérieur pris après avis de la commission consultative des polices municipales. / Cet arrêté détermine la signalisation des différentes catégories de véhicules terrestres et celle des navires à moteur. " Aux termes de l'article premier de l'arrêté du 5 mai 2014 relatif à la signalisation des véhicules de service des agents de police municipale, pris en application de l'article L. 511-4 du code de la sécurité intérieure : " La signalisation des véhicules de service des agents de police municipale est fixée par le présent arrêté, dont les dispositions s'appliquent à toutes les polices municipales, dans les conditions prévues à la section 3 du chapitre 1er du titre Ier du livre V du code de la sécurité intérieure. " Aux termes de l'article 2 du même arrêté : " Afin de distinguer la signalisation des véhicules de service des agents de police municipale de celle des véhicules de la police nationale et de la gendarmerie nationale, la couleur de cette signalisation est à dominante bleu gitane, ponctuée d'éléments de couleur rouge, dont la référence technique figure à l'article 4. Les mots : " police municipale " y sont inscrits aux emplacements et avec les dimensions indiqués au chapitre II du présent arrêté. " Aux termes de l'article 3 de cet arrêté : " Les véhicules terrestres d'un service de police municipale sont de couleur blanche et leur signalisation conforme aux prescriptions fixées aux articles 1er à 7. () La signalisation des véhicules terrestres et des navires à moteur comprend les écussons dans les conditions définies aux articles 4 à 8. () " Enfin, l'article 4 de cet arrêté fixe les dispositions applicables à la signalisation de tous les véhicules de service des agents de police municipale.
5. Il ressort des pièces du dossier que le bus aménagé en poste mobile est un véhicule de service des agents de police municipale qui peut notamment être utilisé pour intervenir en cas d'événement grave comme le prévoient les stipulations de l'article 1.1. du cahier des clauses administratives particulières du marché d'aménagement de ce bus et comme cela a été indiqué lors de la demande d'autorisation de déclassement de ce véhicule de catégorie M3 en catégorie N3. Il n'est pas contesté que ce véhicule ne comporte pas la signalisation prévue par les dispositions de l'arrêté précité du 5 mai 2014. Toutefois, dès lors que les dispositions de l'article 4 de cet arrêté sont applicables à la signalisation de tous les véhicules de service des agents de police municipale, le bus de la police municipale de Coudekerque-Branche qui est un véhicule de police municipale est soumis à ces prescriptions. Par suite, en refusant de mettre en place la sérigraphie prévue par l'arrêté précité du 5 mai 2014 sur le bus à usage de poste mobile, le maire de la commune de Coudekerque-Branche a méconnu les dispositions précitées de cet arrêté et celles de l'article D. 511-9 du code de la sécurité intérieure.
6. En second lieu, aux termes de l'article D. 511-9 du code de la sécurité intérieure : " La signalisation des véhicules de service des agents de police municipale est conçue de manière à n'entraîner aucune confusion avec la signalisation des véhicules de service de la police et de la gendarmerie nationales. Elle est fixée, pour toutes les polices municipales, par un arrêté du ministre de l'intérieur pris après avis de la commission consultative des polices municipales. / Cet arrêté détermine la signalisation des différentes catégories de véhicules terrestres et celle des navires à moteur. " Aux termes de l'article D. 511-10 du même code : " Les véhicules terrestres d'un service de police municipale sont des véhicules d'intérêt général prioritaires dont les dispositifs d'éclairage et de signalisation sont régis par le chapitre III du titre Ier du livre III du code de la route. "
7. Il résulte nécessairement de ces dispositions, telles que d'ailleurs interprétées par la circulaire du 28 avril 2017 du ministre de l'intérieur relative au rôle des agents de surveillance de la voie publique (ASVP), que les véhicules de service des agents de police municipale, au nombre desquels figure le bus aménagé en poste mobile en cause dans le présent litige, ne peuvent être conduits que par des agents de police municipale, à l'exclusion donc notamment des ASVP.
8. Ainsi qu'il a été dit au point 5 du présent jugement, le bus aménagé en poste mobile étant un véhicule de service des agents de police municipale, seuls les agents de la police municipale de Coudekerque-Branche peuvent l'utiliser contrairement aux agents de surveillance de la voie publique. Ainsi, en refusant de mettre un terme à la conduite de ce véhicule par un agent de surveillance de la voie publique, le maire de la commune de Coudekerque-Branche a méconnu les dispositions précitées.
9. Il résulte de ce qui précède que l'union syndicale professionnelle des policiers municipaux est fondée à demander l'annulation de la décision du 7 février 2022 du maire de la commune de Coudekerque-Branche.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Eu égard à ces motifs, le présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint à la commune de Coudekerque-Branche de mettre en conformité les sérigraphies présentes sur le bus de la police municipale avec l'arrêté du 5 mai 2014 relatif à la signalisation des véhicules de service des agents de police municipale, pris en application de l'article L. 511-4 du code de la sécurité intérieure, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sous réserve d'un changement dans les circonstances de droit ou de fait, notamment en cas de changement de destination du bus.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'union syndicale professionnelle des policiers municipaux, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par la commune de Coudekerque-Branche au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
12. L'union syndicale professionnelle des policiers municipaux, qui n'a pas eu recours au ministère d'avocat et qui ne justifie pas de frais spécifiques qu'elle aurait exposés, ne peut prétendre à ce qu'une somme soit mise à la charge de la commune de Coudekerque-Branche au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 7 février 2022 du maire de la commune de Coudekerque-Branche est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au maire de la commune de Coudekerque-Branche de mettre en conformité les sérigraphies présentes sur le bus de la police municipale avec l'arrêté du 5 mai 2014 relatif à la signalisation des véhicules de service des agents de police municipale, pris en application de l'article L. 511-4 du code de la sécurité intérieure dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sous réserve d'un changement dans les circonstances de droit ou de fait.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à l'union syndicale professionnelle des policiers municipaux et à la commune de Coudekerque-Branche.
Délibéré après l'audience du 12 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Fabre, président,
Mme Monteil, première conseillère,
M. Lemée, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 décembre 2024.
Le rapporteur,
Signé
M. LEMÉE
Le président,
Signé
X. FABRE
Le greffier,
Signé
A. DEWIÈRE
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026